I. Voir sur Jean le Gois la note 2 de la p
14^2, dée.] DoktNAtioN anglaise. 71
comme autrement en Mainte^ et diverses thanieres, et espierons que encbres &ce ou temps advenir iceliui Jelian le Qoix, par l'àdvis et délibération de nostfe tre& chier et très amé oncle^ Jehah^ duc de Bedford, regeiit nostredit i-oyaume de France, avons foit, treé et institué et par la teneur de ces présentes de tiostre grâce éspecial et auctorité royal, faisons, créons et instituons bouchier de ladicte ^nt boucherie de nostrë dicte ville de Paris, pour iceliui mestier de bouchièk' aVoir, tenir et pos^ider perpetuelment à tousjours par ledit Jehan le Gois et sa postérité en directe ligne, et joir tt usier des privilleges, frahchises, libertés et autres droiz quelconques audict mestier de bouchier compettans et appartenans
Si donnons en mandement par ces mesmes présentes en commettant, se mestier est^ au maistre des bouchiers de ladicte grant boucherie
Dônilé à Paris, ou mois de décembre, Tan de grâce mil nn^ izti et de notre règne le premier.
Ainsi signé : Par le roy, à la relacionde monseigneur le régent le royaume de Frarice, duc de Bedford,
Greslé.
1423. 9 janvier. Paris.
Henri VI donne à Ou^ GuiUebault, trésorier fln duc de Bourgogne, une maison à Pimage de Notre-Dame^ confisquée sur Alain Dfonis et située à Parts en la rue Saint- Sauveur.
(JJ. 172, n* 200.)
Henry, par la grâce de Dieu rôy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir que nous, considerans les grans et notables services que a &iz le temps passé à feu nostre très* chier ayeul le roy de France derrenierement trespassé, cuy Dieu pardoint, à nostre tres-chier et tres-amé oncle le duc de Bourgongne, feit chascun jour et espérons que encores face ou temps avenir à nous et à nostre dit oncle Guy Guillebaut^ trésorier et receveur gênerai des finances de nostre dit oncle, et pour certaines
I. Guy GuiUebault, c conseiller, gouverneur-général de toutes les finances de M. le duc 9 [de Bourgogne], devint plus tard trésorier de l'Ordre de la Toison d'Or, créé par Philippe le Bon en 1430 {Mém. pour servir à Vhist, de France et de Bourgogne, p. 1 87).
72 PARIS PENDANT LA [i423Jany.
autres causes et consideracions à ce nous mouvaos, à icellui et à ses hoirs et successeurs venant de lui en directe ligne, par Tadvis de nostre tres-chier et tres-amé oncle, Jehan régent nostre royaume de France, duc de Bedfort, avons donné, cédé, transporté et delaissié, et par la teneur de ces présentes de nostre grâce especial, plaine puissance et auctorité royal donnons, cédons, transportons et délaissons une maison, court, puis, jardin et les appartenances quelxconques ^, ainsi comme tout se comporte et extent de toutes parts, assise à Paris en la rue Saint-Sauveur où est pour enseigne PI maige Nostre-Dame *, tenant d'une part à Guillaume Sanguin et d'autre part aux hoirs feu Thomas Simone, aboutissant f)ar devant sur ladicte rue Saint-Sauveur, et par derrière à Adam Brunel et à Jaquet de Kalais, ensemble tous les biens, heritaiges, appartenances et appendances d'icelle, qui jadiz furent et appartindrent à Allain Dyonis^, à nous venus et escheuz par confiscation, par le moien de la rébellion et désobéissance commise par ledit Dyonis envers nostre dit feu ayeul et envers nous, pour icelle maison, court, puis, jardin, ainsi comme elle se comporte, ensemble lesdiaes appartenances, appendances et heritaiges et biens dessus diz, avoir, tenir et en joir et user par ledit Guy Guillebaut, ses hoirs et successeurs venant de lui en directe ligne, comme dit est, perpetuelment, hereditablement et à tousjours, en paiant les chargez, droiz et devoirs anciens pour ce deuz et acoustumez. ,
Si donnons en mandement par ces mesmes présentes à noz amez et feaulx gens de noz comptes et trésoriers à Paris, aux
1. Suivant le compte de confiscations de 1423- 1427, la maison donnée à Guillebault était chargée envers Tévéque de Paris c en une serise de fonds de terre > (Sauvai, p. Sog). En 1420 ou 142 1, cette propriété était habitée par Thomassin de Herley, écuyer, en qualité de concierge et lieutenant de Philippe de Bourgogne, comte de Saint-Pol, qui disait Tavoir reçue en don du roi {ibid. p. 291).
2. Cette maison fit partie dans la seconde moitié du zvi* siècle de Phôtel d'Âlluyes, successivement connu depuis sous les noms d'hôtel de Cipières, d*Ârgenson, de Conti, de Tresmes et d*Angivilliers (Berty, Topographie historique du vieux Paris, région du Louvre et des Tuileries^ t. I, p. 94, et app., p. vit).
3. C'est-à-dire à c Âgnesot, veuve de feu Thomassin Simon 9, suivant le compte de 1420-142 1 (Sauvai, p. 291).
4. Alain Dyonis possédait en outre une maison, à l'enseigne de PÉcu de Guyenne, dans la rue de la Heaumerie, au quartier de Saint-Jacques-de-la- Boucherie.
1423, janv.] domination anchjiise. y 3
commissaires ordonnez sur le Seiit des confiscacions et forfaictures à nous venues et escheuez en nostre royaume de France, au prevost de Paris
Donné à Ponthoise, le n* jour de janvier, Tan de grâce mil cccc vint et deux, et de nostre règne le premier.
Ainsi signé : Par le roy, à la relation de monseigneur le régent de France, duc de Bedfort,
J. MlLET.
1423. Janyier. Paris.
Rémission accordée par Henri VI à Jean la Fille, dit Vignette, habitant à Saint-Germain-des-Prés, lequel, voulant venger les insultes faites à sa femme, avait blessé mortellement Philippot Laurens. Vignette devra tenir prison au pain et à Peau durant quinze jours.
(JJ. 172, n« 186.)
Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir nous avoir receu l'umble supplication des parens et amis chamelz de Jehan la Fille, dit Vignette, laboureur demourant à Saint Germain-des-Prez, chargié de jeune femme et de deux petits enfans, à présent prisonnier es prisons dudit lieu de Saint Germain-des-Prez. Comme depuis deux mois en ça ou environ ledit Jehan la Fille venoit de Paris en sondit hostel de Saint Germain et en apporta de la menuyse, et quant il fut en sondit hostel se advisa qu'il avoit oublié à apporter de la chandelle, et pour ce se parti de sondit hostel pour en aler emprunter, et en retournant en icellui son hostel, rencontra un nommé Philipot Laurens, aussi demourant audit Saint Germain-des-Prez qui portoit une demie lance, lequel Jehan la Fille, meu et courroussié contre lui pour ce que sa femme lui avoit par avant dit qu'il (rjavoit appelle « putain », « moynesse », tout bas en Poreille dist audit Philipot Laurens quUl estoit mauvaiz homme d'avoir mis sus icelle villeynie à sa femme, et qu'il mentoit, et lofs prinst une pierre en sa main, et la lui gecta et l'en frappa parmi la teste, tant qu'il chey à terre. Et après ce, prist et lui osta sadicte demie lance, et l'en frappa par les jambes seulement deux ou trois coups. De laquelle bateure icellui Philipot a esté malade par l'espace de trois sepmaines ou environ, tant à l'Ostel-Dieu oti il fu porté comme en son hostel, et depuis, par son mauvais gouvernement, est aie de vie à trespas-
^4 ^^^ PEUabÈiff ïAl [14^3, janv.
flemeilt^ pour occasion duquel cas Jehàii la Fille, dit Vignette, est détenu prisonnier es prisons dudit Saint-Gertnain-de&-Prez, en grant povreté et misère et tous ses biens prins, toisi^, ari'estez et empeschiez^ et par ce est ien aventure de bito brief misérable^ ment finer ses jours, se nostre grâce et miséricorde ne lui est
sur ce impartie Pourquoy nous... ayans pitié et compassion
de lui, sadicte femme et enfans, et pour honneur et reverance de la benoiste Nativité de nostre seigneur Jhesu Crist et de ce premier jour de Tan, audict Jehan la Fille, dit Vignette, ... quittons, remettons et pardonnons le fait et cas dessusdit... et sera xv jours prisonnier au pain et à Peau.
Si donnons en mandement p)ar ces présentes au prevost de Paris, à tous nos autres justiciers
Donné à Paris, ou mois de janvier, Tan de gràcb mil cccc Vint et deux et de nostre règne le premier.
Ainsi signé : Par le roy, à la relacion du Conseil,
OOBR.
1423. Janvier. Paris.
Henri VI donne à Jean, seigneur de Courcelles et de Saint- Liébault, une maison située rue des Poulies et confisquée sur Jean Congnet.
(JJ. 172, il» igi.)
Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir que nous, considerans les bons et aggreables services que a faiz par long temps à feux noz très chiers ayeulx et père les roys de France et d'Angleterre derrenierement trespassez, et que fait chascun jour à nous et espérons que encores face ou temps avenir nostre amé et féal conseiller Jehan seigneur de Courcelles^ [et] de Saint Liebaut^, chevalier,
1. Jean de Courcelles était en 14 18 chambellan du roi et du duc de Bourgogne; il touchait alors une pension de 1000 livres comme conseiller du roi {Mém. pour servir à Vhist, de France et de Bourgogne, i. Il , p. m et i3i). — Le roi d^Angleterre lui donna en outre, deux mois plus tard, par lettres datées de Mantes, le château de Blandy, confisqué sur lé comte de Tancarville ; la ChapeUe-Gautier, Mormant, Roissy et la Forêt qui appart^ naientà Jean Jouvenel; une terre à Marly provenant de Jean de Broy; Nantouillet, la Borde et Lumigny enlevés à Philippe de Melun et à sa femme (JJ. 172, n* 2x2) ; toutes ces seigneuries étaient situées en Brie.
2. La seigneurie de Saint-Liébault lîit érigée en duché en 17S8, sous le
14^3, janv.] DomNAttdK anglaise. 75
et {x>ar pluseurs autres causes et consideracions à ce nous mouvans, à icellui par Tadvis et deliberacion de nostre très chier et très amé onde Jehan regeat ncmtn royaume de France, duc de Bedftnrt, avons donnée cédé) transporté et delaMsîé^ et par la trieur de ces présentes, de nostre grâce especial, pleine puissance et auaorité royal, donnons, cédons, transportons et délaissons Tostél ou maison assiz à Paris en la rue des Poulies^ avecquesses appartenances et àppendances ainsi comme il se comporte, tenant d^un costé à un hostel appartenant à nostre amé et féal chevalier Giles, seigneur de Qamecy ', et aboutissant par devant à ladicte rue des Poulies, qui, n^a pas long temps, fut et appartint à Jelian Congnet, à nous venue et escheue comme confisquée par le moien de la rébellion et désobéissance commise par ledit G)ngnet envers nostre dit feu ayeul et nous, pour icelle maison ainsi comme elle se comporte, ensemble sesdictes appartenances et àppendances, avoir, tenir ef en joir et user perpetuelment, herediublement et à tousjours, par ledit de Courcelles, ses hoirs et successeurs venant de lui en directe ligne, en paiant par lui les chargies, droiz, devoirs pour ce deuz et acoustumez.
Si donnons en mandement par ces mesmes présentes à noz âmez et feaulx gens de noz comptes et trésoriers à Paris, aux commissaires ordonnez sur le fait des confiscacions et fbrfaictures à nous venuz et escheuz en nostre dit royaume de France, au prevost de Paris
Donné à Paris, ou mois de janvier Tan de grâce mil cccc vint et deux et de nostre règne le premier.
Ainsi signé : Par le roy, à la relacion de monseigneur le régent du royaume de France, duc de Bedfort,
J. MlLET.
nom d'Estissac. Estissac est aujourd'hui une commune du département de rAube (arr. de Troyes, chef-lieu de canton).
1. La rue des Poulies qui conduisait de la rue des Fossés-Saint-Germainl'Auxerrois à la rue Saint-Honoré a fait place, sous le second Empire, à la rue du Louvre.
2. Gilles de Qamecy, maître des comptes, avait été un moment en possession de l'office de prévôt de Paris, auquel il fut nommé par le Parlement le 3 février 14 19, au mépris de la coutume qui était de ne jamais confier la prévôté de Paris à un parisien (Journal parisien).
j6 PARIS PENDANT LA [14^3, janV.
1433. Janvier. Paris,
Henri VI crée un nouvel office de chaufiecire en la chancellerie de France,
en laveur de Jean Burgault^
(JJ. 172, n* 194.)
savoir faisons à tous presens et avenir que comme entre les droiz et prérogatives appartenant à la magesté royal de la noble couronne de France, à laquelle par la grâce Nostre Seigneur sommes venus par le décès et trespassement de feu nostre très chier seigneur et ayeul le roy Charles derrenierement trespassé, que Dieux absoille, nous appartiengne de plain droict et auaorité royal, mettre, créer et ordonner un nouvel chauffecire en nostre chancellerie de France, oultre et par dessus le nombre que nous y avons trouvé, nous ce considéré, et pour la bonne relacion que faiae nous a esté des sens, souffisance, loyaulté et bonne diligence de nostre bien amé Jehan Burgault ^, icellui par Tadvis et deliberacion de nostre très-chier et tres-amé oncle Jehan, régent nostre royaume de France, duc de Bedfort, avons de nostre grâce especial, plaine puissance et auctorité royal aujourd'uy créé, ordonné et estably, créons, ordonnons et establissons par ces présentes nostre chauffecire en nostre dicte chancellerie oultre et par dessus ledit nombre, pour icellui office de chauffecire avoir, tenir et exercer dores en avant par lui et ses successeurs ainsi et par la manière que ont acoustumé ou temps passé les chauffecires de nostre dicte chancellerie aux gaiges, bourses, honneurs, preroga-
1. < L'original de ceste chartre, par sentence de laquele ne fîi et n*a esté c appelle ne reclamé, cy après registrée, a esté cassé et declairé de nul effect c à l'instance des chaufifecires du roy nostre sire. > Cette note, écrite en marge du registre de la chancellerie, est justifiée par les lettres de Henri VI relatant les démarches auxquelles se livrèrent les quatre chauffecires en exercice, et la renonciation de Jean Burgault qui n'eut lieu que le 25 octobre 1425 (voyez ces lettres plus loin, sous le n* XCI).
2. On doit certainement distinguer ce Jean Burgault d'un personnage homonyme que les comptes de confiscations nous montrent c persécuté es prisons c du Chastelet de Paris » dès le début de la domination anglaise (compte de 1420 à 142 1, apud Sauvai, p. 293), et qui, dans le dernier de ces documents (1427-1434), est indiqué c comme absent i, c'est-à-dire émigré (Sauvai, p. 571).
1433, janV.] DOMINATION ANGLAISE. 77
tives, libertez, franchises et autres droiz, prouffiz et emolumens à ce appartenans d'ancienneté.
Si donnons en mandement par ces présentes à nostre amé et feal chancellier, que, receu dudit Jehan Burgault le serement en tel cas acoustumé, il le mette et institue... en possession et saisine dudit ofEce
Mandons aussi à nos amez et feaulx conseilliers les trésoriers et generaulx gouverneurs de toutes les finances de nostre dit royaume de France que, par le changeur de nostre trésor à Paris... lui facent lesdiz gaiges paier d^ores en avant, aux termes et en la manière acoustumée
Donné à Paris^ ou mois de janvier Tan de grâce mil cccc xxn, et de nostre règne le premier.
Ainsi signé : Par le roy à la relation de monseigneur le régent du royaume de France, duc de Bedfort,
Gente.
1423. Janvier. Paris.
Henri VI confirme les privilèges des bouchers de la grande boucherie
de Paris ^
(JJ. 172, n» 198.)
Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir nous avoir receu Pumble supplicacion de noz biens amez les maistres jurés et communaulté des bouchiers de la grant boucherie de Paris, contenant comme ilz aient pluseurs privilleges à eulx donnez et confermez par noz prédécesseurs roys de France, lesquelz ilz nous ont supplié et requis estre par nous confermez, nous adecertes, considerans les bons et aggreables services hiz par lesdiz supplians à noz diz prédécesseurs roys de France, et espérons que nous facent ou temps avenir, et par la deliberacion de nostre très chier et très amé oncle Jehan, régent nostre royaume de France, duc de Bedford, et de nostre grant conseil estant à Paris, tous leurs diz privilleges à eux donnez et confermez par noz diz prédécesseurs roys de France et chascun d'eulx dont ilz ont usé deuement, voulons estre tenuz
I. Cette pièce a d^à été publiée dans le recueil des Ordonnances des rois de France, u XIH, p. 16.
78 PARIS ?EiiiuiiT Ui [l4^h )^^^'
et gard^ fennemmt «ans enfreiadre, et ^«ulf Iooqs, grepiUs ratiffions, approuvons,
Si donnons en mandemem p^ ç^ onesm^s pr^nmtffi à tipz amezf et fe^iulx conseiUiers les genç tenant nostre présent parle*^ ment et qui tendront noz parlemens avenir, Ifi^ gens de noz comptes et trésoriers à Paris, au prevost de Paris
Donné à Paris, ou mois de janvier, Tan de grao» mil eecc vint et deux et de nostre règne le premier.
Ainsi signé : Par le Foy, à la relation du conseil twu par postrf seigneur le régent de Frani:^, duc de Bedfort.
GfiMTB^
1423. Janvier. Pontoise.
Henri VI donne à Jean de Puligny, seigneur de la Motte-Tilly, 600 livres tournois de rente annuelle à asseoir sur les biens de feu maître Pierre de PEsclat et Jacques TEmpereur.
(JJ. 172, n* 201.)
Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presf ns et avenir que nous, aians consideracion aux grans et notables services que nostre amé et féal conseiller Jehan de Pulligny \ seigneur de la Mote-de-Tilly *, a faiz à feux noz très chiers seigneurs et ayeul et père les roys de France et d'Angleterre, cui Dieux pardoint, tant ou fait de la guerre comme autrement en mainctes manières, qu'il nous fait chascun jour et espérons que face ou temps avenir, les peines, pertes, dommaiges et les perilz de sa personne qu^il a pour ce passez, souffers
1. Jean de Puligny, dit Chapelain, chevalier, figure à plusieurs reprises dans le compte de confiscations pour tes années 1423 à 1427, qui complètent la pièce que nous publions ici en nous faisant connaître une partie au moins des biens sur lesquels fut assise la rente concédée par le roi d'Angleterre ; c'étaient les héritages que Pierre <|e Tflsclat avait à ChQisy[-le-Roi] et une maison sise à Bussy-Saint- Martin, près Lagny (Sauvai, p. 827; voyez aussi p. 3o5 et 584}. ~ Puligny était conseiller et chambellan du duc de Bourgogne {Mém. pour servir à fhist. de France et de Bourgogne, t H, p. 186).
2. La Motte-Tilly (Aube, arr, et c«et. 4e Nogeat-sivr-Sehie}. Cette aei* gneurie, appartenant jadis à Pierre des Essarta et à Marie de Reuilly, sa femme, et confisquée sur eux, avait été donnée le 27 décembre 1420 par le roi Charles VI à Jean de Puligny, ^uy^r, alors gflf de des coffires et joyaiix de ce prince (JJ. 172, n* 53).
I4?l9JdnY.] ,]>01fIN4TIQli ANGLAISE. 79
et soustenuz, et autres causes et consideracions ad ce nous mouvans, audit de Pulligny pour lui et ses hoirs venant et descendans de son corps en loyal mariage, par Tadvis de nostre tres-chier et très amé oncle Jehan, régent nostre royaume, duc de Bedfort, avons donné, cédé, transporté et délaissé, et par la teneur de ces présentes de grâce especial et plaine puissance royal donnons, cédons, transportons et délaissons six cens livres tournoiz de rente annuelle et perpétuelle à la prendre, avoir, recevoir et percevoir chascun an d'ores en avant par égal porcion aus quatre termes en Tan à Paris acoustumez, en et sur toutes les terres, justices, seignouries, manoirs, maisons, cens, rentes, revenues, heritaiges, possessions et biens immeubles quelconques que feux maistre Pierre de TEsclat * et Jacques PEmpereur ' souloient avoir, tenir et possider, tant en la ville, viconté et prevosté de Paris comme ailleurs en nostre royaume, quelque part qu'ilz soient scituéz ou assiz, eu regard à la valeur que ilz valoient quinze ans a, sur les mieulx apparans et sur chascune partie et porcion d'iceulx à nous avenuz et escheuz et qui par confiscacion nous compétent et appaniengnent de présent, pour d'icelles vi^ livres t. joir et user d'ores en avant par ledit Jehan de Pulligny.....
Si donnons en mandement par ces mesmes présentes à noz amez et feaulx les gens de noz comptes, trésoriers de France et generaulx gouverneurs de toutes finances, aux comissaires ordonnez sur le fait des confiscacions et forfaictures au prevost de
Paris
Donné à Pontoise, ou mois de janvier. Pan de grâce mil nn^ XXII et le premier de notre règne.
Ain^i signé : Par le roy, k la relation de monseigneur le régent le royaume de France, duc de BedfiPort.
R. Veret.
i* V9j«9^ sur Pierre df l'Ea^^ pliis haut, p. 6a, note i.
a. U a dé)à été question plus haut, p. 3i, de Jacques l'Empereur, et nous ^vons rappelé à cette occasioi^ que, garde des joyaux du roi, il avait éH/S remplacé dans cet office après la révolution de 141 8 par le même Jean dç Puligny qui, id^ est gratifié des biens de son prédécesseur. Néanmoins ks propriétés coi^fisquées sur Jacques PEmpereur ne consistaient pas seule- Q^fi^t dans 1^ héritagef sitiiés à Quasy-Sai^t-Hartin, que le roi d'Angleterre donna à^ ^ean de Puligay ; il pon^sédait ^us^i à Tprcy, tout auprès de Bussy* Saint-Martin, d'autres biens qui furent donnés à Jean le Clerc, jadis chan-s celier de France (Sauvai, p. Say).
8o PARIS PENDANT LA [H^^» ^^•
1423. Février. Devant Meulant.
Henri VI donne à Guillaume de Châtîllon, capitaine de Reims, une maison située à Paris rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie au coin de la rue Pernelle-Saint-Pol et confisquée sur Guillaume Cousinot.
(JJ. 172, n* 36i.)
savoir faisons à tous presens et avenir que nous, considerans les grans, notables et aggreables services que a faiz par long temps ou temps passé à feu noz très chiers seigneurs ayeul et père les roys de France et d^ Angleterre derrenierement trespassez, ausquelz Dieu pardoint, fait par chacun jour à nous et espérons que nous face ou temps advenir à la garde, seurté et bon entretenement en nostre obéissance de noz villes et chastel de Reims et Chasteau- Thierry et des pays alentour nostre amé et féal Guillaume, seigneur de Cbastillon \ et pour plusieurs autres causes et consideracions à ce nous mouvans, à icellui de Cbastillon, par l'advis de nostre dit oncle donnons, cédons, transportons et délaissons^ Postel assis à Paris en la rue de Sainae-Croix en la Bretonnerie, faisant le coing de la rue Perrenelle de Saint- Pol ^, avecques ses appartenances et appendances, ainsi corne il se comporte, lequel fut et appartint à maistre Guillaume Cousinot^ et de présent nous appartient par confiscacion, pour d'icellui hostel, appartenances
1. Guillaume de Châtillon, seigneur de Chfltillon et de la Ferté-en-Ponthieu, fut pourvu du gouvernement de la ville de Reims et du pays voisin ainsi que de Toffice de grand-queux de France en 1418. U rentra dans Tobéis- Sance du souverain légitime de la France après le traité conclu à Arras en 1435, auquel il contribua de tout son pouvoir (Anselme, Hist. gén, de la maisùn de France, t. VIII, p. 839).
2. La donation fiiite ici est rappelée dans les extraits du compte de confiscations de 1427 à 1434, publiés par Sauvai (p. 572).
3. Cette rue est appelée aujourd'hui rue de l'Homme- Armé ; voir à ce sujet la note que nous venons de publier dans le Bulletin de la Société de V Histoire de Paris, t. IV.
4. Guillaume Cousinot, conseiller au Parlement et chancelier du duc d'Orléans, mourut après 1442 dans un âge avancé. II est l'auteur d'une chronique intitulée les Gestes des François^ et doit être distingué de son neveu et homonyme qui a écrit la Chronique de la Pucelle. M. Vallet de Viriville a consacré à chacun de ces personnages une double notice biographique publiée Tune dans la Biographie Didot (t. XII, p. 263-364), l'autre en tête de l'édition de la Chronique de la Pucelle ou Chronique de Cousinot qu^il publia en 1839 (un volume in-12).
I42I,iévr.] DOMNATION ANGLAISE. 8l
et appendances quelzconques joir et user par ledit de Chastillon et ses hoirs masles légitimes, venans de lui en directe ligne et procréez en loyal mariage, plainement, paisiblement, perpétuelment, hereditablement età tousjours, en faisant et paiant par ledit de Chastillon les droiz devoirs et services pour ce deuz et acoustumez, pourveu toutesvoies
Si donnons en mandement par ces présentes à noz amez et feaulx gens de noz comptes à Paris au prevost de Paris
Donné au siège devant MeuUent, ou mois de février, Tan de grâce mil cccc et xxn et de nostre règne le premier.
Ainsi signé : Par le roy, à la relacion de monseigneur le régent
de France, duc de Bedford,
J. Mn«BT.
1423. Mars. Paris.
Rémission accordée par le roi d'Angleterre à Jeannette Bonfils, bannie du royaume de France pour avoir entretenu une correspondance avec Jean Rontier, maître des monnaies du Puy-en-Velay, lequel reconnaissait par conséquent l'autorité du roi légitime ; cette correspondance n'était , paraîtil, qu'une correspondance amoureuse.
(JJ. 172, n» 236.)
Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et advenir nous avoir receu Tumble supplicacion des parens et amis chamelz de Jehannete la Bonne- Fille, povre jeune femme ensainte d'enfant, n'a gaires prisonnière en nostre Chastellet de Paris, contenant que comme puis trois mois en ça ou environ une nommée Katherine la Fevresse , prisonnière en nostre dit Chastellet, la manda en sa maison qu'elle vousist parler à elle, auquel mandement icelle Jehannete ala, laquelle arrivée oudit hostel trouva un nommé Jehan de Lyons qui lui dist que un appelé Jehan Routier se recommandoit à elle et qu'il estoit au Puy en Auvergne^ maistre des monnoyes d'icelle ville, avecques et en la compaignie de un appelle Amoullet Ba-
I. Cette ville n'est pas différente du Puy-en-Velay. Aux yeux des gens du moyen-4ge et même encore à ceux de certains de nos contemporains, le Velay et le Gévaudan font partie de l'Auvergne : il en était déjà ainsi au temps de César : f Parem numerum Arvernis, adjunctis Eleutheris Cadurcis, fl GabttUSy Velaunis, qui sub imperio Arvernorum esse consueverunt » (Coffim. de hello gallico^ 1. VII, c. 75).
nocuMBirrs i 6
82 PARIS PENDANT LA [14^3, maiS
taille et autres qui aToient prins icelle monnoye, en lui disant que ledit Routier lui avoit dit qu'il Touldroit qu'elle feust audit lieu, et que s'eUe y estoit il la feroit dame et maistiesse du sien, et que jamais il n'auroit autre femme qu'elle, en lui baillant unes lettres closes à elle envoies par ledit Routier, qu'elle mist en son saing, sans ouvrir ne savoir qu'il avoit dedans escript, si non par ce qu'ele les a depuis oyes lire par nos gens et officiers de nostre dit Chastellet, qui faisoient mencion des choses dessus dictes; et [â] tant se parti ledit de Lyons dudit hostel et ala oti bon lui sembla. Et la relevée dudit jour, environ heure de deux ou trois heures après midi, ladicte Jehennete retourna en Tostel de ladicte Katherine pour aller veoir noz lyons * en la compaignie dUcelle Katherine. Et tantost après ledit de Lyons arriva oudit hostel, ouquel ilz beurent sans parler d'autre chose que dessus est dit, et adonc ledit de Lyoiis mist la main à son saing et d'icellui tira unes lettres closes que lors il bailla en garde et commande à ladicte Katherine, en lui priant qu'elle les lui gardast et qu'il avoit paour de les perdre, et qu'elles seadreçoient au maistre des bouchiers de nostre dicte ville de Paris, laquelle Katherine, en obtempérant à ladiae requeste, les prinst et icelles mist en un dressouer, et partant se départi ledit de Lyons , et ala ou bon lui sembla. Et lors ladicte Jehannete et Katherine alerent d'un commun accord ensemble, et se misdrent en chemin pour aller veoir lesdis lions. Elles alans au quel lieu, icelle Jehennete fut prinse et menée prisonnière es prisons de nostre dit Chastellet où elle a esté à grant povreté et misère l'espace de cinq sepmaines et plus, laquelle interroguée sur le cas de son emprisonnement et principalment s'elle avoit receues aucunes lettres de par Jehan Routier, la quelle en alant au juge et ainsi que les sergens la menoient et estoit devers le vespre et tart, dessira le plus coyement qu'elle peut icelles lettres, et getta les pièces en son chemin ou devant le buffet oti le clerc juré dudit Chastellet escript devant le prevost de Paris en la question; et, après ce que elle ot juré dire vérité sur ce, dist que non, et partant fut renvoyée en sa prison. Et le landemain, pour ce que les pièces desdictes lettres furent trouvées ou dit chemin ou devant le dit buffet et portées à nostre dit prevost de Paris ou son lieuxtenant, fut remandée par devant lui et, de rechief, interroguée par serement pareillement s'elle avoit receues