‹ Paris pendant la domination anglaise (1420-1436): documents extraits desChapitre 13 sur 98 · Cest-à-dire avant le 2 février · texte numérisé non relu

Cest-à-dire avant le 2 février

6. La Queue-en-Brie (Seine-et-Marne, arr. de Corbeil, cant. Boîssy). 7.^Sucy*en-Brie (Seine*eCyMarne, arr.de Gorbdl, cant. de Boissy).

14^1, juin] DOMINATION ANGLAISE. I9

paignie ledit suppliant estoit, — par le commandement de notre amé et féal conseiller le premier président de notre court de Par* tement, ait esté mis et amené prisonnier ouditChastellet, et depuis amené en notre dit Parlement pour oîr sur ce les parties afin d'en ordonner, et pour la maladie de sa personne fut ordené par notre dicte court de Parlement estre mis en la dicte G>nsiergerie où il est comme dit est. Pendant lesquelz emprisonnemens, ou paravant, il se doubte quMl n^ait esté appelle à noz droiz et banny de notre royaume, comme de plusieurs autres tenant le parti à rencontre de nous a esté £sdt, suppliant que attendu et considéré ce que dit est, qui est et dépend du fait de guerre par laquelle il a esté prins et paie sa rançon et s^en est aquittié comme dit est, et la bonne affection qu^il a tousjours eue de retourner, s'il eust peu bonnement en notre obéissance, et que en autres choses il a tous* jours esté de bonne rie, renommée et honneste conversation, sans avoir esté reprins ne convaincu d^aucun autre vilain cas, blasme ne reprouche et que tout ce qui lui est advenu en ce cas a esté par jeunesse et ignorance et pour doubte de mort, il nous plaise à lui sur ce impartir notre grâce et miséricorde. Pour ce est-il que nous ces choses considérées et la longue prison oti il a esté et encore est détenu...

Si donnons en mandement, par ces meismes présentes, à noz amez et feaulx conseillers tenans et qui tendront nostre dit parlement, au prevost de Paris

Donné à Paris, ou mois de juing, l'an de grâce mil mr^ et vint et ung et de notre règne le xli«.

Ainsi signé : par le roy à la relacion du Conseil.

Adam.

1421. Août. Paris.

Rémission accordée par Charles VI à feu Denisot Sensigaut, boulanger à Saint-Marcel, lequel, atteint de frénésie, s^était pendu quinze jours auparavant dans Pescalier de sa maison. En conséquence de cette rémission, le cadavre de Denisot ne sera pas exécuté, ni ses biens confisqués.

(JJ. 171, n* 429.)

Charles, par là grâce de Dieu roy de France, savoir faisons à tous presens et avenir, nous avoir esté humblement exposé de la partie de Jehannette, vefve, et d'aucuns des proches parens et amis de feu Denisot Sensigaut, en son vivant et nagueres boulengerde-

20 PARIS PENDANT LA [l42I,aOÛt

mourant à Saint-Marcel lez Paris ^, disant que depuis quinze jours ença ou environ ledit feu Denisot soit cheu en adversité de maladie des chaleurs et continue^ qui courent à présent, telement que après ce qu'il a esté confessé et receu son créateur il est cheu en frenoisie, et luy estant en ycelle à un certain jour n^a gueres passé, — pendant ce que ladicte vefve sa femme estoit venue de son commandement à Paris pour apporter son orine et faire autres besoingnes qu'elle y avoit à faire, et que un jeune filz son neveu estoit aie aussi de son commandement quérir du lait en certain lieu de Saint-Marcel, et une femme pour lui appareiller à mangier, — se soit levé de son lit et venu comme aucuns dient fermer Puis de son hostel sur lui et, ce âiit, ait prins une corde et Tait atachée au hault d'une viz estant oudit hostel par oti l'en monte en sa chambre, et rompu un pou du piastre d^icelle viz pour atachier ladite corde à une petite pièce de bois qui y estoit, et là se soit tant par temptacion de l'ennemi comme à Tocasion de ladite frenoisie et maladie pendu à ycelle corde. Pour ocasion duquel cas lesdits exposants doublent empeschement estre mis es corps et biens d'icellui defunct, comme aquis et confisquez, se notre grâce ne leur estoit sur ce impartie, requerans humblement que attendu que ledit feu Denisot a esté tout son temps homme de bonne vie, renommée et honneste conversation, sans oncques mais avoir esté ataint ne convaincu d'aucun autre vilain blasme ou reproche, que le cas est advenu à Pocasion de ladicte maladie qui sont des fortunes de ce monde, et que très dure chose seroit à ladite vefve qui est jeune femme grosse, d^enfant s'entant, et a une petite jeune fille de Paage d^un an ou environ fille d^icellui defunct et de la dite vefve, de perdre leurs biens et chevance à Tocasion dessus dicte, et aussi en seroient lesdits exposants et autres leurs parens et amis qui sont notables gens et de bonne lignée vitupérez, sUl convenoit que le corps dudit defunct feust exécuté, et que durant

1 . Cest au XVII* siècle seulement que le village de Saint-Marcel fut annexé à Paris. Son église, qui est aujourd'hui Pune des églises paroissiales de la capitale, avait été élevée au v* siècle sur le tombeau de saint Marcel, évéque de Paris, et une agglomération de maisons assez considérable pour que Grégoire de Tours la qualifiât vécus {De glùria confestorum, c« 89) existait déjà au VI* siècle autour de ce sanctuaire.

2. Dom Carpentier a prouvé, à Taide de lettres de rémission en date de i366 et de 1455, que continue se disait alors pour c fièvre continue > (Du Gange, Glossarium, édit. Henschel, t. Il, p. 570, au mot continuaré).

1 421, août] DOMINATION ANGLAISE. 21

ladite maladie il a esté confessé et' receu son créateur comme dit est, nous leur vueiUons notre dicte grâce impartir. Pour quoy nous ces choses considérées, voulans

Si donnons en mandement par ces mesmes présentes à noz amez et feaulx conseillers les gens tenans nostre présent Parlement..., au prevost de Paris, et à tous noz autres justiciers

Donné ou mois d'aoust, Tan de grâce mil cccc xxi et de notre règne le zli^. Ainsi signé : Par le roy à la relacion du G)nseil,

Adam.

1421. Août. Paris.

Rémission accordée par Charles VI à Perrin Baudaire qui, après l'entrée des Bourguignons à Paris en mai 141 8, n*étant encore figé que de 17 ans environ, avait quitté la capitale pour servir en qualité de page Luquin de Ris, capitaine italien qu'il accompagna le i*' juin suivant à l'attaque de la Bastille, puis à Melun, Orléans, Brie-Comte-Robert, la Ferté-Milon et à la bataille de Baugé ; depuis, Perrin était passé au service d'un gascon de la garnison d'Auneau avec lequel il prit part aux sièges deGallardon et de Chartres. Aprfts trois années de cette vie d'aventures, le jeune page avait voulu rentrer dans la capitale, mais son père, pour se conformer aux prescriptions de la justice, l'avait mené lui-même devant la prévôté au Châtelet, où il demeura quinze jours prisonnier.

(JJ. Ï71, n* 435.)

Charles, par la grâce de Dieu roy de France, savoir faisons à tous presens et avenir, nous avoir receu Pumble supplicacion des parens et amis chamelz de Perrin Baudaire, aagié de xx ans ou environ, né en la ville de Sauquevelle^, près de Dieppe, filz de Jehan Baudaire, marchant à présent demourant à Paris, contenant que comme dès huit ans a ou environ, ledit Perrin Baudaire feust venu demourer en nostre dite ville de Paris avec son dit père, avec lequel il ait tousjours demouré jusques au dimanche XXIX* jour du mois de may Tan mil cccc xvin que les gens de feu nostre très chier et très amé cousin Jehan, en son vivant duc de Bourgogne, entrèrent en nostre dite ville de Paris; la nuit duquel jour un capitaine de gens d'armes nommé Luquin Ris, lombart tenant le parti de cellui qui se dit Dalphin, emmena avec lui ledit Perrin Baudaire pour estre son page, lequel capitaine lui promist faire du bien, mais qu'il le vousist servir loyaument, ce que ledit Perrin Baudaire lui promist faire, non pensant à quelque mal. Et

I. Sauqueville (Seine-Inférieure, arr. de Dieppe, cant. d'OCFranville).

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ce &it, ledit Perrin ait esté avec et ea la compaignie dudit Luquin, 6oa maistre, le mercredi prochain^ après ladite entrée des gens de feu notre dit cousin le duc de Bourgogne, devant la bastide Saint-Anthoine à Peure que ledit qui se dit Dalphin cuida par force gaingnier et entrer en nostre dite ville de Paris et depuis ait esté par long espace de tem|>s continuelment avec ledit Luquin son maistre, en la compaignie dudit soy disant Dalphin tantà Meleun, à Orléans, à Brie-Conte- Robert, à la Ferté-Miloo, comme en plusieurs autres villes, places et forteresses, et aussi ait esté ou service et en la compaignie dudit Luquin Ris son maistre, du quel il estoit page, à la journée où feu nostre très chier et très amé cousin le duc de Qarence' et plusieurs autres de la compaignie morurent '. Depuis lequel temps ait esté ou service de plusieurs nos ennemis, rebelles et desobeïssans ses maistres, en la compaignie desquelz ont esté faiaes plusieurs courses, esquelles plusieurs de noz bons vrais subgiez et obeïssans ont esté prins prisonniers et mis à grant rançon par les diz noz ennemis, rebelles et desobeïssans, par lesquelz aussi plusieurs places et forteresses à nous obeïssans ont esté par force prises et tenues par eulx contre nous. Et, depuis ce, icelluy Perrin Baudaire, en la compaignie d^un gascoing son maistre, nommé Pierre Stoc, tenant ledit parti de la garnison d^Auneau^, ait esté au siège qui fut mis par ledit soy disant Dalphin et plusieurs noz ennemis rebelles et desobeïssans devant nostre ville de Galardon^, et aussi devant nostre bonne ville de Chartres, dedens la quele lez dessus diz ennemis rebelles et desobeïssans ont cuidié entrer et ycelle prendre à force. Et depuis ce ledit Perrin soit retourné audit lieu d'Auneau avec son dit maistre et. plusieurs de noz diz ennemis rebelles et desobeïssans estans audit lieu, ou quel il a esté par certain temps, et aussi durant le temps qu'il a esté avec nosdiz ennemis, rebelles et desobeïssans, ait esté par plusieurs fois en fourrage en plusieurs lieux avec plusieurs pages desdiz ennemis et vescu avec yceulx comme pages et variés y ont acoustumé de vivre ; toutesfoiz es compaignies dessus dites il n^a tué, robe, pillié ne fait chose de soy contre nous ne nostre magesté autrement que dit est dessus,

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