‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire. Recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à Paris (volume 2)Chapitre 64 sur 138 · L.-J. Babille, Therouenne · texte numérisé non relu

L.-J. Babille, Therouenne

281 RÉACTION THERMIDORIENNE [28 novembre 1794]

Journaux.

Journal de Perlet du 10 frimaire.

Le tribunal criminel du département de Paris a terminé le procès de Tancien Comité révolutionnaire de la section du Bonnet-Rouge. Dix des membres qui le composaient ont été convaincus de vols et de dilapidations, et condamnés à vingt ans de fers et à l'exposition pendant six heures sur un échafaud élevé dans la place de Grève. Ils ont subi avant-hier leur jugement. Une foule considérable était accourue pour jouir de leur ignominie. Ils ont été accueillis de mille sarcasmes et rassasiés d'outrages. Les assistants, plus frappés du souvenir du pouvoir vexatoire qu'ils ont exercé et de l'abus qu'ils en ont fait que touchés de leur malheur, ne leur ont pas épargné les injures et les plaisanteries. Deux d'entre eux, dont Fun est \e fils du fameux musicien Piccini, ont été acquittés et mis en liberté. Un troisième s'est blessé d'un coup de couteau, et n'a pu paraître sur le tabouret.

Gazette française dn 9 frimaire :

De PariSj le 8 frimaire, — On voit aujourd'hui attachés, sur un échafaud dressé en place de Grève, neuf criminels, membres de l'ancien Comité révolutionnaire de la section du Bonnet*Rouge. Ces brigands ont été convaincus de vols, de dilapidations publiques et particulières. Outre le supplice de demeurer ainsi exposés, pendant six heures, aux outrages et aux railleries d'un peuple immense, qui les appelle les bons^ les purs patriotes^ ils sont condamnés à vingt ans de fers. Deux d'entre eux, dont l'un est le fils du musicien Piccini, ont été acquittés. Un des éondamnés s'est blessé d'un coup de couteau et il n'a pu être exposé.

Sans-Culotte du 12 frimaire :

On a vu les membres du Comité révolutionnaire de la section du Bonnet-Rouge siéger en place publique : là, les huées du peuple ont ajouté à la peine qu'ils avaient encourue par leurs délits.

On peut juger de l'esprit qui animait ces agents de la tyrannie des Triumvirs par les détails suivants. Ils dirigeaient leurs spéculations avides sur l'arrestation des citoyens qu'ils jugeaient suspects, et ils percevaient des frais énormes, qu'ils faisaient payer à la fois aux détenus et à la nation; ainsi^ on voit dans leurs comptes : pour l'arrestation d'un grand nombre de citoyens suspects, achats de flambeaux,

solde de sans-culottes, etc., 956 livres; pour visites domiciliaires, pour découvrir les gens suspects, flambeaux et sans-culottes, 888 livres; pour voitures et hommes d'observation pour arrêter Thomme d'affaires de Beuvron, 383 livres; pour voyages ou recherches à la campagne, 894 livres.

C'est ainsi que la cupidité s'engraissait par la terreur, et que ce système terrible trouvait tant de partisans et d'appuis. Le moment où la justice poursuit de telles iniquités est sans doute fâcheux pour ceux qui se les sont permises, mais le vrai patriote bénit Theureuse révolution qui s'est opérée, et il voue au mépris, à l'exécration publique, tous les infâmes complices de tant de forfaits.

Messager du soir du H frimaire :

Paris, le 40 frimaire, — Nous avons éprouvé une sorte de volupté en contemplant les dix misérables coquins du Comité révolutionnaire de la section du Bonnet-Rouge faire amende honorable, sur le tabouret,

au peuple qu'ils avaient trompé et volé de la manière la plus odieuse.

Une idée cependant nous a contristé en pensant que la plupart de leurs collègues, qui avaient exercé les mêmes rapines, jouissent de l'impunité ; espérons que la marche lente et sûre de la justice les atteindra enfin, et qu'ils rendront gorge sur la place de la Révolution.

Tous les curieux qui ont assisté à la petite cérémonie de cette exposition ont été enchantés de la bonne grâce avec laquelle ces patriotes énergiques ont rempli leur rôle sur la place de Grève. Une foule immense de modérés, de Chouans à la Duhem, d'honnêtes gens et de partisans de la faction dictatoriale de l'opinion publique, les entouraient et leur lançaient, à la vérité, les sarcasmes les plus sanglants. Mais les reproches ne paraissaient pas beaucoup les émouvoir; ils semblaient familiarisés avec la honte, et en effet ils avaient fait leurs preuves. Ils prétendent même qu'il faut que le public s'accoutume à ces sortes de spectacles ; car, disent-ils, leurs confrères doivent avoir à leur tour les honneurs de la séance, pour peu qu'on examine de prés ce qu'ils appellent leur comptabilité.

Ils se sont même amusés à écrire aux plus chauds révolutionnaires des sections de Paris une lettre d'invitation pour être les témoins oculaires de la réaction contre-révolutionnaire qui s'opère aujourd'hui et du courage avec lequel d'anciens Jacobins doivent répondre à l'oppression visible sous laquelle ils gémissent. Nous avons sous les yeux une copie exacte et fidèle d'une de ces circulaires ; elle est ainsi conçue :

RÉACTION THERMroORIENNE [28 novmbbk 17M1 Paris, le 7 frimaire, l'an III de U République.

;at, membre dn ci-devant Comité révolutionnaire de la aecinct-Rouge, au citoyen CochoiK, ci-devant membre du Comité aire de la section Révolutionnaire (ci-devant du Pont-Neuf, evant encore d'Henri IV.)

, frère et ami,

us faire grâce an tribunal criminel du département ; nous en pour une représentation de 6 heures à la Grève ; comme il ainsi que nous, à cette petite correction, nous t'invitons à itude que doit prendre un patriote énci^ique du î septembre, ! cérémonie.

I avant de partir pour Toulon, où nous espérons le voir arrit, frère et ami.

gné ; Pejbat, ci-devanl membre du Comité révolutionnaire du Bonnet-Bouge.

|ue l'emprisonneur, le septembriseur Gochoix, s'est ivitation, et qu'il disait, les larmes aux yeux, à d'an- : « Voyez comme on traite aujourd'hui les meilleurs

ivec impatience le rapport des Comités de gouver- ■éintégration k la Convention des députés que la force lés. On s'étonne avec raison qu'on mette en question si nts du peuple, que la haine de quelques êtres dont on les forfaits avait proscrits, doivent exercer la mission e du souverain. Il viendra sans doute un temps où le les auteurs de cet attentat; en attendant, il a droit de iment la rentrée de ses mandataires, irmeture des Jacohins, les vols et les assassinats defréquents. Hier la boutique d'un marchand bijoutier a t dévalisée au Palais-Égalité ; les voitures publiques sur les grandes routes, et il parait que les Chouans ne lans la Vendée.

I, dit<on, un ofUcier prussien à Paris, qui s'est rendu au Comité de salut public. L'objet de son voyage est le lieu à mille conjectures. Cet ofOcier est reparti pour : rien ait transpiré de la conférence qu'il a dû avoir avec u Comité.

ces jours derniers au théâtre de l'Égalité la tragédie le vers suivant a excité les plus vifs applaudisse-

Punissons en soldat, et non pas en bourreau.

Annales patriotiques et littéraires du 9 frimaire :

Un des membres du Comité révolutionnaire de la section du Bonnet-Rouge, nommé Ollivier, serrurier, demeurant rue du Bac, s^est donné un coup de couteau en sortant de la prison pour monter au tabouret. Sa blessure n'est pas mortelle ; on Ta reconduit à Tinfir* merie de la Force. Cette exposition a attiré à la Grève la moitié de Paris, et les patients ont été couverts des huées de tout le peuple.

SPECTAaSS DU 8 FRIMAIRE.

TRéATRE DES ARTS. — Le Chont du Départ ; Iphigénie en Tauride.

Opbra-Comique. — Renaud d'Ast ; Arasbelle et Va^cos.

Feydeau. — Des Vrais Sans-Culottes ; Paul et Virginie.

Théâtre de la République. — U Auberge pleine ; le Distrait.

Théâtre de l'Egalité. — Spartacus, trag. ; le Commissionnaire.

Lyrique. — Geneviève, op. ; Cange.

Gaité. ^ Au profit des familles des défenseurs de la patrie : Vénus PèUrine; le Nouveau calendrier; Cange; la Fille généreuse, et l'entrée des Sabotiers.

AxBiGu-CoMiQUE. — La Bascule; le Commissionnaire de Saint-Lazare; les Prisonniers patriotes.

Vaudeville. — Le Sour'd guéri; Christophe Dubois; Colombine Mannequin.

Cité- Variétés. — Guillaume Telly trag. ; le Bourru bienfaisant, com., au profit d'une artiste infortunée.

Rapport du 10 frimaire.

L*opinion publique est la même, toujours bien prononcée contre Carrier, les Jacobins et les intrigants de toute espèce.

Les citoyens voient avec peine que Ton ne prend pas de mesures promptes pour mettre un frein à la cupidité des marchands. Malgré tous ces inconvénients, qui sont inhérents aux grandes révolutions, chacun est tranquille et ne cesse de regarder la Convention comme la seule colonne autour de laquelle ils doivent se rallier.

Charpentier, inspecteur, rapporte qu*au café ci-devant Chartres, Maison-Égalité, un orateur, monté sur un tabouret, déclamait contre

285 RÉACTION THERMIDORIENNE [29 novembre 1794] i

autre a succédé, a péroré contre les Jacobins, a dit qu'il fallait les Z

tous les ci-devant Comités révolutionnaires; il a été fort applaudi. Un

poursuivre partout où ils se réfugieraient, et de suite on est sorti en masse pour se porter à la maison du citoyen Dorena(?) Des inspec- ^

teurs présents ont été au même instant prévenir les différents com- j

mandants de la force armée, les inviter à faire circuler des patrouilles pour prévenir les désordres qui auraient pu résulter d'une telle démarche, ce qui fut exécuté avec tant de précaution et d*aclivité qu'on est parvenu à dissiper cet attroupement, et qu'il n'en est résulté aucun l

événement.

Maiily, inspecteur, rapporte qu'un citoyen, arrivant récemment de ;

Prusse, a dit hier au café des Ganonniers, Maison - Égalité, que nos assignats étaient en crédit dans ce pays; cette nouvelle a fait grand plaisir au public

Descoings, officier de paix, dit que les plaintes les plus générales et les plus fortes qu'il a recueillies sont relatives à la disette du bois et >*

du charbon. Le public est mécontent d'entendre dire qu*ii y a une certaine quantité de bateaux de charbon à très peu de distance de Paris, et de voir que Ton n'en fait descendre qu'un à la fois et toujours qu'à deux ports.

Barbamn, Duret.

(Arch. nat., F» Mil, Seine, 14.)

Journaux.

Annales patriotiques et littéraires du 41 frimaire :

Hier au soir, Gollot dUerbois et Billaud-Yarenne, se promenant au Palais-Egalité, furent complètement hués. Duhem courut au Comité de sûreté générale donner avis de ce qu'il appelait une nouvelle ré • voile. On prétend qu'il fut répondu à Duhem qu'il était difficile d'empêcher Collot et Billaud d'être hués.

Petite Feuille de Paris du H frimaire :

La confiance et la galté renaissent peu à peu parmi les citoyens de cette cité; il est vrai que la licence voudrait être aussi de la partie; mais heureusement le gouvernement surveille tous les abus. Avanthier, sans un arrêté du Comité de sûreté générale, qui en a défendu la représentation, on aurait donné au théâtre de l'Opéra-Comique national de la rue Favart l'ancienne pièce de Raoul^ sire de Créquy. On avait oublié sans doute que cette pièce contient des allusions qui peuvent encore être très dangereuses.

On parle quelquefois du fils de Gapet ; Il paraît qu'on s*est ressouvenu que, pour être fils du roi, il n'en est pas moins homme; car on vient de le confier à la garde de trois honnêtes citoyens, dont deux sont chargés de pourvoir à son éducation, et le troisième à ses besoins physiques.

La police a Tair de négliger un peu le nettoiement des rues ; je sais que, presque tous les chevaux ayant été mis en réquisition pour le service de la République, il devient plus difficile qu'autrefois d'enlever les boues. Mais, quand on considère la cherté excessive des souliers, celle du blanchissage et la rareté des fiacres, il parait de la nécessité la plus urgente, de veiller à Tenlèvement des boues, qui, outre les inconvénients que je viens de citer, contribuent encore beaucoup à l'insalubrité de Tair.

Avant-hier, sur les huit heures du soir, CoUot d'Herbois et Billaud- Varenne, qui se promenaient dans les galeries du Palais-Ëgalilé, ont été couverts d'injures et de huées par le peuple, qui les a forcés de s'esquiver à la faveur d'un passage qu'ils ont trouvé dans la boutique d'un marchand.

L'affaire de Carrier est en bon train ; les mânes des nombreuses victimes qu'il a fait égorger vont être bientôt vengés.

Correspondance de Paris et des départements du 10 frimaire :

Paris^ le 9 frimaire. — La plus forte maison de bijouterie du cidevant Palais-Royal a été volée cette nuit; il n'est rien resté dans la boutique. On ne sait pas encore à combien de centaines de mille livres doit être évaluée la perte que fait le citoyen Cabasson.

Un officier prussien est arrivé, ces jours derniers, à PariS; et s'est rendu au Comité de salut public; on ignore l'objet de son voyage.

On assure que le siège de Mayence est commencé et que Luxembourg sera bientôt investi. S'il en faut croire certaines personnes, les écluses de cette dernière ville ont été lâchées, et nous y avons perdu trente mille hommes.

Le fils de Capet profitera aussi de la révolution du 10 thermidor. On sait que cet enfant avait été abandonné aux soins du cordonnier Simon, digne acolyte de Robespierre, dont il a partagé le supplice. Le Comité de sûreté générale, persuadé que, pour être fils d'un roi, on ne doit pas être dégradé au-dessous de l'humanité, vient de nommer trois commissaires, hommes probes et éclairés, pour remplacer le défunt Simon. Deux sont chargés de l'éducation de cet orphelin ; le troisième doit veiller à ce qu'il ne manque pas du nécessaire comme par le passé.

287 RÉACTION THEHMDORIENNE [3a novembre 1794]

On remarque que, dans toutes les discussions qui ont eu lieu à la Convention, Barëre et Thuriot applaudissent pour^ applaudissent contre, et ne se lèvent pour personne.

SPEGTAaES DU 9 FRIMAIRE.

Théâtre des Arts. — > Relâche.

Opéra-Comique. — Le Franc Breton; Raoul de Créquy ou Bathilde et Elou

Feydeau. — Concert.

Théâtre de la République. — Fénelon, trag. ; le Cocher supposé, com.

Théâtre de l*Égalité. — Sélxco ; la Liberté des Nègres, diverl.

Lyrique. — Relâche.

Gaité. — Le Diable boiteux; le Pardon imprévu; le Pari imprudent.

Ambigu-Comique. — La Bascule ; le Commissionnaire de Saint-Lazare les Prisonniers patriotes.

Vaudeville. -^ La Bonne aubaine; Arlequin Joseph; la Gageure inutile.

Cité- Variétés. — Le Nez ; le Danger des liaisons.

Rapport du 11 frimaire.

D'après les rapports, il parait que Paris a été assez tranquille hier. Toujours même opinion contre le Comité révolutionnaire de Nantes et contre Carrier ; on se plaignait dans les groupes des membres qui composent les autorités constituées et qui sont chargés de faire exécuter les lois ; on dit d'eux (et c'est Gendit qui le rapporte) qu'ils sont les premiers à les enfreindre.

Nous ne parlerons plus de la Maison et Jardin Égalité (disent Fion et Niquille); seulement nous croyons qu'il est très instant que Ton prenne des mesures générales de repression pour purger ce repaire de tous les vices.

Descoings, officier de paix, annonce la plus grande tranquillité dans les sections de son arrondissement^ où il n'est arrivé aucun fait particulier. Il observe que, dans les spectacles comme ailleurs, on ne voit que très peu de femmes portant la cocarde, qu'elles répondent avec arrogance aux observations qu'on leur fait.

Dubois, inspecteur, annonce que, 'dans différents endroits, des femmes disaient que ce n'étaient que les Jacobins qui étaient la

cause de ce que les citoyennes portaient des cocardes ; que, depuis ranéantissement de cette Société, plusieurs n*en portaient plus.

Leclerc et Bias, inspecteurs, rapportent que, dans des groupes près la Convention, les esprits étaient tellement animés que quelques citoyens disaient qu'il n'était plus possible de vivre, vu la cherté des denrées en général; qu*ils déclamaient contre les Commissions^ contre ceux qui tenaient les rênes du gouvernement; que cette excessive cherté sur tous les objets nécessaires à Thomme ne pouvait que dégoûter le peuple du règne républicain; que les lois sur le maximum n'étaient pas exécutées ; que Ton payait des commissaires de police qui n'entendaient point leurs fonctions ; que les cochers de voiture de place devenaient plus insolents que jamais, et exigeaient un salaire arbitraire ; qu'un essaim de voleurs est venu tomber sur Paris ; que les femmes publiques, non seulement nuisaient à la santé publique, mais qu'elles étaient encore les receleuses de ces voleurs.

Desseuille, ofQcier.de paix, se plaint de la retenue que Ton fait sur les rentes; il dit que des vieillards disaient à ce sujet qu'ils ne pouvaient plus travailler et qu'ils ne possédaient que six cents livres, somme trop modique pour pouvoir exister.

Loctave dit qu'au Jardin national il y avait plusieurs groupes, que Ton y disait que les lois n'étaient pas assez sévères pour punir les coquins et les voleurs. Dans d'autres, on y parlait des subsistances : les uns disaient qu'on payait les souliers vingt livres ; d'autres qu'ils avaient fait huit lieues sans pouvoir trouver du pain, qu'il n'était pas possible de vivre^ et que cela ne pouvait durer longtemps. On se demandait quels sont ceux qui surveillent les subsistances ; plusieurs répondaient que c'étaient des agents, dont tous faisaient gros corn* merce. Enfin le peuple n'est pas tranquille sur cet objet.

Muzeux, inspecteur, déclare qu'il a vu passer à la barrière de la Chapelle beaucoup de citoyens et citoyennes avec chacun un pain de cinq livres, qu'il a demandé si l'on avait le droit de passer du pain aux barrières, qu'on lui a répondu que l'on pouvait en passer un par chaque personne. Il en résulte, d'après ce grand abus, qu'il peut sortir Un nombre infini de pains

Bocquet-Destournelles, Therouenne*.

(Arch. nat., F * « III, Seine, 14.)

1. En marge : « Cit. Lefranc. — Lire ce rapport qui nécessite encore une lettre à la Commission de police pour demander ce qu'elle fait pour remédier aux abus dont elle rend compte. — 12 frimaire. »

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289 RÉACTION THERMIDORIENNE |30 novembre 1794]

Journaux.

Courrier républicain du 12 frimaire :

Du il frimaire. — Les écrits les plus violents continuent, à circuler contre trois personnages connus, membres de l'ancien Comité de salut public. Les colporteurs les proclament dans toutes les rues, dans toutes les places, et sous les yeux même de ceux contre qui ils sont dirigés. Mais ce n*est pas seulement les écrits qui prononcent anathème contre Barère , Billaud-Varenne et CoUot d'Herbois : nonidi dernier, on a entendu au Palais- Égalité des cris très prononcés contre ces trois représentants.

Journal de Perlei du 12 frimaire :

Depuis que la tyrannie ne tient plus à sa solde une foule d*étres immoraux, de scélérats qui la secondaient par tous leurs moyens, depuis qu'ils sont chassés des fonctions qu'ils avaient usurpées, et où ils pillaient, rançonnaient, arrêtaient et assassinaient leurs concitoyens, plusieurs d'entre eux semblaient avoir repris leur ancien métier. Aussi entend-on depuis quelque temps citer plus de meurtres commis sur les grandes routes et autour de Paris. Les vols deviennent aussi plus fréquents.

C'est à la police à redoubler de surveillance et d'activité pour ne pas laisser aux malveillants ce moyen de calomnier le règne de liberté reconquise.

Quelques patrouilles, le soir, dans les rues et dans les. quartiers les plus isolés, des escouades de gendarmerie répandues avec intelligence et en certain nombre sur les grandes routes et surtout la nuit, aux environs de Paris, la loi des passeports observée avec plus de soin, suffiraient pour prévenir des malheurs.

Avant*hier, à dix heures du soir, un citoyen sortant d'une boutique, rue Montorgueil, fut assailli par un homme qui lui donna plusieurs coup de couteau. L'assassin s'est enfui.

Des voleurs se sont introduits, une des dernières nuits, dans la boutique d'un marchand bijoutier, Maison-Ëgalité. Cette boutique était richement garnie : ils l'ont entièrement vidée ^

SPECTAaES DU 10 FRIMAIRE.

Théâtre des Arts. — Orphée et Eurydice; le ballet de Télémaque. 0?iKA-CoMiQVE. -^ Barhe-Bleue ou le Tyran puni; les Détenus ou Cange,

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