‹ Paris PantinChapitre 49 sur 122 · MAD4ME PIF ARDENT · texte numérisé non relu

MAD4ME PIF ARDENT

Alors, monsieur le président^ je n'ai plus rien à dire... En m'endormant, j'étais jolie; quand je me réveillai^ j'étais grêlée !

LE PRÉSIDENT

Quelle fut votre première impression ?

MADAME PIF ARDENT^ vivement.

La souffrance !

LE PRÉSIDENT

Je le crois aisément! Le liquide qui vous a été jeté à la figure était de l'acide sulfurique, et l'on sait son action pernicieuse sur les tissus organiques. Madame Pifardent^ connaissez*vous le pré* venu.^

MADAME PIFARDENT

Moi ! fi rhorreurî

Le procès BelenfanUdes-Dames i33

LE PRÉSIDENT

Belenfant, reconnaissez-vous votre victime?'

BELENFANT

Faudrait qu'elle ôtât sa dentelle, pour que je visse son portrait.

LE PRÉSIDENT

Madame Piiardent^ veuillez, je vous prie, retirer votre voile.

(Madame Pifardent lève son voile et montre un visage, horriblement défiguré.]

Eh bien! Belenfant. reconnaissez-vous votre vietime?

BELENFANT

Oh! là, là!... Ma victime^ ça?... c'est ma tante!

LE PRÉSIDENT

Messieurs les jurés apprécieront cette plaisanterie de mauvais goût!... Madame Pifardent, vous pouvez vous retirer!

(Madame Pifardent sort en faisant des salutations.) MAITRE JULES FAVRE

Madame Pi&rdent s'est constituée partie civile; nous prenons acte de la déclaration de Taccusé. — Si évidemment la mutilation de la figure d'une étrangère est regardée comme un acte blâmable et répréhensible^ combien doit être regardée comme

plus blâmable et plus répréhensible encore la mutilation d'une parente, qui devrait être adorée^ d'une beauté remarquable... d'une tante, en un mot, cette sœur d'une mère qu'on devrait éternellement respecter.

LE PRÉSIDENT

Maître Favre, je vous prie, les moments de la Cour sont comptés.

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