‹ Paris pendant la domination anglaise (1420-1436): documents extraits des registres de laChapitre 56 sur 105 · MONTFORT · texte numérisé non relu

MONTFORT

1425. 22 octobre. Paris.

Henri VI donne à Jean de Saint- Yon, son conseiller, une maison sise à

Paris rue Saint-Antoine, et confisquée sur les héritiers de feu Guichard

Dauphin, chevalier.

(JJ. 173, n" 272.)

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir que pour considération des bons

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et notables services à nous faiz ou temps passé, et que chacun jour fait à nous et à nostre très chier et très amé oncle Jehan, régent nostre royaume de France, duc de Bedford, nostre amé et féal conseiller Jehan de Saint-Yon S àicellui, par Tadvis de nostre dit oncle, de grâce especial, plaine puissance et auaorité royal, avons donné, cédé, transporté et delaissié, et par la teneur de ces présentes donnons, cédons, transportons et délaissons ung hostel assis en nostre ville de Paris en la rue Saint-Anthoine, qui fut à feu Guichart Daulphin, jadis chevalier, tenant d^une part à l'ostel de la Plastriere, appartenant aux religieux de Sainte-Katherine du Val-des-Escoliers, et d^autre à Tostel qui fut Guillaume Nostri, aboutissant par derrière à la cousture desdis religieux de Sainte-Katherine, ainsi comme icellui hostel se comporte, tant en édifices, cours, jardins, comme autres appartenances etappendances quelzconques, à nous appartenans et escheuz par la confiscation des héritiers ou ayans cause dudit feu Guichart Daulphin ou autrement, pour icellui hostel, jardin, appartenances et appendances d'icellui, joir et user par ledit Jean de Saint-Yon^ ses héritiers ou ayans causes....

Si donnons en mandement à noz amez et feaulx les gens de noz comptes, trésoriers de France, generaulx gouverneurs de toutes noz finances, les commissaires ordonnez sur le faict des confiscations et forfaictures

Donné à Paris, le* xxn^ jour d'octobre Tan de grâce mil cccc et vint cinq, et de notre règne le un"*.

Ainsi signé : Par le roy, à la relacion de monseigneur le régent de France, duc de Bedford,

J. MlLET.

1425. 3o octobre. Paris.

A la suite d'un procès par devant les maîtres des requêtes de l'hdtel, entre Jean d'Epemon, Henri de la Marche, Jean de Daunes et Philippe le Mire, chaufiecires ou scelleurs de la chancellerie de France, demandeurs d'une part, et Jean Burgault, en faveur duquel on avait créé en janvier 1423 un nouvel et semblable office de chauffecire, défendeur d^autre part, — les demandeurs disant que la création de ce nouvel office était non-seulement préjudiciable aux intérêts de Philippe le Mire, mais qu'il était de plus en

I. Voyez plus haut, sous les n*' XIX, LXVI et CXXVI, d'autres actes de dons faits à Jean de Saint-Yon.

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coDtradiction formelle avec les usages de la chancellerie de France où l'on n'avait jamais connu plus de quatre chauffscires, — Jean Burgault renonce à son office et met entre les mains du chancelier, qui les fiiit déchirer, les lettres qui le lui «valent concédé.

(JJ. 173, n»3i3.)

Henry, par la gracede Dieuroy de France et d^Angleterre, à tous ceulx qui ces présentes lettres verront, salut. G>mme n'a gaires Phelippe le Mire, l'un des quatre chauffecires de nostre chancellerie de France, eust baillé une requeste par escript à nostre bien amé et feal cousin, Loys du Luxembourg, evesque de Therouenne, cbanceUier de France, contenant entre autres choses le droit qu^il avoit et a oudit office de chauCfecire, à lui venu et escheu par le trespas et succession de feu Jehan le Mire^ son père, en son vivant chauffecire de ladiae chancellerie, et ce que Jehan Burgault avoit prins par aucun temps, et encores s*efforçoit prendre et appliquer à son prouffit les bourses appartenans audit office de chauffecire, en requérant par ledit Phelippe le Mire, à nostredit chancellier de France, que commandement et deffense feussent faiz audit Burgault, que plus ne se deist ne nommast chauffecire de ladicte chancellerie, preist lesdictes bourses ne y empeschast ledict Phelippe le Mire, et que ce qu'il en avoit receu il le rendist et restituast audit Phelippe le Mire. A laquelle requeste eust esté respondu par escript par Pordonnance de nostredict chancellier, que ledit Phelippe le Mire et les autres chauffecires de nostredite chancellerie qui sont en nombre quatre, c'est assavoir Jehan d^Espemon', Henry de la Marche, Jehan de Daunes et ledit Phelippe le Mire d'une part, et ledia Jehan Burgault d'autre part, comparussent par devant noz amez et feaulx conseillers et maistres des requestes de nostre hostel, maistres Pierre de Marigny, Nicolas Fraillon^, et Philippe de Ruilly, lesquels nostredit chancellier

1 . La rue du Séjour, près Saint- Eustache, était connue à l'époque dont nous nous occupons sous le nom de c rue Jehan le Mire t (Sauvai, p. 3 10, 567, 369); mais nous n'osons assurer qu'elle le dût au père de Philippe le Mire, car, s'il est vrai, comme le dit Jaillot {Quartier de Saint -Eustache, p. 26) que les maisons acquises par les le Mire dans la rue du Séjour lui firent donner leur nom dès le JxV siècle, il serait probable que l'appellation de c rue Jean le Mire » vise un personnage contemporain des premiers Valois.

2. Jean d'Epernon possédait une propriété rue du Grand-Chantier, au), rue des Archives (Sauvai, p. 3o3).

3. Nicolas Fraillon, élu à l'unanimité évêque de Paris par le chapitre de

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commist en celle partie, et, par devers eux, baillassent leurs privilleges, Chartres, et autres munimens et tout ce dont ils se vouldroient aidier touchant leursdiz offices et deissent sur ces choses tout ce que bon leur sembleroit. Et ce fait, lesdis commis le rapporteroient à nostredit chancellier qui, appeliez des gens de nostre grant conseil, y pourverroit et en ordonneroit comme de raison. Par devant lesdicts commis comparons, lesdites parties ou leurs procureurs pour elles, de par lesdis d^Espemon, la Marche, de Daunes et le Mire^ a esté dit et proposé, entre autres choses : que, de tel temps qu^il n^estoit mémoire du contraire en la chancellerie de France, avoittousjoursacoustumé avoir seulement quatre chaufTecires, qui sont offices notables et le vray héritage de ceulx qui les ont, aussi ont eulx acoustumé de venir de hoir en hoir, et si estoit tout notoire, ne n'estoit mémoire d'orne au contraire, que oncques en ladiae chancellerie eust plus ou moins de quatre chaufTecires, et aussi es chambres des comptes du trésor de la chambre aux deniers ; et^ en l'audience de ladicte chancellerie et ailleurs, où on avoit acoustumé faire les expéditions des bourses et gaiges desdits chauffecires ou d'autres choses qui les touchoient, on avoit tousjours acoustumé de dire et parler, en commun langage, des quatre chauffecires de la chancellerie, et disoient oultre qu^ilz estoient le nombre de quatre qui est le nombre ancien et acoustumé et leur apartenoient lesdis offices de chauffecire, c^est assavoir ausdis Jehan d'Espernon et Philippe le Mire de leur héritage à eulx venu et escheu de leurs prédécesseurs, et ausdis Henry de la Marche et Jehan de Daunes par acquisitions que, du congié et licence de feu nostre très chier seigneur et ayeul, le roy Charles, derrenierement trespassé, cui Dieu perdoint, ils en avoient faictes de ceulx ausquels leursdis offices appartenoient par avant, et ainsy n^y faloit ne povoit avoir de raison autres chauffecires que eulx ; et que, ce non obstant, ledit Jehan Burgault soubz umbre d'un don d'un office de chauffecire qu'il disoit avoir obtenu de nous à nostre joyeux advenement en icelluy

l'église cathédrale, fut reçu à Notre-Dame en cette qualité le 28 décembre 1426; mais, son élection n'ayant pas été approuvée par le pouvoir, Jacques du Chfttelier, grand trésorier de Reims, fut intronisé à sa place le i* juin 1427 (Journal parisien). — La famille à laquelle appartenait Nicolas était parisienne et l'un de ses membres, Jean Fraillon, avait donné son nom à une rue voisine de la grande boucherie de Paris et faisant angle avec la rue de la Heaumerie (Jaillot, Quartier de Saint-Jacques-de-^a'-Boucherie, p. 73).

14^5, OCt«] DOnNATION ANGLAISE. 187

noitre rojrauine de France % combien que oncques n'eost fiiit le serement dea et acoustamé audit office, ne n'eust scellé au moins en chancellerie, avoit prins par aucun temps, par le moyen de nostre amé et féal conseillier Jehan le Qerc, chevalier, adonc chancellier de France, duquel il estoit et est serviteur^ les bourses appartenans à l'office dndit Philippe le Mire, et encores s^efiTorçoit à les prendre qui estoit et est contre raison, et qui pourroit cheoir à nostre charge parce que lesdits chaufiecires prennent cfaascun d^eulx de gaiges sur nous chascun an cinquante livres parisis, et aussi ou dommaige desdits chaufiecires, car, de tant que plus grand nombre seroient^ seroient mendres leurs bourses et moins aroient chascun d'eulx, comme il estoit cler à veoir, en requérant et concluant par lesdis quatre chaufiecires, afin que, par sentence et jugement, feust dit et declairé ledit Jehan Burgauh non avoir droit de soy dire, porter ou nommer chauffecire. de ladicte chancellerie de France, et qu'il feust con« dempné et contraint à soy désister et desporter et à oster tout empeschement qu^il avoit mis es bourses dudit Philippe le Mire, et à rendre et restituer tout ce qu'il- en avoit prins et parceu, et que ses lettres qu^il disoit avoir dudit don feussent cassées et dessirées comme de nulle valeur, et si requeroient condempnacion de despens, domaiges et interests. Et de par ledit Jehan Burgault eust esté dit et proposé, entre autres choses , que nous à nostre joyeux advenement à icelluy nostre royaume de France, et comme faire le povions, le avions créé et ordonné chaufiecire de nostredicte chancellerie de France aux gaiges, droiz, honneurs, prouffiz, et emolumens qui y appartiennent, et de ce lui avions baillé noz lettres patentes, par vertu desquelles il avait joî et jouissoit dudit office qui ne prejudicioit en riens auxdis autres chauffecires, car il n'avoit point demandé leurs offices et plusieurs autres choses disoit et proposoit ledit Jehan Burgault, tendant à fin d^absolucion et de condempnacion de despens. Et après ce que lesdits commis, pour ce estans et seans en jugement en l'auditoire des requestes de Tostel ou palais royal à Paris, orent oy lesdictes parties en tout ce qu'elles vouldrent dire et proposer de et sur les choses dessus dictes, tant en demandant et defiendant comme en reppliquant et duppliquant d^unc panie et d'autre.

I. Nous avons publié plus haut, page 76. des lettres de création de cet office en faveur de Jean Burgault.

l88 PARIS PENDANT LA [l425,OCt.

appoincterent iceulx commis que les dictes parties et chascune d'elles mettroient et bailleroient par devers eulx tout ce qu^elles vouldroient ; et, ce fait, se informeroient lesdits commis de ce qu^ilz devroient et là où il appartendroit, et de tout feroient rapport par devers nostredict chancellier pour en ordonner et appoinctier comme il appartendroit, lesquelles parties ayent depuis mis et baillé par devers iceulx commis tout ce que bon leur a semblé, qui a esté veu par lesdits commis^ lesquelz se sont informez aussi de et sur le débat desdites parties, oti et ainsi qu^ilz ont veu estre expédient et proufHtable pour attaindre la vérité de la besoingne. Savoir faisons que aujourd^uy comparans icelles parties en leurs personnes par devant nostre dit chancellier, pour ce estant et séant en jugement, ledit Jehan Burgault bien adverti, comme il disoit^ s'est desparti et despart de sondit don, et y renonce du tout, sans ce que jamais à Poccasion d'icellui, il se puist dire ou nommer chauffecire de ladicte chancellerie de France, et a rendu les lettres qu'il en avoit à nostre dit chancellier, qui de son consentement les a fait rompre et chancelier, et, ce fait de sondit consentement, icellui nostre chancellier, par son jugement et à droit, a osté et levé à plain au prouffit dudit dudit Philippe le Mire et desdis trois autres chauffecires tout l'empeschement qu^il avoit ainsi mis

Donné à Paris, le xxx» jour d'octobre. Pan de grâce mil wi^ et vint cinq, et de nostre règne le quart.

Ainsi signé : Par vostre jugement, plusieurs du Conseil pre-

sens,

Fleury.

1425. Octobre. Paris.

Rémission accordée par Henri VI à Henriet Petit qui , depuis la rentrée des Bourguignons à Paris en 14 18, remplit dans cette ville les fonctions de sergent du guet à pied. Petit, voulant venger son compère Arnoulet des Portes, sergent de la douzaine du Chfltelet, qui avait été injurié par Pierre le Brun, sergent à verge de la même juridiction, homme d'une conduite peu exemplaire, avait frappé celui-ci d'une arme à main connue sous le nom de c bec de faucon » ; ce coup, dont il ne résulta qu'une légère blessure, avait été donné avec préméditation.

(JJ. 173, n* 247.)

Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d^ Angleterre, savoir faisons à tous presens et advenir, nous avoir esté exposé par

14^5, OCt.] DOMINATtON ANGLAISE. 189

humble supplication de la partie de Henriet Petit, nostre sergent du guet de pié à Paris, prisonnier oudit Chastellet de Paris, que le lendemain de PAssumption et feste de Nostre-Dame, my-aoust deirenierement passée, il vint à sa congnoissance que Pierre le Brun, qui savoit estre nostre sergent à verge oudit Chastellet, a voit desmenti Amoulet des Portes, nostre sergent de la xii"* dudit Chastellet \ son compère, et lui avoit dictes plusieurs injures et villenies, ou content de ce que ledit Amoulet avoit blasmé ledit Pierre de ce qu'il n'avoit mis en prison plusieurs malfaicteurs, qui avoient &it grans assemblées et couru sus les espées nues Pun contre Tautre. Pour quoy lui, courroucié desdictes injures et desmentement, et aussi de ce que icellui Pierre qui repaire tous les jours avecques femmes amoureuses demourant près et à Penviron de Postd dudit prisonnier, avec lesquelles ledit Pierre converse et repaire souvent, par le moien desquelles estoient advenues et advenoient souvent debas et noises en la rue où iceulx prisonnier et Pierre sont demourants, et aussi les portoit et soustenoit icellui Pierre contre ledit prisonnier et les autres voisins et preudefemmes de ladicte rue qui souvent sont en péril à cause de ce; lui courroucié et esmeu qui venoit fireschement des estuves et qu'il estoit aucunement chargié et seurprins de chaleur, et pour soj vengier des choses dessus dictes, lui garni d'un petit baston à main appelle bec-de-faucon, ala en la rue de Beaubourc* où il demeure, près des estuves, en laquelle rue il savoit estre ledit Pierre le Brun, et fist souffler la chandelle faisant clarté ou lieu où icellui Pierre le Brun estoit emmy ladicte rue vers le coing de la rue des Petiz-Champs devant les estuves, sur lequel Pierre il esma et rua un cop de sondit bec de faulcon, et lui assena sur la teste, et lui fist sang et plaie près du front. Et, ce fait, se enfouy et demuça pour ledit cas, et tantost après oy dire que ledit Pierre estoit navré, et lors se retrahy en son hostel, et le vendredi xvn« jour dudit mois d^aoust, après ledit cas ainsi advenu, fut mené prisonnier en nostredit Chastellet pour sur ce estre interrogué, et lui examiné par serement, doubtant rigueur de justice, nya avoir &appé ledit Pierre le Brun et, pour ce, fut délivré pour lors sans admende, et après pour ce que par information depuis faicte, il a

1. Les sergents de la douzaine, ainsi nommés parce qu'ils étaient au nombre de douze, formaient la garde particulière du prévôt de Paris.

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