I. Voyez, sur Pierre de TEsckt, plus haut, p. 62, note i
a. Il a déjà été question plus haut, p. 3i, de Jacques TEoipereur, et nous avons rappelé à cette oocanon que, garde des joyaux du roi, il avait éÊé remplacé dans cet office après la révolution de 141 8 par le même Jean de Poligny qui, ici, est gratifié des biens de son prédécôaeur. Néanmoins ks propriétés confisquées sur Jacques l'Empereur ne consistaient pas seulement dans les héritages situés à Bussy-Saint-Martîn, que le roi d'Angleterre dofma à Jean de Puligny. ; il possédait aussi à Torcy, tout auprès de Bussy» Saiiit^Maitin, d'autres biens qui furent donnés à Jean le Qerc, jadis chancelier de France (Sauvai, p. 327).
8o PARIS PENDANT LA [14^3, févr.
1423. Février. Devant Meulant.
Henri VI donne à Guillaume de ChâtiUon, capitaine de Reims , une maison située à Paris rue Sainte-Groix-de-la-Bretonnerie au coin de la rue Pernelle-Saint-Pol et confisquée sur Guillaume Gousinot
(JJ. 172, n* 36 1.)
Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d^ Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir que nous, considerans les grans, notables et aggreables services que a £Eiiz par long temps ou temps passé à feu noz très chiers seigneurs ayeul et père les roys de France et d^ Angleterre derrenierement trespassez, ausquelz Dieu pardoint, fait par chacun jour à nous et espérons que nous face ou temps advenir à la garde, seurté et bon entretenement en nostre obéissance de noz villes et chastel de Reims et Chasteau- Thierry et des pays alentour nostre amé et fieal Guillaume, seigneur de Chastillon \ et pour plusieurs autres causes et consideracions à ce nous mou vans, à icellui de Chastillon, par Tadvis de nostre dit oncle donnons, cédons, transportons et délaissons * Tostel assis à Paris en la rue de Saincte-Croix en la Bretonnerie, ËEiisant le coing de la rue Perrenelle de Saint-Pol ', avecques ses appartenances et appendances, ainsi come il se comporte, lequel fut et appartint à maistre Guillaume Cousinot^ et de présent nous appartient par confiscacion, pour d'icellui hostel, appartenances
1. Guillaume de ChfttiUon, seigneur de ChâtiUon et de la Ferté-en-Ponthieu, fut pourvu du gouvernement de la ville de Reims et du pays voisin ainsi que de Poffice de grand-queux de France en 1418. Il rentra dans Tobéissance du souverain légitime de la France après le traité conclu à Arras en 1435, auquel il contribua de tout son pouvoir (Anselme, Hist, gén. de la maison de France, t. VIII, p. 839).
2. La donation £ûte ici est rappelée dans les extraits du compte de confiscations de 1427 à 1434, publiés par Sauvai (p. 672).
3. Cette rue est appelée aujourd'hui rue de l'Homme- Armé ; voir à ce sujet la note que nous venons de publier dans le Bulletin de la Société de r Histoire de Paris, t. IV.
4. Guillaume Cousinot, conseiller au Parlement et chancelier du duc d'Orléans, mourut après 1442 dans un âge avancé. Il est l'auteur d'une chronique intitulée les Gestes des François, et doit être distingué de son neveu et homonyme qui a écrit la Chronique de la Pucelle. M. Vallet de Viriville a consacré à chacun de ces personnages une double notice biographique publiée Tune dans la Biographie Didot (L XII, p. 263-264), l'autre en tête de l'édition de la Chronique de la Pucelle ou Chronique de Cousinot qu'il publia en 1839 (un volume in-12).
142 1 , féyr. ] DOMINATION ANGLAISE. 8 1
et appendances quelzcoaques joir et user par ledit de Chastillon et ses hoirs masles Intimes, venans de lui en directe ligne et procréez en loyal mariage, plainement, paisiblement, perpétuelment, hereditablement età tousjours, en faisant et paiant par ledit de Qiastillon les droiz devoirs et services pour ce deuz et acousmmez, pourveu toutesvoies
Si donnons en mandement par ces présentes à noz amez et feaulx gens de noz comptes à Paris au prevost de Paris
Donné au siège devant MeuUent, ou mois de février, Tan de grâce mil cccc et xxn et de nostre règne le premier.
de France, duc de Bedford,
J. MtLET.
1423. Mars. Paris.
Râmssîon accordée par le roi d'Angleterre à Jeannette Bonfils, bannie du royaume de France pour avoir entretenu une correspondance avec Jean Rontier, maître des monnaies du Puy-en-Velay, lequel reconnaissait par conséquent Tautorité du roi légitime ; cette correspondance n'était , paraîtil, qu'une correspondance amoureuse.
(JJ. 172, n» 236.)
Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir disons à tous presens et advenir nous avoir receu Tumble supplicacion des parens et amis chamelz de Jehannete la Bonne- Fille, povre jeune femme ensainte d'enfant, n'a gaires prisonnière en nostre Chastellet de Paris, contenant que comme puis trois mois en ça ou environ une nommée Katherine la Fevresse , prisonnière en nostre dit Chastellet, la manda en sa maison qu'elle vousist parler à elle, auquel mandement icelle Jehannete ala, laquelle arrivée oudit hostel trouva un nommé Jehan de Lyons qui lui dist que un appelé Jehan Rontier se recommandoit à elle et qu^il estoit au Puy en Auvergne^ maistre des monnoyes d'icelle ville, avecques et en la compaignie de un appelle ArnouUet Ba-
I. Cette ville n'est pas différente du Puy-en-Velay. Aux yeux des gens du moyen-âge et même encore à ceux de certains de nos contemporains, le VeUy et le Gévaudan font partie de l'Auvergne : il en était déjà ainsi au temps de César : c Parem numerum Arvernis, adjunctis Eleutheris Cadurcis, c Gabalis, Velaunis, qui sub imperio Arvernorum esse consueverunt • {Comm. de hello gallico^ 1. VII, c. yS).
DOCUMBITS 1 6
gS PAtltS PENDAMT Là [14^3 y ^^^
taillé et autres qui avôieût prins iceile monûOTe, M lui disant que ledit Routier lui avoit dit qu'il vouldroit qu'elle feust audit lieUf et que scelle y enoit il la feroit dame et maistresse du sien, et que jamais il û^auroit autre femme qu'elle, en lui baillant unes lettres closes à elle envoies par ledit Routier, qu'elle mlst en son saing, sans ouvrir ne savoir quMl avoit dedans escript, si non par ce qu'ele les a depuis oyes lire par nos gens et officiers de nostre dit Chastellet, qui faisoient mencion des choses dessus dictes; et [â] tant se parti ledit de Lyons dudit hostel et aia où bon lui sembla. Et la relevée dudit jour, environ heure de deux ou trois heures après midi, kdicte Jehennete retourna en Tostel de ladicte Katherine pour aller veoir noz lyons * en la compaignie d^icelle Kathe^ rine. Et tantost après ledit de Lyons arriva oudit hostel, ouquel ilz beurent sans parler d^autre chose que dessus est dit, et adonc ledit de Lyons mist la main à son saing et d'icellui tira unes lettres closes que lors il bailla en garde et commande à ladicte Katherine, en lui priant qu^elle les lui gardast et qu'il avoit paour de les perdre, et qu'elles seadreçoient au maistre des bouchiers de nostre dicte ville de Paris, laquelle Katherine, en obtempérant à ladiae requeste, les prinst et icelles mist en un dressouer, et partant se départi ledit de Lyons , et ala ou bon lui sembla. Et lors ladiae Jehannete et Katherine alerent d'un commun accord ensemble, et se misdrent en chemin pour aller veoir lesdis lions. Elles alans au quel lieu, iceile Jehennete fut prinse et menée prisonnière es prisons de nostre dit Chastellet où elle a esté à grant povreté et misère Fespace de cinq sepmaines et plus, laquelle interroguée sur le cas de son emprisonnement et princi«* palment s'elle avoit receues aucunes lettres de par Jehan Routier, la quelle en alant au juge et ainsi que les sergens la menoient et estoit devers le vespre et tart, dessira le plus coyement qu'elle peut icelles lettres, et getta les pièces en son chemin ou devant le buffet où le clerc juré dudit Chastellet escript devant le prevost de Paris en la question; et, après ce que elle ot juré dire vérité sur ce, dist que non, et partant fut renvoyée en sa prison. Et le lande* main, pour ce que les pièces desdiaes lettres furent trouvées ou dit chemin ou devant le dit buffet et portées à nostre dit prevost de Paris ou son lieuxtenant, fut remandée par devant lui et, de rechief, interroguée pat serement pareillement s'elle avoit receues