‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire; recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à Paris (volume 3)Chapitre 177 sur 254 · L. MiLLY, Le Tellier · texte numérisé non relu

L. MiLLY, Le Tellier

(Arch. nat., BB » 90.)

Autre rapport du même jour.

Rapport analytique des journaux, — Le Miroir reçoit et publie une lettre dans laquelle, revenant sur des circonstances pénibles de la Révolution, on dit que : « Ce sera rendre un service essentiel à l'humanité affligée, que de se joindre a ses amis pour l'extirpation entière de ces monstres vomis par l'enfer et que la terre ne porte qu'à regret. » Quelques autres phrases semblent également être une paraphrase du Réveil du peuple. — Ces idées de réaction se trouvent encore dans un rêve où le rédacteur du Miroir semble voir s'animer la statue de la Liberté, située place de la Révolution, et l'entendre dérouler le tableau des excès qui sous « son règne » ont plongé la France dans un deuil universel. D'après cette allégorie, la Liberté se compare à Pandore, qui a répandu sur nous tous les maux et n'a gardé que l'espérance. — Le Voyageur déclare que le suicide auquel il avait donné pour cause la notification d'une taxe à l'emprunt n'a pas réellement une cause semblable, puisque l'individu suicidé n'avait pas encore reçu cette notification. — Les deux derniers numéros à\x Démocrate * portent chacun un article intitulé Coopération. Le Démocrate, dans le premier de ces numéros, voit une sorte de conspiration dans le soin que des artisans des malheurs publics mettent à publier les dangers de la patrie, à faire passer pour tranquillité ce qui n'est que sommeil de l'esprit

1. Le Démocrate ou le Défenseur des principes, du ItJ thormidor an VII au n fructidor suivant, 32 n«" in-4. Bibl. nat., Lc2/:274a. Cf. Tourneux, n» 11,251.

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public ; à dénigrer des amis de la liberté en les faisant considérer comme des royalistes déguisés en Jacobins ; il invite Foissac-Latour à venir le plus tôt en France, où il verra célébrer en triomphe ses exploits de Mantone' et ceux non moins brillants de la plaine de Grenelle*, où il verra également triompher les assassins du peuple et des armées. — Dans le numéro de ce jour plusieurs réflexions semblent dirigées contre ce que le Démocrate désigne par politique, coup d'État, équilibre, etc. ; il établit cette différence qu'avec le peuple on renverse quelque tyran, mais qu'avec la politique des cabinets on répare l'édifice rie la tyrannie. Il prédit malheur aux démocrates extravagants qui ne sentiraient pas que les hommes qui ont eu l'initiative de la Révolution française doivent seuls en consommer la fin, en quelque petit nombre qu'ils soient restés. Cet article se termine par les lignes suivantes : « Périsse la France, périsse l'Europe, périsse l'univers plutôt que la réputation et les idées creuses du grand homme, du politique profond, sur lequel l'onctueux et pathétique Garât a concentré toutes nos espérances ! » — Dans ses nouvelles de l'étranger, le Courrier de Payais présente, tant à l'article du Danemark qu'à celui de l'Allemagne, le Danemark et la Suède comme décidément liés à la coalition, du moins la Suède ; en deux endroits différents on lit : «La Suède y a consenti, la Suède a déjà répondu au vœu delà Russie.» — Le même journaliste veut faire naître des inquiétudes sur les dispositions du roi de Prusse, en disant qu'il a eu une entrevue avec le duc de Brunswick, en annonçant le départ de Bedin du prince héréditaire d'Orange pour la Westphalie. — Le Publiciste, après avoir cité des nouvelles sur le Danemark, ajoute que cette puissance a fortement manifesté son intention de ne point entrer dans la coalition.

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