IMDCXXXV 11 VENTOSE AN VU (1" MARS
Journaux.
Moniteur universel du 12 ventôse : « ....La police a saisi ce matin un ouvrage intitulé le Russe à Paris, dont l'auteur, Leclerc (des Vosges), a été arrêté. L'édition entière a été confisquée, à l'exception de quelques exemplaires distribués à des personnes qui, à ce que l'on prétend, ont été plus qu'indiscrètes. ...»
MDCXXXVI
Rapport du bureau central du même jour.
.. .Journaux. — Il n'est rien, dans les feuilles périodiques de ce jour, qui soit de nature à provoquer l'attention particulière de l'autorité ; on excepte de cette observation le journal te Messager des relations extérieures ; l'article République française est toujours intitulé France, ce qui peut passer pour une obstination, puisque des journalistes patriotes en ont déjà fait la remarque ; mais on croit plus essentiel encore de noter cette phrase sur l'adoption du projet d'Ormoy, passé au Parlement anglais. « C'est ainsi, ajoute le Messager, qu'on conserve au milieu d'un peuple fier et jaloux de son indépendance les illusions de la liberté. Et cette pensée au moins le console.
40J DIRECTOIRE EXÉCUTIF [3 mars 1799]
Malheur au jour où ses yeux croiront s'ouvrir à la lumière ! » 11 est clair, d'après celte exclamation, qu'un peuple ne peut être heureux que flans le plus honteux esclavage. — Lorsque, dans cette même feuille, on annonce quelques changements parmi les souverains étrangers, on est très scrupuleux à donner tous les titres ; aussi aujourd'hui dit-on : « Son Altesse Sérénissime l'Électeur Charles-Théodore étant mort, on a proclamé son successeur Son Altesse Sérénissime monseigneur Maximilien, etc. », tous les mots brillants qui flattent les oreilles des bons amis de la royauté. — Les journaux du Palais, la Clef du Cabinet et la Gazette de France, parlent du jugement qui acquitte le nommé Metzge, sur l'imputation d'avoir voulu avilir dans un écrit la représentation nationale ; ils s'accordent à ne pas considérer ce citoyen comme exempt des reproches qui l'ont amené aux pieds des tribunaux, et à dire que l'extrême rigueur d'une loi dont l'application répugne toujours aux jurés * est seule cause de ia mise en liberté de l'auteur du libelle.
Lasalle, Lessore.
(Arch. nat., BB ^ 89.)
IMDCXXXYII
PiAPI'ORT rRÉSEXTÉ AU D[RECT0IRE EXÉCUTIF PAR LE MLMSTRE DE l'i.\- TÉRIEUR, LE 13 VENTOSE AN VII.
La nécessité de donner à l'institution des fêtes décadaires plus de solennité a été généralement sentie. Les fêtes ont pour but de tourner au profit de la liberté et de la morale ce besoin vif et impérieux de la sociabilité qui porte les hommes à se réunir et à confondre leurs sentiments et leurs plaisirs.
La théocratie s'était emparée de ce ressort : les fêtes religieuses opposent encore l'attrait de leurs prestiges et de l'habitude à la puissance de la nouveauté, à la puissance de la raison, qui doivent assurer le triomphe des institutions républicaines.
Je me suis occupé de rechercher et je compte vous proposer incessamment les moyens d'exécution propres à imprimer le mouvement à Celle belle institution et à la régulariser.