Issy (Seine, arr. et cant. de Sceaux
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feictes et confisquées, par ce que nostre dit oncle s'est rendu et constitué de fait nostre ennemi et adversaire, et par la rébellion et désobéissance dudit Jehan Tarenne, sa femme et leurs hoirs, et autres crimes qu^ilz ont commis envers nous et nostre seigneurie, pour d'iceulx hostelz, terres, seigneuries, héritages, cens, rentes, revenues, possessions, appartenances et appendances, joir et user par nostre dit cousin de Salisbury et sesdis hoirs, successeurs et ayans cause, comme de leur propre chose, d'ores en avant à tousjours mais perpetuelment, en quelque valeur de revenue ou estimation qu'ilz aient esté, soient à présent, ou puissent estre pour le temps avenir, pourveu toutesvoies qu'ilz ne soient de nostre ancien demaine, ne donnés à autres au devant de la date de ces présentes par feu nostre très chier seigneur et ayeul
Si donnons en mandement à noz amez et feaulx conseilliers les gens de noz comptes à Paris, trésoriers et generaulx gouverneurs de noz finances en France, au prevost de Paris
Donné à Paris, le xxviii* jour du mois d^avril, Tan de grâce mil quatre cens et vint sept et de nostre règne le cinquiesme.
Ainsi signé : Par le roy, à la relacion de monseigneur le régent le royaume de France, duc de Bedford,
J. PiCQUET.
1427. 17 mai. Paris.
En exécution du traité de Troyes où il était stipulé que les membres du parti de Bourgogne dont les biens avaient été confisqués par le roi d* Angleterre seraient dédommagés au moyen des confiscations qu'on opérerait sur les partisans du Dauphin, Henri VI accorde à Roger de Bréauté, chevalier normand, 387 livres 1 1 sous 3 deniers pariais et un tournois à prendre chaque année à Paris, sur les rentes appartenant jadis à Jean Taranne, Jean Virgile, Miles Chaligault, Raymon Raguier, Jeanne Gentien, Mathurin Warrout, Robert et Marguerite de Tuillières, Jean Chastenier, Pierre Bouchier
et Bureau Bouchier.
(JJ. 173, n* 55i.)
Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et advenir que nous, considerans que par le traictié de la paix final de noz dis royaumes fu accordé entre autres choses que aux personnes obeïssans à feu nostre tres^ chier seigneur et ayeul, le roy de France, que Dieu absoille, et favorisans la partie dicte de Bourgogne, ausqueles appartenoient seigneuries, terres, revenues, et possessions en nostre ducbié de
Normandie ou autres lieux en nostre dit royaume de France, par feu nostre tres-chier seigneur et père, cui Dieu puirdoint, conquises ja pieça et auparavant dudit traictié par lui données, seroit fiiicte sans diminution de la couronne de France recompensation es lieux et terres acquises ou à acquérir sur noz ennemis rebelles et desobeîssans^, et soyons deuement informez que, ou temps dudit traictié, auparavant et depuis icelui, nostre bien amé Rogier de Breaulté ', chevalier, estoit obéissant à nostre dit feu seigneur et aieul^ et tenant et faivorisant ladicte partie de Bourgogne, par quoy est capable du bénéfice dudit traictié, et que icelui chevalier souloit tenir et possider certaines seigneuries, terres, revenues et possessions en nostredit duchié de Normandie, de la valeur et revenue desqueles terres, seigneuries et possessions, qui ou temps précédant ledit traictié furent données par nostredit feu seigneur et père, ont esté faiaes informations en tel cas requises et ordonnées, nous vouians et desirans Tentretenement et accomplissement dudit traictié, audit Rogier de Breaulté sur et en partie de la recompensation en la valeur contenue es dictes informations, par Fadvis de nostre très chier et très amé oncle Jehan, régent nostre dit royaume de France, duc de Bedford, avons donné et octroie, cédé et transporté, et par la teneur de ces présentes donnons et octroions, cédons et transportons certaines rentes et revenues annuelles que avoient droit de prendre et percevoir, prenoient et
1. L'article du traité de Troyes, reproduit en f>artie dana ces lettres de Henri VI, était ainsi conçu : c Item, est accordé que nostre dit fils le roi Henry f de son povoir se parforceraet fera que, aux personnes à nous obeissanset c favorisans la partie qu'on appelle de Bourgongne, auxquelles appartenoient f sdgnouries, terres, revenus ou possessions en ladicte duchié de Normandie c ou autres lieux ou royaulme de France par icellui nostre filz le roy c Henry conquises, jà pieça par luy données, sera faicte sans diminucion c de la couronne de France recompensacion par nous es lieux et terres acquises c ou à acquérir en nostre nom sur les rebelles ou desobelssans à nous. Et c se en nostre vie la recompensacion n*est faicte aux dessusdiz, nostredit c filz le roy Henry la fera esdictes terres et biens, quand il sera venu à la c couronne de France, mais se lès terres, seigneuries, rentes ou possessions c qui appartenoient ausdictes personnes esdiz duchié et lieux, n'avoient esté ff données par nostre dit fils, lesdictes personnes seront, restituées à icelles c sans delay. »
2. La terre de Bréauté (Seine-Infërieure, arr. du Havre, canton de Goderville) avait été confisquée sur Jean de Bréauté, chevalier, et Marguerite d'Estouteville, sa femme, dont Roger était peut-être l'héritier, et elle était tenue en 1428 par Jean Bouteiller, écuyer (Ch. Vautier, Extrait du registre des dons, confiscations, ...., p. 63).
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percevoient par chascun an en nostre ville dé Paris aux quatre termes accoustumez, en divers lieux et places, Jehan Tarenne* et ses enfans, maistre Jehan Virgile', maistre Miles Chaligault', maistre Ray mon Raguier^ et ses hoirs, Jehanne la Gencienne et ses hoirs, maistre Mathurin Warrout, maistre Robert de Tuillieres^ sa femme et enfians, et Marguerite de Tuillieres, maistre Jehan Chasteignier^, maistre Pierre Bouchier et maistre Bureau Bouchier, lesqueles rentes et revenues nous sont advenues et escheues par Pabsence, rébellion et désobéissance des dessusdis, et d'icdes la déclaration s^ensuit :
C'est assavoir premièrement sur l'hostel du Regnart<^ a Topposite de la fontaine la Royne, assis en la rue Saint*Denis^ vint neuf solz parisis. /tem, sur la maison Ysabeau Arroude où a Tescu de France, devant la Coquile en ladicte rue, treize livres parisis.
1. Sur Jean Taranne et ses biens, voyez plus haut page lyB (note 4) et 240.
2. On trouve dans le compte des confiscations pour les années 1423- 1427, la mention de la maison que Jean c Virgilles > possédait dans la rue du Temple ; elle est suivie de l'indication : c Néant, pour ce que tous les heric tages dudit Virgilles ont été baillées à M* Baudes des Bordes, notaire et c secrétaire du roi, par don à lui fait par le roi ». (Sauvai, p. 3 20.)
3. Les comptes de confiscations mentionnent à plusieurs reprises une maison sise rue Saint -Antoine, à côté de l'hôtel d'Evreux et a3rant issue dans la rue des Balais (cette rue, prolongée en 1848 jusqu'à la rue Pavée, prit alors le nom de rue Malher), laquelle maison, chargée de 4 sous partais de rente envers le chapitre de Saint-Germain-l'Auxerrois, avait été confisquée sur Miles Cbaligault (Sauvai, p. 3o6, 33oet653); peut-être cette habitation est-elle la même que l'hôtel de la rue Saint-Antoine, à l'enseigne de la Levrière et qui provenant de Chaligault fîit donné, d'après le compte de 1427- 1430, à Karles de Boulogne, trompette, pour sa vie (Sauvai, p. 58 1). Rappelons en outre que Jean le Clerc, ex-chancelier de France, reçut du roi en octobre 1421 un hôtel situé à la Ville-l'Evêque et ayant appartenu à Miles {Ibid., p. 323), lequel possédait aussi une maison à Garges {Ibid., p. 326).
4. Il a été question plus haut, p. 85, d'un parent de ce personnage, Hémon Raguier, trésorier de la reine Isabeau.
5. Jean Chastenier, secrétaire du Dauphin^ est nommé dans plusieurs autres pièces de ce recueil.
6. Cet hôtel à l'enseigne du Renard était situé au coin de la rue St-Denis et de la rue du Renard (au j. rue Beaurepaire) qui lui devait son nom; l'enseigne elle-même^ qui existait dès 1 399, pouvait y avoir été apportée par Robert Renard qui habitait cette maison en 1372 (Jaillot, Quartier Saint-Denis, p. 88). La situation que nous assignons à 1' c hostel du Regnard » de la fontaine la Reine dont Piganiol indique l'emplacement dans la rue Saint- Denis au coin de la rue Greneta, c'est-à-dire en fiace de la rue du Renard {Description hist, de la pille 4^ Paris, édition de 1767, t. X, p. 114).
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Itemj sur Tostel Thomas Martineau où pend la Lanterne, tenant d^ne part à Ysabeau de Lit et d^autre part à la Vielz Monnoie, assis en la rue de la Heaumerie^, quatre livres parisis. Item, sur l'hostel Pierre de Courolles dit de Mespelotier, oti pend T image Saint Jehan, assis en ladicte rue, vint solz parisis. Item, sur Tostel Pierre Ragueneau où pend l'enseigne de la Limace, assis en la rue de Marivaulx^ six livres onze solz parisis. Item^ sur Postel Alain Quinement, chandellier de suif, assis en la rue de Montmartre, au coing de la rue de la Plastriere^, quatre livres parisis. Item, sur Fostel maistre Mathieu de Saint-Omer, où pend renseigne du Lyon Rouge, assis autour des halles ou marchié aux porées^, vint livres, sept solz, six deniers parisis. Item^ sur la maison Jehan Carpin, mareschal, où souloit demourer Pierre Âubé, bouchier, assise en la rue de FArbre-Sec, quarante solz parisis. Item, sur Tostel Pierre Aube, bourrelier, où pend l'enseigne du Heaume, assis en ladiae rue, vint solz parisis. Item, sur la maison Robin du Bois, peletier, et aussi sur une autre maison joingnant, appartenant à Michiel de Lailler', assise en la rue de la Charpenterie^', quatorze solz, six deniers parisis. Item, sur Tostel Jehan de la Rue, cordouennier, où pend Plmage Saint Crespin, assis en la rue Saint-Honnoré, cinquante solz parisis. Item, sur Tostel feu Thomas Philippe, paticier, appartenant à Jehan Benoist, assis en la Cité, devant TEschiquier, quarante sept solz parisis. Item, sur un quartier de marestz appartenant à Moriset Savise, assis au lieu dit la Porte Neufve, prés du lieu dit les Prez, tenant au fossé du milieu et audit Moriset, sept solz six deniers
I. Cette rue, qui conduisait de la rue Saint- Denis à la rue de la Vieille* Monnaie^ a été détruite, ainsi que cette dernière voie, lors de Pouverture du bouleyaid Sébastopol.
a. La rue de Marivaux, élargie en i85i lors de l'ouverture de la rue de Rivoli, a pris alors le nom de rue Nicolas Flamel.
3. La rue Plâtrière, qui conduisait de la rue Montmartre à la rue Coquillière, a changé son nom en 1791 contre celui de rue Jean-Jacques Rousseau.
4. La halle ou marché aux Porées s'étendait de la rue aux Fers à la rue de la G>ssonnerie.
5. c Sire Michel de Lailler i était conseiller et maître de la Chambre des comptes du roi (Sauvai, p. 3o5).
6. Cette rue était déjà connue en 141 o sous le nom de rue de Bethisy, qui a prévalu sur celui de rue de la Charpenterie. Elle partait de la rue des Bourdonnais et de la rue Thibaud-auz-Dés pour aboutir aux rues du Roule et de la Monnaie, et a été détruite par le percement de la rue de Rivoli.
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parisis, lesqades rentes furent et appartindrent audit Jehan Tarenne et à ses en&ns. Item, sur la maison qui fii feu Robert de Hardouin, où pend l'Image Saint Martin, assis en la rue de Beaubourg, sept solz parisis. Item, sur l'ostel maistre Jehan Chelant, joingnant Postel qui fu maistre Jehan Virgile, assis en la rue du Temple, quarante solz parisis. Item, sur Thostel qui fu Guillaume Martin, chevallier, et depuis à Esrienne Baselat^, assis en la rue de la Tacherie', soixante solz parisis. Item, sur Tostel Pierre Rousseau, oti pend Plmage Saincte Katherine, assis à la Porte de Paris ^ devant la grant boucherie^,cinq solz quatre deniers parisis. Item, sur Tostel Jehan Philippe, drappier, assis en la Charronnerie', au coing de Tirechappe, quarante quatre solz parisis. Item, sur la maison de Egrin le Roux, tenant à Richart le Moine, assise en la rue de Garneles*, quarante solz parisis. Item, sur l'ostel ou pend rimage Saint Martin, tenant à Téglise Saint-LieSroy^, assis près du bout du pont aux Musniers^, quarante sept solz parisis.
1. Etienne Bazelat ou Baiselat était notaire au Chfttelet (Sauvai, p. 3o5 et 328).
2. Cette maison est indiquée dans le compte des confiscations pour 1420- 142 1 comme ayant appartenu à € messire Guillaume Martin, chevalier, absent ». Elle était située, suivant ce même document, dans la rue de la Tâcherie et aboutissait par derrière à la rue des Bons-Enfants (Sauvai, p. 289 ; cf. p. 3o5); ce dernier nom était alors donné au cul-de-sac de Saint-Benoît, aujourd'hui disparu (Jaillot, Quartier de la Grève, p. 49}.
3. La porte de Paris, nommée improprement par plusieurs érudits du xvri* siècle (Du Breul et autres) PApport-Paris, était le nom d'un marché situé sur la rive droite de la Seine, auprès du grand Châtelet.
4. La grande boucherie de Paris, reconstruite en 1419 au nord de T^ise Saint-Leufroy, a été détruite lors du percement du boulevard Sébastopol et de Tavenue Victoria; son emplacement est occupé aujourd'hui par la partie nordouest de la place du Châtelet.
5. C^est la rue de la Ferronnerie, et l'on connaît d^à ce dernier nom en 1229. Notre texte prouve, ce qui, du reste, a d^à été avancé par Sauvai, que le nom de Charonnerie s'étendait aussi à la portion de la rue Saint-Honoré, qui, £Bisant suite à la rue de la Ferronnerie, reliait cette voie à la rue Tirechape (Jaillot, Quartier Sainte-Opportune, p. 8).
6. La rue de Grenelle-Saint-Honoré, comprise entre la rue Coquillière et la rue Saint-Honoré, n'est plus maintenant qu'une section de la rue Jean- Jacques Rousseau.
7. L'église Saint-Leufroy, supprimée par la Révolution, était située à l'est du Grand-Chfitelet.
8. Le pont aux Meuniers. C'était le pont jumeau du Pont-au^^Zhange, à l'ouest duquel il était situé. Il s'écroula en 1596, fut reconstruit sous le nom de pont Marchand et l'inoendie qui le détruisit en 162 1 entraîna la ruine du
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Item^ sur Fostel Perrin Blondet, assis devant et à Topposite de la âiulconnerie du roy\ oultre la porte des Béguines^, soixante solz parisis. Item^ sur Tostel Estienne G)urtin', où pend l'enseigne des Trois Escuz, tenant d^unepart à Tostel oti pend Penseigne du Cheval Rouge et d^autre part à Guillaume Picquet^ assis en la rue du Figuier^*, quatre livres parisis modérées à quarante solz parisis. Item, sur la maison d^un nommé Maquet, tenant à maistre Andry Courtevache'^, assise en la rue de la Harpe, quatre livres parisis. Item, sur Postel du Chastel, assis en la rue de la Huchette, oultre Petit Pont, quatre livres parisis, lesqueles rentes furent et appartindrent audit maistre Jehan Virgile. Item, sur Fostel et louages de la Rose, appartenant de présent à Jehan Jourdain, assis en la rue Saint Anthoine, devant la Moufle, soixante quinze solz parisis. Item, sur une maison appartenant à Agnesot la Bigamme, où pend l'enseigne de la Pomme Rouge» assise en la rue aux Oes*, quatre livres parisis. Item, sur Tostel où pend renseigne de la Pomme Rouge, assis en la rue Saint Denis, devant la Heaumerie^, quatre livres parisis. Item, sur Tostel d^un appelle Maufillastre, où pend l'enseigne de la Licorne, assis en ladicte rue, sept solz six deniers parisis. Item^ sur la maison qui fu à Alips r Auxerroise, appartenant aux religieuses de Montmartre, assise en la rue Saint-Honnoré, joingnant du Plat d^Estain , vint et cinq solz parisis. Item, sur Tostd où pend l'enseigne de la Coquille,
Pont-au-Change ; ce dernier seul fut alors reconstruit.
1. La fauconnerie du roi citée ici a incontestablement donné son nom à la rue du Fauconnier, qui subsiste aujourd'hui; ajoutons que ce fait n'avait pas encore été signalé.
2. La porte des Béguines, sise à l'extrémité de la rue du Fauconnier et de la rue des Barrés, devait cette dénomination au couvent des Béguines, dit depuis de l'Ave Maria (Jalllot, Quartier SainUPauî^ p. 4), qu'une caserne remplace aujourd'hui.
3. Ce personnage est appelé Thévenin Courtin dans les comptes de confiscation, suivant lesquels son jardin de la rue Jean d'Espagne, aujourd'hui rue Jean Beausire, avait été donné à Perrin Blondot (Sauvai, p. 822 et 538), le même évidemment que le Perrin Blondet du texte que nous publions.
4. La rue du Figuier subsiste encore sous ce nom, conduisant de la rue du Fauconnier à la rue Charlemagne*
5. C'était un conseiller à la Cour des comptes (Sauvai, pages 3i5, 333 et 578).