‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire. Recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à Paris (volume 2)Chapitre 80 sur 138 · Voir plus haut, p. 339, note · texte numérisé non relu

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375 HÉACTION THEUMIDORIENXE [9 janvier 1795]

« encore de faire ce rapport, cl qu'il est possible que, malgré les dispositions « favorables des Comités, on ne puisse pas le faire encore de plusieurs dé- « cades. En cet état, ils prennent la liberté de représenter au Comité que le « plus grand nombre d'entre eux, n'ayant pour subsister que leurs talents, « ayant été mis hors d'état de les exercer pendant près d'une année, et ayant « contracté des dettes, éprouvent la plus grande gêne. De cet état de dé- M tresse, il résulterait que plusieurs, ne pouvant résister plus longtemps, cher- « cheraient à se placer et prendraient des engagements séparés, ce qui dé- « composerait leur association et détruirait la réunion qui est nécessaire à « l'art, et que les Comités paraissent vouloir conserver. Un moyen s'offre en u ce moment, qui obvie à ces inconvénients. Les directeurs du théâtre de la « rue Feydeau leur proposent de les employer tous jusqu'à ce qu'il ait été (< statué sur eux. Les artistes ne prendront que des engagements conditiont< nels, subordonnés entièrement au travail des Comités. Par là ils auraient « les secours nécessaires, la réunion serait conservée, et les vues des Comités « ne seraient point contrariées. Ils ont cru ne devoir rien conclure sans « l'avoir exposé au Comité d'instruction publique. » Le Comité arrête la mention de cette déclaration au procès-verbal. 19 nivôse an III. »

Rapport du 21 nivôse.

Esprit public. Groupes et cafés. — Le sujet des conversations a été la discussion relative au décret sur les émigrés • ; il paraît que le peuple ne verrait pas avec plaisir les exceptions à cet égard et qu'il en craindrait les suites ; il n'est pas plus satisfait du décret qui permet la sortie du numéraire * ; Taugmentation démesurée des denrées est le point d*appui sur lequel il se fonde , les malveillants cherchent à propager son inquiétude.

Dans le café Payen, des citoyens du département du Puy-de-Dôme et de la Creuse s'entretenaient de la mauvaise qualité et de la cherté du pain dans ces contrées : on en est réduit à un quarteron de pain pour deux jours. Ils reprochaient son égoïsme à la commune de Paris, qui, pour les subsistances, met à contribution tous les départements, et n'en veut pas laisser sortir pour les communes environnantes, qui sont dans la plus grande disette.

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