‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire; recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à Paris (volume 3)Chapitre 14 sur 254 · Tome V · texte numérisé non relu

Tome V

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Ces notes sont données pour .irrécusables. On présume dans celte feuille que le gouvernement français ouvrira les yeux, et que ces excès d'usurpation vont incessamment ranimer l'espoir dans le cœur des patriotes bataves. — Les rédacteurs du même journal donnent le narré des projets qu'ils croient avoir été mis en avant par l'oligarchie pour détruire la constitution de la République cisalpine; le ministre français Trouvé est violemment inculpé par les rédacteurs, et même injurieusement traité pour avoir fait disparaître comme anarchique une adresse qui fut placardée dans Milan sous ce titre : La Démocratie conslitutionnelle ou la mort. Cette adresse, dont on ne cite pas les auteurs ni les signataires, contient des notes infamantes sur plusieurs membres du gouvernement cisalpin ou de la représentation de cet État ; le Journal des Francs la donne en entier ; on y invite les patriotes à s'armer du fer de Brutus pour poignarder quiconque oserait faire la moindre insulte à la Constitution. On croit devoir faire remarquer que les rédacteurs du journal disent que cette adresse pousse jusqu'à la timidité le dévouement pour la cause des gouvernants. — D'après le même journal, à la date d'hier, les patriotes et notamment les électeurs de l'an VI, essuient toutes sortes de persécutions à Poitiers, ce que le journaliste dit être la « conséquence assez directe de la loi du 22 floréal, qui a reconnu le département de la Vienne pour un des foyers de l'anarchie ». — Esprit évidemment mauvais dans le Messager, qui annonce une grande fermentation dans les départements réunis. — L'esprit du Clairvoyant perce également dans l'improbation qu'il donne au vœu du ministre de l'intérieur pour que la Vie de Hoche * soit rangée au nombre des livres à mettre entre les mains des jeunes gens. — Le résultat d'un dialogue réellement réactionnaire, introduit par les Nouvelles de Paris entre un coupeur de bourses et un coupeur de têtes, est que les coupeurs de bourses doivent par a fortiori jouir d'une constante impunité, puisqu'on a fait grâce aux coupeurs de têtes ; raisonnement le plus perfide et le plus destructeur en même temps de l'ordre public. — Toujours même abus dans la rédaction du sommaire du journal le Postillon de Calais, qui annonce affirmativement le débarquement d'Augereau en Irlande avec neuf mille hommes et quarante mille fusils. On observe que le retour sur ces nouvelles, lorsqu'elles ne sont pas confirmées ensuite et qu'elles sont reconnues l'ouvrage de la cupidité du folliculaire, est toujours avidement saisi et commenté par les malveillants, auxquels le journaliste donne sciemment ainsi l'occasion de décrier notre diplomatie

i. Vie de Lazare Hoche, général des armées de la République, par A. Rousselin. Paris, an VI, 2 vol. in-8.

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et nos opinions politiques. — L'esprit longtemps sage en apparence du Fanal se montrait-il ce qu'il est réellement dans cette opinion qu'on ne peut trop blâmer? « Qu'avaient fait plusieurs de ces écrivains disgraciés le 18 fructidor? Leur seul crime fut de diffamer certains ministres avec un scandaleux acharnement. » — Le Journal des domaines nationaux continue à se servir dans ses annonces d'anciennes dénominalions de mesures agraires. — Le soin que prend le Point du Jour de se récrier contre les surtaxes de la contribution mobilière, comme nuisant à la perception, ne paraît pas un moyen très patriotique de la faciliter.

Lessore.

(Arch. naf., BB ' 88, et F ^ 3841.)

Journaux.

Rédacteur du 2o thermidor : « Procrs-verbal de la fêle du 10 août, célébrée au Cliamp-de-Mars à Paris, le 23 thermidor. L'an VI^ de la République française une et indivisible, le 23 thermidor. En exécution de la loi du S thermidor an IV, portant ([ue la fête du 10 août sera célébrée chaque année dans toutes les communes de la République, et conformément aux dispositions du programme arrêté, le 14 de ce mois, par le miuistre de l'intérieur concernant le cérémonial et l'ordre à observer en la présente année pour la célébration de cette fête nationale dans la commune de Paris, des salves répétées d'artillerie avaient annoncé aux citoyens du déparlement de la Seine l'anniversaire du renversement du Irène, et les appelaient à se réunir au Champ-de-!VIars [)Our consacrer, par des jeux civiques, l'époque fameuse où le peuple souverain brisa le sceptre du despotisme et jeta les fondements de la constitution réjjublicaine. Par les soins du ministre de l'intérieur, tout avait été disposé au Champ-de-Mars pour cette pompe solennelle : les allées latérales étaient décorées des principales pièces de tapisseries de la manufacture nationale des fiobelins; l'amphithéâtre circulaire, qui avait été érigé pour les fêtes de la Liberté, était orné de drapeaux tricolores, de trophées et d'emblèmes républicains. Des places y avaient été disposées pour le Directoire exécutif et ses ministres, pour le corps diplomatique, pour les autorités constituées, pour des militaires blessés, pour les États-Majors de la 17= division militaire et de la place de Paris et pour le Conservatoire de musique. Au bas de l'amphithéâtre s'élevait un obélisque, sur les faces duquel on lisait : Au Dix Août. D'autres inscriptions, en l'honneur des braves qui renversèrent le trône, couvraient le stylobate de l'obélisque. De chaque côté de l'autel, étaient les statues de Minerve et d'Apollon. Le Directoire, étant assemblé, reçoit une lettre du citoyen Lagarde, secrétaire général, retenu chez lui depuis douze jours par une maladie'. Le Directoire ordonne l'insertion demandée de cette lettre au procès-verbal. A deux heures, le Directoire monte dans ses voitures et se rend, avec son cortège ordinaire, à la maison du

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