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NOS MUSÉES

Le musée du Louvre, sous le règne de Louis XIV et de Louis XV, ne contenait que les plans en relief des diverses places fortes du royaume.

En 1773, il fut question de disposer dans les galeries du Louvre, les statues , les tableaux et les objets d'art qui e'taient entassés dans la galerie des antiques.

Ce fut la Convention, qui, par un décret du 27 juillet 1793, ordonna la création d'un Musée national.

On y plaça 537 tableaux.

Le 24 juin 1794, la Convention établit un concours et un jury pour la réception des tableaux.

En Tan IV, on adjoignit aux tableaux des peintres français, presque tous les tableaux empruntés aux divers Musées de l'Europe,

La galerie de peinture se composait d'une seule pièce en droite ligne, longue d'environ 432 mètres.

En 181 5, les alliés nous empruntèrent "k leur tour un grand nombre de toiles; pour combler ce vide. on enleva les principaux tableaux du musée du Luxembourg.

On arrive aujourd'hui au Musée des peintres français pSiT la salle des Sept Cheminées; dans cette salle se trouvent les copies des fresques exécutées au Vatican par l^aphaël; la coupole de la première salle et celle de la seconde ont été peintes par Blondel, Couder et Mauzaise.

C'est dans cette salle que sont rassembles les peintres : David, Gros, Guérin, Girodet et Gérard, les quatre G, comme on disait jadis; aujourd'hui il y a un cinquième G : Géricault.

Dans la galerie d'Apollon , le plafond a été peint par Eugène Delacroix ; il représente : Apollon purgeant la terre des monstres qui grouillent dans le limon primitif.

C'est une merveille.

Dans le salon carré figurent : Léonard de Vinci, Pérugin, Raphaël, André del Sarto, Corrège , Se-

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basticn dcl Piombino, (jiorgionc, Paul Veroncsc, Rubcns , Claude Lorrain, l^oussin , ï.c Sueur, Jouvcnct , RiL;aud, Philippe de (Champagne et d'autres qui forment le plus bel ensemble qui se puisse voir au monde.

C'est dans ce salon que se trouve Vlmmaculée conception de la Vierge de Murillo qui fut achetée, en 1867 , six cent mille francs à la vente du maréchal Soult.

Dans la galerie des Sept Maîtres , il y a quatre tableaux de Le'onard de Vinci; le port7'ait d'Avalos du Titien, e'nigme dont jamais personne n'a trouve la clef; le Sommeil de Jésus de Bernardo Luini.

Dans la grande galerie, la première portion est réservée aux peintres primitifs de l'Ecole italienne.

Le musée des peintres français occupe neuf salles.

Le musée des tableaux de VEcole espagnole occupe la moitié de la galerie du Louvre, nommée Galerie de la colonnade ^ il se compose de tableaux de l'Ecole espagnole et de tableaux de plusieurs maîtres étrangers à TEspagne.

Le musée du Louvre est ouvert les dimanches et jeudi pour le public , et tous les joArs pour les artistes qui viennent y étudier , ou prendre des copies destinées à des églises de province ou à des marchands d'objets religieux.

C'est un métier; il y a des peintres , des femmes surtout qui n'ont jamais peint que des saints ou des descentes de croix , c'est de la peinture au mètre carré ; l'art n'a rien à y voir.

Sous la Commune , le Journal officiel du 13 avril inséra le décret suivant :

La Commune autorise le citoyen Gustave Courbet, président des peintres, nommé en assemblée générale, à rétablir, dans le plus bref délai, les musées de la ville de Paris dans leur état normal, à ouvrir les galeries au public et à y favoriser le travail qui s'y fait habituellement.

La Commune autorisera à cet effet les quarante-six délégués qui seront nommés demain jeudi, i^ avril, en séance publique, à l'Ecole de médecine (grand amphithéâtre), à deux heures précises.

De plus, elle autorise le citoyen Courbet, ainsi que cette assemblée , à rétablir, dans la même urgence, Vexposition annuelle aux Champs-Elysées.

Paris, le 12 avril 1871.

La commission executive y

AVRIAL, F. COURNET, DELESCLUZE, FELIX PYAT, TRIDON, VERMOREL, E. VAILLANT.

Les dclcgncs furent nommes, mais qunnd ils voulurent siéger nu musée du Louvre. M. Barbet de Jouy les en empêcha ; alors ils allèrent siéger dans les bureaux des Beaux-Artr.

Ces délégués se réunissaient souvent : pour faire mieux que l'ancienne administration, ils élaborèrent des programmes, des règlements, ils nommèrent des commissions, des sous-commissions, des délectations.

Il V avait autant de délégués que de tableaux !

C'était à mourir de rire; les membres de la fédération artistique avaient déclaré que : « la Commune en matière d'art, était le pouvoir exécutif, et la fédération, le pouvoir législatif. »

Pour cette belle besogne , ces gaillards touchèrent une grosse somme d'argent.

Malgré cela ils n'étaient pas contents : élus, ils voulaient siéger; ils se plaignirent à la Commune ; le iC mai, V Officiel leur donna satisfaction en révoquant MM. Villot, de Rougé, Ravaisson, de Reiset, Barbet de Jouy, Mariette, des Chavannes, Daudet, Heuzey, Clément de Ris^ de Tanzia, Darcel et de Mancion.

Le 17 mai ces messieurs étaient remplacés par

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les a citoyens » Achille Oudinot, comme administrateur du Louvre; Jules Hereau, peintre, et Dalou, statuaire, comime adjoints pour l'assister.

Cette note suivait l'arrêté de la Commune :

(( Le public est averti que le Musée du Louvre « sera fermé pendant quelques jours, pour causes « majeures.

« La commission fédérale des artistes procède en c( ce moment à leurs réorganisations. »

Quelle était cette réorganisation?

Que se passa-t-il entre le 17 mai et le 21, date de l'entrée des troupes françaises dans Paris ?

Ce fut un miracle que le Louvre ne subît pas le sort de l'Hôtel de Ville et du Ministère des finances, car les fédérés avaient tout disposé pour que le Louvre fût incendié.

C'était sans doute la réorganisation promise par y Officiel du 17 mai.

J'ai pénétré un des premiers dans les galeries du Louvre et je n'oublierai jamais ce spectacle terrible et grandiose à la fois.

Dans les salles, entre les lames des parquets, les Vandales avaient entassés des paquets de cartouches, placés de distance en distance et reliés par

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des fils électriques, savamniciu disposes, de manière à ce que le moindre choc pût les faire éclater.

Les obus tombaient de tous les côtes dans la cour du Louvre; à quelques pas, le Ministère des finances, //j;;z^jz7. Impossible de placer une pompe en batterie 1 On ne pouvait traverser la rue de Rivoli, balayée par les balles qui sitllaient et s'applatissaient sur les murailles; malgré cela des citoyens, de vrais ceux-là, e'taient sur les toits du Louvre, essayant d'éteindre les commencements d'incendie; à chaque instant, on entendait une détonation sourde, c'était une des mines placées dans les galeries, qui éclatait sous les pas des courageux pompiers qui les exploraient, pour essayer de couper les fils et, sauver, si possible, ces richesses qui nous appartiennent à tous.

Plusieurs hommes furent tués, mais le Louvre fut sauvé !

Je me souviens de la mort de deux pompiers : quand on les descendit sous la voûte, au contact de l'air, la peau quitta leur chair, ils m'apparurent comme écorchés 1

A dix-sept ans de distance, lorsqu'on a été

témoin de scènes aussi épouvantables et qu'on entend glorifier ceux qui en furent les auteurs, on croit rêver.

A ce qu'il paraît, c'est de la politique !

C'est grand dommage que la Commune n'ait pu faire l'exposition annuelle ; elle n'y renonçait pas malgré la résistance des employés de l'État, car le 20 mai, veille de l'entrée des Troupes, elle rendait le décret suivant :

Sur la proposition de la commission fédérale des artistes :

Le citoyen Buon, inspecteur des beaux-arts au palais de l'Industrie, ayant abandonné son poste, est relevé de ses fonctions;

Les « citoyens » Deblézer et Meyer, délégués, sont chargés de faire transporter au Louvre et au Luxembourg les sculptures et peintures appartenant à l'Etat, et qui ne paraissent pas en sûreté au palais de l'Industrie. ^

Le membre de la Commune délégué à renseignement j

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