‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire. Recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à Paris (volume 2)Chapitre 36 sur 138 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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Au milieu du cortège parait le tombeau dans une île de peupliers, environné des habitants d'Ermenonville, et portant deux inscriptions, Tune : Vitam impendere vero, Tautre : Ici repose V homme de la nature et de la vérité.

Ce qui semble fixer plus particulièrement les regards sont des femmes et des enfants groupés sur un char de forme antique, dont Je spectacle rappelle les préjugés que le philosophe a vaincus en rendant les mères à leurs premiers devoirs, et en brisant les liens dont on garottait Tenfance.

Courrier républicain du 21 vendémiaire :

On aurait dit que la nature et les hommes en sociélé s'étaient donné parole pour honorer la mémoire de Fimmortel citoyen de Genève ; la nature était belle et paisible, la foule immense qui assistait à la fête n'était point agitée par ces hommes cruels dont la figure et Taccoutrement signalent la férocité. Tout le monde était vêtu simplement, mais avec décence; on n'entendait pas ces cris séditieux qui, dans d autres fêtes, ont provoqué les fureurs des partis et des scènes de carnage et de sang ; mais les jolis airs du Devin du village, la jolie romance : Je l'ai planté, je l'ai vu naître, etc., étaient dans les mains de tous et chantés par tout le monde.

Le cortège est parti du Palais national à une heure ; tous les emblèmes étaient attendrissants et bien choisis; celui que nous avons surtout remarqué était le Contrat social ouvert et porté avec respect. En voyant approcher de ce livre sublime quelques audacieux dont tous les vêtements sont encore dégoûtants du sang qu'ils ont versé, dont les opinions extravagantes et désordonnées semblent avoir été faites au milieu des chaos, il nous semblait entendre la voix de laustère philosophe, prononçant ces mots : « N'approche pas, sacrilège : il n'y a pas dans ce livre saint, une page, une ligne où la condamnation ne soit tracée. »

Non, la Convention, qui vient de rendre un hommage aussi honorable au plus illustre écrivain qui ait paru en France, ne souffrira pas que ses cendres soient déshonorées ; elle ne souffrira pas qu'on répande désormais des flols de sang, après avoir placé au Panthéon français celui qui a écrit que la liberté qui coûtait la vie d'un seul homme était payée trop cher.

t61 RÉACTION THERMIDORIENNE [H octobre 17941

Journal de Perlet du 21 vendémiaire :

La fête décrétée par la Convention pour la translation des cendres de J.-J. Rousseau au Panthéon a été célébrée hier avec la plus grande pompe ; elle a été simple et majestueuse comme le peuple qni en faisait le principal ornement, et qui rendait des hommages èi celui qui, le premier, lui a donné le code de ses droits; elle a été grande comme le génie qu'elle honorait. L^enthousiasme des victoires annoncées la veille à la Convention * a ajouté beaucoup à l'éclat de cette fête et à Tallégresse publique. Le cortège était composé : 1* d*un groupe de musiciens exécutant des airs du Devin du village et d*autres airs de la composition de J.-J. Rousseau.

Le second groupe, de botanistes, avec des faisceaux de plantes.

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