‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire. Recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à Paris (volume 2)Chapitre 1 sur 138 · ON QUANTIN · texte numérisé non relu

ON QUANTIN

lUE SAENT-BESOIT

Ç^:^-;i-,-^fr^

UUr 7 1898 )

.1 .,ll

INTRODUCTION

li, dans ce recueil, des documenta ppopn vicissitudes, au jour le jour, de l'esprit lant la réaction thermidorienne et sou

i les mémoires et récits divers qui, 1 onnes ayant vécu à l'époque dont nous \ au, n'offrent pas des témoignages vrain: ;ette époque, parce qu'ils ont été écrits le nements, alors que les souvenirs des aut« nous nous attachons à ne reproduire !mis au moment môme où les événemi

ont de deux sortes : rapports administn clés de journaux. Ce que nous allons en apporte qu'à la première partie de ce reci bjet la période thermidorienne. Nous ca iDs et lieu les documents relatifs au

ministratifs ou de police émanent, pou ienne, d'une autorité provisoire qui a lune de Paris, et dont il est indispensabi ablissement et l'organisation.

Il INTRODUCTION

En même temps qu'elle renversa Robespierre, la Convention crut devoir abattre la municipalité existante, qui faisait cause commune avec lui. Elle en mit hors la loi tous les membres qui avaient participé à Tinsurrection robespierriste. La plupart furent guillotinés • et la municipalité parisienne disparut en bloc avec Robespierre.

Comment la Convention et les Comités de gouvernement suppléèrent-ils à cette absence?

C'est à la police municipale qu'ils songèrent tout d'abord, et c'est la seule partie de l'administration communale qu'ils restaurèrent en thermidor.

Dès le 9 thermidor, les Comités de salut public et de sûreté générale prirent l'arrêté suivant, qui est de la main de Dubarran :

Les Comités de salut public et de sûreté générale arrêtent qu'à Tinstant tous les membres composant l'administration de police seront mis sur-le-champ en arrestation et au secret dans diverses maisons d*arrét de Paris ; les scellés seront apposés sur leurs papiers.

DUBÀRRAN, RUQL, AMAR, YaDIER, YoULLAND,

Billaud-Yarenne, Louis (du Bas-Rhin).

Et, le même jour, un autre arrêté, également de la main de Dubarran, pourvut ainsi au remplacement des membres de l'administration de police :

Les Comités de salut public et de sûreté générale arrêtent que les citoyens Albert et Ballay, membres du Comité révolutionnaire de la section de l'Unité; Martineau et Gérôme, membres du Comité de Bondy ; Frété, membre du Comité de la Montagne ; Trial , membre du Comité de Le Peletier; Hivert et Thiboust, membres du Comité de rindivisibilité , et Le Camus, membre du Comité de la section de Montmartre, exerceront provisoirement et jusqu'à nouvel ordre les fonctions d'administrateurs de police. Ils entreront en fonctions à l'instant même.

1. Combien d'entre 'eux échappèrent à la guillotine ? Que devinrent les survivants? Quels étaient ceux qui tenaient leur mandat d'une élection populaire et ceux qui le tenaient d'un arrêté du Comité de salut public ? Il faudra sans doute, pour obtenir une réponse à ces questions et posséder une statistique de la commune robespierriste, attendre que M.Sigismond Lacroix ait poussé sa publication jusqu'à la date du 10 thermidor.

miRODIICTION m

[fient BarÏBSoii, membre du Comité de la

I lioys, d'Arles, ancien membre du Comité nent.

i. Barèrk, Amab, Voulland, Euii Lacoste,

II Bas-Rhin), Carnot, CotxOT d'Herbois, Vabenns ».

i furent adjoints à ces administrateurs Doidor, de la main de Treilhard :

ilic et de sArelé générale arrêtent que les m et l'autre membres du Comité révolu-. IndivÎBibililé ; Ollivier, membre du Comité ne section ; Christophe, de la section de I Comité révolulionnaire de la Bection de I du Comité révolutionnaire de ia section I Comité civil de la section de la Rëpu- ! du Comité révolutionnaire de la section irovitioiremenl et conjointement avec les rtineau, Gérôme, Frété, Hivert, Tbiboust, à nommés par l'arrêté rtu 9 du présent tratives de police; ils entreront en fonc-

(jis (du Bas-Rbin), Legbndre, Eue Lacoste,

CSASSEKIAUX, BOLAUD-Va HENNE *.

litës de gouvernement pourvurent à la is. It semble bien que, pour les autres ion municipale, ils s'en chargèrent ce que nous savons, ou à peu près, sur ! de Paris entre le 9 thermidor an II et

sans sortir du provisoire, la Convcnpar le décret suivant :

. après avoir entendu ses Comités de ealut t de législation, décrète que la Commune linsi qu'il suit :

nationale du commerce et des approvi" irrêtéi «ont aux Archives n&tionsJes. KFn, 47.

IV INTRODUCTION

sionnements est chargée de pourvoir immédiatement aux subsistances et à Tapprovisionnement de Paris.

â<> La Commission nationale des secours publics est chargée de la surveillance, de la direction et de Tadministration immédiate des hôpitaux, des hospices, de la distribution de secours et de toutes les parties du service relatives à Fattribution de cette Commission.

3^ La Commission nationale d'instruction publique est chargée de la direction et de l'administration immédiate des écoles primaireSi de tous les instituts nationaux et des spectacles.

4® La Commission nationale des travaux publics est chargée de la direction, de la surveillance et des dépenses relatives aux travaux publics, et de tous les traités relatifs à rillumination^ entretien et nettoiement des rues et places publiques.

5"* La Commission nationale d'agriculture et des arts est chargée de l'administration immédiate des ateliers de filature et de tous les arts dont la direction n'est pas attribuée à la Commission des armes, ni à la Commission d'instruction publique.

6* La Commission nationale des armes est chargée de la surveillance, de la direction et de la disposition immédiate de tous les arts relatifs à la guerre, des munitions, des armes et de Tartillerie.

1^ La Commission nationale des administrations civiles, police et tribunaux est chargée de la surveillance, de l'administration et de la police des maisons d'arrêt, des maisons de justice et de détention.

S^ La Commission nationale des revenus nationaux est chargée de l'administration de tous les revenus et domaines appartenant à la Commune et de tous les recouvrements qui la concernent.

Elle est chargée de se faire rendre compte de l'actif et du passif, d'en faire dresser des états, et de faire liquider les dépenses ordinaires et extraordinaires.

9^ Les commissaires de la Trésorerie nationale sont chargés de faire faire la recette de tous les revenus et de toutes les contributions publiques, et de faire acquitter toutes les dépenses.

iO^ Chacune des Commissions nationales nommera un ou plusieurs agents ou chefs pour chaque partie du service, et cet agent ou chef sera autorisé à signer toutes les expéditions.

11* Il y aura provisoirement, sous la surveillance du département de Paris, deux Commissions qui seront chargées, l'une de la partie administrative de la police municipale, l'autre de l'assiette et de la répartition des contributions publiques.

i^^ La Commission de police administrative sera composée de vingt membres, et celle des contributions publiques de quinze membres.

Les uns et les autres seront nommés par la Convention nationale sur la présentation des Comités de salut public, de sûreté générale et de législation.

in agent national à la Commission de police nination en sera faite de la manière déterminée

de police administrative et celle des contribu-

. chacune leur président.

il renouvelés tous les mois, et ne pourront être

ervalle d'un mois.

lomaines et d'aliénation indiquera, sous vingl-

Ifices nationaux qui devront servir d'emplace-

niBsions.

itieuse de la police municipale sera exercée par

ïrreclionnelle.

datives à l'état civil des citoyens seront eser-

ion par un oflicier public, qui sera chargé de

;&, mariages, divorces et décès.

la Convention nationale sur la présentation du

chaque section nommera un de ses membres ions d'agent national dans les actes relatirs aux dans lesquels la présence de l'agent est né-

de chaque section dressera les listes des émi-

déparlement.

sidence et de civisme continueront d'être dèli-

et visés tant par les Comités révolutionnaires it.

ils des sections correspondront immédiatement , Convention et avec les Commissions executives

par la Convention nationale, sur la présentaégislation, le nombre d'agents nationaux qui es près le tribunal de police correctionnelle.

ion attribuait au pouvoir central la plus administration municipale de Paris, mais îmbrj'on de municipalitf5 sous la forme de

l'une de police, l'autre de subsistances.

rechercher la composition et le fonctionnission des subsistances. Voici les prïnci- ■nant la Commission de police, ^anisa est daté du 26 vendémiaire an III :

ionale, après avoir entendu le rapport de ses

INTRODUCTION

tés de salut public, de sûreté générale et de législation, en Je la loi du 14 fructidor, nomme, pour former la CommtRlice administrative de la Commune de Paris, les citoyens e suit :

lecrétaire du conseil de discipline de la section de la Mon-

nbre du Comité de bienfaisance de la section du Faubourg-

lartre ;

rétaire-greffler du juge de paix de la section du Mont-

liste, rue Basse-du- Rem part ;

, rue de l'Échelle, section des Tuileries ;

de la seclion de Brulus, rue Neuve- Euslache, n" 56 ;

rue de l'Arbre-Sec ;

le Honoré, vis-à-vis le cî-devant Oratoire; une, marchand mercier, rue Denis ; ipitaine du bataillon des Gravilliers, rue Meslay, n" %3 : s, ancien négociant, rue Apolline, n» 6 ; islournelles, rue Bretonnerie ; e, marchand de draps, rue Antoine, n* 29; ime de loi, rue du Milieu-des-Ursins, seclion de la Cité; irchitecte, rue du Kour-Germain, n" 104 ; incien commissaire de la section du Gros-Caillou ; ôvre, rue RévoluliouDaire, ci-devant Saint-Louis, vis-i'i-vis irne;

Nicolas, faubourg Antoine ; e du Théâtre- Français ;

[>lace d'agent national, Léger, quai de l'Égalité, n' 4. ment des administrateurs de police est de 4,000 livres ; gent national est de 6,000 livres.

lourvu ciu complément de cette Commission par les cts suivants :

ire an 111. La Convention nationale, après avoir entendu le ses Comités de salut public, de sûreté générale et de légisime, pour compléter la Commission de police administrais:, les citoyens dont les noms suivent : -Guérin, demeurant passage des Petîts-Prres ;

c ne «fina aucun rapport, et il n'est pas sûr qu1l ail réellement fait sa iléiiiUsion te lenriemain 21 (Arrh, nat., BB>, Si).

ier, au coin de celle Baabourg ; lique, lie de la Fraternité ; tribunal du 3* arrondissement.

iveolion nationale, après avoir oui •elé générale, décrète que les citoy «y, Courtois et Doillot fils sont nomi Iministralive de la police de Paris, t haye', Babille, Desétangs, Potrelle d'autres fonctions publiques et doni

mission était composée de trop itaient peu assidus. Le 24 tliermi( a qu'elle serait réduite k trois me e décret suivant :

I exécution du décret du 20 {sic) th les Comités de salut public et de sâr yens Houdeyer, secrétaire en chef Léger, procureur général syndic, léparlement de Paris, composeront police pour la Commune de Paris.

ce, réduite à trois membres, for îcadcs, jusqu'à la mise en activ on de Paris, dont nous parlero

laçant quant à la police la muni a les rapports quotidiens que noi

ible expédition, l'une adressée à administrations civiles, police X, agent national près le départ ansmettait au Comité de salut p

é membre de l'admiuiatration du dépar i de législation. Voir la Gazette francaUe

on avant la chute de Robespierre. Fut mis IFii, 60|, par un arrêté du Comité de sa emplir pruvisoiremcnt, près l'adminlslrati lal ». (Arch. nat., AFu, 65.) Dans ta corr

VIII INTRODUCTION

blic *. Il y en a un pour chaque jour, et nous les avons presque tous, pour la période thermidorienne, au moins en une des deux expéditions (Arch. nat., F*'III, Seine, 13, 14, iS, 16, 17 et A F IV, 1471). Il ne nous en manque, pour cette période, qu'un nombre insignifiant*.

Les premiers rapports, ceux de l'administration de police nommée par les arrêtés des 9 et 27 thermidor, sont peu détaillés, assez vagues, et n'offrent pas un intérêt très vif. Les rapports de la Commission de police administrative instituée par le décret du 14 fructidor an II, et dont les membres furent nommés par le décret du 26 vendémiaire an III, sont, au contraire, très intéressants, et quoique rédigés en un style négligé et très incorrect, offrent un tableau très complet, très détaillé, et fort remarquable, de la vie de Paris pendant chaque journée. La Commission de police les composait à Taidc des rapports particuliers des inspecteurs et officiers de paix, dont les originaux ont disparu, mais dont de nombreux extraits se trouvent insérés textuellement dans les rapports généraux.

Quelle créance doit-on accorder à ces rapports ?

Sans doute, ce sont des témoignages de police, et, comme tels, il est assez naturel d'en suspecter la véracité, l'impartialité. Si cependant on les lit avec assez de suite pour pouvoir les contrôler les uns par les autres, et si on prend la peine de les contrôler aussi par les témoignages des journaux, que nous y juxtaposons parfois, on s'apercevra que ces rapports de police sont bien moins mensongers, bien moins partiaux, bien plus dignes de créance que les assertions des gazetiers thermidoriens. Ce n'est point là une littérature de mouchards, que l'histoire doive dédaigner ; ce ne sont point de ces fables policières'*, légendes puériles, calomnies bêtes, dénonciations fantaisistes, comme on en rencontrera plus tard dans les documents analogues. Les inspecteurs s'efforcent surtout 'd'y voir clair, de

pondance, il prend le titre « d'agent national du district du département de Paris ». (Arch. nat., AFiv, 1471.)

1. Voir par exemple (AFiv, 1471), la lettre de Laveaux du 7 pluviôse, par laquelle il transmet au Comité de salut public le rapport du 6 pluviôse.

2. Nous avertissons le lecteur que, quand une journée se trouvera ou omise ou relatée sans rapport, c'est que ce rapport n'existe pas.

3% Sauf quelques rares exceptions.

INTRODUCTION IX

bien démêler les véritables sentiments de la population parisienne, sans flatter qui que ce soit, et les membres de la Commission de police tâchent à résumer leurs rapports dans le même esprit d'impartialité intelligente. Il est à noter, et c'est là un fait remarquable, que la Commission de police n'est pas animée des basses passions qui se déchaînèrent sur Paris après la chute de Robespierre. Certes, ses membres ne sont pas robespierristes, et à Toccasion ils disent du mal du vaincu, mais sans cet excès de haine et de calomnie qui déshonore les journaux d'alors. Ce sont des citoyens, ce sont des républicains qui gémissent des maux dont souffre Paris torturé par la misère, qui y remédient autant que possible par des paroles et des actes de conciliation, dans la faible mesure des moyens légaux qui leur sont donnés*, et qui tâchent de maintenir les principes de la Révolution au milieu de ces troubles furieux où la République semble menacée de disparaître. Ils notent avec impartialité tout ce qui leur semble notable, et ils le notent avec assez d'intelligence. On peut dire vraiment que Paris revit, au jour le jour, sous cette plume policière, mais relativement probe. Il ne manque presque à ces administrateurs que Tart d'écrire pour qu'ils se trouvent avoir tracé un tableau achevé de la réaction thermidorienne, dans ses aspects à la fois les plus précis et les plus fugitifs. L'historien devra donc, à notre avis, tenir un très grand compte de ces rapports de police.

L'autre espèce de témoignages contemporains que nous utilisons, ce sont les journaux, alors fort nombreux, fort lus, et où on doit voir une des expressions importantes de la vie politique et sociale *.

1. Ainsi la Commission n'a aucune action sur l'Agence des subsistances. Voir plus loiD, p. 604, de quel ton insolent un des employés de cette Agence se refuse à répondre à une question des inspecteurs de police.

2, Pour la bibliographie de ces journaux, nous renvoyons le lecteur au tome II de la Bibliographie de l'Histoire de Paris pendant la Révolution , par M. Maurice Toorneux.

X INTRODUCTION

Malheureusement, ces journaux (sauf quelques-uns) sont pauvres en nouvelles et faits divers, et on y rencontre peu de tableaux de Tesprit public à Paris. Un journal était alors beaucoup plus une arme de combat qu'une source de renseignements. Sauf pour les séances de la Convention, dont quelquesuns essaient de donner un récit fidèle, il est rare qu'ils racontent un fait sans le défigurer en l'appréciant. Même les anecdotes y sont passionnées. La passion, haineuse ou épouvantée, éloquente ou déclamatoire, mais plus souvent déclamatoire qu'éloquente, voilà ce que cherchaient les lecteurs d'alors dans les journaux, et voilà ce qu'ils y trouvaient avec délices. Ce n'est pas ce que nous y cherchons rétrospectivement, et le moindre fait précis sur les événements de la rue ferait mieux notre affaire. Ces faits précis, il nous faudra les extraire d'articles tendancieux f sans pouvoir supprimer ces tendances mêmes, si bien que le lecteur aura plutôt à conjecturer la vérité, à la démêler dans ce fatras d'injures et de déclamations. Et cependant ce fatras lui-môme a son intérêt historique; ces injures, ces déclamations sont aussi une des images de la vie publique d'alors, et on y peut chercher les différents courants d'opinions entre lesquelles était divisé le Paris thermidorien.

Ces courants d'opinion, on ne les distingue pas très clairement tout d'abord. Au lendemain de la chute de Robespierre, toute la presse est uniformément, et avec monotonie, antirobespierriste, et ce sont, contre le « tyran », les mômes injures calomnieuses dans les feuilles républicaines et démocrates que dans les feuilles royalistes. Thermidoriens de gauche et thermidoriens de droite s'accordent à flétrir le régime tombé, et rien d'abord ne semble les distinguer les uns des autres.

Peu à peu les thermidoriens de gauche sont menacés par ceux de droite, qui en viennent à les traiter à leur tour de robespierristes. Tous les républicains démocrates sont menacés, comme jacobins, anarchistes, désorganisateurs. La réaction devient furieuse. Deux tendances adverses se forment dans la presse. Les uns poussent à la réaction, les autres s'en effraient et tâchent de l'arrêter. Tous ou presque tous se disent républicains. Nul journal ne demande ouvertement un roi. Mais il y a déjà une presse royaliste par ses tendances.

En fait, elle n'ose pas user e craint le retour du rt^gime ité soumise avant le !) therle possible les tendances que et ces équivoques voulues ibteau politique des journaux

ine clientèle, comme le Modes Décrets, le Républicain Gazette de France, sont du quelles nous avons fait alluion à la maniftre passionnée ni d'informations exactes, à liions ont surtout pour objet on les faits propres à faire jC Moniteur est neutre, plu- <te Paris est imbu de l'es- Q. Les autres ne laissent pas jont ils seront animés plus iC laissent paraître aucune

opinions rétrogrades, contrcues du Messager du Soir, dette, du Courrier répubîirnal est un de ceux où nous rmidorienne, le plus de ren-

3 passion dans le Journal de l'opinion moyenne). Citons

t où se remarque parfois une universely la Gazette franpolitique de la France, la

Hs et des départements, les

'( étrangères, le Narrateur

atée, mais sans éclat, par les lores, mais où on peut glaner

Xn INTRODUCTION

quelques renseignements, comme les Annales de la République française^ la Petite Feuille de PaiHs.

Un journal peu connu, VAhréviateur universel^ se donne la tâche de reproduire les plus intéressants articles parus dans les journaux de la veille. Il y ajoute quelques nouvelles de son cru, parfois intéressantes. Il donne chaque jour la température et Tétat du ciel, en un bulletin qui lui est communiqué par l'Observatoire *.

La presse républicaine, j'entends par ce mot celle qui est fidèle à la République démocratique, n'a que de peu nombreux ' et assez pauvres organes : le Journal Universel par Audouin, le Journal des Hommes libres par Charles Duval, VAmi du Peuple par Lebois et Châles; et parfois aussi le Sans- Culotte (ancien Batave) semblent républicains. Ces feuilles sont impopulaires : les muscadins s'acharnent contre elles, en brûleîit des numéros au Palais-Royal ou au Jardin des Tuileries. On les dénonce comme sanguinaires, et on ne les litguère. Elles ont beaucoup de peine à vivre. Elles sont mal outillées, et, quant aux renseignements sur l'esprit public, presque nulles, si bien que, dans nos citations de journaux, nous n'aurons presque jamais une note républicaine à opposer à la note thermidorienne. Les républicains démocrates sont presque submergés par cette réaction formidable.

Les journaux cependant sont curieux et importants à lire à côté des rapports de la Commission administrative de police : on y voit dans tout leur éclat ces passions contre lesquelles la Commission luttait avec patriotisme et qu'elle observait si diligemment*.

Voici quelle méthode nous avons suivie pour la publication de ces documents.

1. Il n'eût pas été sans intérêt de reproduire ce bulletin météorologique, mais la place nous a manqué.

2. J'ai caractérisé avec plus de détails la presse thermidorienne, dans un artlcle intitulé : Paria au lendemain du 9 thermidor, publié dans la Revue bleue du 20 novembre 1897.

IHTRODUCTIOTÏ ■ XIII

possible de donner in extenso tous les rapports JUS les articles de journaux relatifs à l'esprit suffirait de dire que nous avons voulu reproctitude des textes authentiques et les éclairer Mais, obligés de nous resserrer dans les limites lûmes, il nous a bien fallu chercher tes moyens ndue des documents.

lire réduction était chose délicate, et il faut que clairement averti de ce que noue avons fait et

de police, d'abord très courts, s'allongent enproiitde notre curiosité, mais de telle manière )lument faire des retranchements ou en résumer

lements ne portent d'abord, tant que les rap- >as trop longs, que sur des faits divers absolunts potir notre sujet.

msuite, quand les rapports se développent : i qui forment double emploi ; 2" sur des faits qui itre l'esprit public qu'indirectement; 3" sur des tyle ; 4* sur quelques tableaux où la situation 3mme normale, ou comme pareille à celte de la es détails de la vie économique, approvisionnetion de pain, de viande, de bois, etc., qui ont de qui ne sont pas toujours indispensables à conlir une idée exacte de l'esprit public ; cependant ine grande partie de ces faits économiques, nous oir donné assez pour notre sujet, nous regreti dans l'impossibiiité matérielle de les donner sertissons les historiens ou tes statisticiens de la iienne, qui ne cherchent pas seulement, comme ;r comment l'esprit public a été affecté par les conomiques, mais qui font de ces circonstances de leurs études, nous les avertissons, dis-je, recourir aux originaux pour y trouver toute la itails statistiques qu'ils contiennent '.

is iDiUquona lu source avec

XIV • INTRODUCTION

Toutes les fois que nous faisons une suppression, le lecteur en est informé par des points suspensifs.

Toutes les fois que nous résumons le texte original, au lieu de le donner tel quel, nous imprimons ces résumés en caractères plus petits, entre crochets.

Nous avons suivi la même méthode pour les extraits de journaux avec cette différence que, ces extraits étant imprimés en caractères plus petits* que les rapports, il nous a paru impossible d'imprimer en caractères plus petits encore les analyses que nous substituons parfois au texte des journaux. Mais les citations textuelles se distingueront aisément des analyses en ce que celles-là sont entre guillemets, et celles-ci ne sont pas entre guillemets.

Le lecteur saura donc toujours, à première vue, quand il y a retranchement et quand il y a analyse.

Il nous reste à dire un mot de quelques publications analogues, qui ont précédé la nôtre.

Ces rapports de police n'étaient pas inconnus avant nous, et tous les historiens savent que M. Schmidt, professeur à TUniversité dléna, en avait donné des extraits dans ses Tableaux de la Révolution française publiés sur les papiers inéùits du département et de la police secrète de Paris (Leipzig, 1867- 1871, 4 vol. in-8, dont un de Tables). Sans méconnaître le mérite de notre prédécesseur et les services qu'il a rendus aux études historiques, on nous permettra de faire remarquer que ces extraits sont souvent fort courts et très insuffisants. Il

1. Cependant, pour la période qui s'étend de la chute de Robespierre à la fin de l'année 1794 (10 thermidor an II- 11 nivôse an III), nous avons cru devoir imprimer les extraits de journaux dans le même caractère que les rapports, parce qu'alors ces rapports ne sont pas si développés qu'ils le deviendront bientôt. C'est pour la même raison que, pendant la même période, nous avons cru devoir donner, chaque jour, l!afficho des spectacles, d'après le Journal de Paris et les Petites-Affiches. Il eût été, certes, intéressant de continuer à donner ces renseignements sur les théâtres, si importants pour l'esprit public. C'était malheureusement impossible, vu le développement progressif des rapports, qui d'ailleurs nous renseignent ensuite assez so uvent sur les spectacles.

INTRODIICTION XV

nidt de ne donner qu'une phrase ou deux plusieurs pages. Ses citations sont trop respas connu toutes les sources, s'étant borné irchives nationales la série F'" III, Seine, apport qu'il cite (t. II, p. 224), après la chute si celui du 15 thermidor an II : il aurait r432, un rapport du 13, ayant pour objet la : nous donnons aux pages 8 à 10 de ce tome i, il n'a pas recherché, dans d'autres séries ', >mbre de rapports, par exemple au sujet des Imiaire an IV, qu'on trouvera dans notre )ériode du Directoire, l'ignorance où il a été a série BB aux Archives nationales l'a em- ! nombre de rapports importants, suffisant quant au nombre et à l'étendue des icore des critiques pour la méthode, ou plutôt méthode. C'est au hasard que M. Schmidt a ts extraits, copiant hâtivement dans les raploi, sans critique et sans règle, et le copiant, )orte comment, avec une hftte et une négli-

lisant mal, défigurant les mots, estropiant de manière à rendre inintelligibles des pasns l'original.

il n'avertit que rarement, par des points ranchements qu'il opère, mais il lui arrive ler un résumé de son cru au texte original, r puisse s'en douter, ou encore il fond en- !S phrases, plusieurs rapports du même jour, a date du rapport pour celle des événements ' Toujours est-il qu'il ne prévient pas le lecapport a pour objet les faits de la veille, choses intéressantes dans ces rapports que si mal faits et si maigres ont eu leur intérêt storiens. Mais, en somme, M. Schmidt a plurtance de ces documents qu'il n'en a donné

iS, 52, 57, UO; AFiv, 1411 et 1«2; F^ 3668'.

INTRODUCTION

fin de son livre : Paris en 1794 (1869, in-8), M. Daur loDné un petit nombre d'extraits des rapports, pour le le la période qui nous occupe. Si l'on veut se rendre

de l'imperfection et de l'insuffisance de ces extraits, on qu'à comparer ce que M. Dauban donne, à la page 529

volume, du rapport du 29 fructidor an II, avec ce que i donnons nous-mème à ia page 90 du présent volume, publications antérieures nous encourageaient donc, par lière dont elles avaient été conçues et faites, à entreî la nôtre et k faire connaître au public l'ensemble de ;uments si précieux pour l'histoire de l'esprit public à

is, en terminant, que, dans ce recueil, ainsi que dans Écédents recueils sur les Jacobins et sur le G>mité de ublic, nous avons substitué l'orthographe actuelle aux ries graphiques d'alors, qui n'ont presque aucun intérêt |ue, et qui rebutent le lecteur ou l'égarent sans profit le sorte. Quant aux noms propres, nous les avons iden- 'après les signatures, toutes les fois que nous l'avons a nous a été impossible pour les nombreux noms :leurs de police et officiers de paix ' , presque tous gens is, et dont nous n'avons pas les signatures. Nous avons s borner à écrire leurs noms comme les auteurs des s les écrivaient le plus souvent.

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