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EDOUARD VAILLANT

En 1848 au moins c'était bien plus drôle, il n'y avait pas de fédération artistique, c'était Jeanson^ qui fut nommé directeur du Louvre.

Jeanron était un vieux révolutionnaire, qui menait de pair la politique et la peinture.

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Il fut un héros des trois glorieuses, ce qui lui valut de présider hi société libre de peinture.

Jeanron obtint, grâce à ses relations avec Lcdru- Rollin, il obtint, dis-je, de TAssemblée constituante de 1849, l'î-^i'gent nécessaire à la restauration du Louvre; il fit classer les toiles par ordre chronologique, organisa les expositions libres, et enfin il fut plus tard nommé directeur du Musée de Marseille.

Jeanron était un ami intime de M. Félix Pyat, et un artiste dans l'acception la plus complète du mot.

Il existe de lui une série de dessin, représentant des soldats du premier empire, laquelle a du être vendue en 1874 à des bric-à-brac qui en ignoraient certainement la valeur; ces dessins étaient un cadeau de Jeanron à Mn^^ Coingt, Tancienne amie de M. Félix Pyat.

En 1867, le dépôt des cannes et parapluies au vestiaire était obligatoire au Musée du Louvre. La suppression de ce dépôt fut loin de réjouir le cœur des visiteurs; une pétition fut mise en circulation, et aussitôt couverte de signatures. Les péti-

tionnaires demandaient le rétablissement du vestiaire, de crainte que Thumidité produite par les parapluies n'occasionnât la détérioration des tableaux du Musée; cette pétition contenait ce paragraphe cocasse :

— A l'occasion de l'Exposition Universelle^ un grand nombre de savants vont se réunir à Paris, nous demandons que l'on organise un congrès afin qu'ils déterminent d'une façon exacte, ce qu'il faudrait de parapluies mouillés dans le Salon Carré du Louvre pour endommager un tableau.

Cette pétition eut un succès de fou rire.

Le musée du Luxembourg date de 1747; ce fut un simple amateur, La Font de Saint-Yenne, à qui revient l'honneur d'avoir groupé les tableaux, dispersés alors dans les galeries et dans les appartements des palais royaux.

Cent tableaux environ, pris dans le cabinet du roi, furent exposés, pour la première fois, au Luxembourg, le 14 octobre 1750.

La notice publiée a cette occasion disait ceci :

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— Sa Majesté a permis qu'une partie de ces tableaux fût transportée à Paris, pour décorer, dans son palais du Luxembourg, l'appartement qu'occupait ci-devant la reine d'Espagne, afin que les amateurs de la peinture et ceux qui cherchent à se perfectionner dans cet art si sublime, puissent avoir la liberté de faire des remarques utiles sur les belles choses qui leur seront exposées.

En 1779, le palais du Luxembourg fut donné en apanage, par Louis XVI, à son frère Monsieur, comte de Provence, qui fut plus tard Louis XVIIL Le musée fut supprimé après trente années d'existence.

Louis XVIII décréta que les galeries vides du Luxembourg seraient consacrées aux ouvrages des artistes nationaux vivants.

Le 24 avril 18 j 8, le Musée s'ouvrait au public avec soixante-quatorze tableaux de l'école française contemporaine.

Primitivement, les tableaux des artistes français n'étaient transférés au Louvre que dix ans après la mort de leurs auteurs.

M. de Chennevières lit réduire ce stage à cinq ans.

Sous la Commune, le Luxembourg ne courut pas les mêmes dangers que le Louvre, grâce à ce que les salles étaient transforme'es en ambulances; néanmoins le 17 mai 1871, MM. Tourneminc conservateur, etChennevières, directeur du Muse'e, furent remplace's par les « citoyens » André Gill, Chapuy sculpteur et Gluck peintre.

Au Luxembourg nos grands peintres, Baudry, Rousseau, Daubigny étaient à peine représentés de leur vivant. Cette parcimonie de l'Etat est véritablement incroyable. A présent que ces peintres sont morts, et que leurs tableaux sont partis au Louvre, ils sont encore plus mal représentés.

Ils n'ont rien d'ailleurs à envier à Eugène Delacroix.

Sous l'empire, le fameux tableau de ce peintre, représentant une Liberté^ avait été relégué au grenier ; sous la République on était en droit de penser que cet admirable chef-d'œuvre serait placé dignement : point, on Ta casé au quatrième étage.

La Liberté^ la République n'en a que faire 1

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Le peintre Courbet ne dut son acquittement relatif par le 3^* conseil de Lçuerre, qu'à son merveilleux paysage qui était au Luxembourg.

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