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To« I. 19
Feydeau. — La Caverne, op. en trois actes ; les Montagnards, opéra en un acte.
Thkatre de la République. — La Perruque blonde, com. ; V Avare.
Théâtre de l'Égalité. — Phèdre et Hippolyte; le Commissionnaire.
Lyrique. — Zélia; Cange.
Gaité. — Le Diable boiteux ; V Aristocrate dénuxsqué par la Corne de la Vérité; le Pari imprudent ; le Départ des Patriotes (Les Petites Affiches indiquent, au lieu de cette dernière pièce, /^ Pardon imprévu).
Ambigu-Comique. — Am^jur et Valeur; le Nid d'Oiseaux; l'Héroïne américaine.
Vaudeville. — Arlequin Huila; le Canonnier convalescent; les Vieiur élégants.
Cité- Variétés. — Les Dragons et les Bénédictines ; les Dragons en cantonnement ; les Royalistes de la Vendée.
li FRIMAIRE AN III (!•' DÉCEMBRE 1794).
SPEGTAaES DU 11 FRIMAIRE.
Théâtre des Arts. — Relâche.
Opéra-Comique. — Guillaume Tell ; Azémia.
Feydeau. — La Famille indigente ; r Officier; VA mour filial.
Théâtre de la République. — Timoléon; les Originaux.
Théâtre de l'Égalité. — L'Arlequin bon père, com.; Alisbelle ou les Crimes de la Féodalité^ opéra.
Lyrique. — Michel Cervantes ; le Bon père.
Gaité. — L'Hôtellerie républicaine ; Cange ; le Fils adoplif ; le Patriotisme au village; les Brigands de la Vendée.
Ambigu-Comique. — L'Etape; les Héros français ; Dorothée.
Vaudeville. — La Revanche forcée ; Christophe Dubois; les Marchandes de la Halle.
Cité- Variétés. — Guerre ouverte, com. ; la Caverne, pant.
Journaux.
Gazette Française du 13 frimaire :
De Paris, le 12 frimaire. — Nous étions délivrés des cris et des poignards des factieux, et, dans le tourbillon des soucis et de Tin-
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RÉACTION THEHMIDOUIENNE [2 décembre 1794J
quiétude inséparable de la situation où nous nous trouvons encore, nous attendions néanmoins avec résignation et tranquillité un avenir moins pénible. Eh bien ! de nouveaux scélérats, ce sont peut-être les mêmeSy parcourent maintenant les rues pendant la nuit, commettant une multitude de vols considérables , et assassinent même les passants.
Il ne faut pas en douter : depuis qu'on a donné la chasse aux voleurs publics, ils sont devenus voleurs particuliers ; les forêts se repeuplent de nouveau des brigands qu*on n'y rencontrait plus, parce qu'ils pouvaient piller tout à leur aise à Tombre de l'autorité.
Les rues des grandes villes doivent de nouveau retentir de leurs abominables exploits. Il faut espérer que le gouvernement, instruit de ces désordres, montrera pour les faire cesser la même énergie qu'il a développée pour la destruction de la tyrannie publique sous laquelle nous avons si longtemps gémi.
Xouvelles politiques, nationales et étrangères du 12 frimaire :
De Paris, le 12 frimaire. — Ces jours derniers, des filous se sont introduits de nuit dans la boutique d'un marchand bijoutier, Maison- Egalité, et l'ont entièrement dévalisée.
Pendant le jour, d'autres voleure ont crocheté l'appartement du représentant Cambacérès et lui ont enlevé, outre une somme d'argent, tous les eflTets précieux qu'ils ont trouvés à leur convenance.
D'autres accidents plus graves ont alarmé la tranquillité publique de cette commune.
Il parait certain que le gouvernement a pris des mesures pour faire exercer une police sévère pour réprimer les méfaits de tant de scélérats sans asile ou sane travail, que l'oisiveté ou des passions féroces poussent à des excès aussi coupables.
Courrier républicain du 13 frimaire :
Du 12 frimaire, — 11 se commet depuis quelques jours, dans différents quartiers de cette ville, une grande quantité de vols et même des assassinats. On assure que, dans certaines rues, des scélérats tendent des cordes pour faire tomber les passants et les détrousser plus facilement.
Dans la nuit qui a précédé la dernière décade, on a tout enlevé chez un des plus riches bijoutiers du Palais-Égalilé, précisément à côté du café du Caveau, quoique les portes extérieures du jardin fussent fermées.
Le soir de la même nuit, des fripons, se disant agents du Comité de la sûreté générale, ont requis comme tels la garde de service de la même maison, qui a eu la bonhomie de les suivre. Ainsi assistés, ils se sont introduits dans la boutique des citoyens Desennes et ont enlevé de force, de la main des garçons de magasins, un livre de prix, qu*iLs ont emporté.
Interpellés sur une conduite aussi étrange, ils ont seulement répondu que les citoyens Desennes [n'javaient pas le droit de vendre le livre en question.
Les personnes qui étaient dans la boutique et à la porte sont restées stupéfaites ; mais la propriété des citoyens Desennes n'en a pas moins été ravie.
Spectacles du 12 friIcaire.
Théâtre des Arts. — Môme spectacle que le 10 frimaire. (Les Petites Affiches indiquent la Réunion du 10 Août).
OpéRA-CoMiQUE. — Les Deux avares; la Bonne niève; Nina ou la Folle pçir amour.
■ Feydeau. — Relâche.
Théâtre de la République. — Catherine ou la Belle fermière; le Conteur, com.
Théâtre de l'Égalité. — L'Ecole des pères. {{49% Petites Affiches indiquent le même spectacle que la veille).
Lyrique. — Relâche.
Gaité. — Même spectacle que la veille.
Ambigu-Comique. — Les Sœurs du Pot ; le Commissionnaire de Saint- Lazare; les Débuts.
Vaudeville. — Arlequin afficheur; le Mensonge généreux, fait hist., première représentation ; l'Auberge isolée.
Cité- Variétés. — VOrphelin, com. ; les Mœurs ou le Divorce, com. ; les Montagnards.
Rapport du 14 frimaire.
Esprit public. — Il ne s'est rien passé de marquant dans les spectacles : quelques vols de porte-feuilles. On remarque toujours avec plaisir les applaudissements donnés par la masse du peuple aux ex-
293 RÉACTION THERMIDORIENNE [3 décembre 1794]
pressions de sentiments de vertu, de justice et d'humanité, ainsi c|uà tout ce qui tend à affermir la liberté et le gouvernement républicain, et à rappeler tous les esprits à la Convention nationale comme seul point de ralliement, ce qui est bien la preuve que la masse du peuple est bonne et juge sainement, quand elle n'est pas égarée par les agitateurs. Aussi est-ce cette dernière classe d'hommes sur laquelle la surveillance de Tesprit public s'exerce avec le plus d'activité. Plusieurs citoyennes, qui entraient dans les spectacles sans cocarde, ont été invitées par la surveillance d'en mettre, ce qu'elles ont fait de bonne volonté. Hier, une citoyenne, n'ayant point de cocarde, a été arrêtée sur le Pont-au-Ghange et conduite chez le commissaire de police de la section des Arcis ; d'autres sans cocarde, faubourg Antoine, ont répondu qu'on leur avait dit qu*on n'en portait plus depuis la clôture des Jacobins ; on leur a montré la loi ; elles ont promis aussitôt de s'y conformer et d'y inviter leurs concitoyennes.
Les conversations des groupes annoncent que, toujours fortement prononcée contre le représentant du peuple Carrier, l'opinion publique le condamne, et le peuple attend avec impatience son juge* raent. Il parait aussi étonné de ne plus entendre parler du jugement de Fouquier-Tinville, et, dans les groupes, on se plaint de la lenteur de cette dernière affaire. Tout a été d'ailleurs fort tranquille dans les faubourgs et dans les cafés.
Commerce. — Vontschrîtz et autres inspecteurs assurent qu'au port au charbon de la vieille place aux Yeaùx, ils ont eu beaucoup de peine à maintenir le calme
Bergeret, Olivier, Prévost annoncent qu'à l'ouverture du port au charbon de La Toumelle, le désordre a été complet ; il y a eu plusieurs personnes de renversées, mais, heureusement, point d'accident. Us ont mis au corps de garde plusieurs citoyennes pour avoir occasionné ledit trouble. A deux heures, même désordre ; ils sont cependant parvenus k rétablir Tordre. On a distribué 720 voies de charbon.
Petit, Janson et autres disent qu'à la surveillance de nuit, au port au charbon de la ToumellC; l'attroupement était prodigieux, et qu'ils sont venus à bout de le dissiper ; mais qu'à quatre heures du matin la foule a été plus nombreuse ; ils ont été pour requérir la force armée des sans-culottes, qui est venue et repartie aussitôt, en disant ne pouvoir disperser les rassemblements du matin ; d'après cela le désordre a été au plus haut degré. A l'ouverture du port, les femmes ont forcé la garde et ont couru en foule sous l'arche où l'on délivre le charbon.
Loctave dit que les Halles sont très bien approvisionnées; les répartitions très calmes
Surveillance. — Pantou, Lachatre, Dufresne et Resson font part qu'un particulier, vêtu d'un surtout bleu, avec épaulettes en or, faisait fermer hier, sur les huit à neuf heures du soir, toutes les portes de la rue de la Tannerie, en disant qu'il en avait Tordre et qu il venait de commander la force armée. Un des inspecteurs s'est approché de lui et Ta invité de venir au corps de garde de la réserve, ce qu'il a fait ; le commandant lui ayant fait exhiber ses papiers, il en a montré plusieurs, mais qui ne portaient point son signalement, plus deux cartes du sûreté à signalements différents. Ce citoyen, paraissant suspect, a été conduit au Comité révolutionnaire du vin* arrondissement; il a dit se nommer Jean-François Hugot, capitaine à l'armée du Nord, demeurant petite rue de Reuilly, faubourg Antoine
PoTRON, Alletz.
(Arch. nat., F « « 111, Seine, 14.)
Journaux.
Journal de Periet du 16 frimaire :
La tragédie de Fénélon, par Ghénier, vient d'être remise au théâtre de la République, et y obtient un brillant succès. Les amis des lettres, de la liberté et des beaux vers s'étonnent de ne plus voir donner à ce théâtre la Virginie du citoyen La Harpe. C'est le spectacle de Rome secouant, comme la France, le joug de quelques usurpateurs. Il n'est pas de pièce plus à Tordre du jour, il n'en est pas où les vrais principes soient plus éioquemment développés, où le tableau de l'horrible t^Tannie, sous laquelle nous avons gémi, soit colorié plus fortement ; il y est tracé par le génie et le patriotisme.
Le règne d'Appius rappelle sans cesse celui de Robespierre. A-t-on craint quelques allusions contre ceux de ses amis qui lui ont survécu?
Ce bel ouvrage a été joué deux fois après le 9 thermidor. Les circonstances y ajoutaient un nouveau prix. 11 excitait le plus vif enthousiasme. Nous savons par quelle complaisance et par quel ordre on en a tout à coup interrompu les représentations. Si, pour faire rendre Virginie aux vœux et aux applaudissements des patriotes, il est nécessaire de dévoiler cette intrigue, nous la publierons.
C'est lorsque les hommes de lettres les plus distingués ont été obligés de dévorer dans les prisons le fruit de leurs économies, c'est lorsqu'ils ont expié, par une longue détention, un grand nom et des
295 RÉACTION THERMIDORIENNE [4 décembre 1794]
services continuels rendus à la liberté, que les directeurs des théâtres devraient s'empresser de jouer ceux de leurs ouvrages qui sont les plus propres à diriger Topinion et à servir de modèle. Pourquoi ne donne-t-on plus Virginie, Mêlante et Pkilocthte^ que le public verrait avec tant de plaisir, et qui nous délasseraient de tant de ridicules rapsodies qu'on veut nous faire regarder comme des tragédies, des comédies et des opéras ?
Pourquoi ne joue-t-on plus ceux des chefs-d'œuvres de nos grands maîtres où il n y a ni rois, ni reines, et ceux où la royauté est tellement hideuse, qu'elle ne peut inspirer que Thorreur ou le mépris? Pourquoi oublie-t-on les pièces républicaines de Corneille ?
Certes, ce n'est pas le rôle de Néron, dans le Germanicus [sic) de Racine, qui pourrait être dangereux. Il y en a, parmi nos bonnes tragédies, une foule d'autres de ce genre. Pourquoi donc ne les jouet-on pas ? Rien ne contribue plus à répandre le vandalisme et k corrompre le goût, que les détestables pièces avec lesquelles on nous ennuie.
Spectacles du 43 frimaire.
Théâtre des Arts. — Relâche.
Opéra-Comique. — L'Etui de Harpe ou ta Soubrette, prem. repr. ; tes Détenus ou Cange.
Feyde-jiu. — Lisia, op. en un acte; les Visitandines, op. en trois actes.
Théâtre de la République. — Fénelon, trag.; le Grondeur, coin, en trois actes.
Théâtre de l'Égalité. — Relâche.
Lyrique. — Geneviève, op. ; Cange.
Gaité. — Le Fourbisseur patriote, prem. repr.; le Pari imprudent; le Patriotisme au village.
.\xBiGu-CoMiQUE. — Les Deux chasseurs et la Laitière; Au Retour; le Menuisier de Vierzon; le Devin du village.
Vaudeville. — Arlequin Huila ; les Plaisirs de V Hospitalité ; le Divorce.
Cité- Variétés. — Le Hâbleur, com. ; la Mère rivale, corn. ; le Nez, opéra.
Rapport du 15 frimaire.
Commerce. — Prévost, Ollivier et Bergerel rendent compte qu'à l'ouverture du port au charbon à la Tournelle, la force armée de la
section des Sans-Culottes a abandonné son poste, ce qui a causé du trouble. La journée a été tumultueuse, et il y a eu trois piques de cassées, et la garde a été forcée trois fois. Ils rendent aussi compte qu'ayant demandé au préposé au charbon la vente de la journée, ce citoyen a refusé, en disant que cela ne les regardait pas, et que, s'il voulaient le savoir, ils n*avaient qu'à le demander à la Commission
des subsistances
Surveillance. — Melette annonce qu'il est à la suite d'un particulier, connu pour changer de nom tous les jours ; ce particulier sort de Bicétre, quoiqu'il ait été condamné à dix ans de fers. Melette doit se trouver avec lui aujourd'hui pour en apprendre davantage.
Beurlier, Alletz.
(Arch. nat., F»c m, Seine, 14.)
Spectacles du 14 frimaire.
Théâtre des Arts. — Le Chant du Départ ; Iphigénie en Tauride,
Opéra-Comique. — Les Dangers de l'Absence ou le Souper de famille, com. ; Camille ou le Souterrain, coin.
Feydeau. — Relâche.
Théâtre de la République. — Le Sourd ou l'Auberge pleine, com, en trois actes ; VHonnête criminel, drame en cinq actes.
Théâtre de l'Éoalité. — Relâche.
Lyrique. — Héléna; le Bon père; le Devin du vilUige,
Gaité. — Le Fourbisseur patriote f com. patriotique ; le Conseil impérial.
Ambigu-Comique. — Le Sorcier; le Nid d'Oiseaux; les Prisonniers patriotes.
Vaudeville. — Le Nègre aubergiste; le Mensonge généreux; Arlequin Joseph.
, Cité- Variétés. — Le Hâbleur^ com. ; Arlequin imprimeur, opéra (Au lieu de ce spectacle, les Petites Affiches indiquent : les Cent pièces d'or; les Cent écus; Cadet Roussel].
Rapport du 15 primaire.
Esprit public. Spectacles. — Depuis deux jours« il ne s*est rien passé de remarquable aux spectacles, si ce n*est les applaudissements constants du peuple pour tout ce qui exprime les sentiments de vertu, d'humanité, de justice et Tanéantîssement du règne de
297 RÉACTION THERMIDORIENNE [^ décembre 1794]
.-M l'oppression. On surveille avec soin les personnes qui se trouveraient '^
sans cocarde.
Groupes. — La nouvelle des victoires remportées sur les Espagnols . J
a été reçue avec la plus grande joie. On applaudit en général à la proclamation jrelative aux habitants de la Vendée, et ^ au discours que le représentant du peuple Merlin (de Douai) a prononcé au nom du Comité de salut public ' ; mais on se plaint toujours de ne pas J
voir Fouquier- Tin ville en jugement et le représentant du peuple Carrier jugé.
Hier la nouvelle se répandait que les Hollandais avaient inondé une grande étendue de terrain, et que Farmée française en a beaucoup souffert.
Des malveillants cherchent à faire croire que le fils de Gapet n*est plus au Temple, qu'il est à Compiègne, d'autres disent à Saînt-Cloud ; mais ces bruits ne s'accréditent pas, et ces essais de la malveillance ne renaissent point.
L'état de Paris a été hier et ce matin le plus grand calme.
Commerce. — A la berge de la Râpée, suivant le rapport de Desbourdelle et Moiron, inspecteurs, le citoyen Mussot vendait son bois neuf 27 livres; un citoyen a requis l'exécution de la loi du maximum; le marchand s'y est refusé; le commissaire de police de la section des Quinze-Vingts a constaté celte contravention par procès-verbal, et, à deux heures, la vente a recommencé au prix fixé par la loi. . .
Jagot, Le Roux.
(Arch. nat., F « « III, Seine, 14.)
Spectacles du 15 frimaire.
Opera-Govique. — Le Déserteur, corn. ; l'Etui de Harpe ou la Soubrette.
Fetdbau. — Roméo et Juliette ; les Vrais Sans-Culottes.
Théâtre de la République. ^Fénelon, le Consentement forcé, com.
Théâtre de l'Égalité. — Mahomet, trag. ; le Commissionnaire.
Lyrique. — Michel Cervantes; le Bon père.
Gaitâ. — Le Fourbisseur patriote ; la Prise de Toulon (Au lieu de celle dernière pièce, les Petites Affiches indiquent le Conseil impérial).
Ambigu-Comique. — V Heureuse décade ; le Commissionnaire ; le Masque de fer.
Vaudeville. — Les Plaisirs de l* Hospitalité; le Prix ou l'Embarras du Choix ; les Vieux élégants.
Cité-Variétés. — Le Petit Orphée, op. ; le Bon eimite, op.
1. Il s*agit du rapport fait par Merlin (de Douai) à la Convention sur les bruits de paix, dans la séance du 14 frimaire an III {Moniteur, réimpression, t. XXII, p. 667, 671), et imprimé par ordre de la Convention (Bibl. nat., Le 38/1068).
Rapport du 17 frimaire.
Esprit public» Clubs. — Dans le rapport du 13, il a été annoncé qu'on devait surveiller un club, dit des Cordeliers, qui se tenait chez Cirier, maître de danse, rue des Boucheries -Germain; avant-hier, jour où il devait se réunir, il ne s*y est trouvé qu^environ quinze personnes, qui se sont séparées sans avoir rien fait ni rien dit. Aujourd'hui la réunion doit encore avoir lieu, et la surveillance de l'esprit public doit s'y porter.
Spectacles. — Rien de nouveau pour les spectacles ; le bon esprit y règne toujours.
Groupes. — Ils étaient hier un peu plus fournis et plus échauffés que les jours précédents; il parait que Ton désire beaucoup voir épurer les anciennes administrations, et les mesures que la Convention nationale prend à cet égard calment les inquiétudes des bons citoyens, inquiétudes que les agitateurs et les . alarmistes entretiennent le plus qu'ils peuvent, et dont la source est la cherté excessive des denrées. On s'entretient aussi toujours de l'affaire de Carrier et du Comité révolutionnaire de Nantes. L'opinion est toujours bien prononcée contre les oppresseurs, et on attend avec impatience le jugement de ces deux affaires importantes. Quelques citoyens se plaignent de ce que l'on crie dans Paris les dénonciations faites contre des membres de la Convention ; ils se fondent sur ce que ces cris publics attaquent la représentation nationale.
Commerce. — Museux, inspecteur, rend compte qu'il sort beaucoup de pain par les barrières de l'Observatoire et du Finistère ; un citoyen lui a annoncé que plusieurs épiciers de son pays viennent à Paris s'approvisionner de chandelle, qu'ils sortent facilement, parcequ'on ne visite pas les voitures aux barrières.
Duhamel, Baron et Piplard annoncent avoir passé la nuit au port de la Tournelle ; que, vers les trois heures et demie du matin, la garde a été forcée et n'a pu rétablir Tordre ; ils disent avoir entendu proférer par des contre-révolutionnaires ces mots :Auf la République! elle ne tiendra pas! Les propos se tiennent dans les cafés et les cabarets, lieux suspects, où ces individus font un abominable
299 HÉACTION THERMIDORIENNE f7 dkobmbbe 1794]
IraGc de bons de sections; on s'occupe de ces cafés et cabarets; les ordres ont été donnés sur le champ
Ollivier, Bergeret et La Motte, inspecteurs, rapportent que le bon jl
ordre s'était maintenu au port de la Tournelle ce malin, mais qu'il ;^
a été troublé par l'arrivée de quatre gendarmes, dont deux à cheval; ^.i
qu'un factionnaire a été renversé. Voyant ce désordre, les inspec- i
teurs ont voulu fermer le port, mais les préposés et les charbonniers |
s'y sont opposés ; ces derniers se plaisent au trouble, à la faveur ^
duquel chacun d'eux emporte une voie de charbon . . . t
Sur le port au blé, vers le soir, le public était en queue pour le sel, qui se vend 7 sols la livre ; beaucoup de murmures ont éclaté contre '
la cherté sans cesse progressive des denrées. . '
L'opinion n'y était pas trop bonne en général ; on prend des informations à cet égard