‹ Paris PantinChapitre 91 sur 122 · LES BUREAUX DE LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

LES BUREAUX DE LA LIBERTÉ

Bureau de rédaction, entouré d'armes de toutes sortes. — Plusieurs rédacteurs écrivent sur la table du milieu, cou- - verte de poignards. •

ADRIEN MARXj entrant.

Ne VOUS dérangez pas, messieurs, je suis Adrien Marx, l'indiscret! C'est moi qui suis le mieux informé de tout Paris. Je ne connaissais pas votre arsenal, — pardon, votre bureau de rédaction, et je viens le voir, excusez-moi... Ah ! où est l'entrée de la cuisine?... Par ici... Mille excuses I (il sort.)

GIRARDIN. entrant,

Oîi est Chose? — Et Machin ? — Et... (Silence.) Messieurs, plus un mot ! On a encore fait des folies ! Trois rédacteurs absents ! — Je sais ce que cela veut dire! — On est allé se battre! Et pour qui? Pour moi ! Moi qui vous ai dit cent fois: Vous avez une arme, La Presse ! dont j*ai fait aujourd'hui La Liberté! — Quand j'ai fondé La Presse y c'était pour avoir La Liberté ; — mais dans La Presse^ n'oubliez pas que La Liberté est

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une arme, une arme menaçante, terrible, puissante, incorruptible, indestructible, éternelle! Que serait La Presse sans La Liberté} — La Liberté^ c'est le journal nouveau ! La Presse, c'est le journal ancien ! Mais La Presse a précédé La Liberté, et La Liberté a succédé à La Presse. — Sans Presse point de Liberté, — mais sans Liberté que deviendrait La Presse? Pesez toutes ces raisoni, messieurs! — Voici le baron Brisse. — Quoi de nouveau, baron f

LE BARON BRISSF.

La Halle baisse, le poisson est moins beau de qualité, les huîtres d'Espagne ne sont pas encore arrivées. — Le bœuf et le veau vont doucement. Le cheval s'emporte. — J'ai trouvé un plat nouveau,

Les i idiscr étions parisiennes 247

— La macreuse au chocolat. — Dans un couvent, que je ne veux pas nommer^ on servait aux jeunes pensionnaires des macreuses décorées du nom pompeux de canards sauvages. — Une jeuâe pensionnaire, par espièglerie^ s'avisa de jeter une tablette de chocolat dans le ragoût. — L'huile du chocolat s'unit à l'huile 4^ la macreuse et produisit un coulis délicieux. — Ce mets est digne des meilleures tables.

On sait que ce sont les couvents qui ont le plus développé l'art culinaire, surtout dans la partie des entremets sucrés. — Tout le monde connaît les Soupirs de nonnes. — Je n'insisterai pas !

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