‹ Paris PantinChapitre 32 sur 122 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

PRUDHOMME, ANNEXMANN.

ANNEXMANN, accent allemand très-prononcé.

Votre humble serviteur! mon cher monsîetir Prudhomtn Vous voulez me parler ? C*

PRUDHOMME, sèchement.

Oui, Monsieur !

ANNEXMANN

Monsieur? Comme Vous avez l'air méchant ?

PRUDHOMME

Non ! Je veux seulement Avoir sur le Danois un éclaircissement ; Du pays, vous savez^ je suis un peu l'arbitre.

ANNEXMANN

Ya ! vos propriétés vous ont valu ce titre.

PRUDHOMME

Mes propriétés^ non ! mais ma saine raison.

J'ai d'ailleurs, -* suspendus aux mursde ma maison Des illustres aïeux que les vôtres naguère Estimaient dans la paix et craignaient dans la guerre. Je suis le rejeton de ces hommes fameux I

Mon village 71

Donc, arbitre je suis!

ANNEXMANN

Vous Pétes I

PRUDHOMMB

C'est au mieux !

Or^cher voisin, pourquoi n'êtes- vous pas tranquille? Pourquoi nous faire à tous une peine inutile? Pourquoi déposséder notre voisin Danois Du champ que ses aïeux possédaient autrefois ?

ANNEXMANN

Ses aïeux? — Mes aïeux, plutôt ! — Car mon grand-père M'a dit que ce champ là venait de sa grand' mère^ Que c'était notre bien et — qu'à l'occasion^ — Je devais exiger une rétrocession.

PRUDHOMME

C'est à revoir I — passons IJe dois aussi vous dire, — Et nous n'ignorons pas quel esprit vous inspire, — Que vous protégez trop les fermiers, vos voisins ; Vous récoltez leur blé, vous cueillez leurs raisins^ Vous vendez leurs produits... bref, ils sont en tutelle; Vous leur faites, dit-on, une part assez belle.

ANNEXMANN

Ils ne s'en plaignent pas !

prudhomMe

Nous nous en plaignons, nous !

Ces fermiers ne sont plus à tousi-^ Ils sont à vous ?

ANNEXMANN

Cependant...

PRUDHOMME

Et pourquoi ce luxe de prudence ?

Vos champs barricadés ôtent la confiance.

ANNEXMANN

Mon DieuIJe ne sais pas pourquoi vous avez peur!

PRUDHOMMEi indiguê, désignant la porte.

Peur? Monsieur Annexmann!

ANNEXMANN

Monsieur !

PRUDHOMME^ le reconduisant.

J'ai bien rhonneurl

(Annexmann sort.)

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