Il s'agit des comédiens de lex-théâtre de TÉgalité
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qui fomentent la désunion et sont les moteurs des troubles qui exis*» tent même dans les spectacles.
Legrand rapporte qu'à six heures du soir, au café des Canonniers^ un jeune homme lisait un papier ayant pour titre : Adresse à la Jeunesse de Paris, pour être présenté à la Convention nationale, dont il n*a pu entendre les motifs, mais qui a été très applaudi ; Torateur proposait de la faire présenter le jour que Duhem paraîtrait à la Convention.
Fargues rapporte que, dans un café, plusieurs ouvriers étaient à boire et disaient : « Comment la Convention veut-elle que nous vivions? Ton supprime nos travaux dans une saison aussi dure ; les maîtres veulent diminuer nos journées dans un moment où tout est hors de prix, mais cela finira. » Ils se sont séparés en disant « Prenons patience, il faut espérer que Ton mettra ordre à cela. »
Spectacles. — Au théâtre de la République, il a été jeté un papier contre les Jacobins ; après la lecture on a crié : A bas Marat! Ce tumulte a duré environ un quart d'heure ; à la fia de la petite pièce, Ton a jeté sur le théâtre un nouveau papier, dont on n'a pas voula donner lecture.
Au théâtre du Yaudeville le public a été très tumultueux; ce mou* vement a eu lieu parce que le commissaire n'a pas voulu permettre la lecture de deux billets que Ton avait jetés ; il a parlé au nom de la loi, mais on n'a pas voulu l'écouter. Un acteur est vena ensuite chanter des couplets contre les Jacobins, et le bruit a recommencé; on a demandé de nouveau la lecture des deux billets; le corn'* missaire a été forcé de reparaître et de dire qu'il avait juré de défendre la loi, qu'il ne pouvait en permettre la lecture ; enfin le calme s'est un 'peu rétabli.
Commerce. — Pierre annonce que plusieurs boulangers des see* tions de Hontreuil et de Popincourt n'ont point, eu assez de paio pour leurs pratiques ; notamment celui rue de la Roquette, n^* 3, a diè. avoir renvoyé sans pain soixante de ses pratiques. Ceci fait craindre que demain il n'y ait^des queues aux portes des boulangers
OUlvier a vu former des queues aux portes des boulangers des sections des Lombards et des Marchés, mais il est parvenu à les dissi-^ per ; cette inquiétude provit^nl de ce que hier, de très bonne heure, plusieurs boulangers n'avaient plus de pain. Il y a des boulangers qui se plaignent de ce qu'on leur donne un sac de farine ^de moins qu'à l'ordinaire; d'autres «lisent que, faute de bois, ils sont obligés de cuire une fournée de moins par jour
Semé et Gruet rendent com,>te qu'au chantier du citoyen Favreux^
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quai d'Orsay, où il y a par jour vingt voies de bois à répartir entre quatorze sections, le manque de voitures cause beaucoup de tumulte; Gruet et Thénard ont passé la nuit dans ce chantier
La distribution du pain, dit Pipelard, s'est faite sans foule chez les boulangers des sections des Droits de Thomme et de l'Indivisibilité ; cependant beaucoup de citoyennes se sont plaintes de n'avoir pas reçu leur pain. Le citoyen Gagé, boulanger, a cédé un sac de farine au citoyen André, de la rue Antoine, qui n'avait pas assez de farine pour contenter ses pratiques.
Le citoyen Balby, boulanger, rue des Droits de l'homme, s'est permis de dire au public que, si on ne lui envoyait pas de farine, il n'aurait pas de quoi faire des réserves ; ce propos a excité des murmures de la part des citoyens, et ledit Balby est mandé à la Commission.
Bienvenu et Delahaye se sont transportés chez les boulangers des sections du Temple et des Gravilliers; la distribution s y est faite avec ordre et tranquillité; plusieurs de ces boulangers se plaignent d'avoir reçu hier un sac de farine de moins qu'à l'ordinaire. La citoyenne Scélée, boulangère, rue Transnonain, n<^ 29, a manqué de pain à neuf heures du matin ; conséquemment beaucoup de ses pra* tiques n'ont pas pu en avoir. Elle a manqué de farine pour faire ses levains. H est à craindre que ceci ne cause du tumulte, attendu que plusieurs personnes disaient qu'on serait obligé d'aller chercher son pain de grand matin.
Surveillance. — Bétrémieux et Simon annoncent qu'au café des Canonniers, il y a eu un grand rassemblement de jeunes gens dont plusieurs ont été incarcérés. On menaçait de poursuivre les artistes Laïs et Fusil, et de leur intercepter tout accès dans les théâtres de la nation, l'un pour avoir été membre de la commission temporaire de Bordeaux, l'autre pour avoir été de celle de Lyon.
Pasquis annonce que la Société des Cordeliers va se réorganiser à Marseille, qu'il y a trois cents personnes pour l'établir, que personne n'y sera admis sans être bien épuré, et qu'on ne se laissera pas influencer par des intrigants.
Cheruel annonce qu'à la porte des boulangers les mécontents disent que les farines manquent à Paris
La prise de la Hollande, dit Cordebard, donne l'espoir le plus flatteur de voir diminuer le prix des denrées et régner l'abondance, si le courage de nos défenseurs est secondé par le zèle des administrations
HORNIN, ROUCUAS.
(Arch. nat., F « c m^ Seine, 15.)
437 RÉACTION THERMIDORIENNE [30 janvier 1795]
Journaux.
Courrier républicain du 13 pluviôse : « 42 pluviôse, ... Le douloureux ressouvenir des forfaits commis par les buveurs de sang a occasionné hier soir quelques légers mouvements au théâtre de la République. On y jouait .Tarlu/fe, pièce de Molière, où Tauteur a peint en style de flamme les crimes des hypocrites. Après la pièce, on a jeté sur le théâtre des vers contre la faction des Jacobins. Us y ont été lus au bruit d'applaudissements unanimes. Des voix nombreuses se sont ensuite fait entendre pour demander que Marat fût chassé de la salle, dont il n*a pas, disait-on, payé Tabonnement. Cette motion a souvent été répétée, et quelques personnes y ont ajouté celle de jeter Y Ami du peuple dans Tégout Montmartre. Enfin, une femme a dit qu'on ne devait pas ménager Teffigic de celui qui avait demandé des millions de têtes ; mais un citoyen s'est levé dans un coin du parterre, où il a obsené qu'il fallait se méfier de ces motions, qui souvent cachent le venin le plus dangereux de l'aristocratie, et qu'il fallait attendre que la loi se fût exprimée sur le compte de Marat. Cette obsen'ation a été fort applaudie, et la petite pièce a commencé. Lorsque la toile a été sur le point de descendre, on a jeté une chanson sur le théâtre, qui a été lue par l'un des acteurs. C'était aussi une petite esquisse des crimes commis par l'une des plus exécrables factions qui aient jamais ensanglanté le monde. D'autres vers ont encore été jetés sur la scène ; mais, l'acteur ayant observé qu'ils contenaient des personnalités et que l'officier de police ne permettait pas qu'on les lût, les spectateurs se sont retirés en applaudissant. » — Abréviateur universel du 12 pluviôse : « PariSj 4i pluviôse. Le 3 nivôse, la rivière prise aux basses eaux de 1719. Il n'y a pas eu de vérification par ce même motif, jusqu'au 11 pluviôse, et à 2 heures de l'après-midi du même jour, elle était à 3 pieds 6 pouces. A 11 heures du soir la débâcle s'est manifestée; le 10, à 2 heures et demie du matin, elle est partie au pont de la Tourncllc par l'effet de la Marne seulement. A 8 heures du même jour, elle était à 9 pieds ; à iO heures à 11 pieds; à 3 heures de l'après-midi, 10 pieds 6 pouces. A 6 heures du soir, la débâcle de la Seine s'est manifestée ; à 7 heures, elle est passée au pont de la Tournelle, et la rivière avait 11 pieds et demi. A 8 heures, 13 pieds 6 pouces, et à 11 heures, 16 pieds et demi. La débâcle a cessé entre 11 heures et minuit. Le 11 pluviôse, à 8 heures du malin, la rivière est à 14 pieds. La débâcle de 1789 a duré du 16 au 21 janvier, et les plus grosses eaux n'ont monté qu'à 12 pieds 6 pouces. Fiot, vérificateur de l'éliage. « — « On raconte qu'un cafetier de Paris, obligé de payer 50 francs à des charretiers, pour le transport d'une voie de bois, les voyant s'amuser à boire chez lui des petits verres^ alla prévenir la garde de ce qui pourrait arriver, taxa les charretiers à 10 francs le petit verre, en leur soutenant qu'il n'y avait pas plus de maximum pour ses marchandises que pour leurs peines, leur tint tête, les traduisit devant le juge de paix, et que le juge, convaincu de la justesse de raisonnement et de la justice de la compensation que faisait le cafetier, n'exigea de celui-ci que 10 francs pour solde de tout compte, le prix des quatre petits verres et cette somme équivalant aux 50 francs exigés par les charretiers. Nos ci-devant économistes n'auraient jamais deviné que la liberté indéfinie pût donner lieu à de pareils calculs. »
[3i JANVIER 1795] RÉACTION THERMIDORIENNE 438