‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire; recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à Paris (volume 3)Chapitre 152 sur 254 · L. MiLLY, COAMPEIN · texte numérisé non relu

L. MiLLY, COAMPEIN

(Arch. nat., BB ^ 90.)

Journaux.

Ami des Lois du 29 messidor : « Variétés. ...Hier, je me promenais aux Tuileries; la Société populaire finissait ses séances par le chant des Marseillais, par ce chant religieux qui a produit des miracles dans nos armées. Que la Société populaire chante, déclame dans son enceinte, elle est là d'après une loi, rien de plus juste ; mais qu'en sortant elle trouble la tranquillité publique, qu'elle chasse et provoque les citoyens paisibles qui se promènent, que le sage Conseil des Anciens, à propos de cela, hérisse de canons la terrasse du palais, qu'il les dirige contre le peuple, c'est ce qui, dans un État libre, ne peut se tolérer... » — Publiciste du 30 messidor : « Paris, le 29 messidor. On a paru avoir hier quelques inquiétudes, parce qu'on a vu sur le soir plusieurs pelotons de troupes parcourir les rues. On a même dit qu'elles avaient été consignées dans les casernes Quoi qu'il en soit, tout a été fort tranquille, et il y a eu même beaucoup moins de monde autour du Manège que les jours précédents. . . »

MDGCLXIX

29 MESSIDOR AN VIT (17 JUILLET 1799). Rapport du bureau central du même jour.

. . .Rapport analytique des journaux. — De tous les journaux parvenus aujourd'hui à l'administration, le Messager des Relations extérieures et VAmi des Lois sont les seuls qui nécessitent une analyse. — On annonce au Messager l'arrivée prochaine d'un bataillon de Jacobins du Midi qui viennent renforcer leurs frères. « Nous espérons, ajoute-t-il, que la lecture de la séance d'avant-hier les engagera à rétrograder ; en tous cas, les bons citoyens sont bien décidés à ne pas se laisser égorger par eux. » — Le résultat des réflexions de l^Ami des Lois est que les ministres n'ont fait que changer de servitude ; il les appelle plats valets des Jacobins ; il se récrie contre les ^ destitutions révoltantes » qu'il dit se faire au nom du Directoire et sur sa proposition ; il annonce qu'un bureau de destitution et de déplacement est chez Vatar ; que là on fait la liste des candidats et de ceux que Ton veut proscrire ou déposséder ; que le travail est remis à un représentant du peuple qui le fait signer à Quinette, dont il a partagé

[il JUILLET 1799] DIRECTOIRE EXÉCUTIF 628

la prison en Autriche ; il ajoute que le comité révolutionnaire Valar est si sûr de son autorité, que les promotions et les destitutions sont annoncées dans ce qu'il appelle le Journal de 93 ' avant la sanction du ministre. Il dit enfin ce comité jacobite composé par des hommes qui ont figuré dans les tribunaux révolutionnaires, et il peint les ministres de la police et de l'intérieur comme étant dans sa dépendance. — Plus loin, parlant de la trahison de Lahoz ', il dit qu'il a été protégé par Vatar et Charles de Hesse ; il dit que des gens au Manège marchent sur les traces de ce traître, en attendant qu'ils l'imitent dans sa trahison. Les régulateur et notateur de la Société des Amis de la République sont pris par ce journaliste pour président et secrétaire, et [il] voit, dès lors, une infraction à la Constitution. L'article suivant du même journaliste a paru mériter une attention particulière : « On a remarqué qu'une grande quantité de cannes à dard, de pistolets et de sabres a été vendue ces jours derniers dans Paris ; beaucoup de citoyens s'arment pour repousser les attaques des égorgeurs. »

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