‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire. Recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à Paris (volume 2)Chapitre 43 sur 138 · BibL nat., Lb 41/1340, in · texte numérisé non relu

BibL nat., Lb 41/1340, in

[13 OCTOBRE 1794J RÉACTION THERMIDORIENNE i74

des journaux-afOches, dont les auteurs se sont toujours déclarés les patriotes par excellence, les seuls sages, les seuls purs^ et qui, pour le faire croire, ont accusé de vénalité les écrivains qui ne donnaient pas pour rien aux passants la main d*œuvre des imprimeurs, leur temps et leurs veilles.

Telle est encore la jonglerie d*un journal-affiche, qui parait depuis environ un mois, sous le titre de l'Ami du peuple * ; ne serait-il pas permis aux journalistes et aux autres écrivains, k qui il reproche d'être vendus, de demander à Timprimeur Lebois, chez qui on trouve ce journal, par quelle liste il est soudoyé ? Car bien certainement, ni cet imprimeur, ni Fauteur de l'Ami du Peuple, ne donnent pour rien aux curieux deux ou trois mille affiches, qui coûtent environ 130 livres par numéro, sans compter la rétribution qui doit naturellement revenir au rédacteur.

Il est donc démontré, aussi évidemment que le jour, que le prétendu Ami du Peuple est payé par quelque parti ou par quelque individu puissant ; car ce n'est ni un imprimeur ni un littérateur qui peuvent ainsi, cinq à six fois par décade, dépenser 130 livres pour instruire le peuple. Il est bon de révéler ces faits au public, afin qu'il ne se laisse plus abuser par une aussi impudente charlatanerie.

Spectacles du 22 vendémuire.

Thkatre des Arts. — Môme spectacle que le 20 vendémiaire.

Opér.v-Comiql'e. — L'Ecolier en vacances^ com. en un acte, première reprt»sentation ; Stvaionicey com. en un acte, en vers; la Sentante justifiée.

Feydeau. — Vïala ou le Héros de la Durance; la Papesse Jeanne ; Rose et Aurèle.

Théâtre de la République. — Le Sourd ou V Auberge pleine, com. en trois actes ; Dupuis et Defronais, en trois actes.

Théâtre de l'Éi;alité. — La Colonie^ op. en trois actes; le Lendemain de la Bataille de Fleui^s ou la Cavalcade, * impromptu caricature en un acte.

Lyrique. — Relâche.

Gaitk* — Im Valise Perdue; le Diable boiteux; le DépaH des patriotes.

Ambigu-Comique. —Les Sœurs du Pot ; Mazet; les Prisonniers patriotes.

Vaudeville. -» Arlequin Pygmalion ; le Prix ; les Vieux élégants.

Cité- Variétés. — Le Mari coupable, com. ; VEnrôlement supposé, com. ; Arlequin imprimeur, opéra.

1. VAmi du peuple, publié par Lebois, et rédigé d'abord par le conventionnel ChiVles, avait commencé à paraître le 29 fructidor ao II, dans le format in-S». (Cf. Tourneux, Dibl, de VHistoire de Paris, t. II, n« 10944). On voit que ce journal paraissait aussi sous forme d*af fiches. Mais je n'ai point rencontré de ces affiches.

yS THERMIDOniENNE [14 octobre 17941

; AN m (14 OCTOBRE 1794).

' DU 24 TENDtMlAIRE.

que jour. Hier au soir il y avait, suivant rassemblé au Jardin national pour y caust arrivé différentes patrouilles, qui ont sibles. Le peuple a obéi, mais il a mur- ,6 démarche un acte arbitraire d'autorité issembler tranquillement. Ces réflexions les patrouilles dispersaient les différents t plus étonné qu'en pareille circonstance onné.

Smarche des Jacobins à la Convention ', B d'arrêter les colporteurs qui crient des a eu lieu hier à l'égard de celui inlitulé : '■e faim, il est temps que cela finisse. apporte que hier, vers onze heures du up de citoyens s'étaient rassemblés augnait de ce qu'un particulier, se disant inner que 30 sous pour deux courses, et

! canne, et s'était évadé

lu soir, quelques détenus ont cherché à xembourg. Le concierge a trouvé deux is arrivé d'accîdent, et tout est en bon

la mauvaise qualité du pain, ce qui occani.

toujours le même; tout parait arriver ^pté le bois, le charbon, l'huile, la chan-

jrs, ainsi que ceux des offlciers de paix, } grand calme règne dans Paris.

Metthieh, Oluvibh.

as, sur la nintion <le BasnnI, «lécMèrent de Taire ta remercier de ton adresse an peuple français.

Spectacles du 23 vendémiaire.

TifHATRE DES Arts. — Relâchc.

Opkra-Comique. — Le Franc Breton^ corn, en un acte, en vers ; le DéseV' îeur, corn, en trois actes.

Feydeau. — La Caverne^ opéra en trois actes ; les Montagnards ou V Ecole de Bienfaisance, corn, en un acte.

Théâtre de la République. — Charles et Caroline on les Abus de V ancien régime, corn, en cinq actes, en vers ; le Consentement forcé, un acte.

Théâtre de l'Écalité. — Le Dissipateur, corn, en cinq actes, en vers ; les Bienfaits de la loi ou le Double divorce.

Lyrique. — Les Petits commissionnaires, en deux actes ; Au plits brave la plus belle, opéra en un acte.

Gaité. — Brutus, trag. ; Arlequin nécromancien, pant. en trois actes.

Ambigu-Comique. — Les Contretemps ; le /i Thermidor; les Prisonniers patriotes.

Vaudeville. — Arlequin Cruello ; les Chouans de Vitré; Christophe Dubois.

Cité- Variétés. — VOrphelin; le Bostonien ou le Fou raisonnable; Ricco, comédies.

24 VENDÉMIAIRE AN III (15 OCTOBRE i794).

Rapport du 25 vendémiaire ^

Les plaintes portent particulièrement sur la mauvaise qualité du pain (voici la base des plaintes actuelles), sur les entraves qu'éprouve le commerce dans ses diflférentes parties, ce que les citoyens attribuent ouvertement au mode de réquisitions adopté par le gouvernement. On assure que, par suite de ces mesures, nos ports regorgent de toutes sortes de marchandises qui ne peuvent en sortir et finissent par se gâter. Il paraît que les abus de l'agiotage existent plus que jamais sous toutes les formes. La rareté de la monnaie de cuivre prouve qu'elle est devenue un des grands objets de spéculation, et que les gros sols s'achètent et se vendent en papier trois fois leur valeur. On prétend même que les chaudronniers les achètent au poids pour les convertir en ouvrage ; ce qui peut le faire croire, c'est qu'on estime davantage les monerons, dont le cuivre est très pur, à

1. En tète de ce rapport, on lit dans roriginal : « Copie littérale de la feuille de Tesprit public signée Sadous, Tetel, Fier et Niquille. »

jà

177 RÉACTION THERMIDORIENNE [15 octobre 17941

tout autre cuivre en circulation. On ne peut méconnaître en cela que la cupidité et Tenvie de discréditer le papier public, dont la circulation est considérable, forment le principal caractère de ceux qui se mêlent d*un pareil commerce. Les chaudronniers achètent jusqu'à 5 livres 5 sols ou 10 sols la livre de cuivre, et quarante gros sols font une livre pesant. « Demain, disent les officiers de paix, nous aurons de THôtel des Monnaies un procès-verbal constatant le poids de la monnaie de billon et le prix du cuivre, d'après quoi on fera de se* rieuses recherches. »

Le débit de différents pamphlets se continue toujours et annonce qu'on ne se relâche pas sur les moyens qu'on emploie pour tirailler en tous sens Topinion publique, mais la fermeté et le courage du peuple sont toujours les mêmes, ainsi que la confiance entière dans la Convention nationale.

Nous remarquons (disent les mêmes) que, dans le journal de Feuillant *, n® 750, en date du 2â vendémiaire, que nous joignons au rapport, on rejette tous les moyens de répression adoptés par le gouvernement, et on range sur la même ligne les commissaires et les prétendus espions (ces espions ne sont autres que des citoyens voués au bien public) ; on s'exprime ainsi, en parlant de Vabondance : « Elle £era respecter la loi du maximum^ sans qu*il soit besoin de commissaires ni cTespions, ni de réquisition, ni d*armée révolutionnaire, ni de canon, ni d'incarcération, ni même de guillotine. » Il ne manquerait plus que d'ajouter: ni même d'administration. (Signé : Sadous, Tetel,Fîor et Niquille).

Toujours même abondance dans les marchés ; personne né s'en plaint, excepté du prix. Quoi qu*il en soit, chacun sait apprécier les bienfaits d'une révolution comme la nôtre, pour en connaître les suites, et chacun sait payer sans murmurer un chou de 10 sols 15 à

âO sols, elc

Le port au charbon de la place aux Veaux est celui qui jusqu*à présent s'est présenté comme le plus tumultueux; il ne cesse de l'êire. Cette nuit encore, ainsi que dans les autres, il pouvait y avoir rinq à six cents citoyens en attente de l'ouverture du port. Nous observons que les femmes qui y passent la nuit sont la plupart porteuses de feu dans des chaudrons dont les moindres étincelles peu* vent occasionner les plus grands malheurs

BOISSIÈRE, YlARD.

(Ajrch. nat., F « « III, Seine, 14.)

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