‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire; recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à Paris (volume 3)Chapitre 123 sur 254 · C.o rapport iiianf|iic · texte numérisé non relu

C.o rapport iiianf|iic

453 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [2 avril 1799]

4° II sera construit un mur en pierres de taille ou en briques à la place des cloisons qui ferment les escaliers pratiqués dans l'épaisseur du mur de face sur la rue de la Loi.

5" Il sera établi une chambre de veille, à l'instar de celle qui est au Palais national des sciences et des arts.

6" Les frais que coûteront les travaux ordonnés par le présentarrcté seront mis au rang des dépenses les plus urgentes, les fonds seront faits par le ministre des finances dans ses projets de distributions décadaires, à la première réquisition du ministre de l'intérieur et à mesure de l'avancement des ouvrages ; le paiement ne pourra être retardé sous quelque prétexte que ce soit.

1° Le ministre de l'intérieur et celui des finances sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent arrêté, qui sera imprimé dans le Bulletin des Lois.

Barras, Treiluard, L.-M. Révellière-Lépeaux.

(Arch. nat., AF m, 591.)

Autre arrêté nu Directoire exécutif du 13 germinal.

Le Directoire exécutif, qui s'est fait représenter le travail de la commission chargée de la vérification des comptes du citoyen Sageret, ordonnée par son arrêté du 17 pluviôse dernier, considérant qu'il résulte de celle vérification la preuve que ce citoyen est débiteur, envers les indigents de la commune de Paris, d'une somme de 16,207 fr. 20, et qu'il n'a pas justifié l'emploi d'une somme de 193,740 francs, restant d'une somme plus grande mise à sa disposition par le gouvernement ; considérant que, loin d'avoir rempli l'engagement qu'il avait contracté d'opérer la réunion des artistes de l'ancienne Comédie-Française et du théâtre de la République, il a fait, au contraire, des actes tendant à opérer sa dissolution ; considérant enfin que, par de fausses entreprises et des espérances imaginaires, il a abusé de la crédulité et de la confiance des citoyens et s'est approprié une partie de la fortune publique; qu'il s'est, par conséquent, rendu coupable d'un délit dont la peine est prononcée par la loi; arrête ce qui suit :

1° Le citoyen Sageret, entrepreneur de spectacles à Paris, sera dénoncé à l'accusateur public du département de la Seine par le commissaire du Directoire exécutif près le tribunal criminel du même département pour être poursuivi devant le tribunal de police correctionnelle en vertu de l'article 35 du titre II de la loi du 21 juillet 1791 (v. s.) sur la police correctionnelle.

2° Le commissaire du Directoire exécutif près l'administration centrale du département de la Seine interviendra dans les poursuites comme partie civile au nom de la République.

3" Les ministres de l'intérieur et de la justice sont chargés de Texécution du présent arrêté, qui ne sera pas imprimé.

Barras, Treiliiard, L.-M. Révellière-Lépeaux.

(Arch. nat., AF m, 591.)

Journaux.

Ami drs Lois du 14 germinal : « ...Dernièrement le théâtre de rAm])igu- Comique a été cerné par ordre du Rurcau central. Cette mesure a été prise ])Our rétablir dans l'intérieur du spectacle l'ordre troublé par les artistes et les entrepreneurs, qui étaient venus sur la scène se disputer et s'injurier mutuellement |)Our défaut de {.riement. Les spectateurs, qui n'avaient point payé pour être témoins de ces querelles de ménage, n'ont pas été peu surpris de voir les acteurs interronr^ra toutàcoupla représentation et prendre les assistants pour juges de leurs dilléiends... »

MDCLXV

Journaux.

Journal du Soir des frères Chaignieau du 14 gernùnal : « Paris, le 14 (jcrminal. On 'assure qu'à compter du 1®"" iloréal prochain, le gouvernement permettra aux comédiens français qui jouent à Louvois de disposer de la salle du théâtre de la République et des Arts, les jours oix il n'y aura point d'opéra. Il j)arait même que la jouissance de cette cession est annoncée, puisqu'on a déjà affiché une représentation des Horaces à cette salle pour le 17.. .»

MDCLXVI

Journaux.

JUhlaclcur du 19 germinal : (c Inslilat national. Srance publique du 13 (ji'rminal. Les citoyens Collin d'IIarleville, Lefebvre-Cineau, Lassus et Daunou ont rendu compte des travaux des trois classes durant le dernier tri-

4S5 DIRECTOIIiE EXÉCUTIF [4 avril 1799]

• mestre. L'Inslilut national a jiartagé le i)ri.\; qu'il a proposé en l'an VI, dont le sujet était : « l.a recherche des meilleurs moyens de secourir les personnes « renfermées dans les maisons incendiées, surtout dans une grande ville telle "■ que Paris », entre quatre machines, dont une sous le n° 7, deux sous le no 15, et une sous le n° 17. La machine sous le n° 7, ayant pour épigraphe : Si je m'élève, c'est pour rire ulile, est composée de plusieurs échelles qui glissent Tune sur l'autre, au moyen d'une crémaillère, à la manière du cric. L'auteur est le citoyen Régnier, contrôleur des armes à Paris. Les deux machines sous le n" 15 ont pour épigraphe : Aut arte, aul marie ; elles forment une combinaison de plusieurs échelles qui se sont élevées par des poulies et des cordages, dont l'ensemble est une espèce de chèvre. Dans l'une de ces machines les échelles sont disposées de manière que l'échelle supérieure doit trouver un appui contre un obstacle fixe. Dans l'autre toutes les parties se contrebalancent nmtuellemcnt par la position alternative et en sens contraire des montants qui servent à supporter et à développer les échelles. Le citoyen Tremel, au Palais national des sciences, est l'auteur de ces deux machines. La machine sous le n° 17 est aussi une espèce de chèvre, dont les échelles, en se développant, servent de point d'appui les unes aux autres, ainsi qu'aux autres parties de la machine. Son auteur est le citoyen (îuyot, menuisier à Paris. L'objet général de toutes ces machines est d'élever les hamacs, des sacs, des paniers, etc., dans lesquels les personnes retirées des maisons peuvent être placées et descendues sans danger. — Aucun concurrent n'a obtenu ni le prix de poésie, ni celui d'histoire. Le dernier prix est remis au concours dans les termes suivants : « Par quelles causes l'esprit « de liberté s'est-il développé en France depuis François I" jusqu'à la convo- « cation des États-Généraux en 1789? » Les mémoires seront reçus jusqu'au 5 messidor an VIII. Le citoyen Joseph-Marie Degérando a obtenu le prix d'idéologie. Le sujet avait été pro])Osé en ces termes : « Déterminer l'in- « fluence des signes sur la formation des idées.» Rœderer a lu un précis du mémoire ou plutôt de l'ouvrage du citoyen Degérando; il formera un volume in-4" de plus de 600 pag(>s et parait destiné à faire époque dans l'histoire! des sciences métaphysiques. Il a été fait mention honorable de doux mémoires envoyés au même concours; l'un (n° 2) a pour devise ces mots de Bacon : Credunt homines rationem suam verbis im2derare, sed fil el'iam id. verba vlm suam super intelleclum relorqueant ; l'autre (n" 5) a pour épigraphe ces paroles : Nihilest in intidleclu quod non prlus fuerd in sensu. — Cuvier a lu pour Andrieux un éloge historique de Charles Wailly, architecte, mort quelque temps avant l'incendie de son plus bel ouvrage, l'Odéon. Du Pont a lu un mémoire sur les écoles primaires ; il a prouvé qu'il est indispensable d'en établir une en chaque commune et de rendre le sort des instituteurs semblable à celui dont jouissaient jadis les curés. En s'élevant contre le projet d'établir en France une éducation commune,, pareille à celle des Spartiates, Du Pont a donné une idée fort juste de la constitution aristocratique et monastique de cet ancien peuple. Quelques traits do ce mémoire ont été applaudis, mais en général il a paru un peu long. Le citoyen Olivier, membre associé, a exposé, dans un savant et intéressant mémoire, l'intluence du climat de l'Egypte sur la santé de ses habitants. Mongez a lu, pour Bitaubé, un mémoire do ce dernier sur les jugements de quelques philosophes ou écrivains de l'antiquité sur les Uépubliqucs anciennes. Le temps

[b AVRIL 1799] . DIRECTOIRE EXÉCUTIF 456

n'ayant point [lerniis aux citoyens David Leroi, Legrand et Lalande de lire des mémoires sur la marine des anciens, sur les sépultures des Gaulois cl sur quelques points d'astronomie, Collin d'Ilarleville a terminé la séance en récitant avec beaucoup de grâce et de charme un récit dialogué, en vers, intitulé : « Les Trois Vertus >'. Ces trois vertus sont la Foi, l'Espérance et la Charité, sur lesquelles le poète a dit beaucoup de choses délicates, et surtout beaucoup de choses très morales. Il est fâcheux que la première partie de ce petit poème semble reposer sur une équivoque, c'est-à-dire sur une acception du mot foi trop étrangère à celle que le christianisme lui donnait. Collin d'Harleville entend par ce mot, non la croyance, mais la bonne foi, l'honneur et la probité. L'analogie est mieux observée à l'égard de la Charité et de l'Espérance. Nous n'avons rien de plus à dire de ce morceau, qui va être bientôt imprimé. » — Journal du Soir des frères Chaignieau du lo germinal: « Paris, le 13 germinal. Le ministre de l'intérieur apprit qu'il existait près de Paris un pauvre enfant de onze ans, qui, sachant à peine lire et écrire, faisait des pièces en vers étonnantes, et qu'il avait même composé une tragédie informe, intitulée La Mort de César, mais qui décelait les plus heureuses dispositions. François (de Neufchàteau) a fait placer cet enfant, qui s'appelle Lebrun, au Prytanée français, et le développement de ses facultés fait présumer que la nation devra un nouveau poète aux soins de ce ministre, ami et nourrisson lui-même des muses... )> — Clef du Cabinet du 17 germinal : n Paris, le 16 gerininal. . . On demandait ces jours derniers à un républicain nommé électeur sur qui porteraient les choix de l'assemblée électorale ; voici ce qu'il répondit en impromptu, sur l'air de Joconde :

Nous ne donnerons pas nos voLx

Au hideux anarchiste ; Nous écarterons de nos choix

Le rusé royaliste.

Tous deux à nous déterminer

Ne doivent pas prétendre; L'un nous ferait guillotiner ;

L'autre nous ferait pendre... »

« Les femmes prennent aujourd'hui le litre iV académicienne, et nous recevons dans le moment trois lettres qui attestent cette nouveauté. De quelle académie sont les dames qui nous écrivent? Nous l'ignorons : mais nous savons très bien qu'elles feraient mieux de se contenter d'être aimables. . , »

MDCLXYII

16 GERMINAL AN VII (o AVRIL 1799).

Journaux.

Publiciste du 18 germinal : « Paris, Le 17 germinal La reprise de

l'opéra de La Caravane a eu hier le plus grand succès. La musique, les décorations d'une magnificence asiatique ou française ; les danses, des airs des-

457 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [6 avril 1799J

tinés à célébrer l'armée d'Orient et couverts d'applaudissements ; une foule immense, beaucoup d'ambassadeurs et d'étrangers distingués qui pourront porter au dehors le témoignage de l'état brillant des arts parmi nous : tout

concourait à l'enchantement de cette représentation » — Clef du Cabinet

du 18 germinal : « Paris, le /7 germinal. Nous lisons tous les jours, dans des écrits d'ailleurs estimables, de violentes diatribes contre un culte dont les ministres eux-mêmes ont altéré l'auguste simplicité. Nous en demandons pardon aux auteurs de ces écrits, mais il n'y a ni raison, ni humanité, ni patriotisme, à faire un tel usage de ses talents; et, lors({ue la Constitution a si solennellement proclamé l'exercice de tous les cultes, en atta([uer un avec aigreur, c'est imiter les hommes trop vénérés dont la philosophie blâmait depuis si longtemps, et à si juste titre, l'intolérance. Ce que vous pouvez, ce que vous devez exiger, c'est la soumission aux lois. Quand elles ne seront point exécutées par ceux qu'elles concernent, dénoncez les infracteurs; mais ne confondez jamais avec eux des citoyens qui se servent de l'ascendant que leur ministère leur donne sur les esprits pour les attacher plus fortement à la République »

IMDCLXVIII

Rapport du bureau central du 18 germin.\l.

Salubrité et vole publique. . . Théâtre de Louvois. — Le Bureau central a transmis au Département une expédition de son arrêté relatif à l'établissement de différents secours contre les incendies dans le théâtre de Louvois et une au commissaire de police de la division Le Peletier pour en faire la notification aux entrepreneurs de ce spectacle.

Théâtre du Vaudeville. — Il a observé au commissaire de police de la division des Tuileries qu'il ne peut accorder plus de huit jours aux directeurs du théâtre du Vaudeville pour remi)lir les dispositions de l'arrêté du Directoire concernant les salles de spectacles, et qui leur a été notifié ; que, lorsqu'ils auront désigné un local pour placer leurs machines et décorations, le Bureau central le fera visiter par son architecte. Il a chargé ce commissaire de se concerter, pour la visite journalière de cette salle, avec ses collègues des Champs-Elysées et de la place Vendôme, auxquels il a été écrit en conséquence.

Théâtre de la Cité. — Il a invité son architecte à visiter le local désigné par les entrepreneurs du théâtre de la Cité pour recevoir leurs décorations, et le commissaire de police à s'entendre avec ses collègues du Muséum et du Pont-Neuf pour les visites journalières.

Théâtre de Molière. — Il a chargé le même architecte de faire la

[G AVRIL 1790] DIRECTOIRE EXÉCUTIF 4y8

visite du local proposé par les entrepreneurs du théâtre de Molière pour y déposer leurs décorations, et a chargé le commissaire de police d'assister cet architecte dans la visite et de presser l'exécution des mesures prescrites par l'arrêté du Directoire, et de s'ejitendre avec ses collègues des divisions des Amis-de-la-Palrie et de la Réunion pour les visites journalières.

Théâtre Sans-Prétention. — Il a aussi donné ordre de visiter le local choisi par les directeurs du théâtre Sans-Prétention pour placer leurs décorations et un commissaire de police de la division du Temple de permettre provisoirement l'ouverture de ce théâtre, le directeur lui ayant déclaré avoir pris toutes les mesures de sûreté prescrites.

Théâtre de Doyen. — Il a informé le commissaire de police delà division des Gravilliers que, vu le peu de décorations existantes au petit théâtre de société tenu par le citoyen Doyen, rue Nazareth, ce théâtre ne peut être mis au rang des autres spectacles et qu'il n'y a aucun inconvénient à en permettre l'ouverture, pourvu que les premières mesures de sûreté soient prises.

Théâtre de la rue de la Roquette. — Même observation a été faite au commissaire de police de Popincourt au sujet du théâtre de la Roquette.

Théâtre des Victoires-Nationales . — Le commissaire de police de la division de l'Ouest ayant enjoint au directeur du théâtre des Victoires- Nationales de fermer son théâtre jusqu'à la pleine exécution des mesures de sûreté prescrites par l'arrêté du Directoire, le Bureau central a informé ce commissaire qu'il approuvait cette mesure.

Construction de boutiques. ■ — Il a chargé le commissaire de police de la division des Thermes de lui transmettre au plus tôt un rapport détaillé sur la destruction de dix-huit boutiques qui a eu lieu depuis quelques jours sur l'emplacement des ci-devant Jacobins-Jacques, et dont quatorze, qui sont dépourvues de clôture, offrent un asile à la prostitution et à la malveillance. »

Salliob, Lasalle.

(Arch. nat., F^ 38i:2.)

AUTIŒ HAPPOHT DU MÊME JOUR.

. . .Journaux. — La majorité des journaux adopte, à peu près, les mêmes renseignements sur les opérations des assemblées primaires dans les départements. Le 15, le Courrier de Paris annonçait que, presque partout dans le Midi, l'ouverture des assemblées primaires avait été suivie de convulsions politiques. A Montpellier, on a planté

4oO DIRECTOIRE EXÉCUTIF [<V avril 1790]

deux cyprès auprès de l'arbre de la Liberté ; on a déposé des inscriptions ainsi conçues : « Peuple, lève-toi; brise tes fers sur le crâne de ceux qui les ont forgés. Tu dors, Brutus, et baises la main de celui qui t'opprime. » — Troubles et scission à Pézenas ; idem à Gignac ; scission à Mont-de-Marsan; idem à Grasse, à Brignoles (Var); troubles violents à Agde (Hérault). A Périgueux, troubles, renomination des municipaux destitués ; effusion de sang, scission dans une section. — La Chronique universelle : calme et bons choix dans les Basses- Pyrénées. — Messager des relations extérieures : choix généralement bons dans l'Aisne; tous les fonctionnaires nommés par le Directoire écartés des suffrages de la Marne. A Bordeaux, officiers municipaux renommés; à Toulouse, triomphe des anarchistes sans résistance; à Auch, scission; à Lyon, bons choix. — Bulletin de V Europe : cq journal rapporte que les électeurs des Bouches-du-Rhône sont choisis parmi les anarchistes les plus turbulents. Dans le même journal, le citoyen Votfius, commissaire du Directoire à Dijon, est noté comme porté par les anarchistes. Il y est dit encore que les agents de la Terreur sont nommés électeurs dans Saône-et-Loire. — Ami des Lois : calme dans le Loir-et-Cher, cependant scission à Landes. — Bulletin de l'Europe : tumulte à Orange, et les assemblées dominées par les membres de la fameuse commission populaire de Fan II. Quelques scissions dans le Léman. A Collonges, scissions et violence. Calme et accord dans la Manche, seulement à Valognes scission. Calme dans toute la Vienne, scission à Dangé seulement. — Feuille du jour et Courrier de Paris : ces journaux annoncent que la commune de Villeneuve-la-Guyard a été le théâtre des plus grands troubles; il n'y a eu que quatre scissions dans touile département de l'Yonne. — ACadours, les anarchistes ont fait scission. — On lit dans Je Publiciste, article Brest, et par erreur sans doute, le mot d'armée « royale » ; quelques lignes plus bas on lit l'armée navale. — Il est ridicule de voir le Messager annoncer comme mode du jour des chapeaux « à la Nelson ». — 11 y a une complaisance coupable dans le Bulletin de l'Europe à dire que le roi de Naples est très bien vu à Palerme, qu'il a éloigné Acton et appelé auprès de lui les hommes les plus estimés en Sicile.

Sallior, Ljîssore.

(Arch. nat., Bli » 1)0, et F " 384ii.)

Journaux.

Moniteur universel du 18 germinal : « ...Les lettres du Midi continuent ù confirmer les crtiinles qu'on avait conçues sur les élections d'une partie de

ces contrées. Dans la Haute-Saône, il y a eu un grand nombre de scissions. A Auch et à Périgueux, il y en a eu aussi beaucoup. A Toulouse, la victoire ne parait même pas avoir été disputée aux anarchistes. II y a eu aussi des troubles et des scissions à Pézenas, à Gignac, à Agdc, à Mont-de-Marsan, à Grasse et à Brignoles. A Montpellier on a osé conseiller publiquement la révolte. On y a trouvé autour de Farbre de la Liberté deux cyprès et trois inscriptions séditieuses. La première portait: «Peuple, lève-toi; brise tes fers sur le crâne de ceux qui les ont forgés. » La seconde : « Tu dors Brutus, et Rome est dans les fers. » La troisième : « Baise la main qui ropjirime. »

JOUHNAUX.

Journal des Débats du 2 tloréal : « Département de la Seine. Du i8 germinal an VII. L'administration centrale du département de la Seine, désirant prendre des mesures efficaces pour diminuer les ravages du hanneton, celui des insectes le plus nuisible aux productions des cami)agnes, convaincue que }e moyen le plus certain de parvenir à la destruction, au moins partielle, de cet ennemi du règne végétal, est d'en encourager la chasse par des récompenses utiles et honorables; le suppléant provisoire du commissaire du Directoire exécutif entendu ; arrête ce qui suit : 1" Il sera payé 75 centimes pour chaque décalitre (équivalant à environ 1 franc par boisseau) de hannetons, qui sera porté aux administrations municipales des cantons ruraux. — 2° Cellesci les feront brûler devant le local de leurs séances, en désignant, par un placard à la main, l'individu qui en aura fait le dépôt. — ."]" Les administrateurs s'assureront que les hannetons auront été recueillis dans l'arrondissement de la municipalité et ne payeront la somme de 1") centimes par décalitre, qu'aux domiciliées dans le même canton. — 4" Les municipalités seront remboursées de cette dépense sur les fonds du Département. — S** L'individu de l'un ou de l'autre sexe (jui aura a|)porté le plus de hannetons à sa municipalité dans le courant de Tannée, recevra publiquement, à la fête de l'Agriculture, une médaille d'argent, ot ce indépendamment des 7'j centimes reçus par décalitre. — 0° Il sera pareillement donné dans chaque canton, à la fête de l'Agriculture, trois médailles d'argent, à la distribution desquelles participeront ceux des habitants qui justifieront y avoir détruit et briîlé le plus de chenilles. Expédition du présent sera adressée à chacun des seize cantons ruraux, avec invitation de faire faire par les agents municipaux les proclamations convenables, pour donner connaissance aux habitants des communes de toutes les dispositions du dit arrêté, Signé: Thevilliers, Pic.vrd, Cambry, administrateurs ; Gastuez, substitut du commissaire du Directoire exécutif; Hocdever, secrétaire en chef.» — Jinirnal du Suir des frères C/taiynieau du 19 germinal : « Paris, le 19 germinal. ...A la mort de Voltaire, le pharmacien chargé de son embaunicMiient eut la permission de prendre son cervelet. Cette partie, mise dans l'esprit de vin, a été dejtuis

461 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [9 avril 1799]

(îonscrvéc avec un soin reliyioiix. Le ciloyen Milliouart, fils et liéritier de l'apolhicaire dont il s'agit, a pensé que ces restes, ignorés chez lui, seraient |)lus convenablement placés dans un monument public, et il les a généreusement oiïerls au gouvernement qui les a acce|)tés »

MDCLXX 19 GLFIMINAL AN YII (8 AVRIL 1799).

Arrêté du Directoire exécutif du 19 germinal.

Le Directoire exécutif, vu les rapports des architectes chargés par le Bureau central de la commune de Paris de rendre compte de la situation du théâtre de la rue de Louvois, relativement au danger des incendies, considérant qu'il résulte de ces rapports que le théâtre de la rue de Louvois est en grande partie construit en bois, qu'il est dépourvu de toutes les ressources qui pourraient le garantir d'un incendie, et que cet incendie pourrait entraîner celui du théâtre de la République et des Arts et de la Bibliothèque nationale, arrête :

1° La salie du théâtre de la rue de Louvois sera fermée.

2° Les ministres de la police générale et de l'intérieur sont chargés de Texécution du présent arrêté, qui ne sera pas imprimé.

Merlin, Treiluard, L.-M. Révellière-Lépeaux,

(Arch. nat., AF m, :y.)3.)

Rapport du bureau central du 21 germinal.

. . .Journaux. — L'examen des feuilles périodiques ne donne lieu à aucune réflexion importante. Seulement on a remarqué dans plusieurs journaux, dont le patriotisme n'est pas porté à un degré avantageusement connu, un accord marqué à produire le détail que l'archiduc a répandu des dernières actions sur le Rhin; celte pièce sert d'occasion «à la malveillance d'amplifier encore les faits qu'elle renferme. — Le Publiclsle rapporte comme un simple bruit l'entrée des Autrichiens dans Schaffhausen. — Suivant le Surveillaiit, les assemblées primaires

[0 AVRIL 1799] DIUEGTOIRE EXÉCUTIF 402

ont été très orageuses à Liège (Ourthe); on en est même venu aux mains. — Les autres feuilles ne contiennent aucun détail politique digne d'être remarqué. — Le Journal des Modes aurait dû s'abstenir de faire lire une scène de pure imagination, censée se passer dans un mauvais lieu. Quoique ce morceau soit écrit dans la vue de faire haïr le vice, il a néanmoins l'inconvénient vraiment préjudiciable aux mœurs de révéler la conduite, fa,ite pour l'ombre du mépris et non pour le grand jour, de celles qui font l'infâme métier de prostituer déjeunes

personnes.

Lasalle, Sallior.

(Arch. nat., BB ^ '.)0, et F ^ 3842.)

Journaux.

Rédacteur du 22 germinal : «Paris, le 21 tjerminal. L'administration du Muséum d'histoire naturelle a transmis au ministre de rintéricur l'état dos distributions de semences laites aux Écoles centrales dejjuis le 4 ventôse jusqu'au 3 germinal an VIL II résulte que cinquante-sept départements ont déjà dû recevoir toutes les graines nécessaires à la formation des jardins de botanique ; et plus de dix-neuf mille paquets qui composent ces envois peuvent donner une idée du zèle de cette administration à satisfaire aux demandes des autres départements à mesure qu'elles lui parviendront. Quelques jours auparavant, les mémos administrateurs avaient adressé au même ministre l'état des collections d'objets d'histoire naturelle envoyées par eux aux mêmes écoles. Ils annonçaient que, sur quarante-huit demandes de collections, vingthuit étaient déjà remplies et qu'ils espéraient pouvoir très incessamment satisfaire aux autres. Ils préparent aussi les objets nécessaires aux écoles dont les réclamations ne leur sont point encore parvenues; et, quoique ce travail exige beaucoup de soins, les départements qui feront des demandes à cet égard n'auront pas longtemps à attendre. )> — Monileiir universel du 24 germinal : «... Le produit de la recette faite au profit des pauvres sur les spectacles, bals et fêtes publiques depuis le l^' pluviôse jusqu'au 20 ventôse

s'élève à la somme de 48,917 fr. "iO c. » « On a remarqué que le corps

électoral de la Seine est composé ainsi qu'il suit: marchands et négociants 194; état civil, municipaux, 49; employés, 104; hommes de loi et notaires, 98; juges des tribunaux et de paix, 54; artistes, hommes de lettres et propriétaires, 78; ex-ambassadeurs, députés, ministres et généraux, 23; officiers de santé et rentiers, 45 ; sans profession, 20. Total : 665. » — Amis des Lois du 24 germinal : « ... La police vient de saisir quelques-uns des fils auxquels tenaient les complots contre-révolutionnaires dont le 18 fructidor a interrompu le cours. Elle a entre les mains la preuve par écrit que M. Wickham faisait les fonds de la contre-révolution chez Jacques Martin, banquier à Genève; que celui-ci ouvrait des crédits à Paris, sur la banque d'Audéoud, au profit d'un nommé Vincent, qui se nommait encore Boyard et Tassenaisse; que ce Vincent avait des relations habituelles avec le ci-devant prince de Caroncy, l'associé en intrigues du ci-devant abbé de Faudonas; avec un nommé Déléon, médecin breton, l'ami familier et le commensal de l'e.x-député Lemcrer, et

463 DIRECTOIllE EXÉCUTIF [10 aviul 1790]

avec plusieurs autres individus que l'instruction de cette affaire fera connaître. Ainsi commencent à se dévoiler, pour riiistoirc de la Révolution, les causes secrètes de cette vaste conspiration qui devait anéantir la République par la dépravation de rcs|)rit i)ublic et pai' les élections de l'an V. ».... « Le fameux Mesmer a présenté au ministi-e de l'intérieur une pétition dont l'objet est de demander un jury de savants pour examiner, contradictoircment avec lui, le système du magnétisme animal; s'il reçoit l'apjjrobation du jury, Mesmer ])ropose de professer sa doctrine en faveur de ceux qui se destinent à l'art de guérir, et de leur enseigner la pratique au lit des malades. . . »

MDCLXXII

Journaux.

RédacLcuv du 23 germinal : « Paris, le 22 germinal. L'Assemblée électorale de la Seine s'est occupée de l'organisation de son bureau. Au premier scrutin ])Our la nomination du président, le nombre des votants était de 650. Le citoyen Mouricault, commissaire du Directoire près le tribunal de cassation, a obtenu 229 voix ; les citoyens Petiet, ex-ministre, 71 ; Démeunier, ex-constituant, î)8 ; Le Tourneur, ex-Directeur, 12; Charles Delacroix, ex-ministre, 10. Au second scrutin, le nombre des votants était de 640. Le citoyen Mouricault, ayant obtenu 465 voix, a été proclamé président et installé sur-lechamp. Le citoyen Petiet avait à ce second tour de scrutin, 72 voix; les citoyens Démeunier 18 et Charles Delacroix 5. On a ensuite ouvert le scrutin pour un secrétaire, et, attendu qu'il était plus de sept heures, le dépouillement a été remis à demain matin, et le scrutin cacheté, mis sous le scellé dans une armoire du secrétariat, et des sentinelles à la porte pour surveiller ce dépôt. Les nominations que doit faire l'assemblée sont celles qui suivent : sept députés; un membre du haut-juré ; deux administrateurs au Département; un président, un vice-président, un accusateur public, un substitut, un greffier pour le tribunal criminel ; un membre du tribunal de cassation, un suppléant ; un juge du tribunal civil, cinq suppléants. » — Ami des Lois du 23 germinal : '(Lettres de Jérusalem. On sait ce que sont ces sortes de lettres. Des misérables ruinés au jeu, des fripons sous la main de la justice, se procurent quelques enveloppes marquées d'un timbre connu. C'en est assez i)our supposer des correspondances importantes, des révélations qui ne sont rien moins que le secret de l'État dont on les a rendus dépositaires. Ils arrangent une fable sur ce fondement ; et malheur aux dupes qui leur ont donné quelque confiance ! Il est rare que ce ne soit aux dépens de leur bourse. Combien de lettres de Jérusalem dans ce monde! Et malgré les Avis aux lecteurs, combien il en est qui vont à leur adresse, surtout dans le temps des élections? Dès que les candidats sont sur les rangs, on s'agite, on intrigue. L'un parcourt son département et montre partout les prétendus témoignages de la haute considération dont il jouit : lettres de Jérusalem ! L'autre vient en poste à Paris, écrit à tous les hommes en place, leur envoie

des renscignemenls, des mémoires; on obtient un accusé de réception, une invitation à l'audience qu'ils doivent donner, et, fier de ce succès, il s'en retourne, publiant qu'il est riiommc du gouvernement, et que sa confiance l'ap- })elle aux honneurs et aux places : lettres de Jérusalem ! Celui-ci suit une marche plus commode. Quelque bien se fait-il dans son canton? c'est par lui qu'il s'est opéré. Il a éclairé le gouvernement sur cet innocent opprimé. Il a placé cet infortuné qui n'avait que ses bras et sa probité : lettres de Jérusalem ! Celui-là enfin veut écarter un concurrent ; il l'attaque dans l'opinion de ses concitoyens ; il tient en réserve quelque calomnie qu'il va répandre à propos ; il produira, s'il le faut, des preuves, des écrits : lettres de Jérusalem! Eh quoi! vont se demander de braves gens des départements de l'Aube, du Rhône, etc. Tout ce que disent les B..., tout ce qu'écrivent les C... sont donc des lettres de Jérusalem! Oui, mes amis, ce sont des lettres de Jérusalem, et déliez-vous des bons pèlerins qui vous les présentent. »

MDCLXXIII

Rapport du bureau central du 23 germinal.

. . .Assemblée électorale. — Les opérations de l'Assemblée électorale ont lieu dans le plus ^rand calme ; il ne se forme aucuns groupes dans les environs et aux abords du lieu de l'assemblée. La discrétion des opinions et des conjectures sur les choix rend inutiles les remarques à cet égard. Pour la formation du bureau définitif, le citoyen Mouricault, commissaire du Directoire exécutif près le Tribunal de cassation, a d'abord été désigné président; il avait au premier tour 229 voix. La présidence lui a été dévolue au second tour de scrutin par 465 voix sur 640. Le citoyen Petiet avait eu 71 voix au premier tour et 72 au second; le citoyen Démeunier, 58 et 18; le citoyen Charles Delacroix, 10 et 5. Pour la nomination du secrétaire : les citoyens Petiet 177 voix; Dupin, 40; Cousin, 36; Bergerat, 49; Faure, 74. Au second tour de scrutin, le premier n'ayant pas donné de majorité absolue, le citoyen Petiet a été nommé secrétaire.

Lasalle, Sallior.

(Arch. nat., BB ' 90, et F ' 3852.)

Journaux.

Mimileur universel du 23 germinal : « Paris, le 22 germiual . . . I.o mi-

nislrc (le l'iuléiicMif a arrélé (pic la jiai'lie des préceptes extiailc du t'atérhisiiv itiiirrrsrl de morale, |)ar Saiiit-l.aiiilx'rt, serait placardée eu af-

465 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [12 avhil 1799]

fiches dans toutes les écoles primaires de la République»... « l/Institut national a proposé dans la séance du 15 de ce mois, pour sujet du prix d'histoire, de définir par quelles causes Vesprit de liberlé s'est dcorloppé en France depuis François /"■■ Jast/n'en 1789. Le prix sera de T) iieclogrammes d"or frappés en médaille; il sera distribué dans la séance ))ublique du 5 vendémiaire de Tan IX de la Républi([ue. Les mémoires seront écrits en français et remis avant le 15 messidor de l'an VIII. Ce terme est de rigueur. Le sujet du prix d'architecture est d'examiner quels ont été chez les différents peuples les prayrcs de celte partie de l'architecture que l'on appelle « la Science de la construction des édifices » depuis les temps tes plus reculés jusqu'à nos jours. Le prix sera d'une médaille d'or, du poids de 5 hectogrammes. Il sera distribué dans la séance publique du lo ventôse de l'an IX de la République. Les ouvrages ne seront reçus que jusqu'au l*"" vendémiaire de la même année. Ce terme est de rigueur. Les savants de tous les pays^ les membres et associés de l'Institut exceptés, sont admis à concourir... » — Clef du Cabinet du 24 germinal : « Paris, le 23 qeiuûnal. . . Tous les piétons se réunissent jjour représenter à la police que jamais les rues de Paris n'ont été si malpropres, et que les boues qui y restent amoncelées ne jjcuvent que nuire à la salubrité de l'air... » — Ami des Lois du 24 germinal : «... On avait dit Tallien nommé directeur en Egypte. Mais il parait que c'est directeur de l'enregistrement au Caire. . . »

MDCLXXIV

23 GERiMIiNAL AN VII (12 AVRIL 1799).

Journaux.

Rédacteur du 25 germinal : Paris, le 24 germinal. L'Assemblée électorale a élu hier et aujourd'hui pour scrutateurs les citoyens : Faure, accusateur public; Cousin, membre de l'Institut, ex-administrateur du Rureau central, et Bergeraf, liquidateur de la dette des émigré. » — Journal du Soir des frères Chaiynieau du 24 germinal : « Paris, le 24 germinal... Grégoire, ex-conventionnel et membre de l'Institut, vient d'être nommé à une des places de bibliothécaire de l'Arsenal, vacante par la mort de Dusaulx. . . » — Clef du Cabinet du 25 germinal : « Paris, le 24 germinal. . . Le ministre de l'intérieur a envoyé à la Ribliothèque nationale deux caisses qui lui avaient été adressées par notre commissaire civil à Turin. Elles contenaient : 1° Trente volumes d'un manuscrit intitulé : AntichitA di Pirrho Ligorio; 2° Annales Genuenses, manmcv'xl du xiii^ siècle, un vol. in-folio ; .3<» Isloria délie Alpe maritime, manuscrit, deux volumes in-folio ; 4» Lactantii epitome instilutionum divinarum, manuscrit ancien, un volume in-4o. Comme il manque dix volumes à l'ouvrage de Ligorio, et que ces dix volumes existent à Naples, il sera facile de nous les procurer. Avec ces livres, arrivés par une première voiture expédiée de Turin, le gouvernement a reçu la Table isiaque, des tableaux de l'Âlbane et les portraits de Luther et de sa femme, par Ilolbein. Ces derniers objets ont été déposés au musée central des arts... « Tome V. 30

Rapport du bureau central du 25 germinal.

...Journaux. — On lit dans le Démocrite français, du 24 de ce mois, un article assez étendu qui a pour titre : Des Impôts, signé Bocheron. L'auteur s'applique à y déduire les raisons sous lesquelles il envisage les impôts indirects comme bien plus avantageux et d'une répartition bien plus égale que les impôts directs, et il se fonde principalement sur ce qu'on aime mieux payer en détail qu'en gros. En énumérant les ressources qu'il est possible de trouver dans les impôts indirects, il prouve qu'il existe dans leur assiette beaucoup d'irrégularité ; il voit un impôt sur les vins, et n'en voit point sur le cidre et la bière. Il voudrait que ce fût entre les mains du propriétaire de la boisson que l'on établit le droit qui serait constaté par un congé, lequel, durant son transport, servirait d'acquit à caution et ferait acquitter le droit, lorsque les boissons seraient parvenues à leur destination. Ce n'est point à tant la mesure qu'il voudrait l'établissement du droit, mais à raison de la valeur de la boisson. — Il voudrait un droit sur la poudre et l'amidon, comme objets de luxe. Il n'en propose pas sur le miel, mais sur la cire et la bougie, aucun sur les suifs, chandelles ou huiles. — Il en voudrait un plus fort sur les bois étrangers que sur les bois indigènes, un distinct aussi sur les peaux suivant leur nature. Enfin il voudrait qu'il n'y eût aucun impôt direct, mais que, sur les productions ou objets de consommation, on payât un dixième dans les campagnes et des entrées dans les villes.

Lasalle, Lessore.

(Arch. nat., BB » 90, et F ' 3842.)

Autre rapport du même jour.

. . .Salubrilé et voie publique. . . Théâtre du Panthéon et du Lycée dramatique. — Attendu le peu d'importance des deux théâtres du Panthéon et du Lycée dramatique, le commissaire de police de la division du Panthéon a été chargé de n'exiger des directeurs de ces théc'Vtres que l'établissement de deux grandes tonnes pleines d'eau, de douze seaux à incendie, des croissants et des éponges emmanchées ;

467 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [13 avuil 1799]

ils seront en outre tenus d'appeler à chaque jour de représentation deux pompiers et quatre hommes de garde.

Théâtre rue Neuve- François. — Le commissaire de police de la division de l'Indivisibilité a été chargé de prescrire les mêmes précautions aux entrepreneurs du petit théâtre de société, établi rue Neuve-François.

Théâtre rue de la Roquette. — Le commissaire de la division de Popincourt a été chargé de prévenir les régisseurs du théâtre de la rue (le la Roquette que, faute par eux de prendre les précautions qui leur ont été prescrites, le théâtre serait fermé, conformément à l'arrêté du Directoire.

Théâtre de la rue de Louvols. — L'arrêté du Directoire que le ministre de la police a fait passer le 22 de ce mois, et qui ordonne la (Clôture du théâtre de la rue de Louvois, a été envoyé au commissaire de police de la division Le Peletier; ce dernier a été chargé de le notitier de suite aux directeurs, régisseurs ou entrepreneurs de ce théâtre, et de dresser procès-verbal de cette notification. Le ministre de la police a été prévenu

Mœurs et opinion publique. Ouvrages obscènes. — Le ministre de la police ayant annoncé être informé que le citoyen André, imprimeur rue de la Harpe, se proposait de mettre en scène un ouvrage obscène intitulé : Les Quatre Amours, les perquisitions les plus exactes ont été faites par les commissaires de police des Thermes et du Pont-Neuf, mais il ne s'est rien trouvé de relatif à l'objet du mandat décerné à cet effet par le Bureau central. Il en a été rendu compte au ministre.

Cabaret fréquenté par des prostituées et des militaires. — Il a chargé le commissaire de police de la division des Invalides de surveiller le cabaret du citoyen Goulon, rue de Varenne, désigné par le commandant de la place pour être un réceptacle de femmes prostituées et de militaires qu'elles y attiraient.

Bals. — Il a invité le commandant de la place à faire placer chez les teneurs de bals des militaires fermes qui puissent y maintenir la tranquillité, au lieu de remplaçants faibles qui peut-être se laissent corrompre, et à ne laisser ces militaires que pendant une décade dans le même local.

Temple Laurent. — En réponse à une lettre du ministre de la police, sur la fermeture du temple Laurent, le Bureau central lui a observé que, puisque l'ouverture de ce temple occasionnait des troubles, et que tout est tranquille depuis qu'il est fermé, la fermeture en doit être maintenue.

Spectacle des Ombres-Chinoises, place de Grève. — Il a été fait

[15 AVRIL 1799] DIHECTOIIŒ EXÉCUTIF 468

défense au citoyen Simon, entrepreneur du spectacle des Ombres- Chinoises, place de Grève, de donner à l'avenir la pièce intitulée : Les Chauffeurs.

Théùlre de la République et des Arts. — Les administrateurs du théâtre de la République et des Arts ont été invités à ne point laisser distribuer à l'avenir un plus grand nombre de billets d'entrée que celui des spectateurs que peut contenir la salle

LASALLli, LeSSORE.

(Arch. nat., F^ 3842.)

Journaux.

Clef du Cabinet du 26 germinal : « Paris, le 23 germinal l^c citoyen Cambry, membre de l'administration centrale de la Seine, exerce les fonctions du commissaire du Directoire executif pendant que le citoyen Dupin exerce celles d'électeur »

MDCLXXYI

Journaux.

Rédacteur dn 27 germinal : ((Paris, le 26 yerminal. L'Assemblée électorale a élu hier au Conseil des Anciens, pour trois ans, Huguet, membre actuel de ce Conseil ; et aux Cinq-Cents, également ])Our trois ans, Petiet, ex-ministre de la guerre. Ont été aujourd'hui élus au môme Conseil, également pour trois ans : Leroux, négociant; Arnould, auteur de La Balance du commerce ei député actuel aux Anciens, et Faure, accusateur public; enfin Cousin, ex-adminislrateur du Bureau central, a été élu pour un an aux Anciens. Les nominations au Corps législatif étant terminées, le Corps électoral procède ce soir à la nomination d'un membre du tribunal de cassation. «

MDCLXXYII

Rapport du bureau central du 27 cerminal.

.../{apport sur la pièce intitulée : Stéphanie et Montano*. — L'opinion et l'esprit de patriotisme, qui ne doivent recevoir aucune

1. Opéra en trois actes, paroles de Dejaiire, musique de Berton, représenté pour la première fois au théâtre Favart le 26 germinal an VIL

469 DIKECTOIUE EXÉCUTIF [15 avril 1799]

atteinte dans les théâtres, réclament contre plusieurs incidents de cette nouvelle pièce. — La scène est en Sicile (pays ennemi). Les amants sont sur le point d'être unis aux pieds des autels du catholicisme ; la vue d'un tabernacle, d'une vierge ou religion (s«c) tenant une croix très grande, et de huit grands cierges allumés ont scandalisé d'abord les partisans du royalisme, qui le sont toujours du fanatisme ; mais leurs yeux ensuite ont trouvé une sorte de jouissance dans ce spectacle et leurs applaudissements ensuite n'ont laissé aucune équivoque, lorsqu'ils ont entendu un évêque en habits pontificaux proférer des paroles de modération et de vertu ; ce que le spectacle renfermait d'amis de la chose publique avait peine à penser qu'on ait eu l'intention sérieuse de jeter un intérêt puissant dans ce personnage qui, de tous cependant, parait sous le jour le plus avantageux. Voir sous la moire et sous la croix pontificale une vertu aussi peu vraisemblable est certainement le renversement de toutes les idées que l'on a enfin, avec tant de raison, de la secte dangereuse du sacerdoce et surtout de celui qui, partageant le luxe, l'ambition et tous les vices des cours laissait loin derrière lui la foule moins fastueuse, mais non moins dangereuse, des simples pasteurs. Cette pièce, à raison des tableaux qu'elle présente, a paru très nuisible à l'opinion publique.

Lasalle, Lessore.

(Arch. nat., BB » «JO, et F^ 3842.)

Journal des Débals du 27 germinal : « Déparlemenl de la Seine. Avis aux conscrits et réquisilionnaircs. L'administration centrale et le commissaire (lu Directoire exécutif j)rès d'elle préviennent les citoyens conscrits et réquisitionnai res appelés aux armées que la loi du 28 nivôse dernier, relative aux demandes en dispense de service pour cause d'infirmités, annulant toutes les dispenses provisoires ou définitives qui ont pu leur être accordées pour cause d'infirmité, soit par les jurys municipaux étahlis en exécution de l'instruction sur la loi du 3 vendémiaire an VII, soit par le commissaire du Directoire exécutif près le Département, en exécution de l'arrêté du Directoire exécutif du 4 ventôse an IV, ils doivent se rendre sur-le-champ à leurs municipalités respectives pour y faire inscrire de nouveau leurs réclamations et passer à la visite des officiers de santé nommés à cet effet. Ceux des conscrits et réquisitionnaires qui n'ont obtenu aucune dispense provisoire ou définitive, et qui auraient quelques infirmités, se rendront également à leurs municipalités pour y former leurs réclamations, et ensuite passer à la visite. Paris, 26 germinal an VII de la République une et indivisible. Sir/nr : Sau/.ay, président; Trevilliers, Picard, (iAsiuEz, Cambrv, administrateurs. Dupix, commissaire du Directoire exécutif. Houdeyer, secrétaire en chef. » — Ami des Lois du 28 germinal : « Ministère de la police. Le ministre de la police générale, égale-

ment attentif ;i écarter de Paris les hommes dangereux ([ui y viennent pour en troubler la tranquillité, et à ])résenter aux citoyens irréjjrocliables les moyens les plus prompts d'y établir leur demeure, quand leurs intérêts les y appellent, vient d'adresser aux administrations centrales nnc circulaire contenant les conditions nécessaires pour obtenir l'autorisation de séjourner à Paris. Ces conditions sont: 1" la représentation de l'acte de naissance; 2° la résidence en France depuis le 9 mai 1792; 3° la moralité; 4° les motifs de séjour à Paris; l\° les moyens d'existence. La preuve de résidence résultera d'un certificat à trois témoins; la moralité sera constatée \)av un certificat signé de chaque administration centrale; les motifs de séjour à Paris seront énoncés dans le passeport délivré au déclarant. Quant aux moyens d'existence des pétitionnaires, ils seront certifiés par la commune où leurs biens sont situés, s'ils en possèdent, ou ])ar la municipalité de l'arrondissement oîi ils auront fixé leur séjour provisoire, s'ils ne vivent que du produit de leur industrie. »

MDCLXXYIII 27 GERMINAL AN Yll (16 AVRIL 1799).

Rapport du buheau central du 28 germinal.

.. .Journaux. — Trois journaux paraissent avoir puisé dans les journaux étrangers des détails des premières actions sur l'Adige ; ce sont : le Messager, la Feuille du jour et V Observateur politique. Ils copient un rapport du général autrichien Kray, d'après lequel les troupes de l'Autriche occupent les deux rives de l'Adige, et, en dégageant Vérone menacé par les troupes de la République, auraient coupé la retraite à une colonne française qui, est censé dire le général Kray, fut faite aussitôt prisonnière par nos troupes victorieuses. — Plusieurs des faits relatés par les gazettes impériales que les journalistes ci-dessus transcrivent se trouvent contredits par VObservateur, notamment l'incendie de Glurns.

Sallior, Lasalle.

(Arch. nat., BB ^ !»0, et F? 3842.)

Rapport présenté au Directoire exécutif par le ministre

DE l'intérieur.

Les cendres de Turenne, de Molière et de La Fontaine, enlevées par les suites de la Révolution aux tombeaux qui les renfermaient, n'ont jusqu'à ce jour obtenu qu'un local digne d'elles ; et la France, que ces grands hommes ont éclairée ou défendue, attend que le gouvernement

471 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [16 avril 1799]

place leurs dépouilles d'une manière digne d'eux et de lui. Le temple que la reconnaissance nationale a consacré aux Français qui ont bien mérité de leur patrie les réclame sans doute ; mais, pour y entrer, ils ont besoin que le Corps législatif leur en ouvre la porte ; et préalablement il est décent qu'ils soient réunis dans une espèce d'Elysée qui serait pour eux comme le portique du Panthéon. Pour parvenir à ce but, il a fallu chercher d'abord un local convenable, examiner ensuite si la dépense que nécessiterait cette mesure pourrait se concilier avec l'économie qu'exigent les circonstances où nous nous trouvons. Ces deux objets paraissent remplis. Le Musée des Monuments français possède un jardin où, grâce au zèle éclairé du conservateur, reposent déjà dans des cénotaphes, au milieu des fleurs et des saules, les cendres de Descartes et de son disciple Rohault. Ce jardin est assez spacieux pour qu'on puisse y placer les dépouilles de tous les grands hommes que le gouvernement jugera devoir honorer aux yeux de la République, en attendant que le Sénat français mette le sceau aux honneurs qu'ils méritent, en les admettant au Panthéon. Chaque cénotaphe, conforme à l'esquisse de celui qui est joint au rapport', ne coûterait guère que 300 francs. De sorte que, pour arranger parfaitement le terrain et y placer Turenne, Molière et La Fontaine, la dépense ne s'élèverait pas à 1.200 francs et n'en entraînerait aucune autre. Cette somme, rapprochée des avantages qui résulteraient de la formation d'une espèce d'Elysée près d'un musée qui réunit déjà tous les monuments consacrés aux grands hommes qu'il s'agit d'y placer, ne paraît devoir opposer d'obstacle à un projet auquel le philosophe, l'homme de lettres, le peintre et tous ceux qui aiment la République ne peuvent qu'applaudir. On s'est convaincu, par le plus sérieux examen, qu'aucun autre local dans cette commune ne convient aussi bien à cette destination. Je m'empresse donc de le désigner au Directoire et de lui proposer le projet d'arrêté suivant.

François (de Neufciiateau).

(Arch. nat., AF m, j04.)

Arrêté du Directoire exécutif de germinal.

Le Directoire exécutif, après avoir entendu le rapport du ministre de l'intérieur, arrête : i° Les corps de Turenne, de Molière et de La Fontaine seront transportés sur-le-champ au jardin du Musée des Monuments français et placés chacun provisoirement dans un céno-

i. Cette esquisse manque.

[17 AVRIL 1799] DIRECTOIIŒ EXÉCUTIF 472

laphe préparé à cet effet. — 2° Le ministre de l'intérieur est chargé de l'exécution du présent arrêté, qui ne sera pas imprimé.

Page 1