LE JUSTE MILIEU
la vie insupportable. Près de perdre ma popula^ rite, dans notre pays, et courant risque d'y être accueilli par des charivaris, au lieu de sérénades , de chansons et de banquets^ il m'a fallu prendre un parti.
Madame, tremblante. Dieux! et qu'as-tu fait?
Monsieur. J'ai rédigé une proposition pour la suppression de tous les impôts indirects.
Madame. Est-il possible? mais il est encore temps d'y réfléchir avant de la déposer.
Monsieur. Elle est déposée et connue des journaux.
Madame , s'évanooissant à pen près. Ciel ! quelle bêtise !
Monsieur, graTcmcnt. C'est mieux que cela. Mais heureusement le bon sens de la majorité en fera justice.
Madame. En attendant, nous voilà perdus; plus rien à espérer!
Monsieur. C'est ce qui m'inquiète le moins.
Madame. Tu aurais bien pu prendre d'abord une place , et puis après faire de l'opposition tout à ton aise. Faut-il être fou!
Monsieur. Je crois que tous les hommes le sont un peu, car ils ne veulent de moyen terme en rien. Il faut s'attacher à un parti ou à l'autre ; il faut flatter une passion pour être porté aux nues par ceux-ci , en se résignant à être déchiré et foulé aux pieds par ceux-là. Tenez le milieu, vous soulevez tout le monde contre vous. Pauvre