Bibl. nat., Lb 41/4248, in-S
691 RÉACTION THERMIDORIENNE [29 avril 1795]
Cafés. — Le citoyen Compère, inspecteur, dans son rapport, dit que, dans le café de la Régence et plusieurs du Jardin-Egalité, les citoyens s'y entretenaient avec satisfaction des bonnes nouvelles du jour et annonçaient que des mesures grandes et sages étaient prises pour faire renaître Tabondance et la conGance dans les assignats, et que, malgré les répliques faites par d'autres citoyens à ces assertions, la tranquillité n'avait pas été troublée
[Spectacles, commerce, etc. — Rien de notable.]
Surveillance. — Selon le rapport de Perrollet, officier de paix, hier, dans la section de Bonne-Nouvelle, on a trouvé sur différentes portes des cachets qui y avaient été apposés, on ne sait par qui ; ces cachets portent pour empreintes trois fleurs de lis et deux branches de lauriers; sur d'autres étaient différentes légendes contraires à l'esprit de républicanisme ; ces cachets ont été enlevés par ordre du commissaire de police et envoyés au Comité de sûreté générale
Rue Honoré, en face de la rue de TArbre-Sec, un homme est tombé comme mort de besoin ; il a été rappelé à la vie par tous les secours d'humanité qui lui ont été prodigués
Boyer dit qu'un particulier, qui s'est fait connaître pour représentant du peuple par l'exhibition de sa carte, semblait hier, dans un groupe au Jardin national, sur les six heures du soir, vouloir essayer l'esprit public et voir si, dans les circonstances, on ne pourrait pas suggérer au peuple l'intention de demander un roi; il a été mal accueilli et ne s'est tiré d'affaire qu'en montrant sa carte de député et en protestant qu'il était dans le sentiment de ceux qui l'entou* raient, lequel s'est manifesté pour le maintien de la République.
Horion, Thérouenne.
(Arch. nat., F > « III, Seine, 16.)