Tome V
Mais une des causes qui l'empêchent d'obtenir un effet général et un entier développement, c'est la disposition même de la loi qui n'établit des réunions décadaires que dans les chefs-lieux de cantons.
L'expérience a prouvé que les habitants des communes, dont un grand nombre sont à la distance d'un ou plusieurs myriamètres, négligent de se rendre dans ces chefs-lieux, surtout pendant l'hiver. Il faut le dire, la lecture du Bidlelin des Lois et du Bulletin décadaire^ qui ne parlent qu'à la raison, le peu d'appareil imprimé à ces solennités n'offrent pas un intérêt assez prestigieux pour vaincre les résistances que le préjugé et l'ignorance offrent de toutes parts à cette institution. Son succès ne sera assuré que pur les moyens suivants. Il faut : 1° rapprocher et multiplier le théûlre de ces fêtes, en établissant des temples décadaires dans chaque commune, pour les réunions des habitants pendant les jours de fêtes républicaines; il conviendrait de les y appeler à l'époque de ces fêtes dont la superstition avait habilement calculé toute la magie, mais dont la liberté peut ressaisir et diriger le ressort; telles étaient les fêtes dites patronales : elles étaient célébrées avec la plus grande pompe et consacrées aux réunions soit de famille, soit de commerce ; l'amour du pays, les souvenirs, les habitudes, l'intérêt, tout concourait à donner à ces fêtes locales une puissance égale à leur charme sur les esprits. La politique, la morale, la philosophie doivent s'emparer de ce moyen qui reste entre les mains du fanatisme : alors ces fêtes recevraient la dénomination de fêtes communales, et seraient particulièrement consacrées à rappeler l'industrie du lieu, les produits de la nature ou des arts, le caractère, les mœurs, les vertus des habitants, leurs belles actions, les grands souvenirs et leur histoire particulière, etc. 2*^ Il faut approprier ces théâtres à leur objet, ce qu'on obtiendra en affectant à la célébration des fêtes décadaires et des autres fêtes de la République, dans chaque commune, l'édifice le plus convenable à cet emploi, enfin en les distribuant ensuite avec goût et avec élégance, ce qui sera la matière d'un programme particulier proposé aux architectes. 3° Publier une instruction réglementaire sur les dispositions générales de ces fêtes et sur la manière dont elles seront célébrées ; instruction extrêmement importante, d'abord pour assurer à ces cérémonies le caractère d'intérêt et de décence qu'elles doivent avoir ; ensuite pour fixer les véritables limites dans lesquelles ces réunions doivent être renfermées. Sous ce dernier rapport, la politique doit circonscrire le cercle et tracer d'avance la mesure des discours et des actions; et c'est ainsi que, sur tous les points où cette institution se développerait, il y aurait à la fois unité et régularité de mouvement.
403 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [-j mars 1799]
Je me propose de présenter au Directoire cette instruction avec les modilications qu'il m'a demandées, mais j'ai cru devoir auparavant appeler son attention sur les mesures législatives que je le prie d'invoquer.
En conséquence, je propose au Directoire d'inviter par un message le Corps législatif à prononcer :
1° Que la disposition de la loi qui fixe dans chaque chef-lieu de canton la célébration des fêtes décadaires sera étendue à chaque commune ;
2° Que l'on affectera à la célébration de ces fêtes l'édifice national situé dans la commune qui pourra le mieux convenir à cette célébration ;
30 Qu'aux fêtes ci-devant patronales seront substituées des fêtes communales, consacrées à resserrer les liens de la fraternité, à nourrir l'amour du pays et en conserver les souvenirs, l'industrie ou les
vertus.
François (de Neltchateau).
(Arch. nat., AF iir, .'iSi.)
MDCXXXYIII
Journaux.
Moniteur universel du 13 venlôse : « Paris, 14 venlôsp Leclerc (des-
Vosges) auteur du Russe à Paris \ vient d'être transféré au Temple. ...»
MDCXXXIX
Rapport du bureau central du 16 ventôse.
. . .Journaux du 13 du courant. — Doit-on imputer à un défaut de discernement, doit-on au contraire attribuer à quelques intentions la nouvelle que la Feuille du jour du 14 ventùse parait avoir puisée dans quelques gazettes allemandes? Cette nouvelle, datée de Brunn 25 pluvic>se, est conçue de manière à faire croire que le gouvernement fran-