Ceat aujourd'hui la place Baudoyer
28 PARIS PENDANT LA [l42I,déc.
rent par devers notre dit procureur ainsi que chargié avoit audit Jehannin Garet, et ja soit ce que par ledit Guillaume et sa femme en leur dit hostel, et depuis par ycellui Guillaume en le menant oudit Chastellet et aussi par un sien voisin appelle le Vigneron qui lui tintcompaignie, feust offert par plusieurs et diverses fois par belles et doulces paroles audit Jehannin Garet et à un des autres sergens dessus nommez qu^ilz vousissent prendre de For et de l'argent qu^ilz leur présentèrent manuelment, et partant taire ledit cas advenu sans les mener devers notre dit procureur; toutevoyes n'en vouldrent ilz riens recevoir ne eulx cesser qu'ilz ne les menassent devers nostre dit procureur ou dit Chastellet, mais bien leur dire[nt] en les menant qu^ilz leur feroient le mieux qu^ilz pourroient et que, qui leur feroit plaisir, qu'ilz ne retenissent pas la peine des compaignons. Aquoy ledit Guillaume Doulcet repondi que s'ilz povoient tant faire que ledit notre procureur les delivrast, il leur donroit très bien à disner et une bonne paire de chausses à chacun, et atant fut mené ledit Guillaume Doulcet seul par devers notre dit procureur en sa chambre oudit Chastellet, au quel notre procureur le dit Jehannin Garet fist son rapport véritablement de ce qu'il avoit trouvé, lequel notre procureur demanda à ycellui Doulcet pour quoy il n'avoit tenu et fait ce dont il avoit esté d'acord avec lui, c'est assavoir de non vendre son huille plus de n sous vi deniers la pinte. Lequel Doulcet lui repondi que justice avoit ordonné et permis vendre la pinte m sous parisis et pour ce l'avoit fait, non adverti de ce, quant il avoit esté d'acord avec ycellui notre procureur, de vendre son huille ii sous vi deniers la pinte, en disant à notre dit procureur qu'il estoit d'acord de la vendre ledit pris de ii sous vi deniers, puis que promis lui avoit et qu'il lui plaisoit non obstant que justice eust ordené et permis la vendre iir sous parisis la pinte et, pour ce, lui ordonna notre dit procureur de son consentement de la vendre ii sous vi deniers parisis la pinte tant que celle qu'il avoit dureroit et atant l'en envoya. Et après ce quUlz furent hors dudit Chastellet ledit Guillaume remercia lesdiz sergens et leur dist qu'il leur donroit à disner et feroit ce quUlleur avoit promis, et de fait ledit Guillaume bailla de l'argent à son dit voisin pour acheter à disner et disnerent ensemble, et ledit Grenetier avec eulx, en une taverne oti fut despendu vnt sous p. de forte monnoie que ledit Guillaume voult paier et paia de fait, jasoit ce que ledit Jehannin Garet et autres dessus nommez se offrissent paier
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leur escot et avec ce fut baiUié par ledit Vigneron, de par ledit Guillaume, n escuz d^or audit Jehannin Garet en disant que ledit Guillaume les leur donnoit pour la peine qu'ilz avoient prinse pour lui, et les receut ledit Jehannin Garet en entencion de les distribuer entre lui et lesdiz sergenz. Mais il est advenu que, ainçois que il Tait fait, ledit Guillaume et sa femme se complaignirent le lundi ensuivant à nostredit procureur de ce que dit est, lesdiz Pierre de Mireville, et Guillaume le Goûteur furent emprisonnés en notre Chastellet de Paris, et ledit Jehannin Garet doublant rigueur de justice s^est absenté et mucié, et dit-on qu^il a esté pour ce appelle à ban et adjorné à comparoir oudit Chastellet à trois briefz jours qui ja sont passez sans ce que ledit Jehannin Garet y soit aucunement comparu, dont toutevoyes ne s'est encore ensuy aucun ban, et pour doubte de rigueur de justice ne y oseroit ledit Jehannin comparoir par quoy pourroit encourir en ycellui ban et par ce perdre son office et chevance, et ainsi lui et sa diae femme quUl a prinse et espousée pucelle, puis six sepmaines en çà seroient du tout destruiz et desers, qui seroit pitié anendu leur jeune aage, requerans lesdiz supplians que ces choses considérées et mesmement ce que ledit Jehannin Garet fist à notre dit procureur vray et bon rapport sans riens celer de la vérité, et que ce que ledit Guillaume a fait et paie en ceste partie a esté pour recompensacion de la peine et traveil que lui et les autres sergens dessuz nommez avoient eu en faisant les choses dessus diaes, et que ledit Jehannin Garet a esté tousjours homme de bonne vie, renommée et honneste conversation sans ce que oncques mais il feust reprins ataint ne convaincu d'aucun autre vilain cas, blasme ou reproche, et que ledit Guillaume Doulcet a esté restitué et est content dudit Jehannin Garet ainsi qu'ilz dient nous sur ce vueillons audit Jehannin Garet impartir notre grâce et miséricorde. Pour quoy, nous eue consideracion aux choses dessusdites
Si donnons en mandement à notre amé et féal conseiller et premier président en notre Parlement maistre Philippe de Morviller, commis sur la police de notre bonne ville de Paris, au prevost de Paris et à tous nos autres justiciers
Donné à Paris, ou mois de décembre, Tan de grâce mil cccc XXI et de notre règne le xjli^.
Ainsi signé : par le roy, à la relacion du Conseil,