I. Issoudun (Indre, chef-lieu d'arrond
ment, tant ou fait de nos guerres comme autrement, et espérons que face au temps avenir nostre très chier et amé cousin, Thomas de Montagti, conte de Salisbury et du Perche ^ à icellui par l'advis et délibération de nostre très chier et très amé oncle, Jehan, régent nostre royaume de France, duc de Bedfort, avons cédé, donné, transporté et delaissié, donnons, cédons, transportons et délaissons par ces présentes pour lui, ses hoirs, successeurs et ayans cause, à tousjours mais perpetuelment les hostels, terres, seigneuries, héritages, cens, rentes, revenues et possession, avec leurs appartenances et appendances quelzconques, ainsi qu^ilz se poursuivent et comportent, qui furent et appartindrent à nostre oncle, le duc de Bretaigne', Jehan Tarenne', sa femme et leurs hoirs, assises es prevosté et viconté de Paris, et es villes et terroirs de Challeau, Chasteau-Nyjon^ et Yssy', à nous venues, for-
1. Thomas de Montagu, comte de Salisbury, l'un des plus valeureux capitaines du roi d'Angleterre, avait reçu de Henri V le comté du Perche dont il fit hommage à ce prince dès le mois de janvier. H reçut depuis les seigneuries de la Ferté-Fresnel, en Normandie, de Courville au pays Chartrain et de Loigny au Perche; mais tous ces biens, transmissibles seulement à sa descendance mftle et directe, revinrent à la couronne par la mort du donataire qui fut tué devant Orléans, au mois de décembre 1428 (Longnon, Les limites de la France à l'époque de la mission de Jeanne d'Arc, p. 62, note 3).
2. Jean VI, duc de Bretagne et frère du connétable de Richemond, avait alors quitté momentanément le parti anglais. A cette occasion, le duc de Bedford avait déclaré la guerre à la Bretagne le 1 5 janvier 1427, mais Jean VI, effrayé, négocia un accord dès le 3 juillet et, le 8 septembre suivant, il renonçait publiquement à toute alliance fiaite au préjudice du roi Henri VI (Morice, Histoire de Bretagne, t. II, p. 5oi-5o2).
3. Jean Taranne, l'une des victimes des massacres de 141 8. Son hôtel de Saint-Germain-des-Prés avait été donné dès le mois de juin 1425 à Etienne Bruneau, secrétaire du roi Henri VI (voir plus haut, p. 173,1a note où nous rappelons les diverses propriétés confisquées sur Jean et Simon Taranne). Les comptes de confiscations mentionnent les biens qu*il possédait à Chaillot et qui furent donnés à Salisbury par des lettres que nous publions ici (Sauvai, p. 323).
4. Château-Nijon ou plus exactement le château de Nijon, autrement dit l'hôtel de Bretagne, était situé sur le territoire de Chai Ilot et appartenait à la maison de Bretagne dès i33i, date à laquelle Guy de Bretagne, comte de Penthîèvre, y mourut. Le duc de Bretagne, Jean VI, redevenu l'allié du roi Henri VI, rentra en possession de ce domaine après la mort de Salisbury et sa petite-nièce, la reine Anne, femme des rois Charles VIII et Louis XII, y établit un couvent de Minimes (Lebeuf, Histoire du diocèse de Paris, t. III, p. 54-55).