‹ Paris pendant la domination anglaise (1420-1436): documents extraits des registres de laChapitre 46 sur 105 · Aujourd'hui rue Maubuée · texte numérisé non relu

Aujourd'hui rue Maubuée

3. Sauvai croyait que ce nom s'appliquait à la rue Brisemiche, mais Jaillot {Quartier Saint-Martin, p. 7 et 89) nous paraît avoir démontré contre lui que c Baillehoe i n'était autre que la me TstUepain.

14^5, avril] DomNAnaïf juiaLAisB. x55

lieres, lesquelles j deonent dappier et bordel publiqae, qui est chose très mal séant et non convenable à Tonneur qui doit estre défibrée à TEglise et à un chascun bon catholique, de mauvais exemple^ vil et abhominable, mesmemént à gens notables, bonnotables et de bonne vie, comme sont lesdis exposans^ et avec ce plusieurs autres maulx, périls et inconveniens s^en pevent ensuir de jour et de nu]rt ausdis exposans et autres, nos subgiés, firequentans icelle église; en nous humblement requérant que, pour Fonneur et révérence de Dieu, de ladicte église et du service divin qui, par chascun jour et à toutes heures canoniaulx, notablement est fait et célébré en icelle église, et aussi en feveur d'iceulx exposans, de leurs femmes et enfans, et pour donner exemple de honnesteté, bonne vie et doctrine^ et eschever tous inconveniens qui, à l'occasion de ce que dit est, pourroit ensuir ou temps advenir; nous de notre grâce leur vueillons sur ce pourveoir de remède condescent et convenable. Pourquoy, nous, ces choses considérées, ayans principalement consideracion et regard à l'onneur de saincte Eglise, en mémoire et révérence de Dieu nostre Créateur, du benoist corps saint Merry et du service divin, et voulans opter à nostre povoir toutes les occasions de pechier et de mener mauvaise et dissolue vie, en faveur aussi des dis exposans, leurs femmes et enfans qui souventes fois, comme l'en dit, ont kissié à venir à ladite église, à Poccasion dudit bordel ; considérons aussi que en nostre dicte ville a moult d^autres lieux et places adonnées à ce, et mesmemént assez près dUlec, comme au lieu que Ten dit la court Roben% et ailleurs plus loing de Teglise, pour retraire lesdictes femmes, qui sont comme non habitées, par Padvis et deliberacion de nostre grant conseil, avons

voulu et ordonné que d'ores en avant en ladiae rue de Baîl-

lehoe, ne environ icelle église de Saint-Merry, plus près que ledit lieu de la court Robert, ne ait, se tiengnent, repaîrentou demeurent de jour ou de nuit, femmes quelzconques estans de la vile condicion dessus dicte, en quelque manière que ce soit ; mais nous plaist et ordonnons par edit irrévocable que, tantost ces lettres veues, elles soient contrainctes de fait à vuider hors de

I. La Cour-Robert a pris depuis le nom de c rue du Renard » qu'elle doit, paraît-il, à renseigne du < Renard qui prêche » (Jaillot> Quartier Saint- Martin, p. 87-89). On sait que cette voie conduit de la rue de la Verrerie à la me Neuve-Saint- Merry.

i56 PARIS PENDANT LA [1425, avril

tous poins d^icelle rue, par prise de corps se mestier^est, et autrement par toutes voies deues et raisonnables, sans ce que elles ne autres de ladicte condicion, ores ne pour le temps advenir y puissent retourner, estre ne demourer, tenant la vie dessus dicte.

Si donnons en mandement au prevost de Paris

Donné à Paris^ ou mois d^avril, Tan de grâce mil cccc xxnn, et de nostre règne le tiers.

Ainsi signé : Par le roy, à la relacion du G>nseil|

OOBR.

1425. 26 mai. Paris.

Henri VI donne à Robert, comte de Vendôme et seigneur de Wilkmghby, l'hôtel de Bohême confisqué sur le duc d'Orléans.

(JJ. 173, n- 552.)

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir, que pour consideracion des bons et grans, notables et aggreables services que nostre treschier et tres-amé cousin, Robert, conte de Vendosme, seigneur de Wilughby^, a faiz à feu nostre très chier seigneur et père, cui

I. Par lettres du 20 septembre 1424, Robert de Willoughby, chevalier anglais, avait reçu de Bedford, agissant comme duc d'Anjou, le comté de Vendôme, confisqué sur Louis de Bourbon et relevant du duché d'Anjou ; ce don fut confirmé le 21 octobre 1425 par le roi Henri VI (Arch. nat., JJ. 173, n* 203). Il obtint, en outre, le 25 mai 1427 c toutes les autres terres, héritages, rentes, revenus et possessions quelzconquea que icelluy Lx)78 de Bourbon jadis tenoit et possedoit ou royaume de France , ouhre et par dessus ledit conté de Vendosme, avec tous les fiefs et arrière fiefs lors tenuz de luy (JJ. 173, n* 657) 1; cette donation comprend implicitement Fhôtei de Vendôme, situé à Paris devant l'hôtel de Rouen et celui de Reims (Sauvai, p. 3 16, 58o et 589), c'est-à-dire entre les rues du Jardinet, de PEperon et du Battoir, depuis rue Serpente, à la place que le plan de Berty (feuille 10 non encore publiée) assigne au collège de Vendôme cité, dit-on, en 1 367 (Jaillot, Quartier Saint- André-des^ Arts ^ p. 63) ; de même, un second hôtel de Vendôme, sis rue de Bièvre et aboutissant par derrière à la rue Saint-Nicolas* du-Chardonnet (Sauvai, p. 3 1 5 et 578) ou plutôt dans la portion de cette rue connue postérieurement sous le nom de rue des Bernardins; enfin, le château Maugarny, également situé dans la rue de Bièvre : les comptes de confiscations désignent ces différents immeubles comme appartenant jadis à Louis de Bourbon et depuis à Willoughby.

Le Vendomois étant retombé au pouvoir des Français à la suite des succès

1425, mai] DOMINATION ANGLAISE. iSy

Dieu pardoint, à nous, à nostre très chier et très amé oncle, Jehan, régent nostre royaume de France, duc de Bedford , ou fidt de noz guerres et autrement, (ait de jour en jour en jour et espérons que iace ou temps avenir, et autres justes et raisonnables causes, audit seigneur de Vilughby, avons donné, cédé, transporté et delaissié, donnons, octroions, transportons et délaissons de grâce especial par ces présentes, pour lui et pour ses hoirs masles, légitimes venans de lui en directe ligne, un hostel nommé Tostelde Behaigne^ assis en nostre bonne ville de Paris, ensemble les jardins, revenues^ et toutes les appartenances quelzconques d'icellui, qui fu et appartint au duc d'Orléans, tenant d'un bout où est la première entrée en la rue de Neelle ', et de l^autre par derrière aux rues de Flandres ^ et de Garneles *, lequel et appartenances est à nous escheu, forfaict et confisqué par les rébellion et désobéissance dudit d^Orleans, et voulons que d'icellui hostel et de sesdiaes appartenances et appendances ledit seigneur de Wilughby et sesdis hoirs masles légitimes, venans de

des armes de Charles VII en 1429, il fallut songer à indemniser Willoughby de la perte de son comté : aassi reçut-il le 12 septembre 143 1 le comté de Beaumont-sur-Oise, propriété du duc d'Orléans, qui, un moment réuni au domaine du roi anglais, était ensuite passé au duc de Bedford. Les lettres accordées à cette occasion au capitaine anglais ont été publiées par notre excellent confrère M. Douét-d'Arcq dans les Recherches sur les anciens comtes âe Beaumont-nar'Oise, p. 126.

1. L'hdtd de Bohême, mentionné plusieurs fois au cours des comptes de confiscations (Sauvai, p. 309, 576, 576 et 656), devait son nom à Jean de Luxembourg, roi de Bohême, auquel Philippe de Valois, depuis roi de France, en fit don en 1327 : c'est en partie sur son emplacement que la rdne Catherine de Médicis fit construire plus tard l'hôtel connu ensuite sous le nom d'hôtel de Soissons et qui a été lui-même remplacé, vers la fin du règne de Louis XV par la Halle-au-Blé. Avant la construction de ThÔtel de Soissons, la rue d'Orléans se prolongeait jusqu'à la rue Coquillière et aboutissait en face la rue du Séjour, aujourd'hui rue du Jour (Jaillot, Quartier Saint'Eustachey p. i3-i9).

2. La rue de Nesle, ainsi appelée de la dénomination primitive de l'hôtel de Bohême (hôtel de Nesle), ^t successivement nommée c rue de Behaigne i et rue d'Orléans, en l'honneur des possesseurs de cette grande demeure. Elle conserve encore aujourd'hui la dernière de ces appellations.

3. Il ne paraît pas qu'aucun auteur ait encore signalé ce nom que la rue Coquillière devait à l'hôtel qu^ fit construire, après 1292, GuydeDampierre, comte de Flandre.

4. La rue de Grenelle-Saint-Honoré qui, il 7 a quelques années, a été réunie à la rue Jean-Jacques Rousseau.

i58 PARIS PENDANT LA [142 5, mai

lui en directe ligne, joissent et usent et les exploictent de cy en avant plain^nent, paisiblement, hereditabkânent, perpetuel* ment

Si donnons en mandement à noz amez et feaulx les gens de noz comptes, trésoriers et generaulz gouverneurs de nozfioances^ en France, .... aux prevost et receveur

Donné à Paris, le xxvi* jour du mois de may, Tan de grâce mil quatre cens et vint cinq et de nostre règne le tiers.

Ainsi signé : Par le roy, à la relation de monseigneur le régent

le royaume de France, duc de Bedford, /

Parker.

1425. 3i mai. Saint-Denis.

Henri VI, voulant récompenser les services que Simon Morhier, prévôt de Paris, lui a rendus ainsi qu'aux feux rois Charles VI et Henri V, lui donne les terres de Saint-Piat, Montlouet et Talvoisin, au diocèse de Chartres, une maison sise à Belloy, une autre à Trianon, ces divers biens confisqués sur Simon de Vendières, chevalier, les enflEints de feu Regnaud d'Angennes, Pierre Gentier et Bureau de Dammartin.

savoir faisons à tous presens et avenir, que nous considerans les bons et aggreables services que nostre amé et féal conseillier, Simon Morbier, chevallier, seigneur de Villiers * et prevost de Paris, a fais à feux nos très chiers seigneurs, ayeul et père, les roys de France et d^Ângleterre, cui Dieu perdoint, fait encore à nous chacun jour, tant ou fait de nos guerres comme autrement, en plusieurs et diverses manières et espérons que face ou temps avenir, et aussy pour le recompenser aucunement de plusieurs grans fraiz, missions et despens qu'il luy a convenu faire et soustenir en certains voiages par lui faiz, du commandement et ordonnance d^ nostre dit feu seigneur et père, dont Dieu ait l'ame, en Arragon ^ et ailleurs en loingtaîns pays, et pour plusieurs autres

I. Villiers-le-Morhiers (Eur&-et-Loir, arr. de Dreux, cant. de Nogent-l»» Roi).

z. Il est noté, au compte des confiscations pour, les années 1423 à 1427, que Simon Morhier avait c £ût plusieurs lointains et dangereux voyages par* c Tordre du conseil du roy, tant en Aragon comme ailleurs, où il avoit été c détroussé, sans en avoir receu aucuqe récompense » (Sauvai, p. 333).

1425, mai] DOUiNATtON anglaise. i59

causes et considérations à ce nous mouvans, à icelluy nostre conseiller, par l'advis et délibération de nostre très cbier et très amé oncle, Jehan, régent nostre royaume de France, duc de Bedford, avons cédé, transporté et ddaissié, et par ces présentes de nostre grâce especial, plaine puissance et auaorité roial, cédons, transportons et délaissons la propriété des terres, seigneuries et hostelz qui s'ensuivent : c'est assavoir la terre de Saint-Piat ^ qui fut à Simon de Vendieres, chevallier, les terres de Mondouvet^ et de Telvoisin ^, assises ou diocèse de Chartres qui furent aux enâins de feu Regnault d^Angennes, un hostel assis à Besloy ^ qui fut à Pierre Gencien', et un autre hostel assis à Tryanon^ qui fut à Bureau de Dampmartin?, à nous venuz et escheuz par confiscation, pour, dUcelles terres, seigneuries et hostelz, ainsi comme ils se comportent, tant en maisons, manoirs, villages, fiefs, arrier&fiefe, justices haultes, moiennes et basses, cens, rentes, revenues, prez, bois, vignes et autres choses quelconques à iceulx appartenans et appendans, jusques à la valeur de cinq cens livres tournois de revenue par an, eu regard au temps qu'ils valoient Tan mil cccc et dix, joir et user par nostredit conseiller, et ses hoirs masles, légitimes, venus de lui en directe ligne, perpetuelment,

1. Saint-Piat (Eure-et-Loir, arr. de Chartres, cant. de Maintenon).

2. Montlouet (Eore-et-Loir, arr. de Chartres, cant. de Maintenon).

3. Tal voisin, h. de la comm. d'Ymeray (Eure-et-Loir)^ arr. de Chartres, cant. de Maintenon.

4. Belloy (Seine-et-Oise, arr. de Pontoise, cant. de Luzarches).

5. Ce Pierre Gentien^ trésorier de France, déjà marqué au nombre des émigrés dans le compte des confiscations pour 1420-1421 (Sauvai, p. 296), est dit plus tard (compte pour les années 1427-1434, apud Sauvai, p. 584), « seigneur de BeUoj en France de par sa femme »; mais la lecture du livre de Tabbé Lebeuf {Hist. du diocèse de Paris, t. IV, p. 3 10) prouve qu*il ne Tétait qu'en partie.

6. Trianon (Seine-et-Oise, arr., cant. et comm. de Versailles).

7. Bureau de Dammartin, changeur et orfèvre, avait été le fournisseur de Louis de Valois, duc d'Orléans ; sa femme vendait des parfums à la reine Isabeaa. Ce fut Bureau qui, en 141 6, découvrit la conspiration de Nicolas d'Orgemont ; aussi fiit-il honoré du mépris du duc de Bourgogne, Jean Sans-Peur (Leroux de Lincy et Tisserand, Paris et ses historiens aux XIV* et XV* siècles, p. 332-335). Son hôtel de la rue de la Courroierie, depuis me des Cinq-Diamants, dté avec éloge par Guillebert de Metz, et sa maison sise dans la rue Saint-Denis c devant le chasteau » furent donnés par le roi, mais pour la vie seulement, à Raoul de Neuville, chevalier (Sauvai, p. 3o8, 3x2, 675).

i6o PARIS PENDANT LA [i425,inai

hereditablement et à tousjours, en payant les charges, droiz et devoirs pour ce deuz et accoustumez, pourveu que

Si donnons en mandement par ces mesmes présentes à nos amez et feaulx gens de nos comptes à Paris, les trésoriers et generaulx gouverneurs de toutes nos finances en France

Donné à Saint-Denis en France, le derrenier jour de may, Pan de grâce mil cccc et xxv, et de nostre règne le tiers.

Ainsi signé : Par le roy, à la relation de monseigneur le régent

de France, duc de Bedford,

J. MnjsT.

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