La rue de la Verrerie
3. Ce personnage fut successivement valet cordonnier à Paris, sergent à verge, receveur de Paris et grand trésorier du Maine; il occupait ce dernier office au mois de décembre 1427, date à laquelle Fauteur du Journal parisien le met en scène, maltraitant un écuyer armagnac que Ton pendait au gibet de Bagnolet. On le retrouve en 1486 receveur général des finances en Normandie et il remplissait encore des fonctions financières dans cette province en 1440 (Tardif, Monuments historiques, cartons desrois, n** 2102 et 2196).
266 PAR» PRNDAirr LA [14^79 inû
sonnes y ont droit de prendre le seurplus, si come on dit, et voulons que desdictes quatre livres parisis de rente ledit maistre Jehan Sauvage et ses hoirs masles légitimes venant de lui en directe ligne joissent à tousjours mais perpetuelment et hereditablement comme de leur propre chose, pourveu que icdes quatre livres parisis ne soient de nostre ancien demaine, ne données à autres par feu nostre très chier seigneur et père, cui Dieu pardoint, ou nous par Tadvis et délibération de nostredit oncle.
Si donnons en mandement à noz amez et feaulz gens de noz comptes et trésoriers à Paris, au prevost de Paris...
Donné à Paris le xvii«* jour de may, Tan de grâce mil cccc vint sept et de nostre règne le quint.
Ainsi signé : Par le Roy, à la relacion de monseigneur le ragent, duc de Bedford,
J. DfiRnfEL.
1427. 12 Juin. Paris.
Rémission accordée par Henri VI à Jeanne, veuve de Guillaume d'Auxerre,
âgée de 70 ans. Après la mort de son mari, décapité après l'entrée des
Bourguignons en 14x8, Jeanne était allée à Bourges, patrie de Guillaume,
afin de recouvrer son douaire, et avait vécu depuis dans cette vUIe sou-
mise au Dauphin.
(JJ. 173, n' 690.)
Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d^Angleterre, savoir faisons à tous presens et advenir, à nous avoir esté exposé de la partie des amis charnelz de Jehanne, vesve de feu Guillaume d'Aucerre, en son vivant, demourant à Paris, povre femme aagée de soixante et dix ans ou environ, comme assez tost après rentrée que firent les gens de feu nostre chier et très amé cousin, le duc de Bourgogne, en ceste ville de Paris, qui fut Tan cccc xvm, ledit feu Guillaume d^Aucerre, son mary, feust alez de vie à trespassement^ et, depuis ce, c^est assavoir durant le traictié de
I. Guillaume d'Auzerre, drapier, avait été l'un des quatre échevins nommés à Paris par les Armagnacs le 20 octobre 141 5. Il était en outre élu de Saint-^Lloi et fut décapité le 2 juin 1418 par les Bourguignons, plus que septuagénaire, laissant c de moult belles filles, toutes femmes d'estat » (Jour^ nal parisien). U possédait diverses propriétés à Paris, notamment dans la rue de la Harpe (au coin de la rue Percée), la rue Saint-Séverin, la me de la Vieille-PlStrière (depuis rue du Battoir) et au bout du Petit-Pont (Smnml,
14279 juin] DOMINATION ANGLAISE. 267
la paix qui fut faicte entre ledit feu nostre cousin de Bourgogne et ceilui qui se dit Daulphin, ladicte exposante feust alée à Bourges ou pays de Beny, dont et duquel pays ledit feu Guillaume d'Aucerre, son mary, estoit natif, pour savoir et enquérir sVlle pourroit aucune chose avoir ne recouvrer de son douaire à elle par sondit feu mary ylec assigné, et assez tost après ledit defunct nostre cousin de Bourgogne fiit tué et aie de vie à trespassement, par quoy ladicte Jehanne, doubtant la fureur du peuple, n'osa depuis ce retourner en ceste dicte ville de Paris, ainçois a tousjours depuis demouré en ladicte ville de Bourges, et encores fait de présent. Et il soit ainsi que ladiae Jehanne qui est moult ancienne femme de Paage de lxx ans, comme dit est, laquelle n'a aucuns parens ne amis par delà, ne chose dont elle puisse vivre, retoumeroit vou* lentiers demourer en ceste nostre dicte ville de Paris et en nostre obéissance, de laquelle ville de Paris elle est native, en entention et afin que sesdis parens et amis charnelz lui aidassent et aident à vivre en la fin de ses jours. Pour lequel cas et aussi la longue demeure que a faicte ladiae Jehanne audict pays et ville de Bourges en Berry, doubtant rigueur de justice, ne oseroit bonnement retourner ne demourer en ceste nostre dicte ville de Paris, ne en autres lieux et viUes estans en nostre obéissance, par quoy elle est en adventure de demourer povre mendiant, querant son pain, se par nous ne lui estoit et est impartie nostre grâce et miséricorde, si comme dient lesdis exposans, supplians humblement que comme ladicte Jehanne soit ancienne femme de Paage dessusdit, laquelle ne s'est aucunement entremise du fait de la guerre, et aussi que au temps qu^elle alla audit pais et ville de Bourges, ce fut en entention de recouvrer aucune chose de sondit douaire, et en temps que l'on cuidoit avoir paix, et que depuis elle n^osa retourner pour la doubte et fiireur du peuple, si comme elle dit, et aussi que tout son temps elle a esté de bonne vie, renommée et honneste conversation, non suspecte, convaincue, ne attainte d'aucun autre vilain cas, blasme ou reprouche, nous lui vueillons sur ce impartir nostre dicte grâce et miséricorde
Si donnons en mandement au preyost de Paris
Donné à Paris, le xij* jour de juing. Fan de grâce mil quatre cens et vint sept et de nostre règne le quint.
p. igby 3i5y 3x6, 322, 532). Nous avons déjà rencontré plus haut (p. 174} l'une de ses filles, Marguerite, qui avait épousé Tbonias du Han.
368 PARIS PENDANT LA [1427, juill.
Scellées de nostre seel ordonné en l'absence du grant.
Ainsi signé : Par le Conseil,
Oger.
1427. 20 Juillet. Paris.
Henri VI donne à Thomas Blount, chevalier anglais et son chambellan, une maison, sise à Paris, rue de Bohême (depuis me d'Orléans), et confisquée sur Michel Cordier.
(JJ. 173, n- 719.)
Henry, par la grâce de Dieu roy de France et d'Angleterre, savoir faisons à tous presens et avenir, que nous, considerans les bons et nobles services que nostre amé et féal Thomas Blount, chevalier, chambellan de nostre très chier et très amé oncle Jehan, régent nostre royaume de France, duc de Bedford, a faiz le temps passé à feu nostre très chier seigneur et f)ere cui Dieu pardoint, tant ou fait de la guerre comme autrement, fait encores chaque jour à nous et à nostre dit oncle en plusieurs et diverses manières, et espérons que encores fece ou temps avenir, à icellui chevalier par Tadvis de nostre dit oncle avons donné, cédé, transporté et delaissié, et par la teneur de ces présentes, de nostre grâce especial, plaine puissance et auctorité royal, donnons, cédons, transponons et délaissons Postel assis et situé en nostre ville de Paris, en la rue de Behaigne% ainsi qu'il se comporté, qui fut et appartint à Michault Cordier, à nous escheu et appartenant par confiscation par la rébellion et désobéissance par lui commises envers nous et nostre seigneurie, pour icellui hostel et maison, ainsi comme il se comporte, comme dit est, avoir, tenir et possider par ledit chevalier et ses hoirs masles, légitimes, venans de lui en directe ligne, comme de leur propre chose, perpetuelment, hereditablement et à tousjours, plainement et paisiblement, en faisant et paiant les charges, droiz et debvoirs pour ce deubz et acoustumez, pourvu toutes voies
Si donnons en mandement par ces présentes à noz amez et feaulx gens de noz comptes, les trésoriers et generaulx gouverneurs de noz finances, au prevost de Paris...
Donné à Paris, le vintiesme jour de juillet, Pan de grâce mil quatre cent et vingt sept et de nostre règne le quint.
Ainsi signé : Par le roy, à la relation de monseigneur le régent de France, duc de Bedford, J. Milet.