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CHAPITRE II

ASPECT GÉNÉRAL

Si l’on jette les yeux sur un plan de Paris, on remarque tout d’abord que la ville est divisée en deux parties presque égales, par une voie en ligne droite (.parcourue en souterrain par le chemin de fer métropolitain) à peu près parallèle à la Seine. Cette voie porte les noms (en allant de TE. à' 1*0) de rue du Faubourg-Saint-Anto i n e, nie Saint-Antoine , rue de Rivoli et avenue des Champs Elysées.

Au IV. de cette voie et formant un arc de cercle, de la place de la Bastille à la place de la Madeleine, s’étend la ligne des grands boulevards (F. p. 24). La partie circonscrite par cet arc de cercle est traversée perpend i culairemen t, presque dans son milieu, par une grande artère commerçante, le boulevard de Sébastopol.

Entre le boulevard de Sébastopol et la Bastille, le quartier du Marais , surtout commerçant et industrieux, renferme une population considérable d’ouvriersmt de petits fabricants en chambre.

Dans ce quartier, dont les principales rues sont les rues de Tu renne, d u Temple, Saint - Martin, Réaumur et Turbigo, s’élèvent le ^Conservatoire des Arts et Métiers, l’Ecole centrale des Arts et Manufactures,

les Archives nationales, l’I imprimerie nationale, le Musée- Carnavalet et la maison de- Victor-Hugo.

Ë/Ure le boulevard de Sé baslopol et la place de la Concorde s’agite le monde des affaires, du commerce et dm plaisir. C’est là que se trouvent les Halles centrales, la Bourse de Commerce, l’Hôtel des Postes, la Banque, le Palais-Royal, le Théâtre-Français, la Bibliothèque nationale, la Bourse et les deux premiershôtels de Paris (comme importance) : Grand-Hôtel et hôtel Continental. Les rues Saint- Denis, Réaumur, Turbigo, Montmartre, Etienne-Marcel, prolongement de la rue des Petits-Champs, Vivienne, Richelieu, du (fuatre-Septembre, Saint-Ilonoré, l’avenue de l’Opéra et la rue de la Paix, son les voies les plus fréquentées, de cette partie de Paris.

Au N. de la ligne des grandsboulevards s’étendent les anciens faubourgs, dont Te -nom subsiste encore, mais qui ne diffèrent plus comme aspect des quartiers du centre.

Au delà de la Bastille, c’est le faubourg Saint - Antoine „ avec sa population d’ébénistes, de menuisiers, de sculpteurs sur bois. En deçà, -les faubourgs

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du Temple et Saint-Martin sont presque exclusivement envahis par la métallurgie. Du faubourg Saint-Denis au boulevard Montmartre et à la rue Drouot, quartier du commerce et des gens d’affaires; du boulevard des Italiens à la place de la Madeleine et à laplacede la Concorde, des hôtels pour voyageurs, de luxueux magasins, des maisons de banque, des bureaux de sociétés financières ou industrielles, une population essentiellement bourgeoise.

Des places de la Madeleine et de la Concorde aux fortifications (entre le boulevard Malesherbes et la Seine) s’étendent les plus beaux quartiers de Paris ; Champs - Êlysées, Etoile , Trocadéro (musées Jacquemart-André, Cern us’chi, Guimet, Galliéra, de sculpture comparée et d’ethnographie), avec de somptueux hôtels pour voyageurs, de riches hôtels particuliers et de vastes immeubles.

Les boulevards Malesherbes, Haussmann, les avenues Friedland, Hoche, des Champs-Elysées, du Bois - de- Boulogne, Victor-Emmanuel-III, Montaigne, George- V, Marceau, Pierre Iei--de-Serbie, d’Iéna, du Président-Wilson, Kléber, M alakoff, Henri-Martin, Victor- Hugo, les rues François-Pr et Pierre-Charron, sont les principales voies de ces quartiers.

Au S. de la rue de Rivoli et de la rue Saint-Antoine, et formant un arc de cercle un peu moins développé que celui

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du N.r s’étend, de la place de la Bastille à la place de la Concorde, une ligne de boulevards portant le nom de boulevard Ilenri-IV et de boulevard Saint- Germain, qui traverse la Seine sur les ponts de Sully et de la Concorde. Les boulevards 'de Sébastopol , du Palais et Saint-Michel coupent perpendiculairement cet arc de cercle. Dans la partie E.

s’élèvent l’Hôtel de Ville, l’Hôtel-Dieu et Notre-Dame ; dans la partie O., le Palais de Justice, la Monnaie, l’Institut, l’École des Beaux-Arts, le Louvre et les Tuileries. Les rues Dauphine, de Seine, Bonaparte, des Saints- Pères et du Bac, toutes rues anciennes, sont les principales voies de ce quartier.

Leboulevard Saint-Germain, après avoir laissé à g. le quartier de la Halle aux vins et du Jardin des Plantes, traverse d’abord (en allant de l’E.àl’O.) une partie du quartier Latin, où se trouvent la Sorbonne, le Collège de France, l’Ecole de Droit, l’Ecole de Médecine, l’Ecole de Pharmacie, l’Ecole Coloniale, l’Ecole Polytechnique, la bibliothèque Sainte- Geneviève, les lycées Ilenri-IV, Louis-le-Grand, Saint-Louis, le musée deCluny et les Thermes*, le jardin, le palais et le musée du Luxembourg, le Sénat, le Val-de-Grâce, l’Observatoire, la plupart des grandes librairies littéraires, scientifiques et religieuses. Plus loin, le boulevard Saint-Germain traverse le

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faubourg Saint-Germain proprement (lit, où s’élèvent encore un certain nombre d’hôtels, d’aspect imposant, appartenant à la vieille noblesse.

L’ancien hôtel Biron est occupé par le musée Rodin. Plusieurs ministères, la Chambre des Députés, ont leur siège dans le faubourg Saint-Germain.

Le boulevard Raspail, les rues de Rennes, de Varenne, de Grenelle, de l’Université, de Solférino et Saint-Dominique sont les plus belles voies de ce quartier.

A l’E. du quartier Latin, entre la rue Saint-Jacques, la Seine et l’ancien mur d’octroi, s’étend le faubourg Saint- Marteau, que traverse la Bièvre (maintenant invisible) et dont les tanneries et les brasseries «ont les principaux établissements industriels. A la place d’Italie viennent converger de larges boulevards neufs, où s’élèvent la Manufacture de tapisseries des Gobelins, et l’hôpital de la Salpêtrière.

A l’O. du faubourg Saint-Germain s’étend le quartier du Gros-Caillou (ou y voit l’hôtel des Invalides, l’école militaire, le parc du Champ-de-Mars, la Tour Eiffel), percé de larges boulevards ou avenues bordés de belles maisons de rapport ou d’hôtels particuliers.

Les anciens faubourgs de Paris sont circonscrits par une ligne de boulevards, limite de l’octroi jusqu’en 1860 et qu’on appelait les boulevards extérieurs. Entre cette ligne de

boulevards et les fortifications s’étendaient les communes suburbaines de la banlieue, annexées à la capitale en 1860.

C’est, sur la rive droite: Bercy , la ville des négociants en vins et en spiritueux, avec son port, ses caves, ses entrepôts; — plus au nord Charonne ; — puis Ménilmontant et BellevUle, habités par une population sürtout ouvrière; — les buttes Chaumont , avec leur vaste parc; — la Villetle, vaste entrepôt sur le canal, industries pour la plupart insalubres; abattoirs ; — la Chapelle, population d’employés et ouvriers des chemins de fer du Nord et de l’Est; petits ateliers de mécaniciens, marché aux grains et aux fourrages; — Montmartre, avec ses rues en rampes ou en escaliers ; population d’artistes, de petits employés, petits rentiers, sur le versant qui regarde Paris ; d’ouvriers sur le versant de la plaine Saint-Denis. La partie qu’on appelle familièrement « la butte » comprise entre le boulevard Rochechouart et la basilique du Sacré-Cœur, est restée un des coins les plus curieux de Paris avec ses nombreuses « attractions », cabarets soi-disant artistiques, musichalls et cafés-concerts ; — les Batignolles, population bourgeoise, sauf le quartier occupé par les ouvriers des ateliers du chemin de fer de l’Etat; — Courcelles et Monceau, quartiers neufs et riches; — Passy

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et Auteuil, quartiers très recherchés également à cause de leur proximité du Bois «de Boulogne ; jolies villas„« hameaux »

paisibles, malheureusement envahis par les grandes constructions de rapport.

Sur la rive gauche de la Seine, l’annexion de la banlieue n’a englobé qu’une population travailleuse. Ce sont les quartiers de : — Grenelle, avec ses usines, ses ateliers de chaudronnerie et de métallurgie; on y construit depuis quelque temps un très grand nombre dUmmeubles de rapport; — Vaugirard; — Plaisance et le Petit-Montrouge ; — Monisouris, avec son joli parc, la Glacière' ; — la Gare, occupée par les entrepôts et les magasins de là navigation et du chemin de fer d’Orléans.

Si l’on considère Pariscomme une vaste circonférence, le centre géométrique devra être placé au Palais-Royal. Le centre du mouvement, qui n’en est pas très éloigné, se trouve à la place de FOpéra, et, si l’on veut un peu l’agrandir, sur la ligne des boulevards>- entre la place de la Madeleine et la rue du Faubourg-Montmartre. Si nous choisissons la place du Palais- Royal comme point de départ de nos promenades dans Paris, c’est que l’étranger pourra, grâce aux nombreuses lignes d’autobus qui s’y croisent, se transporter beaucoup plus facilement dans les quartiers excentriques.

Celui qui désire avoir une idée assez complète de Paris devra consacrer au- minimum huit jours à parcourir la capitale, et nous entendons, par huit jours, huit, journées bien remplies, bien employées depuis le matin jusqu’au spir.

Pour cela il faut être doué d’une très bonne santé,, car rien n’est plus fatigant que de se promener dans une^ville, d entrer dans des églises, de visiter des musées, en un mot de regarder toute la journée, au milieu d’un mouvement continu de population qui n’est pas un dès moins attrayants spectacles d’une ville comme Paris.

Bien entendu, cet emploi du temps en huit jours n’a pas la prétention de s’imposer. Quinze jours sont nécessaires pour voir Paris en évitant la fatigue ; se servir, dans ce cas, de notre description de la ville eu 15 sections (F. Cliap. III). D’ailleurs chacun pourra modifier ces promenades à sa guise, les répartir sur un plus grand nombre de jours, les interrompre, lorsque la fatigue se fera sentir, pour les reprendre à un autre moment. On devra seulement faire attention auxjours èt heures d’ouverture dès monuments à visiter (F. aux Renseignements pratiques, p. xxv); afin de s’épargner des courses inutiles.

PARIS EN HUIT JOURS l-ep jour. (Louvre, Palais- Royal, Halles). — Matinée : cour du Louvre (p. 91); église Saint

Germain,- 1’ A uxerrois (p. 78); Halles centrales (p. 35) ; église Saint-Eustache (p. 76) ; Hôtel des Postes (p. 33) ; Banque (p. 33) ; jardin du Palais-Royal (p. 33). — Déjeuner au Palais- Royal.— Après-midi : musée du Louvre (p. 103) ; place du Carrousel (p. 10) ; jardin des Tuileries (p. 11) ; église Saint-Roch (p.80); avenue de l’Opéra (p. 29)

— Dîner : sur les boulevards.

— Soirée : théâtre de l’Opéra.

2e jour (La Cité, Palais de

Justice, Notre-Dame, Hôtel de Ville, Arts et Métiers) — Matinée : rue de Rivoli (p. 10); tour Saint-Jacques (p. 38) ; Châtelet (p. 38); Palais de Justice (p. 94) ; Conciergerie (p. 95) ; Sainte-Chapelle (p.75).— Déjeuner : place du Châtelet. — Après-midi : Hôtel-Dieu (p.48); Notre-Dame 73) ; église Saint-Gervais et Saint-Protais (p. 79); Hôtel de Ville (p. 88); église Saint-Merri (p. 36) ; boulevard de Sébastopol (p. 36) ; Conservatoire des Arts et Métiers (p. 176). — Dîner : sur les boulevards. — Soirée :

théâtres Lyrique - Municipal (Gaité), Renaissance, Antoine, de la Porte-Saint-Martin, ou Ambigu, au choix.

3e jour (Luxembourg, Panthéon, Sorbonne). — Matinée :

Institut (p. 62) ; Monnaie (p.62) ; École des Beaux-Arts (p. 164); église Saint Germain-des-Prés (p. 77); église Saint-Sulpice (p. 82). — Déjeuner : aux environs du Luxembourg. — Après-

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midi ; palais du Sénat, (p. 99); musée et jardin du Luxembourg (p. 136 et 63) ; Observatoire (p. 66) ; église du Valde-Grâce (p. 83) ; Panthéon (p.

59) ; église Saint-Etienne-du- Mont (p. 76); Sorbonne (p. 100); Collège de France (p. 59) ; Ecole de Médecine (p. 59). — Dîner : près du théâtre de l’Odéon. — Soirée : Odéon, ou théâtre Sarah-Bernhardt ou théâtre du Châtelet.

4e jour (Madeleine, parc Monceau, Bois de Boulogne, Champs-

Elysées). — Matinée : place Vendôme (p. 21); rue de la Paix (p. 29) ; église de la Madeleine (p. 74);. église Saint-Augustin (p. 22) ; musée Jacquemart-André (p. 158) ; parc Monceau (p. 23); musée Cernuschi (p. 161); église Russe (p. 85) ; Arc de Triomphe (p. 15) ; avenue de la Grande- Armée (p. 15) ; porte Maillot (p. 18). — Déjeuner : aux alentours de la porte Maillot. — Après-midi : Jardin d’Acclimatation (p. 18) ; Bois de Boulogne (p. 16) ; Champs-Elysées (p. 14) ; palais et musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris (p. 98 et 144); place de la Concorde (p. 13); les boulevards jusqu’aux Variétés. — Dîner ; sur les boulevards (p. 3 et 24).

— Soirée : théâtres du Vaudeville, d'es Variétés, de l’Athénée ou de Paris.

5° jour (Invalides, Trocadéro).

— Matinée : musée Guimet

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(p.149) ; musée Galliera (p.161) ; musées de sculpture comparée et ethnographique du Trocadéro (p. 149) ; Tour Eiffel et Champ- de -Mars (p. 71). — Déjeuner : avenues Bosquet ou de la Bourdonnais. — Aprèsmidi : Ecole militaire (p. 71); Invalides (p 169) ; musée de l’Armée <p. 170) ; Dôme (p. 175) et tombeau de Napoléon Iel> (p. 173) ; Esplanade des Invalides (p. 69); Musée Rodin (p.162); Chambre des Députés (p. 87).

— Dîner : aux Champs-Elysées ou sur les boulevards. — Soirée : café-concert.

6e jour (CJuny, ies Gobelins, Jardin des Plantes). - Matinée:

prendre l’autobus (ligne AI) jusqu’à la place Saint-Michel ; églises Saint-Julien-le-Pauvre (p. 79) et Saint-Séverin (p. 81); musée de Cluny (p. 140). — Déjeuner: dans un des cafés du boulevard Saint-Michel' (Soufflet ou Taverne du Panthéon). -Après-midi: église Saint- Nicolas du Chardonnet (p. 79) ; manufacture des Gobelins (p.

168); Jardin des Plantes et Muséum d’histoire naturelle (p. 55) ; place de la Bastille (p. 27); les boulevards jusqu’au Gymnase(autobusJE). — Dîner :

sur les boulevards. — Soirée :

Gymnase ou music-hall des Folies-Bergère.

7° jour (3ourse, Chaussée d’Antin, Sacré-Cœur, Buttes- Chaumont). — Matinée : Place des Victoires (p. 33) ; église de Nolre-Dame-des-Victoires(p 33) Bibliothèque nationale (p.179).

— Déjeuner : aux alentours de la place de la Bourse. — Après-midi : Bourse (p. 34) ; églises de la Trinité (p. 83), de Notre-Dame-de-Lorette (p. 31), du Sacré-Cœur (p. 75) ; de Saint-Vincent-de-Paul (p. 75); en tram (m 26 : St-Augustin- Cours-de-Vincennes) au pare des Bulles-Chaumont (p. 40).

— Dîner : sur les boulevards. — Soirée : Opéra-Comique ou music-hall de l’Olympia.

8e jour (Quartier du Marais, Bastille, Père-Lachaise). — Matinée : quartier du Marais :

anciens hôtels particuliers (p. 41); les Archives (p. 39); musée Carnavalet (p. 152)'; place des Vosges (p. 42) et musée Victor-Hugo (p. 167); église Saint-Denis du Saint- Sacrement (p. 42) ; place de la Bastille (p. 27). — Déjeuner :

aux alentours de la Bastille.— Après-midi : en autobus (ligne AP) de la Bastille au Père-Lachaise (p. 186) ; en métro ou en tram (ligne NO de Villemomble à la place de la République), par l’avenue de la République, à la place de la République (p. 27); square du Temple (p. 40); églises Saint- Nicolas des Champs (p. 36) et Notre-Dame des-Victoires (p. 33). — Dîner :

aux alentours du Palais-Royal.

— Soirée : Théâtre-Français ou Palais-Royal.

Chacune des 15 sections du chapitre III correspond à ce qu’on peut voir en une journée.

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