‹ Paris pendant la domination anglaise (1420-1436): documents extraits des registres de laChapitre 57 sur 105 · Cette rue subsiste sous le nom de rue Beaubourg · texte numérisé non relu

Cette rue subsiste sous le nom de rue Beaubourg

igO PARIS PENDANT LA [l425, OCt.

esté trouvé ooulpable pour avoir frappé et navré ledit Pierre le Brun, il a esté prias et remené prisonnier en nostreditChastellet, c'est assavoir le mardi xi® jour de ce présent mois de septembre demenierement passé, et lui, interrogué par seranent, confessa le cas avoir esté £ait par lui en la manière dessus declairée, dont il doubte avoir et souffrir paine de son corps et repioucbe publique, parce que ledit Pierre est nostre officier et en notre sauvegarde, dont lui et sa femme, qui est bien ancienne et maladive, pourraient par ennuy et desplaisance finer leurs jours avant le cours de nature et demourer povres et mendians, se nostre grâce et miséricorde n^est impartie audit suppliant, lequel nous a humblement suj^ié et requis que, attendu quUl a tousjours esté de bonne vie, renommée, et honneste conversation, sans avoir esté reprins d^aucun crime, vice, ne reprouche, ne onques mais avoir esté détenu prisonnier pour quelconque autre cas ou délit, et qu'il a tousjours esté nostre bon, vray et loyal subget, natif de la cité de Langres, où il a convenu que il se soit retraict par les divisions qui ont esté en nostre ville de Paris par les Armignaz qui lors gouvernoient et qui persecutoient les Bourguignons et de tous leurs povoirs, et, tantost après la reddition de nostre ville de Paris, s'en est retourné en icelle, et a esté commis oudit office de sergenterie du guet à pié, où il nous a bien et loyaument servy sans aucune reprehencion par Pespace de cinq ans ou environ, et aussi qu'il a souffert et seuffre peine de prison, et considéré aussi que ledit Pierre le Brun est de petit gouvernement, et qui pour plusieurs souspeçons que on avoit sur lui dq^endens desdictes divisions, a esté plusieurs fois prisonnier, sans le vouloir injurier, et qu'il avoit fait desplaisir audit suppliant, et considéré en oultre quHi n^y a eu mehaing ne affoleure, et est icellui Pierre guery, nous lui vueillons impartir nostre grâce, nous, eue consideracion aux choses dessusdites

Si donnons en mandement à nostre prevost de Paris

Donné à Paris ou mois d'oaobre, Tan de grâce mil ntf et vint cinq et de nostre règne le tiers.

Ainsi signé : Par le roy, à la relacion du Conseil,

Oger.

1425,0a.] domuiation anguuse. 191

1425. Octobre. Parjs.

Rémission accordée par Henri VI à Laurence, parisienne, veuve de Jean dX)rléan8, qui, demeurant auprès de la porte Saint-Jacques, à Paris, avaient abandonné la capitale après les événements de 141 8 pour se retirer à Orléans, patrie de son mari. Devenue veuve, elle avait épousé, en secondes oocea, Cardon du Doit, avec lequel elle quitta Orléans pour retourner dans les provinces soumises aux Anglais.

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d^Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir, nous avoir esté exposé de la partie de Laurence, à présent femme de Cardin du Doit, natif du pays de Normandie, et paravant femme de feu Jehan d'Orléans, que comme en Tan mil nn^ xvm, au temps que les gens de feu nostre très chier et très amé cousin, le duc de Bourgogne, entrèrent en nostre ville de Paris^ ledit feu Jehan d^Orleans et icelle suppliante, lors sa femme, feussent demourans près de la porte Saint-Jacques à Paris, et tantost après ladiae entrée, pour doubte que avoit ledit d'Orléans d'aucuns ses hayneux , il s'en feust aie en la ville d'Orléans dont il estoit natif*, et là eust demourépar aucun temps, et depuis eust mandée ladiae exposant, sa femme, aler devers luy^ laquelle meue d'amour naturelle et pour obéir à sondit mary y feust alée. Et a esté audit lieu d'Orléans avecques lui jusques à son trespassement, sans ce que icellui son mary, ne elle, se soient aucunement entremis de fait de guerre, ne porté domaige à aucuns de noz subgiez. Depuis le trespassement duquel Jehan d'Orléans, ladicte exposant se soit remariée audit Cardin, lors demourant audit lieu d'Orléans, avecques lequel elle se soit tenue jusques à n'a gaires que lui et elle ont eu entention et voulenté de retourner demoureren nostre obéissance êtes pays et lieux dont ils sont natifs, mesmement en nostre dicte ville de Paris dont icelle suppliant est natifve, et sur ce ayent obtenu saufconduit dû gouverneur d'Orléans et autres, noz ennemis et desobeissans, et soient venuz jusques à Chartres, où ils ont obtenu saufconduit du gouverneur dudit lieu de povoir venir jusques à Paris ou ailleurs par deçà, ou bon leur sembleroit.

I. Suivant toute apparence, d'Orléans ne serait pas le nom patronymique de Jean, mais bien un surnom personnel, indiquant son lieu de naissance.

192 PARIS PENDANT LA [l42 5,OCt.

Non obstans lesquelz saufconduiz et congié tant dudit gouverneur de Œartres comme des autres noz ennemis, ledit Cardin ait esté prins et mené prisonnier es mains de nosdiz ennemis, et lui et icelle eiposant desrobez, et leur ont osté tant peu de biens qu'ilz avoient, et après ont laissié ladicte exposant qui, à grant peine et povreté, est venue à Paris devers ses parents et amis, et combien qu^elle ait bonne et vraye entention d'estre et demourer nostre subgecte et tenir la paix des deux royaumes de France et d^ Angleterre, neantmoins elle n^y oseroit seurement demourer, se par nous ne lui estoit sur ce impartie nostre grâce et miséricorde, si comme elle dit, en nous humblement requérant que comme pour obeïr à sondit mary, elle se parti de ladicte ville de Paris, comme dit est, et que en tous autres cas elle a esté femme de bonne vie, renommée et honneste conversation, sans reprouche, preste de jurer la paix et baillier caution d'icelle entretenir, la perte et dommaige qu^elle a eue et sondit mary à ce présent voyage en retournant par deçà, nous lui vueillons sur ce impartir nostre grâce et miséricorde. Pour quoy nous, ces choses considérées

Si donnons en mandement par ces présentes au prevost de Paris

Donné à Paris, ou mois d^octobre, Tan de grâce mil nn^ et vint cinq et de nostre règne le iti*.

Ainsi signé : Par le roy, à la relacion du G)nseil,

Oger.

1425. 10 novembre. Paris.

Henri VI donne à Guy de Bar, seigneur de Presles et bailli de Sens, et à la descendance masculine de celui-ci, une maison sise à Paris rue Galande avec issue par derrière sur la rue du Plfitre. Cette maison, confisquée sur Brunissent de Lautrec, veuve d'Yon, seigneur de Garancières, ayant été concédée à bail le 3o mars 1423, moyennant une rente annuelle de 1 1 livres à Gilles de Moulins, notaire et audiencier du roi, Henri VI abandonne cette rente à Guy de Bar, tant pour le passé que pour Tavenir.

(JJ. 173, n» 3o2.)

Henry, par la gracè de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir que pour considération des bons et aggreables services que nous a faiz et fait de jour en jour nostre amé et féal chevalier, Guy de Bar \ bailli de Sens, et seigneur de

1. Guy de Bar, dit le Beau, est qualifié, dès 141 1, chevalier, conseiller et

1425, nOV.] DOMINATION ANGLAISE. IqS

Preelles, et aussi des pertes et dommaiges qu'ilz a euz et soustenuz le temps passé pour cause des guerres de nostre royaume de France, et autres causes et considérations raisonnables, à icellui, par Fadvis et délibération de nostre très chier et très amé oncle, Jehan, régent nostre royaume de France, duc de Bedford, avons de nostre grâce especial^ plaine puissance et auctorité royal, donné, cédé, transporté et délaissiez donnons, cédons, transportons et délaissons par ces présentes ung hostel ou maison avec ses appartenances, séant à Paris en la rue de Galande, tenant d'une part à un hostel qui appartient au chappitre de TEglise de Paris, et d^autre part à Tostel de maistre Pierre de Brac, aboutissant et ayant yssue par derrière en la rue du Piastre^, qui souloit appar-

chambellan du duc de Bourgogne, bailli d'Auzois (Labarre, Mém, pour ser^ vir à l'hist. de France et de B<mrgogne, t. II, p. i63). Il était encore revêtu de i'offîce de bailli d'Auxois lors de la surprise de Paris en mai 141 8 par les Bourguignons dont il était Tun des principaux chefis. Cest à la suite de cet événement qu'on lut confia la garde de la prévôté de Paris ; révoqué une première fois au commencement de septembre 1418, il fut rétabli en novembre et remplacé de nouveau trois mois plus tard (Journal parisien). On le retrouve en septembre 1419 et en 1420, avec le titre de bailli d'Auxois (Laborre, t. I*', p. 226 ; t. II, p. 207), office qu'il quitta depuis, on le voit par l'acte que nous publions, pour celui de bailli de Sens.

Les registres du Trésor des chartes renferment la copie de lettres du 25 septembre 1423, par lesquelles Henri VI donne à son « amé et féal chec valier Guy de Bar, seigneur de Praelles >, les seigneuries de Sagonne, en Berry; deRosemont, c Saint-^pise », Traizaigle, c le Chastelle », Faye, en Nivernais ; de la Node et de Fours, « assis tant en Bourgogne comme au comté de Nivernois »; de Beaupoirier, en Nivernais; la tour de Jouy sur les confins du Bourbonnais et du Berry ; les terres de Pougues en Nivernais, et de Milly en Gâtinais; ces domaines étaient confisqués— ou devaient l'être, car un certain nombre d'entre eux étaient^ tués dans des contrées qui n'obéirent jamais au roi Charles VI, ~ sur le dauphin d'Auvergne, les onfiints de Philibert de Saint-Palais, Marguerite de Giac, Aubert du Puy, Jean de Miroul, Arnaud de Fennetiers, Chatart de Chabannes, Pierre de Giac, Philippe de Bonnay et Guillaume, seigneur de Montenay (JJ. 172, n* 364).

X. Cette maison est appelée c hostel de Garancieres » dans les comptes de confiscations que Sauvai a publiés en extraits, et ces documents relatent la concession, moyennant rente, qui en fut faite à Gilles de Moulins (Sauvai, p. 3i5}, ainsi que le don à Guy de Bar (ibid,^ p. 322, 678). Un autre hôtel de Garancieres, situé près Saint-Sulpice et qui a donné son nom à la rue Garancière, appartenait alors à Guillaume de Montenay, seigneur de Garancieres (Sauvai, p. 319), et c'est par erreur sans doute que les auteurs de la Topographie du vieux Paris (t. III, p. 174) disent que cet hôtel était possédé en i399par Yon de Garancière, chambellan du roi, et en 14 18 par sa veuve, t M"* de Garancière, autrement appelée M"' de Bruynissant, vicomtesse de

DOCUMENTS I l3

194 pâbu pemdamt la ['4^5^ ik>v.

tenir aux héritiers ou ayant cause de deffuncte Brunestend de Narbonne * , vesve de feu Eon, en son vivant seigneur de Garencieres^^ à nous venu et escheu, forfieiit, acquis et confisqué par la rébellion et désobéissance et autres crimes que iesdis héritiers ou ayant cause de ladicte Brunessend ont commis à rencontre de nous ou de nostre couronne de France, pour d^icellui hostel ou maison, ensemble de ses appartenances, joir et user par ledit Guy de Bar et ses hoirs masles, venans de lui en loyal mariage, perpetuelment, herediublement et à tousjours, en payant les charges et faisant les devoirs pour ce deuz et acoustumez, pourveu toutesvoies qu'il ne soit de nostre ancien demaine, ne ait esté donné à autres par feu nostre très chier seigneur et ayeul par Tadvis de feu nostre très chier seigneur et père, que Dieu absoille, ou nous par Tadvis de nostre dit oncle. Et pour ce que ledit hostel ou maison ensemble ses appartenances avoit esté baillé à nostre

• Lentrel » {sic) ; cet indications, dont la source n'est pas indiquée, se rapportent vraisemblablement à l'hôtel situé dans la rue Galande, que Berty a cependant connu, comme le prouve la feuille X (non publiée encore) de son plan parcellaire restitué, où il nous le montre formant postérieurement deux maisons (l'une, la maison des Trois-Etriers, sur la rue Galande; l'autre, la maison de la PÎe et de l'Image Saint-Sébastieo, sur la rue du Plâtre), séparées par un terrain intermédiaire.

1. Brunissent, vicomtesse de Lautrec et veuve d'Yon de Garancières, n'appartenait pas à Ut famille de Narbonne, mais les liens qui l'y attachaient la Élisaient souvent considérer comme telle ; les comptes de confiscations consultés par Sauvai la représentent même quelquefois comme la c veuve du vicomte de Narbonne i (Sauvai, p. 3 1 5), influencés sans doute par le fait qu'un vicomte de Narbonne (Guillaume II) hérita d'une partie des biens de la vicomtesse Brunissent.

Brunissent, née en i36o au plus tard, était la seconde fille d'Amalric III, vicomte de Lautrec, et.de Jeanne de Narbonne. Sa soeur aînée, Catherine, vicomtesse de Lautrec et femme de Jean, comte d'Astarac, était morte en i374 ; elle eut à soutenir un long procès contre son beau-frère que Catherine avait institué son légataire universel, et obtint enfin un arrftt favorable du Parlement le 14 février 1394. Brunissent avait épousé en premières noces, avant 1379, Eustache de Mauny, chevalier, qui était déjà mort en i383; son mariage avec Yon de Garancières n'est pas postérieur à iSgô. Elle fit son testament à Paris, le 22 )anvier 14x9, laissant à Jean de Voisins, seigneur de Confolens, les biens qui lui venaient de son père, et au vicomte de Narbonne ceux qu'elle avait hérités de sa mère; elle mourut peu après (Anselme, Hist. génial., t. II, p. 365-366).

2. Yon de Garancières, chambellan du roi en 1399 (voyez la note 1 de la page précédente); il vivait encore en octobre 1408 {KnÊclmey Histoire généalogique, t II, p. 366).

1435, nOV.] DOMniATION ANGLAISE. I95

amé et feal clerc notaire et audiencier, maistre Giles de Molins, à la charge de onze livres parisis de rente chascun an pour toutes charges, si comme rapporté a esté à nostredit oncle, nous, en ampliant nostre dicte grâce, par Padvis et deliberacîon que dessus, en faveur de nostredit chevalier et pour consideracion des choses dessusdictes, avons ledit maistre Giles deschargé et deschargeons de tout le droit qui nous compete et appartient sur lesdiz onze livres parisis pour le temps passé, c'est assavoir depuis le xxx* jour de mars Tan mil cccc vint deux jusques à présent et pour le temps advenir, et Ten avons quitté et quittons par ces présentes...

Si donnons en mandement par ces présentes à noz amez et feaulx les gens de noz comptes à Paris, trésoriers et generaulx gouverneurs de toutes noz finances en France, aux commissaires

sur le fait des confiscations et forfaictures au prevost de

Paris

Donné à Paris, le x"* jour de novembre, Tan de grâce mil cccc et vint cinq, et de nostre règne le iin"*^.

duc de Bedford,

J. DE RlKEL.

1425. 16 novembre. Paris.

Henri VI, voulant rendre effectif le don fait précédemment, le 3omar8 1424, à Bérard de Montferrand, chevalier, d'une maison située sur la place Baudoyer, en face de Thôtel de TOurs, maison qui, antérieurement à ce don, avait été concédée à Richard de TEpine moyennant une rente aonuelle de 27 livres pariai», transporte ce revenu au susdit chevalier.

(JJ. 173, n- 282.)

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir nous avoir receu Tumble supplication de nostre amé et feal chevalier, Berart de Montferrant, contenant que comme, par noz autres lettres scellées en laz de soye et cire ven ^ et pour les causes contenues en iceiles, nous lui eussions par Padvis et délibération de nostre très chier et tresamé oncle Jehan, régent nostre royaume de France, duc de Bedford, donné, cédé et transporté certain hostel ou maison ensemble ses appartenances, assises à Paris en la rue de la Porte*

I. Voyez plus haut, p. 126, ces lettres et les notée y afférentea.

196 PARIS PENDANT LA [1425, nOV.

Baudet, à Topposite de Tostel où pend renseigne de l'Ours, qui fut et appartint aux héritiers de feu maistre Guy de Dampmartin, à nous venu et escheu par forfaicture et confiscation, pour joir d'iceilui hostel par ledit de Montferrant et ses hoirs masles venus de lui en loyal mariage, perpetuelment et hereditablement, comme plus à plain est declairé en noz dictes lettres, et il soit ainsi que devant ce que eussions fait don dUcellui hostel à nostre dit chevallier, il estoit ja baillé et délivré à vint sept livres parisis de rente par chascun an à un nommé Richard de PEspine par les commissaires ordonnez sur le &it des confiscations et forfaictures, lequel Richard est tenu et obligié de nous payer, par chascun an à tousjours mais, ladicte rente de xxvii livres parisis, par quoy ledit don par nous fait à nostredit chevalier d'iceilui hostel ne lui est d' aucun effect, se autrement ne lui est par nous pourveu ; requérant humblement que attendu les bons et aggreables services qu^il a faiz à nostre très chier seigneur et père, que Dieu absoille, à nous et à nostre dit oncle, nous lui vueillons pour en recompensation dUcellui don, donner, céder et transporter les dictes vint sept livres parisis de rente que nous avons droit de prendre par la manière que dia est sur ledit hostel, et nous, eue considération aux choses dessus dictes

Si donnons en mandement à noz amez et feaulx conseillers les gens de noz comptes

Donné à Paris, le xvr» jour de novembre, l'an de grâce mil cccc et vint-cinq, et de nostre règne le quart.

Ainsi signé : Par le roy, à la relacion de monseigneur le régent, duc de Bedford,

J. DE RiNEL.

1425. 22 novembre. Paris.

Henri VI donne à Walter de Hungerford, chevalier, son grand-maître d'hôtel, et à la descendance masculine de celui-ci, l'hôtel de Novion, confisqué sur Pierre de Nantouillet et situé dans la rue de Paradis.

(JJ. 173, n* 340.)

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et advenir que nous, ayans considération aux tres-grans et notables services que nous a faiz et fait incessamment nostre amé et féal conseiller Wautier de Hongreford^ chevallier, grant maistre de nostre hostel , et que , pour

1435, nOV.j DOMINATION ANGLAISE. I97

cause desdîs services, il est besoing que nostre dit conseillier réside souventesfois en nostre bonne ville de Paris, en laquelle il n'a aucune demourance ne lieu oîi il se peust logier si comme il dit, voulant le pourveoir sur ce, à icellui par Padvis de nostre très chier et très amé oncle, Jehan, régent nostre royaume de France, duc de Bedford, avons donné, cédé et transporté, et par la teneur de ces présentes de nostre grâce especial, plaine puissance et auctorité royal, donnons, cédons^ transportons et délaissons Postel ou maison appelle l'ostel de Novion, assis à Paris en la rue de Paradis \ ainsi comme il se comporte, tant en maisons, court, jardins, louages, comme autrement^ à nous venu et escheu par la confiscation et forfaicture de Pierre de Nantoillet * , pour icellui hostel, ainsi comme il se comporte, comme dict est, avoir, tenir et possider, et en joir et user par ledit de Hongreford et ses hoirs, venant de lui en loyal mariage, perpetuelment, hereditablement et à toujours, en payant les charges, drois et devoirs acoustumez, pourveu qu^il ne soit de nostre ancien demaine, et qu^il n'ait esté donné à autre par avant la date de ces présentes.

Si donnons en mandement à noz amez et feaulx conseilliers les gens de noz comptes à Paris, ou au prevost de Paris

Donné à Paris, le xxit* jour de novembre. Pan de grâce mil cccc et vint cinq, et de nostre règne le iiii"*.

Ainsi signé : Par le roy, à la relacion de monseigneur le régent de France, duc de Bedford,

J. MlLET.

1425. Novembre. Paris.

Rémîstton accordée par Henri VI à Guillaume Bouin, âgé de soixante ans environ. Bouin^ qui demeurait avec Macée, sa femme, près du pont Saint-Michel, venait de louer une petite boutique près de l'hôtel des Tournelles pour y continuer le commerce de mercerie qu*il exerçait depuis

1. L'hôtel de Novion était attenant d'une part à Thôtel de la Grande-Rivière et était situé plus près que celui-ci de la rue Vieille-du-TempIe. On rappelait aussi Thôtel de Nantouillet, et Sauvai croit que c'était lui qu'habitait de son temps le lieutenant civil Le Camus (Sauvai, p. 287, 288, 3o3, 653).

2. Pierre de Nantouillet était déjà mort sans doute en 1421, car le compte des confiscations rendues en cette année indique M"' de Nantouillet comme propriétaire de ThÔtel de Novion (Sauvai, p. 287).

ig8 PhSLlS PENDAKT LA [l425,tlOV.

longtemps. Macée, infiime d'une )ambe, se récria lorsque, le i5 novembre^

son mari lui annonça cette nouvelle, tSnyéc qu'elle était du chemin qui

séparait leur logis de cette boutique. De là une querelle d'autant plus vive

que l'un et l'autre étaient pris de vin, et où Guillaume administra à sa

femme, pensant lui fermer la bouche, deux soufflets et quelques coups du

plat de l'ép^ qu'il portait pour faire le guet à la porte Saint-Jacques.

Cest alors que Macée se réliigla dans une petite cuisine, par la fenêtre de

laquelle elle serait tombée involontairement; elle mourut le lendemain

des suites de ses blessures, après avoir déclaré, paraît-il, que son mari

était innocent de sa chute.

(JJ. 173, n» 3o3.)

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et advenir nous avoir receu l'umble supplication de Guillaume Bouyn, povre ancien homme aagié de soixante ans ou environ, à présent détenu prisonnier en noz prisons de la G>nciergerie de nostre palais à Paris, contenant comme puis n'a gaires environ neuf heures de nuyt, après ce que lui et feue Macée, sa femme, orent souppé ensemble en ung petit hostel où ils demouroient, assis lez le Pont Neuf ^ à Paris, paroUes se meurent entre eulx, pour ce, entre autres choses, que ledit suppliant avoit loué de nouvel une petite chambre à fenestre sur rue, estant près de Tostel des Tournelles *, pour ylec vendre ung pou de mercerie dont il s'est tousjours entremis pour gangnier sa vie, au quel lieu elle disoit que elle n'y pourroit aler pour ce que c'estoit moult loing dudit palais et qu^elle estoit endable^ d'une de ses jambes. A laquelle sa femme il dist que elle ne vensist point se elle ne vouloit, et tant persévéra ladicte femme en parolles noiseuses et rioteuses, que ledit suppliant, qui estoit chargié de vin et aussi estoit elle, lui donna deux buffes de la main, et après, pour ce qu^elle ne se vouloit taire et qu'elle continuoit en ses oultrageuses parolles, en querant ung baston, trouva en la ruelle de son lit une petite espée ou bazelaire qu'il a acoustumé de por-

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