CLXXVIII
Rapport du 3 pluviôse*
Esprit public. Groupes et cafés, — « La journée d*hier s'est passée dans la plus grande tranquillité jusqu'à six à sept heures du soir, où les jeunes gens, habitués du café de Chartres, se sont réunis, ainsi qu'ils l'avaient projeté; un d'eux, prenant la parole, a dit : « Je viens de dîner chez Février avec nos frères du faubourg Antoine; ils se rendront , avec le mannequin , dans dix minutes. » Peu de temps après, deux ou trois cents personnes se rassemblèrent dans le Jardin- Egalité, avec un mannequin qu'ils dénommèrent Jacobin, portant une perruque noire et un bonnet rouge sur la tète, une bourse et un portefeuille dans une main, et une torche dans l'autre ; dans ce rassemblement, éclairé par une demi-douzaine de flambeaux, un d'eux prononça un discours et entonna ensuite plusieurs chansons dont les assistants répétaient en chœur le refrain ; de là ils partirent en masse et se rendirent en premier, et avec beaucoup d'étalage dans leur marche, à la place de la Réunion, où ils insultèrent à la mémoire de Marat, de là à la cour des Jacobins, où le mannequin fut brûlé. Les cendres furent ensuite mises dans un pot de chambre et jetées dans Tégout Montmartre, lieu, disaient-ils, qui devrait être le Panthéon de tous les Jacobins et de tous les buveurs de sang. Une citoyenne, à qui cette marche parut être au moins dangereuse, prononça un peu hautement son opinion ; elle fut fouettée avec beaucoup d'indécence et après les plus horribles vociférations. On a entendu un citoyen dire, au sujet de cette femme fouettée : « Si on maltraitait ainsi ma femme, je me ferais justice moi-même, puisqu'à cet égard les lois se taisent. »
Commerce, — Guérin, Lassiot, Launay et autres rendent [compte] qu'à deux heoresi ouverture du port de l'Ile Louviers, il y avait au
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moins deux mille personnes pour ayoii' les quatre bûches pour quinze sols que le citoyen Sadras est chargé de distribuer; il leur a été impossible d'arrêter le désordre; la réserve de la ville, qu'ils ont requise, s'est trouvée trop faible pour leur fournir du monde ; le marchand et la marchande de bois ont pris la fuite de peur. Le public a voulu forcer les inspecteurs à recevoir l'argent et de continuer la vente. Sur leur refus, ils ont manqué d*é(re assassinés et se sont vus forcés de fuir ainsi que le commissaire de police. Dans ce moment le public se servait lui-même. Cependant, sur les cinq heures, il est survenu un renfort, et ils sont parvenus à faire cesser le pillage du bois.
Chez une fruitière, rue de la Verrerie au coin de celle du Coq, on vendait des petits fago(6 30 sols pièce ; on a été obligé d'appeler la garde pour y maintenir le bon ordre.
Le 2 et 3 pluviôse, il est arrivé pour Tapprovisionnement des halles 259 voitures de différentes denrées et 12 de marée.
Surveillance. — Baron et Genêt rendent compte du brûlement d'une enseigne portant : Café des Jacobins, par des jeunes gens qui l'ont payée 15 livres
Au Jardin-Ëgalité on a crié : A bas Duhetnl en dansant autour du feu qui brûlait l'enseigne ci-dessus; un jeune homme, ayant un pistolet à la main, cherchait dans les groupes des Jacobins, en disant qu'il voulait les tuer.
Bance annonce qu'il y a eu peu de rassemblements aux portes des bouchers.
Dans les cabarets rues de Lourcine, Mouffetard et Jacques, les ouvriers ont bu à la santé de la République et crié : Vive la Convention! Le peuple est satisfait de la livraison des falourdes faite aux indigents.
Au théâtre de la République on a donné Virginie, Par son silence le peuple a témoigné son indignation contre les projets des décemvirs pour perdre la liberté de Rome.
Georges et Dubois indiquent un bal rue des Boucheries, faubourg Germain, où se réunissent beaucoup de jeunes gens de la première réquisition. Ce bal est surveillé.
Caillouet annonce qu'il y a eu hier dîner fraternel entre les habitués du café de Chartres et des citoyens du faubourg Antoine.
HaNNOGQUE-GUÉRIN , DUCHAUFFOUR.
[Arch. aat, F ^ « III, Seine, 15.)
RÉACTION THERMIDORIENNE [21 janvier 1795]
Journaux.
Messager du soir du 4 pluviôse : « Paris^ le 2 pluviôse. Le jour de la translation du bénin ami du peuple au Panthéon, un député, homme d'État, fit la facétie suivante :
Le dernier jour de Tan second, La justice nationale Fit mettre hors du panthéon Mirabeau, le Caméléon; Dedans, Marat, le cannibale.
Oh ! des décrets Theureux accord :
Après sa pompe triomphale, Marat entre et voit comme on sort.
M Hier, une députation de la section de Montreuil est venue fraterniser avec les citoyens du Jardin-Égalité. Ils doivent revenir ce soir avec un grand nombre de citoyens des faubourgs, pour assister à la cérémonie du mannequin qui, après avoir été exposé à la vénération publique, sera conduit avec pompe au Palais-National, où on lui fera faire amende honorable : de là, conduit au charnier des Jacobins, on en fera un autodafé devant la porte de Tantre; enfin ses cendres seront recueillies avec soin et rapportées avec un saint recueillement à Tégout Montmartre. » — Narrateur impartial du 3 pluviôse : « La même société qui s'est assemblée dernièrement chez Février s'y réunit encore hier ; le nombre des convives était augmenté par un députation des faubourgs ; on remarquait avec plaisir le commandant et le président de la section de Montreuil. La fraternité la plus franche animait ce repas, égayé par des chansons patriotiques ; on porta un toast aux mânes des martyrs de la liberté, et notamment à ceux de Le Peletier, assassiné dans la maison même où se tenait le repas, et à ceux de Pierre Ollivier, victime de son dévouement à la Convention et de la rage liberticide d'un Jacobin. Les citoyens des fau« bourgs, après avoir remercié leurs jeunes frères, presque tous habitués du café des Canonniers, les invitèrent à se réunir nonidi au Cadran bleu, sur le boulevard, pour y entretenir, par des réunions civiques, l'esprit de concorde et d'amitié qui doit régner parmi tous les citoyens. Entre les chansons faites pour cette petite fête, on remarque celle-ci :
Air : Le plaisir qu*on goûte en famille.
Voici Tinstant de terminer Notre banquet patriotique; Mais il faut, pour le couronner, Entonner un refrain civique.
Invoquons de la liberté La sensible et touchante fille ; Descends, douce fraternité, Viens voir un repas de famille.
Des faubourgs, braves habitants, Chacun de nous est votre frère ; On nous fit oublier longtemps Que nous avions la même mère :
Embrassons-nous, et que toujours, Chez nous, la fraternité brille :
Ah I que la ville et les faubourgs Ne fassent plus qu'une seule famiUe.
Indulgence pour les erreurs, Mais prompte vengeance des crimes ; N'épargnons point les égorgeurs De tant d'innocentes victimes.
Chaque jour un crime nouveau Pour eux n'était qu'une vétille; Proscrivons-les, qu'aucun bourreau Ne soit admis dans la famille.
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Trois mille citoyens se réunirent ensuite au Jardin-Égalité. Ils entouraient un mannequin représentant un Jacobin, avec une perruque noire surmontée d'une couronne; il était revêtu d'une chemise rouge, portait d'une main un poignard, de l'autre un verre plein de sang et un portefeuille a demi-caché ; on se remit en marche vers les sept heures ; plusieurs torches éclairaient le cortège, qui passa par la rue Honoré, la rue Nicaise, et s'arrêta devant la salle de la Convention. Là, on fit faire amende honorable au Jacobin ; on reprit alors la rue Honoré, on fit une station devant la porte de Vadier, on arriva enfin dans la cour des ci-devant Jacobins. Un jeune citoyen, élevé sur une hauteur, prit la parole et dit : « Les monstres que tu représentes ont trop longtemps égorgé et » volé le peuple, le jour de la vengeance est arrivé. Au nom du peuple souve- }) rain, je te condamne à être brûlé ; tes cendres infâmes seront ensuite jetées » dans un égout. » Cet arrêt fut accueilli par les plus vifs applaudissements et exécuté de suite ; des rondes se formèrent autour du mannequin incendié, les cris de Vive la jitstice I vive la République et la Convention ! se mêlaient dans les airs à la fumée la plus épaisse. Quand le brasier fut consumé, on recueillit les cendres dans un vase qui n'était rien moins qu'une urne étrusque ; on se porta à régout Montmartre, on y jeta les cendres et on y attacha un écriteau portant ces mots : Panthéon des Jacobins, Cette gaîté patriotique fut terminée par des chants et des cris de Vive la Convention et la République ! à bas les Jacobins, les buveurs de sang et les Royalistes!» — Voir aussi le Journal de Perlet du 5 pluviôse.
Courrier républicain du 4 pluviôse : « 3 pluviôse. On a continué, dans la soirée d'hier, la fête préparée et commencée le matin. Un mannequin à double face, l'une couronnée et l'autre jacobite, a été porté dans la trop fameuse cour des Jacobins, en face du lieu des séances de la Société-mère. Malgré l'extrême rigueur du froid, cinq à six mille personnes remplissaient la cour et refluaient jusque dans la rue Honoré. Du milieu, des cris toujours répétés : Vive la République, vive la Convention nationale ! Une voix s'est fait entendre et a demandé la parole au nom du peuple; tout le monde ayant fait silence, l'orateur s'est adressé au fantôme jacobin, et a débité d'abondance une espèce d'acte d'accusation, dont voici l'extrait, du moins approximatif : « Je t'accuse d'avoir, pendant quinze mois, ravagé, pillé la République, incarcéré les citoyens et assassiné le peuple français. Je t'accuse d'avoir voulu te porter en masse à la Convention nationale pour la dissoudre, en égorger les membres et réduire ainsi la nation française à la plus honteuse servitude. Je t'accuse de t'étre opposé aux décrets bienfaisants rendus par la représentation nationale, en faveur des citoyens détenus, contre toutes les lois de la justice, contre tous les principes de la raison ; et, pour empêcher l'exécution de ces décrets, d'avoir appuyé l'adresse séditieuse de Dijon et autres écrits de cette nature et de leur avoir donné la plus grande et la plus scandaleuse publicité. Je t'accuse d'avoir pris hautement la défense du scélérat Carrier et déclaré que tu lui ferais un rempart de ton corps. Je t'accuse, enfin, de toutes les calamités qui ont accablé et qui accablent encore la France, car elles sont toutes à toi. En réparation de quoi je requiers, que tu sois brûlé vif, devant le lieu même qui a été le principal théâtre de tes forfaits. » Aussitôt des cris d'un assentiment unanime se sont fait entendre ; un petit bûcher était déjà préparé, et le pitoyable mannequin y a été jeté, toujours au milieu des mômes cris : A bas les Jacobins, les terroristes, les royalistes ! Vive la RépubliqtAe ! vive la
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Convention nationale! Avant son jugement, la figure à double face avait été portée devant le lieu des séances de la Convention, où on lui a fait faire un simulacre d*amendc honorable. La brûlure étant terminée, on a ramassé dans un pot-de-chambre, les cendres qui en étaient provenu es et un détachement de jeunes gens est allé les jeter dans Végout Montmartre. Sur leur route, ils ont rencontré une femme qui s'est permise de dire que ceux qui insultaient ainsi aux Jacobins étaient des gens payés. Cette observation, au moins extrêmement imprudente, lui a valu le fouet, qui lui a été appliqué par trois fois, sans que ses cris perçants eussent pu lui faire obtenir ni secours ni grâce. Au Jardin-Égalité on a aussi allumé un feu de joie, autour duquel le peuple a dansé la Carmagnole^ dont les Jacobins ont encore fait tous les frais. Au café de Chartres, le citoyen Gaveaux, acteur du théâtre de la rue Feydeau, a chanté, sur la demande du peuple, une chanson contre les terroristes*, dont les pensées sont extrêmement fortes. Au surplus, elle a produit le plus grand effet, et, au son de cette musique, on s'est de nouveau promis de poursuivre sans relâche les coupables auteurs de nos maux. Ces citoyens se sont aussi engagés à demander que cette chanson fût chantée sur tous les théâtres. — Le second numéro de Y Accusateur public, par le citoyen Richer Serisy, vient de paraître. Ce numéro justifie la haute idée que nous avions conçue des talents de Tauteur. Il est écrit avec cette noble sévérité, cette courageuse indépendance qui n'appartient qu'aux hommes de génie. » — Gazette française du 4 pluviôse : « Paris, 3 pluviôse. Hier, le peuple parisien a manifesté sa haine pour les terroristes et les buveurs de sang. Dans l'égout de Montmartre, on a brûlé un mannequin représentant la personne d'un Jacobin ; cette cérémonie s'est faite aux acclamations d'une foule nombreuse de républicains. Une femme s'est permis de troubler la fête en disant que les brûleurs de Jacobins étaient payés : elle a été sur-le-champ saisie et traitée à la manière de madame Crassous. — A six heures du soir, au Palais-Égalité, un terroriste en mannequin a de nouveau excité la curiosité et la risée du public. Un auquel on donnait successivement le nom de Robespierre, de Billaud et de Collot, etc., a été transféré de la Maison-Égalité à la porte de la Convention, pour faire amende honorable, et de là on l'a porté devant la salle des ci-devant Jacobins, où il a été brûlé. Cette translation a été accompagnée de trois à quatre mille personnes, aux cris répétés de Vive la Convention! vive la République ! A bas les Billaud, etc.! A bas les Jacobins et les buveurs de sang ! »
Rapport du 4 pluviôse.
Esprit public. Groupes et cafés. — Leroy jeune rend compte qu'à trois heures et demie, au pont de l'Ëgalité, deux patineurs ont été enfouis sous la glace.
i. Il s'agit du Rétml du peuple. Voir plus haut, p* 410,
Laine rapporte qu'au café de Foy, où il y avait beaucoup de inonde, on s'entretenait avec enthousiasme des victoires éclatantes remportées sur les Hollandais^ en donnant aux peines qu'endurent nos frères d'armes, dans une saison aussi rigoureuse, tout le prix qu'elles méritent.
On plaint beaucoup nos frères des départements ; les lettres qu'on reçoit de divers endroits annoncent qu'ils manquent de pain et sont réduits à la plus grande misère, et qu'il est bien urgent que la Convention nationale vienne à leur secours.
Gendet annonce qu'au café des Ganonniers, les conversations roulaient toujours sur les Jacobins, qu'un particulier dit qu'à Lyon ceux qui étaient connus pour avoir été Jacobins étaient jetés dans le Rh6ne, quand ils sont attrapés par les jeunes gens.
Un autre disait qu'une citoyenne de la section Le Peletier, désignée par plusieurs particuliers comme Jacobine, avait été frappée et ensuite volée de tout ce qu'elle avait dans ses poches.
Spectacles. — Ghatou rapporte qu'au théâtre du Vaudeville, il a été chanté des couplets de félicitations sur les victoires remportées par Tarmée du Nord. Ces couplets ont été très applaudis.
Au théâtre de la rue Favart, le busle de Marat^ placé sur l'avantscène, a été cassé et jeté dans les puits, faisant partie de la décoration de la pièce du jour. On en a replacé un autre avant le lever du rideau. Malgré les recherches faites sur-le-champ, on n'a pu découvrir l'auteur.
Laine rapporte qu'au théâtre des Arts, on a jeté sur le théâtre deux billets. Le public en a demandé la lecture, ce qui a occasionné un peu de tumulte ; mais un artiste est venu dire que ce qui avait retardé cette lecture, c'est que l'officier civil, conformément à la loi, devait prendre lecture de ces écrits. On a demandé Cheron pour les lire, et il est venu dans l'instant. Ces billets, qui contenaient des vers contre les terroristes et les buveurs de sang, ont été applaudis ; on a demandé qu'ils fussent mis en musique et chantés aiyourd'hui au théâtre Favart.
Commerce. — ...Lassiot; Brunel, Launay, Bienvenu et autres se sont transportés à sept heures du matin à Tiie Louviers ; la vente n'était pas encore coiçmencée à onze heures. Le public a voulu les forcer de recevoir le montant des quatre bûches qu'on distribue à chaque citoyen; ils s'y sont refusés. Deux cents citoyens ont déclaré qu'ils allaient se transporter à l'Agence des subsistances. Au moment de leur départ, partie de la force armée s'est retirée sans rien dire. Alors le public s'est servi lui-même ; c'était un pillage abominable.
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417 REACTION THERMIDORIENNE [22 janvier 1795]
Enfin, sur les trois heures et demie, il a été impossible aux inspecteurs dy résister davantage; la garde a été forcée, les receveurs du prix du bois et les préposés de TAgence des subsistances se sont retirés. Des gendarmes et canonniers, qui auraient dû faire respecter les propriétés et maintenir le bon ordre, se sont, au contraire, précipités avec la foule sur le bois et en ont emporté comme les autres citoyens
Moulinet et Buisson rapportent que plusieurs cito^^ens avaient acheté à la porta Antoine des perches pour les brûler, les avaient attachées avec des cordes et les traînaient le long des boulevards, en criant par dérision : Vive la République!. • . .
Les Halles sont très peu fournies en légumes ; les grands froids en sont la cause. Il est arrivé :
Le l** pluviôse 567 liv. de beurre, 27,850 œufs, 297 douz. fromages Le 2 — 7,987 — 5,950 — 25 —
Le 3 — 37,456 — 10,500 — 60 —
Surveillance. — . . .Au café Procope on paraissait craindre que la proposition d'une loterie pour retirer les assignats de la circulation ne fit revivre les autres loteries.
Valquier a surveillé le faubourg Martin, où on avait tenu des propos tendant à attaquer les Jacobins et les citoyens qui portent les cheveux en rond.
Chevalier annonce que la séance de TEcole normale s'est passée avec tranquillité; les élèves ont arrêté une adresse à la Convention.
Pilfer annonce que les citoyens bénissent la Convention sur son décret qui ordonne la remise des effets engagés au Mont-de-Piété audessous de 100 livres.
.. .Une lettre écrite à ses parents par un jeune homme, qui est k l'armée du Nord, dit que, sur cinq factionnaires, dont l'écrivain était un, quatre sont morts de froid. Une pareille lettre peut répandre des inquiétudes dangereuses sur les suites d'une campagne d'hiver.