Lettres de rémission de Jean du Pré
OrntODUGTION. XV
nem^it anglais qu'en foisant solliciter par sa» amis des lettres de rémission.
La plupart des personnages àmt nous publions les lettres de grâce, guidés par leur horreur de la domination bourguignonne ou anglaise^ par knr attachement au parti armagnac ou dauphinois, étaieiK allés s^établir dans ks pays qui reconnaissaient rautorité du Dauphin ; mais ils pensaient que leur eiil ne serait pas de longue durée. Toutefois les années s'écoulant, ces émigrés se prirent à regretter la bonne ville de Paris, leurs biens confis-> qués pour cause d' « absentement >, et ils sollicitèrent le pardon du nouveau gouvernement. Ce revirement, qui dénote le découragement des membres du parti national, s^accentue surtout durant les dnq années qui séparent la désastreuse journée de Vemeuil (17 août 1424) de Fapparition de Jeanne d^ Arc sur la scène his* torique^.
Si les femmes qui avaient suivi leur mari, mort depuis en exil', si les adolescents qui avaient accompagné leurs parents', obtenaient assez focilement la grâce qu^b sollicitaient *, il n^en était pas tout à £ait de même pour les che& de maison qui avaient quitté la capitale de leur propre initiative ; ces derniers, en abandonnant la cause pour laquelle ils avaient souffert durant de longues années, n^osaient avouer dans la supplique qu^ils adressaient aux gouvernants anglais leurs anciennes sympathies politiques : ils expliquaient leur départ de Paris d'une manière aussi
1. Notre recueil renferme seulement cinq rémissions accordées à des Armagnacs antérieurement à la bataille de Vemeuil (ce sont celles de Henriet le Gros, Perrin Baudaire, Jean Foison^ Pierre de Gompans et Isabeau de Marcoignet], et deux postérieures à la mission de Jeanne d'Arc (celles de Jacqueline Gouraud et de Jeanne Castel).
2. Marguerite, veuve de M* Philippe de Paris ; Laurence, veuve de Jean d'Oriéans, et Jacqueline Gouraud, veuve de M« Jean Gentien.
3^Perrette Brunel et Gatherine de Grouy.
4. D n'en fut toutefois pas ainsi pour Jeanne, veuve de M* Jean Gastel, qui, devenue veuve et désirant revenir à Paris, s'était vu interdire en 1426 le séjour de cette ville et obtint seulement des lettres de rémission en décembre 143 1.