Le i8 mars
2. Od a vu plus haut, p. 43-45, Tacte qui attribua au duc de Bedford l'hôtel de la Rivière, situé au coin de la rue du Chaume (auj. rue des Archives) et de la rue de Paradis (auj. rue des Francs-Bourgeois).
3. La rue Pernelle-Saint-Pol portait déjà, concurremment à cette dénomination, le nom de rue de THomme-Armé qu'elle conserve encore aujourd'hui et qu'elle devait à la taverne mentionnée ici. L'enseigne de THomme-Armé est encore aujourd'hui, au coin de ladite rue et de la rue Sainte-Croiz-dela-Bretonnerie, l'enseigne d'un marchand de vin, le successeur sans doute du tavernier du zv* siècle.
4. L'église des Blancs- Manteaux est, on le sait, située dans la rue Sainte- Croiz-de-Bretonnerie, à quelques pas seulement de la petite rue de l'Homme- Armé, où aboutissaient même certains bâtiments du couvent.
5. Dans la société si dissolue du xv* siècle, les équipées de religieux, analogues à celle dont le détail se lit ici, étaient des plus fréquentes. On en trouve la preuve dans un curieux registre d*écrou du Châtelet de Paris pour une partie de l'année 1488, conservé aux Archives nationales (Y 5261), registre duquel nous croyons devoir extraire le texte suivant, parce que cette fois le clerc de la prévôté a jugé intéressant de décrire le costume emprunté par chacun des galants religieux qu'une note marginale nous apprend avoir été relaxés le lendemain de leur arrestation :
€ Mardi, xxme janvier IIIIc IIIUx VIII [nouv. stylel.
1432, déC.] DOMINATION ANGLAISE. 345
ledit Guiot dist ausdits religieux qu^ils s^en alassent pour eschever noise, et aussi pareillement leur dist ledit Perrin qui demoura avec yceulx religieux. Et en attendant par ledit Guiot et autres de sa compaignie ledit Perrin, qui après ce quUl eust ainsi parlé ausdiz trois religieux feust entré en Tostel d^un boulangier demeurant près d'illec pour lui baillier argent, ledit frère Robert POubloier s^aproucha hastivement et couru sus à ladite compaignie et de son espée toute nue cuida fraper Tun, et, par ce qu^il faillit, copa par grant ire de sadite épée le pié à un chien là présent, disant : « Ribaulx, vous demourrez après nous hardiment! Venez! » Pour quoy lesdits Robin, qui est anglois, Guillemin Riote et ledit Guiot, voians Foultrage dudit frère Robert auquel n^avoient riens mesfait, prindrent à aler et fuir vers iceulx religieux et les suivirent jusques à une masure près et au bout de la rue de Paradis où ils commencèrent à geaer pierres contre lesdits Guiot et ses compaignons, et eulx à rencontre desdiz religieux qui estoient en ladite masure, ouquel débat et conflit ledit Guillemin Riote qui avoit perdu son baston qu^il portoit, osta audit Guiot TEguiller de fait et contre sa voulenté une espée qu^il avoit, de laquele par Tuis de ladite masure on dit qu'il frappa un cop seulement ledit frère Robert qui, d'icelui cop, ala tantost après de vie à trespassement. Pour occasion duquel cas ainsi advenu, ledit Guiot, doubtant rigueur de justice s^est absenté du pais, a delaissié son mesnage et ses femme et enfans en grant povreté et misère, et n'i
fl Frère Yvon du Boys, frère Jehan d^Estravo, frère Romain de Caylaco, frère Corneille Rivery, tous religieulx de Tordre de Nostre-Dame des Carmes à Paris ; Manon Boutette, Denise la Regniere, Jehanne de Bourges, Katherine Michelle, femmes amoureuses demourans en la rue au Maire; amenez prisonniers par Jehan Champ, Guillaume Pajot et Denis Gaultier, sergens à verge, pour ce que le jour d'uy lesdiz sergens les ont trouvez lesdiz religieulx et femmes ensemble en une taverne en ladite rue au Maire, qui est lieu dissollu et où Ton fait bordeau, lesquelz religieulx estoient vestus de robbes, chappeaulx et cornettes qui est habit qu'ilz ne doivent porter pour laisier l'abit de leur ordre et estoient enbastonnés d'espéez et de dagues, et sur ce ester à droit.
c Ledit Du Boys, une robe longue de tanné doublée de sarge, chappeau tanné, une cornette de taffetas. D*Estravo, une robbe grise longue, fourrée d'agneaulx blans, chappeau gris, cornette de veloux. De Cailaco, une robbe de tanné, fourrée de penne blanche longue, chappeau noir, cornette de veloux. Rivery, une robbe de drap gris fourré d*agneaulx blancs, longue, chappeau noir, cornette de taffetas, garni de deux bracquemars et d'une espée rappiere. »
346 MKB wmmêMT LA [i^^^déc
se ooftiie gnot et muerioofde neini
Si doonoos en mandement par le «enenr de ces pr e aemes en jHCfuet de Ptoîs...
Donné à Plms, le xznn* jour dn mois de décembre, Fan de
ffmot mil ooQc ncniBHleax et le nnziesme de nostre règne.
Ainsi signé : Fu- le raj, à la relation de monseigneor le goo- Tcmam et icgent de Fiance, dnc de Bedfiofd,
1433. s lui. Plvift.
de plomb et de comc rwénmH de luacnt svec pLusiciirs iBtres îndiridiB aux Ibataiiics de Seint4iiBOCCBt de Seint-Maitîn-de»- Champs» de D u mjp e i près Méoilmoniant, de Ssint-Lizare et de Conflsns, ntoées dass les firobcwifas de Pms et <|m , pour lots, Aaie&t éUNK
(JJ 175, n* ai9.)
HeniT, par la grâce de Diea, roy de Fiance et d^An^eterre, saToir Causons i tons presens et advenir, nous avoir recea I^unble sopplicadon des pones païens et amis diaixidz de Ptrrin Germain, plombier et canonnier, natif de nostre bonne ville, aagié de xxnn ans on environ, à présent prisonnier en nostre Cbastellet de Paris, contenant came depois an et demi en ça on environ, ledit Perrin pour sa povieté, simplece et ignorance, se fenst acompaignié avec Jchannin le Foing, plommier, Richart de la Porte, Jaquet TEmperiere et GuUlemin Beaupignié, aussi à présent prisonniers oudit Chastdlet, pour akr prendre et oster autrement que denement certains tuyaux de plomb qui estoient es fontaines de Saint-Innocent, près du pressoir Saint-Martin des Champs, en celle de Bourges près du Mcsnil-Mautemps% en celle de Saint- Ladre ^ en celle de Conflans, toutes iceles fontaines estant hors et assez près de nostre dicte ville de Paris et dont les aucunes, dont longtemps a, ont esté et sont de présent estoupées, sans y avoir
1. Ménilmonlaiit, localité anneiéff i Paris en 1860. a. Sur la fontaine Sainf-Laare, qui cxîstût d^ an xm" nède, voir une de M. Gustave Fsgniez ÇBmOam de la Société de IHutoire de Pmis, U I* 1674, p. 8o-85).
1433, mai] DOMINATION ANGLAIS!. 347
aucun cours d'eaue, ausqueles fontaines, tant de jour comme de nuit ledit Perrin avec sesdiz compaignons feust aie et venu par pluseurs et diverses foiz et par divers jours, et en iceles eussent mal prins certaine et grant quantité de plomb lequel ils eussent aporté à Paris pti ils Teussent vendu et bât vendre d'un commun accord et à pluseurs foiz la somme de vint et neuf livres parisis ou environ, de laquele ledit Perrin ot sa part et butin. Avec ce lesdiz Perrin et Richard de la Porte, en la compaignie d'un nommé Guiot d^Oisy, paravant ce que dit est, alerent ensemble en un certain jour oster et rompre une clef de cuivre qui estoit en ladicte fontaine de G>nflans, qui fu par eulx vendue xvi solz parisis, desquelz xvt solz parisis ledit Perrin et la moictié et ledit Richard l'autre. Et oultre, lesdiz Perrin et Richard de la Porte, depuis certain temps en ça, furent entre eulx deux consentans et coulpables de avoir mal prins par ledit d'Oisy certaine quantité de plomb en Postel de Colin le Cointe, qui fu vendu par eulx et dont ledit Perrin en ot xl solz à sa pan. Et environ quaresme derrain passé, en un certain jour, lesdiz Germain, Richard, Jehan le Foing et Guillemin Beaupignié se transportèrent à ladicte fontaine de Conflans où ilz mal prindrent et osterent certaine autre quantité de plomb que ilz vendirent xl solz parisis dont chacun d^eulx ot sa part et butin. Pour le cas duquel Colin le Cointe, ledit Perrin fu emprisonné oudit Chastellet, et après satisfacion et restitucion faicte à partie dudit plomb^ fu délivré à plain de prison; lesqueles choses venues à la congnoissance de justice, ledit Germain a esté prins et emprisonné en nostre dit Chastellet, où il a confessé lesdiz cas, et pour iceulx est détenu en icelui où il est en voie de briefment finer ses jours, se nostre grâce et miséricorde ne lui sont sur ce imparties, si comme ses diz amis dient, en nous requérant humblement que, attendu qu'il est tenu et réputé un des sôufiisans ouvriers desdiz mestiers de plommier et canonnier qui de présent soient en nostre dicte ville de Paris... Pour quoy nous, ces choses considérées... audict Perrin Germain.... avons quictié.... les faiz et cas dessusdiz... en le punissant civilement et faisant tenir prison fermée par un mois entier au pain et à Teaue.
Si donnons en mandement au prevost de Paris...
Donné à Paris, le second jour de may, l'an de grâce mil cccc XXXIII et de nostre règne le xi*.
Ainsi signé: Par le roy, à la relacion du conseil estant à Paris,
J. MlLET.
348 PARIS PENDANT LA ['433, HUd