‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire. Recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à Paris (volume 2)Chapitre 2 sur 138 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

iO THERMIDOR AN II (28 JUILLET 1794).

Journaux.

Journal de Perlet du 12 thermidor :

C'est vers six heures du soir que le tyran *, et vingt-eUun de ses principaux complices sont partis de la Conciergerie pour s'avancer vers réchafaud.Ils étaient sur trois charrettes : Hanriot, soûl, suivant soa usage, était à côté de Robespierre le jeune; le tyran, à côté de Damas, Tinstrument de ses fureurs; Saint-Just auprès du maire de Paris; Gouthon était dans la troisième charrette. Hanriot et Robespierre cadet s'étaient fracassé la léte et étaient couverts de sang; Couthon avait un bandeau; le tyran avait toute la tête, hors le visage, enveloppée, parce qu'il avait reçu un coup de pistolet dans la mâchoire. IL n*est pas donné à un homme d'être plus hideux et plus lâche: il était morne et abattu. Les uns le comparaient à un tigre rouselé, d'autres à un valet de Cromwell, car il n'avait plus la contenance de Cromwell même. Tous ceux qui l'entouraient avaient, comme lui, perdu leur audace. Leur bassesse ajoutait à Tindignation contre eux. On se rappelait que, du moins, les conspirateurs qui les ont précédés avaient su mourir. Ceux-ci n'avaient même pas la force it se parler, ni d'adresser la moindre parole au peuple.

La foule étail innombrable ; les accents d'allégresse, les applau-

1. Il a*agit de Robespierre. Rappelons qu a cette date tous les journaux parlent w ce ton de Robespierre et de ses amis. Voir l'Introduction.

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