I . Voir sur Jean le Gois la note 2 de la p. Sç
1422, déc] DOMINATION ANGLAISE. 7I
comme aatrement en maintes et diverses manières, et espérons que enoores fieice on temps advenir icellui Jehan le Goiz, par l'advis et délibération de nostre très chier et très amé oncle, Jehan, duc de Bedford, régent nostredit royaume de France, avons fait, créé et institué et par la teneur de ces présentes de nostre grâce espe* dai et auctorité royal, âiisons, créons et instituons bouchier de ladicte grant boucherie de nostre diae ville de Paris, pour icellui mestier de bouchier avoir, tenir et possider perpetuelment à tousjours par ledit Jehan le Gois et sa postérité en directe ligne, et |oir et user des privilleges, franchises, libertez et autres droiz quelzconques audlct mestier de bouchier compettans et appartenans
Si donnons en mandement par ces mesmes présentes en commettant, se mestier est^ au maistre des bouchiers de ladicte grant boucherie
Donné à Paris, ou mois de décembre, Pan de grâce mil nn^ zzn et de notre règne le premier.
Ainsi signé : Par le roy , à la relacion de monseigneur le régent le royaume de France, duc de Bedford,
GuBSLi.
1423. 9 janvier. Paris.
Henri VI donne à Guy Guillebault, trésorier du duc de Bourgogne, une maison à Timage de Notre-Dame, confisquée sur Alain Dyonis et située à Paris en la rue Saint-Sauveur.
(JJ. 172, n* 200.)
Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir que nous, considerans les grans et notables services que a faiz le temps passé à feu nostre trèschier ayeul le roy de France derrenierement trespassé, cuy Dieu pardoint, à nostre tres-chier et tres-amé oncle le duc de Bourgongne, fait chascun jour et espérons que encores face ou temps avenir à nous et à nostre dit oncle Guy Guillebaut^ trésorier et receveur gênerai des finances de nostre dit oncle, et pour certaines
I . Guy Guillebault, c conseiller, gouverneur-général de toutes les finances de M. le duc i [de Bourgogne], devint plus tard trésorier de TOrdre de la Toison d*Or, créé par Philippe le Bon en 14)0 {Mém. pour servir à i'hist. de France et de Bourgogne^ p. 187).
79 PARIS PENDANT JJl [l423,jailV.
autres causes et consideracions à ce nous mouvans, à icellui et à ses hoirs et successeurs venant de lui en directe ligne, par Fadvis de nostre tres-chier et tres-amé oncle, Jehan régent nostre royaume de France, duc de Bedfort, avons donné, cédé, transporté et delai^sié, et par la teneur de ces présentes de nostre grâce especial, plaine puissance et auctorité royal donnons, cédons, transportons et délaissons une maison, court, puis, jardin et les appartenances quelconques \ ainsi comme tout se comporte et extent de toutes parts, assise à Paris en la rue Saint-^Sauveur oti est pour enseigne Plmaige Nostre-Dame ^, tenant d^une part à Guillaume Sanguin et d^autre part aux hoirs feu Thomas Simon', aboutissant par devant sur ladicte rue Saint-Sauveur, et par derrière à Adam Brunel et à Jaquet de Kalais, ensemble tous les biens, heritaiges, appartenances et appendances dHcelle, qui jadiz furent et appartindrent à AUain Dyonis^, à nous venus et escheuz par confiscation, par le moien de la rebelUon et désobéissance commise par ledit Dyonis envers nostre dit feu ayeul et envers nous, pour icelle maison, court, puis, jardin, ainsi comme elle se comporte, ensemble lesdictes appartenances, appendances et heritaiges et biens dessus diz, avoir, tenir et en joir et user par ledit Guy Guillebaut, ses hoirs et successeurs venant de lui en directe ligqe, comme dit est, perpetuelment, hereditablement et à tousjours, en paiant les chargez^ droiz et devoirs anciens pour ce deuz et acoustumez.
Si donnons en mandement par ces mesmes présentes à nez amez et feaulx gens de noz comptes et trésoriers à Paris, aux
1. Suivant le compte de confiscations de 1423- 1427, la maison donnée à Guillebault était chargée envers Tévéque de Paris c en une serise de fonds de terre 1 (Sauvai, p. Sog). En 1420 ou 1421, cette propriété était habitée par Thomassin de Herley, écuyer, en qualité de concierge et lieutenant de Philippe de Bourgogne, comte de Saint-Pol, qui disait l'avoir reçue en don du roi {ihid. p. 291).
2. Cette maison fit partie dans la seconde moitié du zvx* siècle de Thôtel d'ÂUuyes, successivement connu depuis sous les noms d'hôtel de Cipières, d'Argenson, de Conti, de Tresmes et d'Angivilliers (Berty, Topographie historique du vieux Paris, région du Louvre et des Tuileries, t. I, p. 94, et app., p. vit).
3. C'est-à-dire à c Agnesot, veuve de feu Thomassin Simon 1, suivant le compte de 1 420-1 421 (Sauvai, p. 291).
4. Alain Dyonis possédait en outre une maison, à l'enseigne de l'Écu de Guyenne, dans la rue de la Heaumerie, au quartier de Saint-Jacques -de-la- Boucherie.
ï423jjany,^ dominatiom anglaise. 73
commissaires ordonnez sur le £ût desconfiscacions et fbrfaictures à nous venues et escheuez en nostre royaume de France, au prevost de Paris
Donné à Pontboise, le ix* jour de janvier, Tan de grâce mil cccc vint et deux, et de nostre règne le premier.
Ainsi signé : Par le roy, à la relation de monseigneur le régent de France, duc de Bedfort,
J. MlLET.
1423. Janyier. Paris.
Rémission accordée par Henri VI à Jean la Fille, dit Vignette, habitant à Saint-Germain-des-Prés, lequel, voulant venger les insultes faites à sa femme, avait blessé mortellement Philippot Laurens. Vignette devra tenir prison au pain et à Peau durant quinze jours.
(JJ. 172, n* 186.)
Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir nous avoir receu Tumble supplication des parens et amis charnelz de Jehan la Fille, dit Vignette, laboureur demourant à Saint Germain-des-Prez, chargié de jeune femme et de deux petits enfans, à présent prisonnier es prisons dudit lieu de Saint Germain-des-Prez. Comme depuis deux mois en ça ou environ ledit Jehan la Fille venoit de Paris en sondit hostel de Saint Germain et en apporta de la menuyse, et quant il fut en sondit hostel se advisa qu'il avoit oublié à apporter de la chandelle, et pour ce se parti de sondit hostel pour en aler emprunter, et en retournant en icellui son hostel, rencontra un nommé Philipot Laurens, aussi demourant audit Saint Germain-des-Prez qui portoit une demie lance, lequel Jehan la Fille, meu et courroussié contre lui pour ce que sa femme lui avoit par avant dit qu'il [rjavoit appelle « putain », « moynesse », tout bas en Poreille dist audit Philipot Laurens qu'il estoit mauvaiz homme d'avoir mis sus icelle villeynie à sa femme, et qu'il mentoit, et lors prinst une pierre en sa main, et la lui gecta et l'en frappa parmi la teste, tant qu'il chey à terre. Et après ce, prist et lui osta sadicte demie lance, et l'en frappa par les jambes seulement deux ou trois coups. De laquelle bateure icellui Philipot a esté malade par l'espace de trois sepmaines ou environ, tant à l'Ostel-Dieu oti il fu porté comme en son hostel, et depuis, par son mauvais gouvernement, est aie de vie à trespas-
74 PABSS PENDANT LA [H^^S, janv.
sèment, pour occasion duquel cas Jehan la Fille, dit Vignette, est détenu prisonnier es prisons dudit Saint*Germain-des-Prez, en grant povreté et misère et tous ses biens prins, saisiz, arrestez et empeschiez, et par ce est en aventure de bien brief misérable» ment finer ses jours, se nostre grâce et miséricorde ne lui est
sur ce impartie Pourquoy nous... ayans pitié et compassion
de lui, sadicie femme et enfans, et pour honneur et reverance de la benoiste Nativité de nostre seigneur Jhesu Crist et de ce premier jour de Pan, audict Jehan la Fille, dit Vignette, ... quittons, remettons et pardonnons le fait et cas dessusdit... et sera xv jours prisonnier au pain et à Peau.
Si donnons en mandement par ces présentes au prevost de Paris, à tous nos autres justiciers
Donnée Paris, ou mois de janvier, l'an de grâce mil cooc vint et deux et de nostre règne le premier.
Ainsi signé : Par le roy, à la relacion du Conseil,
Ogbr.
1423. Janvier. Paris.
Henri VI donne à Jean , seigneur de Courcelles et de Saint-Liébault, une maison située rue des Poulies et confisquée sur Jean Congnet.
(JJ. 172, n« 193.)
Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir que nous, considerans les bons et aggreables services que a faiz par long temps à feux noz très chiers ayeulx et père les roys de France et d'Angleterre derrenierement trespassez, et que fait chascun jour à nous et espérons que encores face ou temps avenir nostre amé et féal conseiller Jehan seigneur de G)urcelles^ [et] de Saint Liebaut', chevalier,
I. Jean de Courcelles était en 141 8 chambellan du roi et du duc de Bourgogne; il touchait alors une pension de 1000 livres comme conseiller du roi [Mém, pour servir à l'hist. de France et de Bourgogne y l. II, p. m et i3i}. — Le roi d'Angleterre lui donna en outre, deux mois plus tard, par lettres datées de Mantes, le château de Blandy, confisqué sur le comte de Tancarville ; la Chapelle-Gautier, Mormant, Roissy et la Forêt qui appartenaient à Jean Jouvenel; une terre à Marly provenant de Jean de Broy ; Nantouillet, la Borde et Lumigny enlevés à Philippe de Melun et à sa femme (JJ. 172, n* 212) ; toutes ces seigneuries étaient situées en Brie.
a. La seigneurie de Saint-Lîébault fut érigée en duché en 1758, sous le
14^3, îanv.] domdution anqlaise.
et pour pluseurs autres causes et consideracions à ce nous raou- Tans, à icellui par l'advis et deliberacion de nostre très cbier et très amé onde Jehan régent nostre royaume de France, duc de Bedfort, avons donné, cédé, transporté et delaissié, et par la teneur de ces présentes, de nostre grâce especial, pleine puissance et auaorité royal, donnons, cédons, transponons et délaissons Tostel ou maison assiz à Paris en la rue des Poulies^ avecques ses appartenances et appendances ainsi comme il se comporte, tenant d^un costé à un hostel appartenant à nostre amé et féal chevalier Giles, seigneur de Clamecy ', et aboutissant par devant à ladicte rue des Poulies, qui, n^a pas long temps, fut et appartint à Jehan Congnet, à nous venue et escheue comme confisquée par le moien de la rébellion et désobéissance commise par ledit Congnet envers nostre dit feu ayeul et nous, pour icelle maison ainsi comme elle se comporte, ensemble sesdictes appartenances et appendances, avoir, tenir et en joir et user perpetuelment, hereditablement et à tousjours, par ledit de G>urcelles, ses hoirs et successeurs venant de lui en direae ligne, en paiant par lui les chargies, droiz, devoirs pour ce deuz et acoustumez.
Si donnons en mandement par ces mesmes présentes à noz amez et feaulx gens de noz comptes et trésoriers à Paris, aux commissaires ordonnez sur le fait des confiscacions et forfaictures à nous venuz et escheuz en nostre dit royaume de France, au prevost de Paris
Donné à Paris, ou mois de janvier Tan de grâce mil cccc vint et deux et de nostre règne le premier.
Ainsi signé : Par le roy, à la relacion de monseigneur le régent du royaume de France, duc de Bedfon,
J. MlLET.
nom d'Estitsac. Estissac est aujourd'hui une commune du département de FAube (arr. de Troyes, chef-lieu de canton).
1. La rue des Poulies qui conduisait de la rue des Fossés-Saint-GermainrAuzerrois à la rue Saint-Honoré a fîetit place, sous le second Empire, à la rue du Louvre.
2. GiUes de Qamecy, maître des comptes, avait été un moment en possession de Toffice de prévôt de Paris, auquel il fut nommé parle Parlement le 3 février 141 9, au mépris de la coutume qui était de ne jamais confier la prévôté de Paris à un parisien (Journal parisien).
76 PARIS PENDANT LA [14^3, janV.
1423. Janvier. Paris.
Henri VI crée un nouvel office de chaufiecire en la chancellerie de France,
en feveur de Jean Burgault^.
(JJ. 172, n- 194.)
Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d^ Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir que comme entre les droiz et prérogatives appartenant à la magesté royal de la noble couronne de France, à laquelle par la grâce Nostre Seigneur sommes venus par le décès et trespassement de feu nostre très chier seigneur et ayeul le roy Charles derrenierement trespassé, que Dieux absoille, nous appartiengne de plain droict et auaorité royal, mettre, créer et ordonner un nouvel chauffecire en nostre chancellerie de France, oultre et par dessus le nombre que nous y avons trouvé, nous ce considéré, et pour la bonne relacion que faicte nous a esté des sens, souffisance, loyaulté et bonne diligence de nostre bien amé Jehan Burgault ^, icellui par Tadvis et deliberacion de nostre très-chier et tres-amé oncle Jehan, régent nostre royaume de France, duc de Bedfort, avons de nostre grâce especial, plaine puissance et auctorité royal aujourd'uy créé, ordonné et estably, créons, ordonnons et establissons par ces présentes nostre chauffecire en nostre dicte chancellerie oultre et par dessus ledit nombre, pour icellui office de chauffecire avoir, tenir et exercer d ores en avant par lui et ses successeurs ainsi et par la manière que ont acoustumé ou temps passé les chauffecires de nostre dicte chancellerie aux gaiges, bourses, honneurs, preroga-
1. c L'original de ceste chartre, par sentence de laquele ne lii et n*a esté ( appelle ne réclamé, cy après registrée, a esté cassé et declairé de nul efifect c à l'instance des chauffecires du roy nostre sire. 1 Cette note, écrite en marge du registre de la chancellerie, est justifiée par les lettres de Henri VI relatant les démarches auxquelles se livrèrent les quatre chau£fecires en exercice, et la renonciation de Jean Burgault qui n'eut lieu que le 25 octobre 1423 (voyez ces lettres plus loin, sous le n* XCI).
2. On doit certainement distinguer ce Jean Burgault d'un personnage homonyme que les comptes de confiscations nous montrent c persécuté es prisons ff du Chastelet de Paris » dès le début de la domination anglaise (compte de 1420 à 1421, apud Sauvai, p. 293), et qui, dans le dernier de ces documents (1427- 1484), est indiqué « comme absent », c'est-à-dire émigré (Sauvai, p. 571).
1423, janv.] DomNÂTiON anglaise. 77
tives, libertez, franchises et autres droiz, prouffiz etemolumens à ce appanenans d'ancienneté.
Si donnons en mandement par ces présentes à nostre amé et feal chancellier, que, receu dudit Jehan Burgault le serement en tel cas acoustumé, il le mette et institue... en possession et saisine dudit office
Mandons aussi à nos amez et fieaulx conseilliers les trésoriers et generaulx gouverneurs de toutes les finances de nostre dit royaume de France que, par le changeur de nostre trésor à Paris... lui ¢ lesdiz gaiges paier d^ores en avant, aux termes et en la manière acoustumée
Donné à Paris^ ou mois de janvier Fan de grâce mil cccc xxir, et de nostre règne le premier.
Ainsi signé : Par le roy à la relation de monseigneur le régent du royaume de France, duc de Bedfort,
Gentb.
1423. Janvier. Paris.
Henri VI confirme les privilèges des bouchers de la grande boucherie
de Pariai
(JJ. 172, n* 198.)
Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d^Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir nous avoir receu Tumble supplicacion de noz biens amez les maistres jurés et communaulté des boucbiers de la grant boucherie de Paris, contenant comme ilz aient pluseurs privilleges à eulz donnez et confermez par noz prédécesseurs roys de France, lesquelz ilz nous ont supplié et requis estre par nous confermez, nous adecertes, considerans les bons et aggreables services &iz par lesdiz supplians à noz diz prédécesseurs roys de France, et espérons que nous facent ou temps avenir, et par la deliberacion de nostre très chier et très amé oncle Jehan, régent nostre royaume de France, duc de Bedford, et de nostre grant conseil estant à Paris, tous leurs diz privilleges à eux donnez et confermez par noz diz prédécesseurs roys de France et chascun d'eulx dont ilz ont usé deuement, voulons estre tenuz
I . Cette pièce a d^à été publiée dans le recueil des Ordonnances des rois de F'rance, t. XIII, p. 16.
78 PARIS PEiniAHT Lk [14^3, janv.
et gardez fennemeat sans enfreindre , et yceulz loons, gréons, ratif&ons, approuvons,
Si donnons en mandement par ces mesmes présentes à noz amez et feaulx conseilliers les gens tenant nostre présent parlement et qui tendront noz parlemens avenir, les gens de noz comptes et trésoriers à Paris, au prevost de Paris
Donné à Paris, ou mois de janvier, Tan de grâce mil cccc vint et deux et de nostre règne le premier.
Ainsi signé : Par le roy, à la relation du conseil tenu par nostre seigneur le régent de France, duc de Bedfort.
Gbmtb.
1423. Janvier. Pontoise.
Henri VI donne à Jean de Puligny, seigneur de la Motte-Tilly, 600 lirres tournois de rente annuelle à asseoir sur les biens de feu maître Pierre de l'Esclat et Jacques PEmpereur.
(JJ. 172, n* 201.)
Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir que nous, aians consideracion aux grans et notables services que nostre amé et féal conseiller Jehan de Pulligny *, seigneur de la Mote-de-Tilly *, a faiz à feux noz très cbiers seigneurs et ayeul et père les roys de France et d'Angleterre, cui Dieux pardoint, tant ou fait de la guerre comme autrement en mainctes manières, qu^il nous fait chascun jour et espérons que face ou temps avenir, les peines, pertes, dommaiges et les perilz de sa personne qu^il a pour ce passez, souffers
1 . Jean de Puligny, dit Chapelain, chevalier, figure à plusieurs reprises dans le compte de confiscations pour les années 1423 à 1427, qui complètent la pièce que nous publions ici en nous faisant connaître une partie au moins des biens sur lesquels fut assise la rente concédée par le roi d'Angleterre ; c'étaient les héritages que Pierre de l'Esclat avait à Choi8y[-ie-Roi] et une maison sise à Bussy-Saint- Martin, près Lagny (Sauvai, p. 827 ; voyez aussi p. 3o5 et 584). — Puligny était conseiller et chambellan du duc de Bourgogne {Mém. pour servir à l'hist. de France et de Bourgogne, t. Il, p. 186).
2. La Motte-Tilly (Aube» arr. et cant. de Nogent-sur-Selne). Cette sei* gneurie, appartenant fadis à Pierre des Essarta et à Marie de ReuîUy» sa femme, et confisquée sur eux, avait été donnée le 27 décembre 1420 par le roi Charles VI à Jean de Puligny, écuyer, alors garde des coffines et joyaux de ce prince (JJ. 172, n» 53).
i4aiYJanT.] DouiMkno» ancuosb. 79
et soustenuz, et autres causes et consideracions ad ce nous mouvans, audit de PuUigny pour lui et ses hoirs venant et descendans de son corps en loyal mariage, par Tadvis de nostre tres-chier et très amé oncle Jehan, régent noatre royaume, duc de Bedfort, avons donné, cédé, transporté et délaissé, et par la teneur de ces présentes de grâce especial et plaine puissance royal donnons, cédons, transportons et délaissons six cens livres tournoiz de rente annuelle et perpétuelle à la prendre, avoir, recevoir et percevoir chascun an d*ores en avant par égal porcion aus quatre termes en Pan à Paris acoustumez, en et sur toutes les terres, justices, seignouries^ manoirs, maisons, cens, rentes, revenues, heritaiges, possessions et biens immeubles quelxconques que feux maistre Pierre de TEsclat ^ et Jacques TEmpereur ' souloient avoir, tenir et possider, tant en la ville, viconté et prevosté de Paris comme ailleurs en nostre royaume, quelque part qu'ilz soient scituéz ou assiz, eu regard à la valeur que ilz valoient quinze ans a, sur les mieulx apparans et sur chascune partie et porcion d'iceulx à nous avenuz et escheuz et qui par confiscacion nous compétent et appaniengnent de présent, pour d'icelles vi<: livres t. joir et user d^ores en avant par ledit Jehan de Pulligny
Si donnons en mandement par ces mesmes présentes à noz amez et feaulx les gens de noz comptes, trésoriers de France et generaulx gouverneurs de toutes finances, aux comissaires ordonnez sur le fait des confiscacions et for&ictures au prevost de
Paris
Donné à Pontoise, ou mois de janvier. Fan de grâce mil iin^ XXII et le premier de notre règne.
Ainsi signé : Par le roy, à la relation de monseigneur le régent k royaume de France, duc de Bedffort.
R. Verbt.