‹ Paris; ou, Le livre des cent-et-unChapitre 7 sur 21 · LA POPULARITE · texte numérisé non relu

LA POPULARITE

Pour aller au plus court, je prends tout d'abord la forme dialoguée. De la sorte, on généralise av«î des individualités^ et V(m indique une idée avec une situation.

Voici donc un candidat à la députation , qui cause avec sa femme.

Monsieur. Ainsi, tu me conseilles d'accepter?

MA.DÀME. San^ doute , mon ami.

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Monsieur. Cependant il faut des titres, des chances; en ai-je assez?

Madame. Des titres? Eh! mais, tes essais agricoles, ton entreprise industrielle qui fait travailler les pauvres de notre commune; l'école d^enseignement mutuel que tu as fondée. Pour les chances, n'avops-nous pas nos amis, l'influence de notre famille? Et puis, mon cher Jules....

MojxsiEUR. Oh! oh! voici des considérations particulières.

Madame. Sans doute. Tâchons de sortir de notre végétation provinciale. Tu peux arriver à quelque chose. Nous avons deux enfants ; il faut songer d'avance à placer mon petit Jules ; il faudra songer plus tard à marier Ernestine. Avec une position plus élevée ^ comme tout cela irait bien ! Ensuite , tu pourras attraper quelque petit bout de titre. Oh! mon cher, j'y tiens absolument. Quand tu ne me ferais que baronne!

Monsieur, souriant. Tu veux être baronne!

Madame. Oui. Vois donc. J'entre dans un salon , et l'on annonce tout bonnement madame Bonfils. A quoi cela ressemble-t-il? Un titre et le nom de notre terre, cela a l'air tout de suite de quelque chose. La femme du receveur particulier ne ferait plus tant la fière. C'est un sot préjugé, je le sais; mais on y tient toujours. Cela nous ira bien en province; à Paris, c'est indis-

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pensable. Qiri est-ce qui sait là-bas que tu es fils d'un membre du, conseil des Cinq-cents, et expréfet, et moi fille d'un président de cour, et que nous sommes considérés ici? On dit : monsieur et madame Bonfils^et voilà tout.

Monsieur. Quelle abondance! Mais, ma chère conseillère , si c'était seulement par ces considérations que je devrais me déterminer, assurément je resterais à végéter dans nos terres. Cependant je crois qu'il y a quelque bien à faire à mon pays, et je ne pense pas qu'un autre apportât à la Chambre plus de droiture et d'indépendance que moi.

MADA.1IIE. Eh bien! c'est cela; je ne veux pas dire autre chose. Songera ta patrie, à tes concitoyens, à tes principes, et puis enfin (car cela n'esl pas défendu, quand les intentions sont pures), songe à toi, à tes enfants, et même....

Monsieur. Oui, et même à ma femme, veux-tu dire. Allons, c'est bien.

(Od annonce plusieurs électeurs. Madame s'esqaive , et après les premiers compliments : )

1®' Électeur. Notre choix est fixé, M. Bonfils; c'est. vous qui êtes notre candidat.

2® Électeur. Nous sortons de la réunion préparatoire ; vous avez eu presque toutes les voix.

Le Candidat. Ah! messieurs, je suis trop flatté!....

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3^ Électeur. Nous voulons rendre justice au mérite.

^E GA.NDIDAT. Je ne suis pas cligne. . . .

i®*" Électeur. Et aux opinions modérées.

Le Candidat. Pour cela, Vous ne pouvez mieux choisir.

y Électeur. Pourtant il faut de la vigueur dans les circonstances actuelles.

a® Électeur. Oui, peut-être sera-t-il nécessaire de déclarer la guerre à l'Europe.

3® Électeur. Et il faut ramener la confiance, la sécurité , faire aller le commerce , l'industrie , car nous voulons enfin vivre tranquilles.

i**" Électeur. Avant tout, il faut défendre le trône de notre roi-citoyen , et comprimer la république, les partis, les émeutes.

3* Électeur. Certes, et diminuer les impôts, supprimer les séminaires, rogner les gros traitements , là , ferme.

Le Candidat. N'ayez pas peur. Je sabrerais hardiment tout cela.

Un 4^ Électeur. Les arriérés de la Légiond'honneur, et nos grades des cent jours, et les pensions. ...

Le Candidat. Oh! cela, c'est une autre affaire.

Un 5® Électeur. M. le Député, je veux dire M. le Candidat, vous n'oublierez pas les colons de Saint-Domingue.

ET LA POPULARItÉ. i55

Le Candidat. Oh! tout ce que le bu(fget permettra de faire pour rendre justice....

3^ Électeur. Il faut tenir cinq cent mille hommes sur pied.

i^^ Électeur. Et dégrever le foncier des trente centimes extraordinaires.

5® Électeur. Et surtout plus d'emprunts, plus d'impôts indirects.

4^ Électeur. Quant au traitement du clergé, je vous l'abandonne.

y Électeur. L'essentiel est de nous faire dégrever dans cet arrondissement, et d'obtenir de fortes allocations pour notre canal et nos établissements publics.

Le Candidat. Messieurs, vous pouvez compter que je songerais à tout cela. Je n'aurais pas d'autre intérêt que celui de mon pays.

a« Électeur. Vous n'êtes point un homme du mouvement. Dieu merci; mais vous ferez bien de culbuter le ministère.

4^ Électeur. Pour ça, oui; le ministère ne va pas. On ne voit que des abus dans les journaux. C'est comme autrefois.

i^*" Électeur. Oh! nous savons bien que M. Bonfils ne serait ni ministériel , ni de l'opposition. Également ennemi de l'anarchie et de l'arbitraire , il combattrait pour l'ordre et la liberté.

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Tous. Bravo! voilà une fameuse phrase! Elle rend bien notre idée.

Le Candidat. Je serais indépendant, et je voterais selon ma conscience.

Tous, lut tendant la ipain. C'cst ccIa. Allons, Comptez sur nous, notre futur député.

M. Bonfils leur serre les mains, et ils se séparent amicalement.

M. Bonfils est élu ; cçla va sans dire. Au bout de deux mois de sessioir, il rencontre un de ses camarades de collège qui est devenu journaliste.

Lk Journaliste. Eh! c^est toi, Bonfils! Ah! pardon, je devrais dire monsieur le Député, l'honorable —

Le Député. Allons , trêve de mauvaise plaisanterie. Tu sais bien que je ne fais pas le personnage.

Le Journaliste. Enfin , que tu le fasses ou non , tu en es un ; le représentant de deux cents individus qui paient deux cents francs de contributions!

Le Député, "^u ne veux pas me rendre fie»

de ma dignité. La peine est inutile, car je suis modeste. Je me crois tout au plus au niveau d'ut^ journaliste, d'un distributeur de la réputation, d'un haut dispensateur de la popularité.

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Le Journaliste. Il y a dn vrai dans Tépigranime; je Tacceple. Mats, vois-tu, chacun se sert de ses armes. Vous autres , messieurs , vous avez la tribune; nous, nous avons la presse, et, quand ie combat est engagé entre nous^ tu sais où est^ l'avantage.

Le Député. Cela fait peu d'honneur à votre impartialité. Vous exploitez la publicité à votre manière , voilà tout. Mais cela fut toujours ainsi. Le lecteur se plaît à la critique. Comme en général il ne se trouve pas bien, il aime qu'on lui dise tous les jours que tout va mal. Plus on tonne contre l'état politique, contre l'état social, plus il geint; c'est comme un enfant qu'on plaint toujours et qui toujours pleure. Et, ce qui est singulier, c'est qu'un certain besoin d'opposition chagrine et tracassière s'allie souvent avec le désir du repos. J'ai vu beaucoup d'électeurs me recommander la modération, et trouver tel journal de l'opposition trop modéré.

Le Journaliste. Courage ! mon cher : te voilà déjà déblatérant contre la presse.

Le Député. Pas plus que toi contre la tribune.

Le Journaliste. Eh bien ! oui , au fait ; pourquoi ne suis-je pas député aussi, moi? Est-ce que je ne vaudrais pas bien un tas de gens qui sont là?

Le Député. Sans aucun doute; mais cela peut venir. 11 faut de la patience.

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Le Journaliste. Ah! pardiea, oni, de la patience, quand on voit faire tous les jours tant de sottises. Au surplus, j'en conviens, je voudrais être acteur tout comme un autre , et , ne 4'étant pas, je me mets à la galerie pour siffler la pièce. Au moins , tu conviendras que je suis franc. %

Le Député. Mon cher, tu montres là unje triste infirmité du cœur humain. Mais il en fut tou* jours ainsi , et cela sera probablement toujours encore; j!en prends mon parti.

Le Journaliste. Ah çà, asseyons - nous un peu. Tiens , voici une chaise qui va te servir de sellette, car je vais te faire subir un interrogatoire.

Le Député. Voyons, voyons.

Le Journaliste. D'abord, dis-moi, là, franchement, mon cher Bonfils^ toi, honnête garçon, comme je t'ai toujours connu, comment peux-tu soutenir le ministère ? Est-ce qu'on peut jamais être ministériel?

Le Député. Tu sais très-bien que je ne vote pas systématiquement , que tantôt j'appuie une opinion, tantôt une autre, suivant ma conviction; mais je ne veux que le possible, je ne défends que les améliorations immédiatement exécutables. Et puis, est-ce qu'il ne faut pas un gouvernement, et des hommes qui l'appuient?

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Est-ce que si Ton devait changer tout ministère qui fait des fautes, on ne changerait pas de ministère tous les jours? Est-ce que tes amis ne feraient pas aussi des fautes à leur manière? Pour moi, tout en restant fidèle à mon, éternel prin« cipe politique, le plus grand bonheur du plus grand nombre^ j'ai pour règle de tolérer ce qui est passable, et de ne quitter le bien pour le mieux qu'après mûr examen.

Le Journaliste. Bravo , voilà ce qui s'appelle un parfait optimiste.

Le Député. Tu es encore dans l'^erreur. Je suis loià de croire que tout va pour le mieux. Beaucoup de choses même me semblent aller fort mal ; mais je l'attribue à notre pauvre nature , qui est très-imparfaite. C'est surtout quand on voit de près un gouvernement qu'où peut s'en convaincre. Il y a long-temps que les moralistes rabâchent tout cela , et en pure perte. Nos illusions dureront éternellement. On a toujours dit que le pouvoir gâte les hommes, et chacun persiste à croire que ses hommes de prédilection seraient des anges au pouvoir ; que l'application de ses théories n'éprouverait point de difficulté, et serait à l'abri de toutes mauvaises chances.

Le Journaliste. Ah ça, on dirait que tu es doctrinaire.

Le Député. Je n'ai jamais bien su ce qu'on en-

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tend par ce mot -là. Seulement j'ai remarqué, que loi^squ'un pouvoir tombe par ses excès, il ne manque pas de dire : c'est la faute des doctrinaires. D'où l'on pourrait conclure que ce sont des gens qui ont pris à tâche de régulariser le pouvoir. La chose est difficile ; car ils doivent avoir contre eux , d'abord les amis exclusifs du pouvoir, ensuite ses ennemis. Pour moi , je regarde le pouvoir comme un mal sans doute, mais comme un mal nécessaire, ou plutôt comme un remède violent qu'il faut appliquer à la société. A mesure que le^ infirmités sociales diminuent, que l'humanité se fortifie, le remède doit naturellement s'adoucir, jusqu'à l'époque où l'on pourra presque s'en passer : ce que je vois dans un avenir fort lointain. Mais, à ne s'en tenir qu'au présent, qui nous touche un peu plus, il faut répéter que le pouvoir ne plaît qu'à ceux qui l'exercent; le reste est toujours contre lui. Eh mon Dieu! quel ministère, quelle chambre même n'ont été impopulaires au bout de trois mois! Depuis que je suis de ce monde, je ne me souviens pas d'avoir vu un gouvernement dont on fut content, si ce n'est dans ses commencements; de même que je, ne me souviens pas d'avoir jamais entendu dire que le commerce allât bien.

Le Journâlistr. Allons ^ tu es un pessimiste décidé.

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Le DipuTÉ. Pas davantage. Je crois dans la bonté de la nature humaine, quoique je ne me cache pas ses mauvais penchants. Je crois aux vertus populaires, quoique je ne pense pas qu'on puisse fonder le gouvernement sur la classe la plus nombreuse. Je crois aux sentiments philanthropiques d'une partie de la classe éclairée , quoiqu'il me semble que l'égoïsme domine chez elle comme chez toutes les autres classes. Je croîs dans l'avenir de l'humanité, quoique je voie avorter beaucoup de prétendus progrès, et beaucoup de tentatives prématurées d'avancement, aboutir à des reculades. Je pense donc, qu'un gouvernement qui a le sens commun, doit tenir compte de tous les faits bons ou mauvais qui composent l'état social. Je pense que le mouvement et la résistance sont aussi nécessaires l'un que l'autre, et sont nécessaires l'un à l'autre ; car je défie de concevoir physiquement le mou- v vement sans la résistance, comme la résistance sans le mouvement. Mais je pense aussi que le gouvernement n'est autre chose que la transaction entre ces deux forces. Ainsi, ce juste milieu dont on a la sottise de se moquer, quoiqu'il ait été le souverain bien des sages de tous les temps, doit être le but du gouvernement. Celui-ci doit servir d'intermédiaire, de conciliateur, de modérateur entre le mouvement et la résistance; et

Paris. III. ii

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s'il foiictionue bien, s'il sait tenir ce milieu, si glissant, si difficile, il empêche la machine politique de se détraquer.

Le Jodritaliste. Voilà , je crois , de la physique, de la métaphysique, et même de la mécanique.

Le Députb. Il faut donc, et il y aura donc toujours des hommes de mouvement qui expriment les plaintes et les vœux de la société, qui représentent la critique et la théorie. Il y aura toujours des hommes de la résistance , qui représentent les intérêts satisfaits de la société, et montrent les écueils d'une application intempestive de la théorie toujours trop impatiente, et destinée à précéder de loin la pratique. Enfin , il y aura des hommes du milieu qui représentent la nécessité d'agir pour satisfaire la^ociété sans péril pour elle ; ce sont les hommes d'application , obligés d'examiner à quel point le progrès est désiré par le plus grand nombre, et à quel point il peut s'accomplir. Ces hommes , entrant dans le positif et l'embarras des affaires, aperçoivent les difficultés de l'application qui échappent toujours aux hommes de critique et de théorie , et que s'exagèrent quelquefois" les hommes de résistance. Ils se chargent d'un rôle impopulaire : demander de l'argent aux contribuables , et refuser toutes les dépenses impossibles. Ils

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sont parfois honnis ; car, lorsque le peuple souffre, il s*en prend au gouvernement. Les autres ont les agréments de la popularité, parce qu'ils ont choisi un rôle plus commode : critiquer et plaindre.

Le Journaliste. Ah! enfin nous y voilà. Tu es le panégyriste du juste milieu.

Le DéputjS. Moque-toi tant qu'il te plaira. J'en pourrais dire là-dessus bien davantage.

Le Journaliste. C'est assez comme cela. Je vois du moins que tu es toujours un honnête homme. J'empêcherai , autant qu'il sera en mon pouvoir, qu'on ne te travaille dans un ou deux journaux.

Le Députjé. C'est toujours quelque chose :

car pour vos éloges, je n'y compte pas. Pourtant il me suffirait pour cela de demander toujours la suppression des impôts, sans jamais m'inquiéter des dépenses. Je^me trompe : toutes les dépenses que réclament les pétitions , je devrais les vo.ter en invoquant des économies. J'avoue que je n'ai pas le courage de faire quelque chose de si facile, et surtout de si raisonnable, pour être populaire.

Le Journaliste. Adieu, mon cher; je te garan* tis mon journal, mais non le Figaro.

A quelque temps de là , notre député est de-*

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venu tout soucieux, tout pensif. Sa femme cherche en vain à le distraire, à le rasséréner.

Madame. Qu'as-tu donc, mon ami?Sont-ce toujours ces solliciteurs qui t'accablent de lettres, de pétitions? n'en prends qu'à ton aise; tu te dois avant tout aux intérêts publics ou à ceux de notre département; les intérêts privés vont après.

Monsieur. Ma foi , je fais ce que je peux; ce n'est pas ma faute si je n'obtiens rien. Au surplus, nous sommes ici pour faire des lois et non pour donner des places: je voudrais qu'il nous fût défendu d'en solliciter pour personne. Quand nous réussissons, il y a des mécontents, et pour nous autant d'ennemis.

Madame. Oh! tu vas trop loin, mon cher. Un peu de crédit fait toujours bien.

Monsieur. Oui, du crédit. Nos commettants no^s tourmentent pour faire de l'opposition , en même temps qu'ils nous mettent des pétitions plein nos poches!

Madame. C'est vrai ; demander toujours pour les autres et jamais pour soi.

Monsieur , avec humeur. Eh ! il ne s'agît pas de cela.

Madame, doucement Je croyais. Mais, au surplus, quand tu demanderais à entrer au conseil d'état, quel mal y aurait-il? Tu en as bien le

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droit comme les autres ; et cela nous donnerait du relief.

Monsieur, vivement. Je n'ai rien de ce qu'il faut pour cela; lionoriBques ou salariées, les places ne me conviennent nullement. Ne suis-je pas plus heureux avec mort repos, mon indépendance ? Il ne manquera jamais de gens plus capables que moi pour les fonctions publiques.

Madame. Oh! mon ami, que tu es rigide. Tu ne seras donc jamais rien , ni moi non plus!

Monsieur. Mon Dieu que la vanité puérile des femmes nous fait faire de sottises quand nous l'écoutons !

Madame. Eh bien ! ne sois rien puisque tu le veux. Mais au moins fais-toi décorer de la Légiond'honneur. Il est bien plus agréable de donner le bras à un homme décoré; et puis, en voyage, on est traité avec plus d'égards, on est...

Monsieur, rinterrompam. Allons, laissons cela; il s'agit d'autre chose. J'ai rompu avec le ministère.

Ma dame , se levant tout à coup , avec la plus vive émotion. Oh

mon Dieu! que dis- tu là? et pourquoi?

Monsieur. Je n'y pouvais plus tenir. Les quolibets, chaque jour répétés, des petits journaux contre moi; les attaques plus sérieuses des journaux politiques; le soulèvement de notre arrondissement contre l'impôt sur les boissons, et les instiances menaçantes qu'on m'adresse pour que j'en demande l'abolition; tout cela m'a rendu

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