XVJ INTRODUCTION
satisÊEiisaiite que possible pour la domination qu'ils acceptaient, en jurant Pexécution du funeste traité de Troyes. Les uns — et leur excuse devait être admise sans grande difficulté — rejetaient leur départ sur la frayeur que leur avaient causée les sanguinaires journées de 141 8, où leurs proches avaient trouvé la mort*; d'autres étaient partis à la même époque pour échapper à leurs « hayneux » qui auraient profité de la surexcitation des esprits pour les perdre '. Ceux-ci avaient été chassés de la capitale par répidémie qui avait suivi de près les désordres de 141 8 '; ceux-là s'étaient absentés à la faveur de la paix de trois mois que rompit le meurtre du duc de Bourgogne à Montereau * ; quelques-uns fuyaient la disette qui sévit sur les Parisiens durant Fhiver de 1419^. Enfin, plusieurs émigrés invoquaient des circonstances tout à fait personnelles ; Pun disait avoir été appelé à Tours pour recueillir l'héritage de son frère, riche marchand de cette ville ^ ; les autres prétendaient avoir voulu seulement échapper à leurs créanciers'^.
Aucun des émigrés, dont les lettres de rémission figurent dans notre recueil, n'attribue son départ à la misère causée par les détestables mesures du premier président du Parlement, Philippe de Morvilliers, misère dont le Journal parisien donne un tableau
1. Ce motif est indiqué pour le départ de M* Jean Gentien qui avait vu deux de ses frères tomber sous les coups des Bourguignons (voyez les lettres de rémission accordées à Jacqueline Couraud, sa veuve) ; c'est éindemment là aussi laTaison du départ d'Isabeau de Marcoignet, dont le père avait été tué à la même époque, et de Jeanne d'Auxerre, dont le mari avait été exécuté.
2. Voyez les lettres accordées à Laurence, veuve de Jean d'Orléans, à Thévenin Guyard et à Philibert Cochereau, prieur de Nemours.