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RAPPORT

De la Commission fédérale des Artistes (peintres, sculpteurs et graveurs en médailles, architectes, graveurs et lithographes , artistes industriels) au citoyen Vaillant, délégué à l'Instruction publique, sur les réformes à apporter clans l'administration des Beaux-Arts.

Vous nous avez invité, citoyen, à vous présenter deux budgets comparatifs des Beaux-Arts.

Nous avons établi le premier sur les états de l'ancienne administration ; le second est celui présumé strictement nécessaire par la Commission.

Il résulte, citoyen, de votre entretien avec les délégués de notre Commission, que, dans votre esprit, cette commission devait tenir lieu de l'ancienne direction des Beaux- Arts.

C'est ainsi que nous-mêmes avons compris notre rôle, nous réservant toutefois de mettre ce service en harmonie intime avec les institutions nouvelles.

Ce qui implique nécessairement l'abandon radical du principe autoritaire, qui était l'essence même de l'ancienne administration.

Quelles que soient les difficultés de la situation, nous espérons être à la hauteur de notre tâche, forts du mandat que nous avons reçu de nos électeurs.

Le but que nous poursuivons est et doit être :

1° Réformes pécunières et meilleur emploi des fonds ;

2° Suppression du favoritisme, application des principes démocratiques réalisant l'idéal de justice : l'art par la liberté.

Vous remarquerez, citoyen, que les principales réformes que nous vous proposons comprennent :

1° La suppression des budgets des services incompatibles avec l'inauguration d'un régime de liberté ;

2° L'augmentation du budget des services de l'enseignement communal ;

3° Suppression du budget des secours et encouragements officiels, faisant rentrer ainsi les artistes dans le droit commun, et les affranchissant de toute tutelle gouvernementale ;

4° La diminution du budget du services architectural par la décentralisation absolue.

PARIS-ÉMD AILLE

Considérations relatives à la suppression dit budget de l'Ecole des Beaux- Arts.

L'art étant l'expression libre et originale de la pensée, il en résulte, au point de vue de l'enseignement :

Que toute direction officielle imprimée au jugement de l'élève est fatale et condamnée ;

Qu'elle ne peut même appartenir à une majorité artistique, puisque :

Admettant même cette direction comme bonne, elle tend néanmoins à détruire l'individualité.

C'est pourquoi :

L'enseignement rationnel de l'art nous semble complété, lorsque l'aspirant a acquis la somme de connaissances élémentaires et pratiques qui lui permettent de traduire sûrement ses sensations.

En foi de quoi, nous déclarons :

En vertu du principe d'égalité, la Commune doit à chacun de ses membres l'enseignement gratuit à tous les degrés, le plus élevé de tous ces degrés ayant pour limites le point où l'enseignement sort du domaine des faits acquis, pour entrer dans celui des doctrines autoritaires.

En deux mots : doit à l'élève l'outillage, l'artiste doit l'œuvre.

La Commission conclut donc à la suppression des budgets : de l'ancienne école des Beaux-Arts, de l'Ecole de Rome et d'Athènes, et de la section des Beaux-Arts de l'Institut, et émet le vœu que les bâtiments de l'Ecole soient affectés à des cours pratiques et à des cours de sciences appliquées à l'art.

S-A-LOIsTS IDE ± S V ± .A. 1881

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