L. MiLLY
(Arch. nat., BB » 88, et F" 3841.)
Journaux.
Clef du Cabinet du 2 fructidor : k Paris, le i°'' fructidor La loi du
17 thermidor, concernant la célébration des décadis et des fêtes nationales, ayant été proclamée avant-hier, avec un grand appareil, dans les rues, places publiques et carrefours de Paris; elle a reçu, hier décadi, son entière exécution »
MCDXLI
Compte décadaire des opérations du Bureau central du canton DE Paris du 21 au 30 thermidor an YI '.
...Culte. — Le culte n'a donné lieu à aucune remarque importante.
1. A ce rapport est jointe la lettre suivante : « Paris, "29 thermidor an VI. Le Bureau central du canton de Paris au ministre de la police générale. Citoyen ministre, par votre lettre du 26 de ce mois, vous nous témoignez votre étonnement de ce que nos rapports décadaires ne font aucune mention du résultat de notre surveillance sur la vente des ouvrages attentatoires aux mœurs. Nous devons vous observer, citoyen ministre, que nos rapports décadaires n'indiquent en général que les mesures prises en vertu de lettres qui nous ont été écrites
[8 AU 17 AOiT 1798] DIRECTOIRE EXÉCUTIF 46
Exécution de ta loi du 17 thermidor. — Soixante-six contraventions à la loi du 17 thermidor, concernant les fêtes nationales et décadaires, ont été constatées le 30 par les commissaires de police des divisions du Tliéàtre-Francais, de l'Ouest, du Roule, de la Biitte-des- Moulins, du Mail et des Lombards. — L'amande a été prononcée contrôles contrevenants de la division des Lombards, et le jugement affiché, ce qui a produit un très bon effet.
Correspondance et exécution relatives aux mœurs et opinion publique. Colporteurs. — Le Bureau central a fait réimprimer et afficher, avec et en conséquence de son arrêté du 26 thermidor, la loi du o nivôse an V, qui fait défense d'annoncer publiquement les journaux et les actes des autorités constituées, autrement que par leur titre. — lia aussi, d'après la demande des administrateurs de la loterie nationale, fait imprimer et afficher un avis aux citoyens, relativement aux colporteurs qui, soudoyés par des banquiers de loteries clandestines, distribuent, aussitôt après le tirage de la loterie nationale, de fausses listes de numéros ; les actionnaires ont en conséquence été 'invités à n'ajouter foi qu'aux listes placées à la porte des receveurs des bureaux.
Nouveau théâtre, rue de la Roquette. — Il a donné acte de sa déclaration au citoyen Rousseau, demeurant rue du Bac, n'' 737, lequel a annoncé être dans l'intention de faire représenter des pièces de théâtre rue de la Roquette, n° 25.
Prohibition des pièces intitulées (.<.Parc de Mousseaux n et «Le Chaudronnier de Saint-Flour ». — En exécution des ordres du ministre de la police, le Bureau central a prohibé la pièce intitulée Le Parc de Mousseaux, qui se donnait au théâtre de la Cité, ainsi que celle du Chaudronnier de Saint-Flour, au théâtre de Louvois et d'Emulation, et il a adressé à tous les directeurs de théâtres une circulaire pour leur rappeler la proscription de toutes les qualilications féodales.
par les ministres ou autres, et de pièces enregistrées au secrétariat. Les opérations de police qui se font en vertu de surveillances habituelles données aux officiers de paix n'entrent pas dans nos rapports, qui deviendraient alors trop volumineux. Quant aux ouvrages obscènes, nous faisons surveiller les libraires et colporteurs qui en vendent. Le 1 messidor dernier, nos agents nous ont dénoncé un libraire du Palais-Egalité qui en exposait en vente, et, le même jour, ils ont été saisis. Le 13 thermidor présent mois, nous avons adressé au juge de paix de la division des Thermes un pamphlet obscène qui se distribuait dans son arrondissement, et nous ne doutons pas qu'il n'use contre l'imprimeur de toute la rigueur des lois, llien de ce qui intéresse la décence et l'ordre public n'échappe volontairement à notre sollicitude. Nous ne cessons d'enjoindre aux officiers de paix de nous dénoncer tout ce qui est contraire aux lois et aux règlements de police, et nous stimulons à cet égard le zèle de tous nos agents. — Salut et respect. Les administrateurs : L. Milly. >> — Arch. nat., F^ 3841.
47 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [8 au 17 aolt 1798]
Suppression d'un passage dans la comédie du « Glorieux ». — Le ministre de la police ayant dénoncé l'applicalion constante donnée par des malveillants à la réponse de Pasquin dans Le Glorieux :
A|)|)renez, faquin,
Que le mot de Monsieur n'écorciie pas la bouche.
et ayant donné les ordres de faire supprimer ce passage, le Bureau central a pareillement notifié par une circulaire les ordres du ministre aux diflerents théâtres.
Bal tenu le dimanche. — Le commissaire de police de la division du faubourg Montmartre ayant dénoncé le nommé Coquart, au jardin de l'Ermitage, commune de Montmartre, comme ayant donné à danser le dimanche, au mépris de l'arrêté du Directoire, le Bureau central a écrit à cet égard au ministre de la police et lui a adressé copie de la lettre du commissaire de police.
Église de Saint-Thomas-d' Aquin. — Conformément aux ordres du même ministre, le Bureau central a fait fermer provisoirement l'église Saint-Tliomas-d'Aquin,
Proslituées. — Les locataires et propriétaires des maisons rue des Bons-Enfants, ouvrant sur la rue de Valois, ayant dénoncé les horreurs qui se commettaient depuis huit heures du soir jusqu'à onze heures par les filles publiques, le Bureau central a fait disparaître ces proslituées.
Salubrité et voie publique Force armée au poste de la pointe
Eustache. — Pour faire cesser les inconvénients qui résultent de la négligence portée dans le service des marchés par la garde du poste de la pointe Saint-Eustache, le Bureau central a invité le commandant temporaire de la place à donner des ordres pour que, chaque jour de la décade correspondant au mardi et au mercredi de l'ancien calendrier, il soit envoyé dix hommes de garde à ce poste dans la nuit de ce jour au suivant
Allumeurs. — D'après les réclamations faites paisiblement par un certain nombre d'allumeurs, au nom de tous, pour le payement de deux mois à eux dus, le Bureau central a invité le Département à faire mettre à la disposition de l'entrepreneur de l'illumination une somme suffisante pour pouvoir acquitter cette dette
Édifice Paul. Cercueils de plomb. — Il a fait part au commissaire de police de la division de l'Arsenal de la lettre du Département par laquelle cette administration instruisait que les cercueils de plomb, qui existaient dans les souterrains de l'édifice Paul, ne pouvaient faire partie de l'adjudication de ce bâtiment, et qu'elle avait donné des ordres pour les faire transporter dans un dépôt national.
Fouilles de soute7'rains, place de ta Concorde. — Le juge de paix de la Place Vendôme ayant demandé à être autorisé à faire faire des fouilles dans l'endroit où était la baraque qu'occupait le citoyen Paumier, place de la Concorde, sous laquelle, dit-on, il y a des souterrains et caveaux qui renferment des cadavres, le Bureau central a invité le Département à ordonner des fouilles, s'il croyait cette mesure utile, pour détruire ou réaliser l'opinion qui semblait s'être accréditée à cet égard.
Artifice tiré Jardin-Égalité. — Instruit que les garçons du café du Lycée des Arts, Palais-Égalité, tiraient des pièces d'artifice pendant la nuit dans ce jardin, le Bureau central a prévenu le citoyen Moreau, limonadier, qu'au cas de récidive son café serait fermé.
Jardin dit Paphos. — Il a permis aux entrepreneurs des fêtes du Jardin dit Paphos de faire tirer dans leur jardin des feux d'artifice dits de décorations, et a invité le commissaire de police de la division du Temple à veiller à ce que les conditions sous lesquelles cette autorisation a été accordée soient exactement observées
Lessore.
(Arch. nat., BB» 88, et F^ 3841.)
MGDXLII
1" FaUCTIDOR AN YI (18 AOUT 1798).
Rapport du bureau central du 2 fructidor.
. . . Journaux. — Les feuilles périodiques de ce jour nécessitent peu d'observations. On remarque seulement que le Journal des Francs, en annonçant un ouvrage sous ce titre : Appel aux principes ou première lettre de Robert Crachet, député au Conseil des Cinq-Cents par l'assemblée électorale de l'an VI, département du Pasde-Calais, aux républicains de ce département *, dit que cette brochure jette un grand jour sur les intrigues machiavéliques qui ont préparé la loi du 22 floréal dernier. — On revient de nouveau sur un abus très préjudiciable à l'esprit public qui résulte de la manière dont est rédigé le sommaire du Journal des séances ou Postillon ; on cite principalement cette phrase : « Annulation qui va être faite de tous congés limités ou absolus accordés aux réquisitionnaires » ; ce qui