‹ Paris PantinChapitre 119 sur 122 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

M. PRUDHOMME et MADAMK BENOITON dan» l'eau.

Madame beno[TON Ne me lâchez pas I ne me lâchez pas!

N'ayez pas peurl ce n'est pas moi qui lâcherai une femme aussi charmante que vous.

MADAME BENOITOrt

Ah ! vous savez, pas de compliments ! Autant en emporte le flot I Nous autres femmes nous n'aimons les compliments qu'en toilette, sans toilette nous n'y croyons plus!

M. PRUDHOMME

Vous êtes irascible! Voyons, voulez -vous essayef de faire la planche?

Une cabine pour deux 3 1 3

MADAME BENOITON

La planche! mais vous n'êtes pas poli.

M. PRUDHOMME

La planche est une manière de se tenir sur l'eau, belle dame!

MADAME BENOITON

Ah ! moi je ne connais pas tous vos termes de marine.

M. PRUDHOMME

Ce sont des termes de natation et non de marine.

MADAME BENOITON

Ah ! bien, tenez^ j'en sais assez. Vous me gênez maintenant, allez de votre côté, je vais du mien. ^ Je vois ce que c'est : On sait nager ou on* a Tair de savoir nager, quand on a de Teau jusqu'au cou et que les pieds touchent le fond.

M. PRUDHOMME

Parfaitement, madame; dans la vie c'est bien autre chose : quand on a de Teau jusqu'au cou^ il est bien rare que l'on touche le fond.

MADAME BENOITON

Allons, allons! allez vous habiller et i)e chiffon hez pas mes toilettes. — Je me défie des hommes^ tooi, ça ne respecte rien.

M. PRUDHOMME

Oh! madame, pas tous.

is

MADAME BENOITON

Oh! ne récriminez pas, ceux qui sont trop respectueux valent encore moins.

(m. Prudhomme sort de Teau. — Madame Benoiton

B*éloigue )

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