L. MiLLY, Le Tèllier
(Arch. nat., BB» 90.)
Journaux.
Journal du Soir des frères Chaignieau du 3 fructidor : « Paris, le 3 fructidor. ...Le ministre de l'intérieur, par une circulaire, rappelle aux administrations centrales et municipales que la fête de la Vieillesse est fixée au 10 fructidor par la loi du 3 brumaire, et que cette fête doit être célébrée dans toute la République par des cérémonies simples; et touchantes. Le matin, les vieillards distingués par leur civisme et leurs vertus recevront dans les temples les hommages de leurs concitoyens. Le soir, aux spectacles, ils occu-
1. Léonidas ou les f^par liâtes, opéra en un acte par Pixérécourt, représenté pour la première fois le 28 thermidor an VIT.
peront une place auprès des magistrats. Je croirais, ajoute le ministre, offenser les administrateurs républicains en leur recommandant l'observation d'une fête aussi morale. Le respect pour la vieillesse fut toujours une vertu des républiques » — Ami des Lois du .3 fructidor : « Variétés. ...Un orateur
bruyant disait l'autre jour dans un grand cercle : « Je méprise tous les jource nalistes. » — « Je prends acte de cet aveu, repartit un journaliste qui l'écou- « tait ; et si jamais un cuistre de votre espèce me menaçait de son estime, je « me croirais obligé de lui en demander raison, comme de la plus grave in- <( solence. » — Ami des Lois du 4 fructidor : « Variétés. . . .Hier 2, sur le soir, les Jacobins ont voulu former des groupes dans les Tuileries et y prêcher le bonheur commun et la démocratie ; des patrouilles, en paraissant, ont dissipé ces orateurs anglais »
MDCCCII
Rapport du bureau central du 4 fructidor.
. . . Rapport sur Vesprit public. — Le royalisme se remue en tous sens pour se faire des partisans ; cette vérité est palpable ; on la trouve dans des pamphlets et placards, évidemment l'ouvrage des amis du trône. Il s'est imprimé rue Thiroux, n* 977, un pamphlet signé Decombes ayant pour titre : L'Optique du jour. On y chante aux Directeurs en grand costume : « Allez-vous en, gens de la noce »; au Conseil des Cinq-Cents, s'occupant de l'emprunt de 100 millions : « Ça ne se peut pas, ça ne se peut pas. » Le reste répond à ces impertinentes platitudes. —• On a hier arraché, rue des Prêtres, un sonnet dans lequel on dit au Français « qu'il a égorgé son roi et couronné ses bourreaux ». Ces horreurs se placardent, dit-on, par des gens qui crient Vive la République ! en faisant cette opération. On a entendu dire qu'il s'en était distribué à la main. — Il a circulé encore des exemplaires d'un pamphlet contre-révolutionnaire ayant pour titre Passion et grande douleur de la République; des individus colportant cet écrit ont été arrêtés. — Près d'une fontaine, dans le quartier le plus peuplé, on a placardé un écrit portant : Vetite par autorité de police ; sept cent cinquante-cinq chiens de chasse pour un louis dixhuit. On a entendu dire que plusieurs de même sorte avaient été affichés dans plusieurs endroits de Paris. — Un autre placard, imprimé avec ce qu'on appelle communément des lettres de caractère, met le Directoire en loterie, dont il est sorti un ambe, un terne, et dont le quine, ainsi qu'on en prévient tout bon Français, doit sortir en
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l'an VIII au plus tard. — Il est bien à observer que tous ces papiers se placardent avec une colle toute particulière et infiniment tenace, en sorte qu'on ne peut les arracher que par pièces. — Les groupes aux Tuileries étaient peu nombreux, mais les esprits y ont paru très échauffés, très animés contre le Conseil des Cinq-Cents relativement aux ex-Directeurs. Les idées étaient poussées jusqu'à croire que le Conseil aurait été gagné par des membres du Directoire; on parlait des vexations auxquelles étaient exposés les patriotes; on revenait avec amertume sur le dénuement dans lequel avait été laissée l'armée; on reprochait encore à l'ancien Directoire l'expédition d'Egypte comme l'une des causes des maux actuels de la République, et on en blâmait d'autant la décision du Conseil des Cinq-Cents sur les dénonciations portées contre les ex-Directeurs. — La tranquillité subsiste sans altération sur tous les points de cette commune. . .