PARIS CANCANS
Je sujs Adrien Marx! l'indiscret du Fig-^iro. — Vous voyez, j'ai ma lorgnette, seulement, comme je suis petit, je regarde par le gros bout. — Kien ne m'oblige à être curieux, mais j'ai pris cette spécialité pour donner une leçon à certains de mes confrères qui manquent de curiosité... Aïe I je parle de mes confrères, et voici un Prussien ! Ça doit être Albert Wolf: — un étranger français !
2 y G Paris pantin
LE PRUSSIEN
Non ! — Ghe zuis l'inventeur t'une nouvelle fusille à aiguille.
MARX
Mes excuses !... mais vous parlez si bien français que je vous prenais pour un rédacteur du Figaro^ comme moi...
LE PRUSSIEN
Fi donc I Je parle le français de la grammaire et non celui du boulevard (i).
MARX
Le fait est que, sur le boulevard, la Prusse n'est pas à l'ordre du jour. — Mais vous avez une certaine façon de dire : // faut en finir avec ceci; il serait temps de mettre un frein à cela ! Nous la connaissons! H lie est vieille! Elle est usée! A Chaillot^ Vidée nouvelle! etc., et le tout sans proposer de remède, que Tidée nous vient qu'en qualité de compatriote d'Henri Heine, vous me faites l'effet d'être Heineux! — C'est un raott
LE PRUSSIRN
Non, c'est un mal î
MARX
Eh bien, voyons votre fusil ?
(i) Lire les Odeurs de Paris de Louis Veuillot.
Les indiscrétions parisiennes 237
LE PRUSSIEN
Eh bien I jusqu'à ce jour on a bien songé à tirer beaucoup de balles en peu de temps, mais on n'a pas songé au nombre d'ennemis que ces balles atteignaient. — Moi je charge mon fusil avec la balle et l'ennemi, de sorte que je n'ai pas une balle perdue.
MARX, à part.
Très-ingénieux ! Quelle bonne indiscrétion !
LE PRUSSIEN
Je vais proposer mon système à l'Angleterre !
(Il sort.)
MARX
Oh! ces Prussiens! Ils ne veulent jamais travailler pour leur roi! .. — Qu'entend-je .^^ des orphéonistes... — Non ! ils chantent juste !