‹ Paris PantinChapitre 33 sur 122 · PRUDHOMME, GAZETTE · texte numérisé non relu

PRUDHOMME, GAZETTE

GAZETTE^ entrant sur les derniers mots.

Bien! Monsieur! C'est très-bien!

Quoi de nouveau, ma fille?

GAZETTE, mystérieusement.

Les bâtons d'Annexmann, sont munisd'uneaiguiile. C'est terrible !

PRUDHOMME

Vraiment !

GAZETTE, même jeu.

Mais voici notre lot:

Nos fermiers sont armés de bâtons Chassepot ; Nous sommes en mesure;

PRUDHOMME

Excellente servante!

GAZETTE^ modestement.

C'est la première fois que mon maître me vante !

PRUDHOMME

Quand j'ai besoin de toi^ je te vante toujours !

GAZETTK

Vous devriez^ Monsieur, me vanter tous les jours!

PRUDHOMME

Non pas ! Non pas ! ma mie I on sait de vos histoires ! J'aime à récompenser vos actes méritoires, Mais vous avez la tête assez près du bonnet.

Et votre esprit n'est pas toujours assez discret.

GAZETTE

Ici vous vous trompez! car une autre aventure, Que je connais, pourrait vous troubler, je le jure.

PRUDHOMME

Parle donc !

GAZETTE

Que non pas!

PRUDHOMME

Mais...

GAZETTE

Mon intention Est de vous assurer de mal discrétion...

Cependant le moment est grave...

PRUDHOMME

Allons! Gazette!

Raconte-moi. .

GAZETTE

Non pas ! monsieur ! je suis discrète!

Mon village

PRUDHOMME

Discrète ! soit! tu l'es! — Parle donc promptèment I

GAZETTE, conûdentiellement.

Vous pouvez maintenant attendre l'Allemand ; Mais un nouveau conflit aujourd'hui se présente : Le curé du village, une âme confiante Qui vous nomme: « Mon fils! » et que vous protégez, Est plein d'ennuis !

PRUDHOMME

Ennuis que j*avais allégés

GAZETTE

Vovs l'avez cru du moins 1... Or cet excellent père A, depuis que la cure existe^ un presbytère Situé dans le milieu des vergers de Victor .

PRUDHOMME

Je connais tout cela^ dépêche toi donc !

GAZEtTE

Or,

C'est fâcheux pour Victor d'avoir dans sort domaine Une maisort trartquille, il est vrai: — mais qui gérte !

PRUDtlOMME

Que me corttes-tu là! — Mais Victor m'a juré De respecter toujours la maison du duré*

GAZEtTE

Soit ! 11 vous l'a juré ! mais il faut réconnaîtte Que le serment n'est pas de son gardé champêtre;

Or, son garde champêtre^ — un gaillard bien bâti, Qui, n'ayant pas juré, — n'a donc jamais menti, En qui Victor a foi, car, grâce à son courage^ II sut en peu de temps doubler son héritage^ — Ce gaillard donc^ s'est mis ea tête d'expulser Le curé du logis. — Victor veut le chasser... Mais comment renvoyer un serviteur fidèle Qui pour son maître a fait autrefois tant de zèle?... Victor est mou...

PRUDHOMME

Corbleu ! Mais partons de ce pas !

* GAZETTE

Et qui nous défendra quand nous serons là-bas ?

PRUDHOMME

Diable I... divisons-nous!

GAZETTE

Est-ce prudent?

PRUDHOMME

En somme Je ne puis pas laisser expulser ce saint homme ! Partons !

GAZETTE

On vous dira qu'il vous importe peu De voir ailleurs ou là le ministre de Dieu ; Que la religion n'est guère menacée

Mon village 77

Qu'il ne faut pas toucher à la libre pensée : Volcan toujours éteint mais qui fume toujours !

PRUDHOMME

Restons!

GAZETTE

Soit! le curé n'est pas sur le velours !

PRUDHOMME

Partons !

Gazette L'Église n'est pourtant pas attaquée!

PRUDHOMME

Restons!

GAZETTE

Mais la maison du Pasteur est bloquée !

PRUDHOMME

Partons !

GAZETTE

Je ne puis rien vous dire à ce sujet.

Mais, cher maître, si je vous aide en ce projet Serez-VQUS envers moi d'humeur plus confiante, Aurez-vous donc pitié de la pauvre servante Qui pour vos intérétsa souffert, a lutté ?...

PRUDHOMME

Si... que demandes-tu?

GAZETTE

Je veux la liberté !

— Monsieur Pnidhomme fait un geste significatif —

La toile tombe.

MADAME BENOITON

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