LXXXVIII
1425. Septembre. Paris.
Rémission accordée par Henri VI à Marguerite, veuve de Philippe de Paris, clerc des comptes du roi Charles VL Philippe et sa femme avaient quitté Paris en 14 18, à la suite de l'entrée des Bourguignons; mais si Ton en croit la supplique de Marguerite, leur départ aurait été occasionné par la mortalité sévissant alors siir la capitale et qui, peu après, les aurait paiement chassés de Saint-Maur-les-Fossés où ils vivaient en compagnie de Gérard de Montaigu, évéque de Paris, qu'ils suivirent ensuite au château de Malesherbes, puis à Boiu-ges, où Philippe mourut.
(JJ. 173, n» 217.)
Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir nous avoir receue Tumble supplicacion des parens et amis chârnelz de Marguerite, vesve de feu maistre Philippe de Paris, en son vivant clerc des comptes de feu nostre très chier seigneur et ayeul le roy de France derrenierement trespassé, que Dieu absoille, contenant come depuis Feutrée faiae en ceste ville de Paris par les gens de nostre dit feu seigneur et ayeul et de feu nostre très chier cousin le duc de Bourgogne derrenierement trespassé, icellui feu maistre Philippe et ladicte Marguerite sa femme, pour la grant et excessive mortalité qui lors estoit en ceste ville de Paris, se feussent partis dUcelle ville et alez en la ville de Saint-Mor-des-Fossez oîi ilz demourerent par long temps et jusques à ce que ladiae mortalité seurvint en ladicte ville de Saint-Mor, pour laquelle éviter et le péril et dangier d^icelle, ilz feussent alez en la compaignie de feu Girart de Montagu, jadis evesque de Paris, duquel icellui maistre Philippe avoit toute sa jeunesse esté serviteur, ou chasteldu Bois-Malesherbes\ oti ilz se tindrent très longuement sans eux entremettre aucunement du fait de la guerre, au mieulx et plus simplement qu'ilz peurent et
I. Le château de Malesherbes (Loiret, arr. de Pithiviers, chef-lieu de canton) appartenait alors à Jacqueline de Montagu, dame de Graville et nièce du prélat parisien (voyez plus haut, p. 18).
142 5 y sept.] DOMINATION ANGLAISE. 181
sceuient, et depuis, pour éviter les guerres et grans perilz qui estoient environ icellui chastei, feussent iesdiz feu maistre Philippe et Marguerite alez en la compaignie dudit evesque en la ville de Bourges oti ilz ont vesqut à leurs despens, sans eulx entremettre aucunement dudit fait de la guerre jusques à ce que, en icelle ville, ledit feu maistre Philippe est aie de vie à trespassement, et combien que ladiae Marguerite qui est natifve de ceste ville de Paris eust suyvy son mary, plus par contrainae que de sa voulenté, et que depuis le trespas d^icellui elle ait tousjours désiré de retourner en ceste ville de Paris et en nostre obéissance, neantmoins pour les grans perilz et dangiers qui ont esté et sont sur les chemins et aussi que ledit feu maistre Philippe, lui estant en vie, et elle ont esté appeliez à noz drois et banniz de nostre dit royaume de France comme l'en dit, et elle n^a osé ne oseroit bonnepient retourner en nostre dicte ville de Paris ne en autre lieu à nous obéissant, sans avoir de nous sur ce noz congié et licence, requérant humblement iceulx, mesmement que ledit bannissement qui est advenu du vivant de sondit feu mary ne est aucunement venu à la congnoissance de ladicte Marguerite comme espèrent iceulx supplians. Pour quoy nous, desirans redduire et mettre en nostre obéissance noz subgiez, et voulans clémence et miséricorde preferer à rigueur de justice, et les faiz des femmes vesves estre favorablement traiaiez et démenez...
Si donnons en mandement par ces présentes au prevost de Paris
Donné à Paris, ou mois de septembre, Tan de grâce mil ini<: et XXV, et de nostre règne le tiers.
Ainsi signé : Es requestes tenues par monseigneur le régent
de France, duc de Bedford, esquelles vous, Tarcevesque de Rouen,
les evesques de Beauvais et de Noyon, le premier président et
autres pluseurs estoient,