L. MiLLY
(Arch. nat., BB ^ 88, et F ^ 3841.)
MCDXXXIX
Journaux.
Clef du Cabinet du 30 thermidor : i< Paris, 29 thermidor Un citoyen,
connu par sa probité, annonce au Directoire exécutif que des jeunes gens sujets à la réquisition, et riches par-dessus le marché, trouvent moyen de se faire inscrire comme grenadiers ou musiciens dans sa garde constitutionnelle, pour s'exempter de marcher aux frontières ou de monter leur garde à Paris. Lesdits jeunes gens, ajoute-t-il, sont d'incorrigibles ennemis de la Révolulion, à laquelle ils doivent leur salut et la conservation de Firamense fortune vblée par leurs pères, et qu'ils ont grand soin de cacher »
MCDXL
Rapport du bureau central du l'^'" fructidor.
. . . Journaux. — Des journaux du 30 thermidor et d'aujourd'hui il résulte une observation principale, qui peut intéresser l'autorité : c'est que les dernières réflexions qui ont été faites par le journal le Patriote, et copiées ensuite par le Rédacteur et par le Puldiciste^Telativement aux changements que l'on disait être sur le point de s'opérer dans la Constitution de la République cisalpine, sont un sujet de contradiction pour deux journaux d'un esprit très opposé, le Journal des Francs et les Nouvelles de Pai^is. Celle phrase du Patriote est particulièrement blâmée par l'un et par l'autre : « L'écrivain, dans l'émission de sa pensée, ne peut s'isoler de notre gouvernement, tel qu'il est constitué, sans se mettre en opposition manifeste contre les lois qui doivent le punir. » — Les Nouvelles de Paris disent qu'on ne peut examiner et discuter sans s'isoler, du moins pour quelque temps, de
4b DIRECTOIRE EXÉCUTIF [8 au 17 août 1798]
la pensée du gouvernement. — Suivant le Journal des Francs, c'est là une pensée ultra-marocaine [sic] et qu'on peut appeler le langage de la servitude même et de la déraison. — L'article Diplomatie du Journal des Campagnes est signé aujourd'hui par Ciiarles liesse ; il tend à engager le gouvernementà faire en sorte que le duc de Toscane, le roi de Naples et de Sardaigtie ferment l'entrée de leurs États aux Anglais, aux Portugais et aux Russes ; il ne doute pas que ces trois puissances de l'Italie ne soient influencées par l'Autriche, ou plutôt n'agissent que par elle. — Le choix des articles du Clairvoyant ne prouve nullement en faveur du patriotisme de ses rédacteurs. Ils consistent en une réclamation signée Zeltner, au nom de la République helvétique, laquelle réclamation parait renfermer quelques plaintes contre les commissaires français , en des réflexions qui tendent à faire considérer la paix comme peu probable ; enfin, dans cette feuille, des hommes d'une opinion différente de celle de ses rédacteurs y sont assez souvent appelés « les frères », terme de parti aussi odieux que dangereux.