Loi du 29 thermidor an VI
3. Le 3 fructidor an VI, Lucien Bonaparte proposa au Conseil des Cinq-Cents d'adresser un message au Directoire pour lui demander des renseignements sur les bruits qui se répandaient de ctiangements violents que notre ambassadeur près la République Cisalpine méditerait d'apporter à la Constitution de ce pays. Après s'être formé en comité général, le Conseil passa à l'ordre du jour sur cette motion.
53 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [-22 mht 1798]
actuel des choses. Une loi d'un inlérêt majeur, celle du 22 floréal, est ouverlemenl attaquée d;ins un imprimé qui, pour n'être adressé qu'aux républicains du département du Pas-de-Calais, n'en est pas moins répandu dans celte commune '. On croit utile de remarquer que celte publicité a lieu quatre mois après l'époque dont il s'agit, et qu'il est fait dans l'ouvrage un parallèle du 22 floréal avec le 19 fructidor, tendant implicitement à prouver que l'un a détruit tout ce que l'autre avait opéré de bien. Le citoyen Grachet, auteur de cet écrit, exclu du Corps législatif par la loi précitée, se considère cependant toujours comme représentant du peuple, ainsi qu'il résulte des qualités qu'il prend dans le litre, et de ce mot (page 18) : « Je suis représentant du peuple, je dois justifier son choix. » Tous les raisonnements de ce citoyen ont pour objet de convaincre ceux auxquels ils sont adressés que leur choix et la Constitution ont été foulés aux pieds le 22 floréal ; non seulement, suivant lui, la loi rendue à celte époque est l'ouvrage de l'intrigue, mais il lui refuse même jusqu'au nom de loi. Il nie que depuis ce moment il y ait un gouvernement représentatif. Il considère les choix d'alors comme ayant dû être inattaquables, et cependant il accuse le Directoire d'avoir envoyé partout des agents poiu* les influencer, ajoutant que cette mesure n'est plus un secret nulle part (page 2o). Il pense que les noms des auteurs de cette loi, soit que ceux-ci siègent au Luxembourg ou aux Conseils, sont flétris pour jamais; qu'eux-mêmes (page 26) auront à se reprocher la proscription qui plane sur la tête des hommes estimables par leurs vertus et par des services rendus à la Constitution. Double reproche est adressé aux législateurs, appelés gardiens infidèles du dépôt qui leur était confié, et au Directoire d'avoir donné plusieurs fois à souflVir aux meilleurs patriotes. Quant à ses opinions personnelles, indépendamment de celle qui frappe sur la loi précitée, le citoyen Crachet déclare reconnaître particulièrement pour sincères amis de la Constitution de l'an III ceux-là même que dans son département on se plaît à nommer anarchistes. Il conteste l'existence d'aucun parti anarchique, et tient pour une grande vérité qu'il n'existe en France que deux partis bien apiiarents, bien réels, celui des républicains et celui des royalistes. Quelques ambitieux secrets, ou s'appropriant, ou commentant ces raisonnements, annoncent le désir d'en abuser pour faire perdre à l'horizon politique la sérénité dont il a joui jusqu'à ce moment et dont il jouit encore.
Culte. — H n'est survenu aucuns renseignements essentiels sur