Rue des Gravi Uiers
2. L'emplacement du prieuré de Saint-Martin-des-Champs est occupé par le Conservatoire des Arts-et-Mé tiers.
DocuM£irrs i 1
4 PARIS PENDANT LA [l420,0Ct.
que, en tous autres cas, ycellui exposant a esté et est de bonne vie, renommée et honneste conversacion, et ledit feu Joliet estoit homme très rioteux et haultain de paroles, combien qu'il et ledit exposant feussentbien amis l'un de Pautre et compaignons d'un mestier, yceulx frequentans communément ensemble, et que ycellui exposant fut premièrement navré et blecié comme dessus, nous lui vueillons sur ce impartir notre dicte grâce. Nous, ces choses considérées, voulans rigueur de justice tempérer par mise^ ricorde, le fait et cas dessusdit avecques toute peine, offense et amende corporele criminele et civile, bans, proclamacions, saucuns s'en sont ensuiz, que ledit exposant a et puet avoir commis et encouru envers nous et justice ou cas dessus dit, et satisfacion faicte à partie civilement, se feicte n'est, luy avons quittié, remis et pardonné et par la teneur de ces présentes, quittons, remettons et pardonnons de grâce especial et de notre pleine puissance et auctorité royal, en le restituant à sa bonne &me, renommée et biens non confisquez ; et imposons silence perpétuel à notre procureur parmy ce qu'il paiera cent solz parisis à FOstel-Dieu de Paris et tendra prison fermée xv jours au pain et à Peaue. Si donnons en mandement au prevost de Paris et à tous nos autres justiciers et officiers presens et advenir
Donné à Paris, ou mois d'octobre Tan de grâce mil nn^ et vint et de notre règne je xli«.
Scellé de notre scel ordené en l'absence du grant.
Ainsi signé : Par le Conseil,
Rouvres.
1420. 4-3 1 décembre. Paris.
Rémission accordée par Charles VI sous condition d'un pèlerinage à Boulogne-sur-Seine, à Colette, ^eune nourrice de dix-sept ans, femme de Jean Mingois, fripier. Le mardi 3 décembre, à quatre heures du matin, Colette avait trouvé mort dans son berceau le fils de Jean Cordier, bourgeois de Paris, qu'elle nourrissait depuis sept mois et, à la suite de cet accident, elle était sortie de Paris craignant d'être poursuivie par la justice.
(JJ. 171, n* 233.)
Charles, par la grâce de Dieu roy de France, savoir feisons à tous presens et avenir, à nous avoir esté humblement exposé d'aucuns des amis de Collette, femme Jehan Mingois, freppier, demourant en notre ville de Paris, aagiée de xvii ans ou environ.
1420, déc.] DOMINATION ANGLAISE. 5
contenant que comme maistre Jehan Cordier, bourgois de notre dicte ville, et Gilete, sa femme, eussent baillié à ladicte suppliante un leur filz nommé Jehan, lors aagié de trois mois ou environ, pour le nourrir bien et deuement ainsi quUl appartient à nourrisse nourrir enfant; laquele suppliante Fait receu et depuis nouny par l'espace de sept mois ou environ, et telement que lesdiz père et mère estoient contens d'elle, non obstant que ledit enfant feust très fort à nourrir. Et il soit ainsi que lundi, second jour de ce mois, à heure de huit heures de nuit, la dicte suppliante eust donné à soupper audit enfant comme elle avoit acoustumé de foire et l'eust trouvé en tres-bon point comme lui estoit advis, et après l'eust couchiéet mis en son bierz*, environ ix heures de nuit lui eust donné la tette, et endormy, et puis mis en la place où elle avoit acoustumé le mettre près de son lit, et sur sa teste rois un cuevrechief en quatre doubles pour doubte du froit, et après une heure ou environ la dicte suppliante se feust alée couchier toute seule en son lit pour ce que son dit mary estoit aie hors en marchandise, et à celle heure trouvé son dit enfant dormant, et se feust endormie la dicte suppliante jusques à quatre heures après mienuit ou environ, qu'elle se esveilla soy donnant grant merveille commant ledit enfont Tavoit ainsi lessée dormir, car il ne Tavoit pas acoustumé, ycelle cuydant son dit enfant estre endormy trouva le cuevrechief dessus dit sur son visage, le leva, et r^arda comment il se portoit et adonc le trouva tout mort. Et lors la dicte suppliante, comme femme toute esfrée, se escria hautement et telement que les voisins y vindrent pour savoir que c'estoit, lesquelz trouvèrent la diae suppliante comme toute désespérée de la dicte mort, pour ocasion de laquele ycelle suppliante doub[t]ant rigueur de justice s^est absentée de notre dicte ville et n'y oseroit retourner ne repairier se notre grâce et miséricorde ne lui estoit sur ce impanie, si comme dient iceulx amis, en nous humblement suppliant que considéré ce que dit est, mesmement qu'elle est femme de bonne et honneste conversation sans oncques mais avoir esté reprinse ne atainte d'aucun autre vilain cas, blasme ou reprouche, nous lui vueillons estre piteux et misericors. Pourquoy nous inclinans à la dicte supplicacion, voulans en ceste partie préférer miséricorde à rigueur de justice, à ycelle Colleté
I. Berceau; le mot moderne est un diminutif de l'ancien qu'on écrivait plus correctement bers.
6 PARIS PEHDAKT LA [14^0, déc.
avons ou cas dessus dit quittié, remis et pardonné, parmy ce
qu'elle fera un pèlerinage à Nostre-Damede BouIongne-la-Petite* . . .
Si donnons en mandement à notre prevost de Paris et à tous noz autres officiers
Donné à Paris, ou mois de décembre l'an de grâce mil nn^ et vint, et de notre règne le xli*.
Ainsi signé : Par le roy, à la relacion du Conseil,
CONFLAMS.
142 1. Janvier. Paris.
Rémission accordée par Charles VI à Marie Fremin, demoiselle de compagnie de Jeanne Haterel, dame douairière de Miraumont. Jeanne Haterel demeurait à Paris en la rue Boutebrie et devait au propriétaire de son bôtçl une somme aasez importaote lorsqu'elle partit en Picardie pour trois mois ; durant ce temps sa sœur loua une autre maison près la boucherie de Sainte-Geneviève et y transporta tout ce que possédait la dame douairière de Miraumont, ne laissant dans l'habitation de la rue Boutebrie que les objets appartenant à Marie Fremin, lesquels furent saisis à la requête du propriétaire. Marie, revenue de Picardie avec sa maStresse et craignant de pôxire ses meubles pour toujours, s'avisa le i5 décembre de dérober quelque argent et plusieurs vêtements appartenant à Jeanne Haterel. De là, vives réclamations de la dame à la damoiselle, puis de la damoiselle à la dame, qui, Tune à la requête de l'autre, furent emprisonnées à Sainte-Geneviève, puis bientôt élargies. Mais quelques jours plus tard, une perquisition faite à la suite d'une nouvelle arrestation de Marie Fremin amena la cpnstatation de plusieurs autres larcins commis au préjudice de Guillaume d'Orgemont et de sa femme, au service desquels Marie avait été quelques années auparavant.
(JJ. 171, n« 259.)
Charles, par la grâce de Dieu roy de France, savoir faisons à tous presens et avenir, nous avoir receu l'umble supplication de Marie Fremine, damoiselle, contenant comme depuis Pasques derrenierement passées ou environ la dicte suppliante feust alée demourer en la rue du Bourc-de-Brie^ à Paris, avec et en la com-
1. Boulogne- sur-Seine (Seine, arr. de Saint-Denis, cant. de Neuilly). On sait que l'Oise Notre-Dame de Boulogne-sur-Seine fut construite de iSig i 1 329, en suite d'une autorisation du roi Philippe le Long, par la confrérie des pèlerins de Notr&-Dame de Boulogne-sur-Mer qui ne tarda pas à substituer le nom de Boulogne à celui de Menus-lès-Saint-Qoud que le village portait originairement.
2. La rue du Bourc-de-Brie, originairement c rue Eremboura de Brie 1 et
I4ai9J«aV.] DOMINATION ANOLAISE. 7
paignie de Jehanne HttereUe, dame douairière de Miraumont ^ , peDdam kqud temps et depuis k feste Saint Barnabe elles feu»* sent alées ensemble ou pais de Picardie où elles demourerent ; c'est assavoir la dicte suppliante trois mois et plus. Et, ce pendant, la suer de la dicte dame qui estoit demourée à Paris pour garder leur hostely sachans plusieurs grans arrérages estre deuz à Toste dudit hostel, en ala louer un autre emprès la boucherie Sainte* GenevieiVe^, et en ycellui fist transporter tous les biens de la dicte dame et laissa malicieucement oudit premier hostel tous les biens que y avoit la dicte suppliante; lesquels biens ycellui hoste, combien qu^elle ne deust lesdiz arrérages, fist prendre et gaigier par aucuns de nos sergens et seeller les coffires, dont ycelle sup* pliante, quant elle fut retournée dudit pais en Tostel où estoit alée demoura* la dicte suer et fait transporter les biens d^ycelle dame, fut moult troublée et courroucée et requist par pluseurs foiz à la dicte dame qu'elle lui feist ravoir sesdiz biens, dont elle ne tint compte ne n^en voult riens faire. Et pour ce que ycelle suppliante doubtoit que sesdiz biens feussent vendus pour lesdiz arrérages et ainsi ks perdre contre raison, et pour soy aucunement desdommager ou recompenser sur les biens d^icelle dame, cuidant que ce peust licitement faire, print le dimanche, xv* jour de décembre derrenierement passé, en un petit coffret appartenant à la dicte dame un escu en or, trois fi*ans et demi (un gros moins) en gros, un peu de fretin, avec un glan d^argent. Et, ledit jour au soir, print en la garderobe d'icelle dame une houppelande de drap noir fourrée de viez menu vair, à colet renversé, un corset de drap de taffetas figuré d'or et un chaperon vermeil, et ycelle houppelande mist en garde en la maison d^une sienne voisine, et lesdiz corset et chapperon mussa en la despence dudit hostel; les« quelles houppelande, corset et chaperon n Wt esté prisiez que six livres, et les biens de la dicte suppliante empeschiez comme dit
aujourd'hui rue Boutebrie, subsiste encore. Elle allait de la rue de la Parche* minerîe à la rue des Noyers, aujourd'hui remplacée par le boulevard Saint- Germaio.