Allusion au procès de Babeuf
685 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [juillet-août 1799]
de Merlin, de Garnot, de La Révellière, que ces messieurs n'étaient que miel et sucre en comparaison d'un de leurs successeurs, qui n'est que coloquinte et fiel ; il reproche à ce dernier d'avoir mieux aimé être l'agent de Merlin à la cour d'un roi que de continuer d'être représentant du peuple au sein d'une république ; il dit qu'à l'anniversaire du 10 août, qu'il présidait au Champ-de-Mars, ce prêtre de l'ancienne loi a jeté sur le peuple et devant le peuple un long cri d'anathème contre les hommes du 10 août et du Champ-de-Mars; plus loin il nomme Siéyés, et, lui reprochant d'avoir fait un discours contre-révolutionnaire, ajoute qu'il va lui en faire prononcer un, tel qu'il convenait à un magistrat républicain. Suit dans le journal une paraphrase républicaine d'une partie du discours prononcé au 10 août. Le même revient sur le message du Directoire, qu'il dit avoir été rempli de mensonges vagues et honteux. Il persiste du reste à dire que le Directoire en avait menti et qu'il a bien fait de le dire, observant que, s'il a employé cette expression, c'est que le langage républicain ne comporte aucun détour, que la nature du message appelait hautement la négation la plus péremptoire, et que, s'il se fût trouvé dans la langue quelque mot plus expressif", il se serait fait un devoir de l'employer. — Le journal de ce jour, primidi, n'offre aucune particularité remarquable sinon que le rédacteur persiste à considérer comme mensonger le message du Directoire dont il s'est plaint; il refuse à croire que ce message soit l'ouvrage des cinq membres du Directoire, et, jusqu'à ce que le citoyen Garât en donne la preuve, il conservera ce doute en remarquant que la Constitution autorise le Directoire à délibérer à trois. — Il accorde au représentant du peuple Garât qu'en gouvernement les principes et les hommes soient liés, mais il affirme qu'ils sont absolument distincts en saine démocratie représentative.