I . Voyez, sur ce personnage, la pièce précédente
1425,. mars] DOMiNATiofi anglaise. i5i
de lui en directe ligne, un hostel, ainsi comme il se comporte de toutes pars, avecques le louage joingnant, où est TYmage-Nostre- Dame, appartenances et appendances dudit hostel, qui fut et appartint à feu Jehan de la Croix ^ et à sa femme» icelluy bostel situé et assis à Paris en la rue de la Voirrerie, tenant d'une part à Pierre Canteleu^, et d'autre part à Charles Verdelet*, abouti»* sant par derrière à Phostel qui fut feue la dame de la Granche, lequel hostel et louage avec ses appartenances et appendances est à nous escheu, forfait et confisqué par les rébellion et désobéissance desdis feux Jehan de la Croix et sa femme, et voulons que d'icel« lui hostel, louage, appartenances et appendances, ledit maistre Raoul Parker et sesdis hoirs masles, légitimes, venus de lui en directe ligne, joyssent....
Si donnons en mandement par ces présentes à noz amez et
1. Jean de la Croix, tué à Paris (Sauvai, p. 325 et Syb), fut sans doute l'une des yictimes des massacres de juin 1418. La maison de la rue de la Verrerie, dont la donation à Raoul Parker est ici rapportée^ semble avoir été adjugée peu de temps après, ou du moins antérieurement à 1427, à Simon de la Croix, frère et Intime héritier de Jean (Sauvai, p. 3 20; le nom de R. Parker a été imprimé par erreur c Pardrier 1 par les éditeurs de Sauvai). Si Ton tient compte d'un autre extrait du compte de 1423-1427, Tadjudication de la maison de la rue de la Verrerie à Simon de la Croix, représenté par Mahias Rousseau, son procureur, lui aurait été faite à la condition d'une rente de 23 livres parisis {ibid,, p. 3o3). — Jean de la Croix avait encore au moins deux autres maisons à Paris; l'une, c grande maison, toute démolie t , suivant le compte de 142 3- 142 7, était située dans la rue du Four[-Saint- Honoré] au coin de la rue de la Hache, auj. rue des Deux-Ecus, tenant à droite à l'hôtel d'Albret et par derrière à la rue des Etuves, mais aucun des comptes du temps des Anglais ne nous apprend si elle fut donnée à quelque partisan de Henri VI (Sauvai, p. 309 et 376) ; l'autre maison, sise rue Montorgueil, était chargée, envers la confrérie de la Madeleine fondée en l'Oise de Saint-Eustache, en 10 sous parisis de revenu annuel, et fut donnée sous condition de rente à Jacques de Rouen, notaire et secrétaire du roi anglais {ibid., p. 309). On sait aussi que Jean de la Croix possédait à Bonneuil et à Gentilly des biens qui furent attribués à Mathieu Hola , l'un de ceux qui, en 14x8, avaient ouvert les portes de Paris aux Bourguignons (ibid,, p. 324).
2. Pierre Canteleu était conseiller en la chambre des comptes et trésorier de France (Sauvai, p. 299, 369, 374, 384 et 389).
3. Les comptes de confiscation de 1423 à 1434 nous font connaître un Jean Verdelet qu'on doit considérer, sans doute, comme un parent de ce Charles. Jean, ménestrel du roi [Charles VI|, possédait à Paris, dans la rue des Ménétriers, une maison qui, après confiscation, fut donnée à Jean de Droaay, secrétaire de Henri VI (Sauvai, p. 322, 371 et 383).
i52 PARIS PENDANT LA [i425^inars
feaulx les gens de nos comptes, trésoriers et généraux gouvcT'neurs de nos finances en France
Donné à Paris, le xitt* jour du mois de mars, Tan de grâce mil cccc et xxini, et de nostre règne le tiers.
Ainsi signé : Par le roy, à la relation de monseigneur le régent de royaume de France, duc de Bedford,
J. PïCQUET.
1425. Du i** au 8 avril. Paris.
Rémission accordée par Henri VI à maître Pierre de la Charité, fils de feu maître Etienne de la Charité. Pierre, ayant quitté Paris pour aller poursuivre ses études en l'Université d'Orlâins où il était déjà licencié ès-lois, craignait pour ce fait d'être considéré comme rebelle envers le souverain
anglais.
(JJ. 173, n« x37.)
Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et advenir, nous avoir reçeu Tumble supplication de maistre Pierre de la Charité, povre orphelin, essonyé de maladie, contenant que, comme icellui suppliant, qui est et a entention et voulenté d'estre homme d'église, se feust ja pieça transporté en la ville et université d'Orléans pour ilec acquérir son degré en décret, en laquelle il avoit desja sa licence acquis en lois, et en icelle ville se soit longuement tenu en continuant le fait de son estude, et jusques à ce qu^il est venu àsa congnoissance que en nostre ville de Paris, on appelloit à nos drois plusieurs estans en ladicte ville et université d'Orléans ; par quoy ledit suppliant, doubtant encourir en aucun dangier de justice, se soit puis ung an ença et derrain départi de la dicte ville d'Orléans et approuchié de nostre dicte ville de Paris, désirant entrer en iceUe et estre reçeu en nostre obéissance, pour y demourer avec ses père et mère et amis, en faisant le serement de tenir la paix final de nos royaumes de France et d^ Angleterre, neancmoins obstans lesdis appeaulx et ban, s'aucun en est ensuy en sa personne, il ne oseroit seurement demourer en nostre dicte obéissance, se par nous ne lui estoit pourveu de nostre grâce et miséricorde, requérant très humblement que, pour considération des bons et aggreables services que feu maistre Estienne de la Charité, son père, et plusieurs autres, ses parens et amis, ont fait à nos prédécesseurs, roys de France, font encore chacun jour et
14^5, avril] domination anouuse. i53
feront encore, se Dieu plaist, nous vueillons en sainae charité de lui pitié et compassion avoir. Pour ce est-il que, les choses dessus dictes considérées
Si donnons en mandement par ces dictes présentes au prevost de Paris
Donné à Paris, ou mois d^avril, Pan de grâce mil cccc et vint-quatre, avant Pasques, et de notre règne le tiers.
Ainsi signé : Es requestes tenues par monseigneur le régent, duc de Bedford^ esquelles vous les contes de Salisbury et de Suffolk, le premier président de Parlement et autres estoient.
J. DE RmBL.*
1425. II arril. Paris.
Rémission accordée par Henri VI à Guillemin le Qerc, chaussetier, de l'Age de 24 ans environ, qui, absent de Paris depuis une douzaine d'années, a successiTement travaillé de son métier à Sully-sur-Loire, Orléans, Avignon, Genève et ailleurs, fréquentant ainsi les partisans du Dauphin, sans avoir pris part toutefois, paraît»!], à aucun fiait de guerre.
(JJ. 173, n* 148.)
Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir nous avoir receu l'umble supplication des parens et amis charnels de Guillemin le Qerc, chaussetier, aagié de xzirii ans ou environ, contenant que comme, lui estant en Paage de xii ans, il se feust parti de la ville de Paris et aie avec autres enfans et compaignons pour veoir pays, sans ce que depuis il soit retourné audit lieu de Paris, et qu'il se soit armé ne meslé ne entremis de fait de guerre en aucune manière, mais seulement s'est entremis de son mestier de chausseterie doulcement et courtoisement ; néantmoins pour ce qu'il a par grant partie du temps demouré et repaire à Sully ^, et aucunes fois à Orliens, en Avignon, à Genève et autre part, en conversant avec ceulx qui obéissent à cellui que on appelle Dalphin, nostre ennemi et adversaire, icellui suppliant qui a grant désir d^estre nostre bon et loyal subget, et de venir demourer en nostre dicte ville de Paris avec ses parens et amis, nos bons et loyaux subgiez, se doubtaht se il venoit qu^il n'eust en sa personne et en ses biens
I . Sully-sur-Loire (Loiret, arr. de Gien, chef-lieu de cant.).
i54 PARIS PENDANT LA [i4a5, aviii
empeschement, se nostre grâce et miséricorde ne lui estott sur ce impartie. Pour ce est-il que nous considerans
Si donnons en mandement au prevost de Paris...
Donné à Paris^ le xi* jour d'avril apr^ Pasques, Pan de grâce mil ccGc XXV et de nostre règne le tiers.
Ainsi signé : Par le roj, à la relation du Conseil,
J. DE RlNEL.
1425. Avril. Paris.
A la requête des paroissiens de l'église de Saint-Merry, Henry VI défend aux femmes de mauvaise vie de demeurer dans le lieu de Baillehoe, voisin de ladite église; elles devront s'éloigner au moins jusqu'à la Cour- Robert 1.
(JJ. 173, no i3o.)
savoir faisons à tous presens et advenir, à nous avoir esté humblement exposé de la partie des marregliers et paroissiens de Teglise de Saint-Merry à Paris, disans comme ladicte église ait esté d^ancienneté, et de tel temps quHl n^est à présent mémoire du contraire, et encore soit Tune des notables parroisse, église collégial, de ceste nostre bonne ville de Paris, et assise en Tune des notables rues et places d^icelle ville, en laquelle parroisse soyent demourans, manans et habitans, plusieurs gens notables de divers estaz et conditions, lesquels, pour ce que ladicte parroisse est de grant circuité et estendue, viennent de plusieurs rues, comme des rues Neufve-Saînt-Merry, de Sainte-Croix, Symon le Franc, Beaubourg, la Fontaine Maubué*, et d'autres notables lieux à l'adresse d'icelle église et parroisse, par un lieu que on dit Baillehoe', estans assis auprès et comme joignant de ladicte église, auquel lieu de Baillehoe siéent, sont et se tiennent continuelment femmes de vie dissolue et communes que on dit borde-
1. Cette pièce, publiée par Vilevault et Bréquigny {Ordonnances des rois de France, t. XIII, p. 46-47), a été mal à propos attribuée par eux au mois d'avril 1424 (n. style), ce que contredit formellement Tindication de la troisième année du règne de Henri VI.